‹ De la syphilis tertiaire dans la seconde enfance et chez les adolescents: étude accompagnée dChapitre 9 sur 11 · Pouls, 106. Etat général bon · texte numérisé non relu

Pouls, 106. Etat général bon

26. Un peu moins d'appétit : on supprime la digitale. L'élimination de l'iodure a duré quarante-quatre heures.

Observation XCIII (inédite).

Kérato-conjonctivite double. lodure de potassium et digitale. Troubles cardiaques produits par ce dernier médicament.

François Rau..., âgée de ans, entre à T Antiquaille le 33 oc« tobre 1879, salle Sainte-Croix, n^ 46, service de M. Aubert.

Les parents sont bien portants. Une sœur et un frère en bonne santé.

Cette jeune fille entre pour une kérato-conjonctivite double. L*œil gauche paraît le plus atteint et présente un petit ulcère au milieu même du champ pupillaire. L'œil droit présente une taie légèrement allongée, passant aussi par le centre de la pupille. La cornée est un peu dépolie. Pas de photophobie.

Traitement. Collyre au nitrate d*argent, 5 centigr. sur 30 grammes d'eau distillée. Sirop dModure de fer. Tisane de houblon.

Le 23 janvier on prescrit ô gr. d'iodure de potassium dans un demi-litre de tisane de chiendent, et 60 centigrammes de feuilles de digitale dans 120 grammes d'eau sucrée.

Le pouls est à 104.

Le 24 au matin. Pouls 88. Pas de malaise.

Le 25. Pouls, 86. Etat général bon.

Le 26. Ponls 84. Etat bon.

Le 27. Pouls 88.

Le 29. Pouls 88. Les urines, légèrement troubles, deviennent claires par la chaleur. Pas d'albumine. Par le perchlorure de fer et la chaleur, réaction intense de Tiodure de potassium.

Le 30. La malade s'est trouvée mal et Ton a été obligé de la cou-

cher. Pouls : 84, préaeniant quelques intermittences. On suspend l'iodure et la digitale.

Chez l'adulte, l'administration de l'iodure n'est pas toujours exempte d'inconvénients. Sans parler des phénomènes connus sous le nom d'iodisme, on a observé des accidents de nature diverse produits par ce médicament, des papuleuses, papulo-pustuleuses, acnéiques, vésiculeuses, bulbeuses, pemphygoïdes (1). On a observé des hémorrhagies diverses (2), le purpura (3). M. Stephen Mackensie (4) a cru que l'iodure de potassium pouvait produire l'érysisipèle (!). Récemment M. Hallopeau (5) a attribué à l'iodure une hémiplégie alterne survenue chez un sujet de trente ans, syphilitique. Dans un cas rapporté par M. Fenwick (6), la trachéotomie fut nécessaire. D'autres auteurs

(t) Ricord. Etudes sur l'action pathogénique de l'iodure rte potassium,.. (Bulletin gén. de tbérapeiilique, 1842, t. XXIII, p. 161.} Ricard. Gaz. des bûp., 1845, p. 414 : 1846, p. 134. Malgaigne. Gaz. des hûp., 1845, p. 397. Gauthier, médecin de l'Antiquaille. Observations pratiques sur k Iraitement des maladies syphilitiques par l'iodure de potassium, Lyon, 1845. Nommons encore MM. Tilbury Foi, Fischer, Djce Duckworth, Thin, Hyde (de Chicago), Bêreaguier, Von Bumstead Wood, Duhring, H. Rendu, Celso Pellizïarî, J, M. Finny, etc.

(2) Ricord, Bull, gén, de thérapeutique, 1842, 1. XXIII, p. 165,

(3) Riord. Ibid., p. 162. Ricord. Gazette des hôpitaux, 1845, p. 414. Sydney Ringer.lTbe Practitîoner, 187'2, mars. Alf, Fournier. Du purpura iodique (Revue manauelle de mêd. et de chir., 1877, p. 653}. Labat. Va cas de purpura iodique. (La France médicale, 1878, n' 570.) G. -F. DuSey. Tbe British med. Journal, 1880, t. I, p. 626.

