CHAPITRE IV
Pronostic et Traitement.
Les manifestations conjonctivales de la syphilis sont essentiellement bénignes comme accidents locaux et ne provoquent que des troubles fonctionnels peu importants qui disparaissent avec elles. Dans quelques cas, on a pu voir les syphilides développées au niveau du grand angle de l'œil dévier, rétrécir et obstruer les points lacrymaux ; mais la gêne apportée dans ce cas à l’écoulement des larmes n’est que transitoire, et disparaît quand la néoplasie s’affaisse.
Pourtant Terson affirme que, comme dans la majorité des cas de syphilis oculaire, ces lésions doivent être considérées comme un élément de pronostic des syphilis graves. Nous avons déjà dit ce que nous pensions de cette allégation.
Le traitement sera à la fois général et local.
Général, il consistera surtout en frictions avec l’onguent
Vpn
napolitain à des doses variant de 2 grammes à 5 grammes par jour. Mais malheureusement ce traitement, qu’il est facile d'imposer dans les services hospitaliers, n’a pas toujours la faveur de la clientèle de cabinet. On pourra alors le remplacer par les pilules au deutochlorure de mercure (pilules Dupuytren), une à deux par jour, ou par celles au protoiodure (pilules Ricord), une à deux aussi
par jour.
Quelquefois on aura recours aux bains de sublimé, de même qu’aux injections profondes de sels mercuriels solubles ou insolubies. Ce dernier moyen ne s’emploie que lorsqu'il s’agit de syphilis grave; il est alors indiqué d'agir énergiquement, comme l’a conseillé M. le professeur Augagneur (Congrès de syphiligraphie, Lyon, acût 1894). js
Toutefois on suspendra le traitement mercuriel à la
moindre remarque de salivation, deliseré gingival ou de
stomatite. [l sera même bon de prescrire en même temps le chlorate de potasse en gargarisme ou le borate de soude en collutoire.
A la médication mercurielle, il faut souvent ajouter l’iodure de potassium, car cet agent donne de ‘bons résultats à toutes les périodes de la syphilis.
Si à cela on joint aussi un traitement reconstituant et une hygiène convenable, on réalisera le rêve de la thérapeutique syphilitique. |
Localement, des quantités de médicaments ont été employés ; nous citerons au hasard les insufflations de calomel, d'iodoforme en poudre, les pommades à l’oxyde de zinc et au précipité rouge, les attouchements au crayon de nitrate d'argent et au sulfate de cuivre en substance, et
MEN: pes
même au nitrate acide de mercure, enfin les lavages à l’eau boriquée et au sublimé (solution légère de 5 centigrammes pour 900 d’eau).
Faut-il parler des injections sous-conjonctivales de sublimé (Il gouttes de solution de sublimé à 1/1000)2 Leur efficacité n’est pas très bien établie, et Les résultats qu’elles ont donnés sont fort douteux, ou très médiocres quand on en obtient. D’ailleurs les auteurs sont peu d'accord sur leur action, les uns croient à leur efficacité, les autres la trouvent nulle ou médiocre.
Devant tout cet arsenal médical, le praticien est, malgré lui, hésitant sur le choix des applications locales qu’il devra faire; nous voudrions le convaincre en lui disant que les moins irritantes sont les meilleures et qu’il faut compter surtout sur le traitement interne.
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