CHAPITRE PREMIER
Historique.
Il ne faut pas remonter très loin dans la littérature médicale pour étudier le premier cas observé. Nous avons déjà dit, en effet, que les lésions secondaires, limitées à la conjonctive, étaient rares, soit que les observateurs aient manqué, soit que ces lésions aient échappé à leurs recherches.
Smee (London medical gazette, 1844) est le premier qui ait donné une observation d’éruption conjonctivale de
nature syphilitique : « Sur la conjonctive d’une femme atteinte depuis trois ans de syphilis, existait, au-dessus de la cornée, une tache un peu moins grande qu’une pièce d’un penny. La conjonctive était fuméfiée, surélevée sur ce point et offrait une teinte cuivrée. Il y avait une éruption cuivrée, d’aspect indéterminé, sur le corps, et un petit ulcère à l’angle des paupières. »
rose
… Desmarres père (Traité des maladies des yeux, 1855) parle d’une éruption de « syphilides tuberculeuses qui s'élevaient de tous côtés sur la conjonctive, petites tumeurs indolentes, très dures, oblongues », coexistant avec d’autres tubercules de même aspect: sur les téguments, et avec une double iritis à condylomes, chez un adulte, La peau des paupières était criblée de ces productions. Le traitement spécifique agit merveilleusement. S'agit-il d'une véritable éruption papuleuse ou d’infiltrations gommeuses multiples? Nous verrons plus tard qu'il est bien rare d'observer un grand nombre de gommes épisclérales sur un même endroit. Aussi, le fait demeure- t-il douteux. Ailleurs, Desmarres déclare n’avoir jamais eu l’occasion d'observer des plaques muqueuses, ni comme A. Smee, d’éruptions cuivrées sur la conjonctive palpébrale. | John F. France { Cu hosp. rep., 1861) cite trois
cas qui lui sont personnels : les deux premiers peu étudiés, le dernier, le plus important, a trait à un petit malade atteint de syphilis héréditaire et qui présentait sur les deux yeux « une décoloration partielle et nettement . limitée, en même temps qu’un épaississement de la con- jonctive de chaque côté ». Suivant John France, rien de able ne se trouve dans les travaux illustrés de Ruete, Dalrymple et Demours. Il ajoute que soixante ans se sont écoulés entre le premier et le troisième cas reconnus à Guy’s hospital.
. Puis vient un cas publié par Magni{Giornale d'oftalm. .ital., 1863), où l’apparition de nombreuses petites élevures rougeâtres, coexistant avec des plaques cuivrées : cutanées ou des iritis, disparaissant et se reproduisant