OBSERVATION II
Homme, trente-deux ans, employé d'administration, entre le 47 juin 1886, à l’hôpital Sainte-Elisabeth (salle de la Croix- Rouge pour une maladie de l'œil, qui dure depuis longtemps. Il affirme avoir eu la syphilis il y a six ans, et sans manifestations catanées consécutives, déclare-t-il, Trois ans après le début de l'affection, iritis de l’œil gauche, qui récidiva plusieurs sois, si bien qu’il fallut lui pratiquer l’iridectomie. Dans la suite, il eut aussi
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une inflammation de la conjonctive. Six semaines avant son admission à l'hôpital, l’œil droit devint à son tour malade, Les deux yeux ontété jusqu'ici traités par les traitements ordinairement réservés aux affections oculaires. Ê
Etat présent. — La surface cutanée des paupières est rouge, tendue et comme transparente ; les paupières inférieures sont pour ainsi dire fondues et laissent saillir une partie du bulbe. L’œil droit pleure fortement et la fente palpébrale est plus étroite qu'à l'œil gauche. Il y a des douleurs ciliaires intenses. La conjonctive palpébrale, si bien en haut qu’en bas, est fortement épaissie et d'une coloration singulière qui peut se comparer pour le mieux, à du miel jaune pâle ou bien à du bouillon. La région correspondant au cartilage tarse aussi bien que le cul-de-sac conjonctival paraissent exsangues, Le cul-de-sac œdématié ressort en un bourrelet couvert de granulations disposées en rangées, faisant saillie, et de couleur jaune pâle. Des granulations du même genre se rencontrent aussi sur la conjonctive du tarse de la paupière inférieure. La paupière supérieure présente dans son cul-de-sac, plusieurs grosses granulations offrant l’apparence de la gelée. La conjonctive du bulbe est modérément infiltrée, et présente une injection superficielle en même temps qu’une injection ciliaire modérée, La cornée est claire, le tissu de l’iris est coloré, et, sur le bord pupillaire, il y a quelques synéchies postérieures.
A l’œil gauche, dans l’endroit tout à fait correspondant, il n’y a que quelques granulations, Pas d'œdème de la conjonctive du bulbe, la cornée, elle aussi, est nette. Une iridectomie pratiquée antérieurement a produit un coloboma. Il y a de nombreuses synéchies postérieures. Des deux côtés, les ganglions auriculaires et cervicaux sont infiltrés.
A la suite du traitement local appliqué précédemment, l’état a empiré. Outre l’inflammation granuleuse spéciale de la conjonctive, il s'est produit une iritis des deux yeux, iritis progressive et manifestement syphilitique.
Comme traitement : frictions à la pommade mercurielle, et, localement, pommade à l’oxyde de zinc sur la face cutanée de la paupière enflammée,