(4) Stephen Mackenzie, Britisb med. Journal, 22 avril 1871.

(5) Hallopeau. Soc. de biologie, 4 janvier 1879.

(6)Fenwicb. Severe case of iodism; trachéotomie. (Tbe Lancet. 1875 t.U,p. 698.)

ont craint que rélimination du médicament déterminât des lésions rénales (1;.

Nos jeunes malades n'ont pas été aussi éprouvés. Chez un de nos sujets (obs. LXXIX), après un mois et demi de traitement, nous avons observé de la céphalée et une légère douleur de gorge à la production desquelles Tiodure pouvait être du reste étranger. Chez un autre (obs. LXXX), de petites pustules d'acné se sont montrées sur le devant de la poitrine et le pourtour des lèvres; mais cette jeune fille n'était plus une enfant et avait 18 ans (2). .

Dans UD troisième (obs. LXXXII), une éruption acnéi* que confluence apparut aussitôt après l'administration da médicament; Tidiosjncrasie du malade nous avait Cait prévoir ce résultat..

Jamais nous n'avons vu l'albuminurie signalée par quel* ques auteurs, et cette constatation n'est point sans valeur si, comme le veut Binz (de Bonn), l'iodurede potassium ^'élimine sous forme d'iode (3).

Plusieurs de nos malades ont notablement augmenté de

(i) Draper, Rejn, Société médicale de New-Tork. (Hew«-Tork BM4Ical Journal, janvier 1871.)

(2) Dans un travail publié en collaboration avec M. P. Rugnard, M. Jules Simon (Union médicale, 1876, d* série, t. XXlI, p. 26«81) a signalé la fréquence de Talbnminarie chez lea «nfanta aottttlis à des badigeonnages de teinture d'iode. M. Anbert, qal a répété cmt expériences sur des enfants teigneux» nous autorise à déclarer que jamais il n*a TU une pareille complication. D*ailleurs à la Sodété médicale des hôpitaux les conclusions de M. Simon avaient déjà rendo&trê des in* crédules et Tauteur lui-même, dans la thèse d*ande ses élèves , les a considérablement atténuées.

!^3) Tandis que M. Rabuteau (Soc. de biologie, 1808. G«z« hebd., 1S69, p. 133) pense que l'iodure de potassium diminue Turée^ M. la professeur Bouchard (Soc. de biol., 21 juin 1873) soutient que es médicament ugmente Tazoturie, c*est-à-dire l'excrétion de Turée*

poids pendant qu'ils étaient soumis au traitement ioduré. Quelle que soit l'explication qu'on veuille donner de ce fait, il existe et déjà Wallace (1), M. Ricord (2), M. Fournier (3), etc., l'avaient signalé.

Un dernier mot en terminant. Qu'oa ne se méprenne point sur notre pensée. Puche (4) administrait 25 grammes et même 40 grammes d'iodure par jour à ses malades ; M. Ricord (5) est allé jusqu'à 60 grammes sans amener d'accidents; et cependant il est bien rare qu'aujourd'hui l'on dépasse la dose journalière de 8 à 10 grammes. Ainsi pour les jeunes sujets. Nous ne proposons pas de leur prescrire à tous 14 grammes d'odure de potassium; nous avons voulu seulement prouver que ce sel est mieux toléré par l'enfant que par l'adulte, et que, dans la seconde en-fancey le médecin pourra administrer telle dose d'iodure qu'il jugera nécessaire.

(1) Wallace, Journal des Connaissances médico-chirurgicales, t,IV,

(2) Ricord. Bull. gén. de thérapeutique, 1842, p. 162.

(3) Alf. Fournier, Recueil d'ophthalmologie, juillet 1875, p. 308.

(4) Gazette des Hôpitaux, 1841, p. 49.

(5; Ph. Ricord Traitement des accidents tertiaires de la syphilis constitutionnelle (Gaz. des Hôp., 1846, p. 134).

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