INTRODUCTION
Le terrain conjonctival, malgré les moyens de défense que lui donnent les sécrétions lacrymale et glandulaire, est apte, on le sait, à présenter, soit l'accident primitif, soit la série des autres manifestations secondaires, secondo-tertiaires et tertiaires. Il n’est pas plus à l'abri de la syphilis que des éruptions d’autre nature : eczéma, pityriasis, psoriasis, impetigo, etc. Nous avons affaire à une muqueuse, nous y trouverons donc toutes les lésions spécifiques qu’on a l’habitude de rencontrer et sur la muqueuse des lèvres et sur celle du prépuce. On trouve dans ces manifestations une égalité qui règne sur toutes les muqueuses et qu’on aurait pu découvrir plus tôt, si ces
accidents n’étaient pas si rares. | Ce ne sont pas, en effet, des affections bien fréquentes,
et les auteurs, n’étant pas habitués à les voir, ne les ont
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AGE pas recherchées. D'ailleurs, elles apportent quelquefois si peu de gène au glissement du globe oculaire ou des paupières; ou bien leur manifestation est si discrète qu’elles ont pu ainsi échapper à l'examen. De là, le petit nombre de travaux qui ont été publiés sur la matière.
La littérature n'offre pas, en effet, beaucoup de cas de syphilis conjonctivale ; et le chiffre qui en indique le nombre s’abaisse bien davantage si, comme nous voulons le faire, on se borne à ne considérer que les lésions de la seconde période, éliminant par là les accidents bien plus nombreux, bien plus nets et bien mieux observés des périodes primaire et tertiaire. nee
Nous le déclarons donc dès le début, notre étude n’embrassera que les lésions secondaires. C'est un sujet bien restreint, mais c’est un des coins les moins fouillés de la syphiligraphie oculaire, et c’est cet amour du nouveau qui nous à poussé à diriger de ce côté nos recherches.
Jusqu’à présent, aucun travail synthétique sur ce sujet nayant vu le jour, M. le professeur agrégé Et. Rollet a bien voulu uous montrer l'intérêt qui s’attache à cette question, et nous a encouragé à choisir ce sujet. IL a d’ailleurs si bien su aplanir les difficultés de nos recherches, il nous a si bien conduit dans notre route encore inexplorée, et où, par conséquent, notre inexpérience aurait pu si facilement se perdre, que notre modeste travail n'est que le reflet de ses patientes investigations.
Nous avons essayé de réunir, aussi scrupuleusement que
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possible, tout ce que les différents auteurs ont pu écrire sur la matière, et, comine dans le sujet qui nous intéresse, il s'agit surtout d'observations, nous en avons réuni le plus possible afin de montrer la réalité des faits que nous avançons.
Nous ajouterons personnellement à l’histoire de ces jésions secondaires deux cas nouveaux, observés presque en même temps, mais dans deux hôpitaux différents. Le premier nous a été fourni par M. le professeur agrégé Et. Rollet, agrégé de clinique chirurgicale, suppléant M. le professeur Poncet, de 'Hôtel-Dieu. Le second nous a clé très gracieusement communiqué par notre ami, : M. Delore, interne à la clinique des maladies syphilitiques et cutanées de l'Antiquaille.
Nous voulons tout d’abord, au début de ce modeste travail, remercier M. le professeur Augagneur, du grand honueur qu’il nous fait en acceptant de présider notre thèse. Nous craignons cependant que, vu son autorité en la matière, notre travail soit indigne d’un tel patronage.
Quant à M. le professeur agrégé Et. Rollet, la dette que nous avons contractée envers lui est trop grande, et jamais notre gratitude ne pourra le payer de toute la bonté et de toute la bienveillance dont il nous a entouré jusqu’à présent. Après nous avoir encouragé, soutenu, conseillé pendant le cours de nos études, et surtout pen dant le semestre d’externat qu’il nous a été donné de passer
à la clinique des maladies cutanées et syphilitiques de
NE ge l'Antiquaille, il a bien voulu guider lui-même nos prewières recherches, contribuant jusqu’au bout à faire de nous ce que nous sommes, Qu'il reçoive ici l'hommage de notre profonde reconnaissance, et, qu’il soit assuré que nous lui en garderons un éternel souvenir.
Nous ne saurions non plus oublier M. le professeur Gailleton ; tous ceux qui l'ont approché connaissent sa. bonté, tous ceux qui l’ont entendu connaissent la clarté de ses enseignements. C'est dire que nous avons été bien partagé, puisqu'il nous a été donné de passer six mois auprès de lui comme externe.
Qu'il nous soit permis aussi d'adresser tous nos remerciments à M. le Dr Levrat, chirurgien-major de l’hospice de la Charité ; tout ce que nous savons en chirurgie infantile et en maladies de la puerpéralité, nous le devons à lui. 7 :
MM. les D'* Josserand et Chappet, tous deux médecins des hôpitaux, voudront bien aussi recevoir l’assurance de notre gratitude; le temps que nous avons passé auprès ‘’eux nous a paru trop court. | |
Enfin, nous n’aurions garde d'oublier notre ami, M. Bonaymé, qui a fort gracieusement mis à notre service sa connaissance approfondie de la langue allemande. Nous l’en remercions cordialement. M. Abramowitch a bien voulu aussi nous traduire une observation tirée d’un auteur russe ; à lui aussi nos remerciments.
Notre travail comprendra quatre chapitres. Après un
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résumé rapide de l’historique de la question, nous eutrerons franchement dans le sujet, en faisant une étude aussi complète que possible des accidents secondaires que la syphilis peut faire naître sur la coujonctive palpébrale et bulbaire. Dans un troisième chapitre, nous nous appliquerons à établir la différence existant au point de vue du diagnostic, entre ces lésions spécifiques et une foule d’autres affections pouvant les simuler. Nous terminerons enfin par quelques mots sur le pronostic et le traitement
tant local que général que nous pensons devoir être appliqué dans ces circonstances.
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