CONCLUSIONS
De ce que nous venons d’exposer dans les pages qui précèdent nous croyons pouvoir conclure :
1° La courbe thermique de la méningite granuleuse présente en général et surtout à la première période, le caractère d’une fièvre tuberculeuse d'intensité faible ou moyenne, ne dépassant pas 395, fièvre qui s’atténue plus ou moins à la 2* période de la maladie, et peut même disparaître complètement dans les cas de méningite n'offrant aucune complication importante. Ces modifications, ainsi que celles qui se produisent à la 3° période, résultent de l’action cérébrale, mise en œuvre par l'irritation soit indirecte, soit peut-être même directe, que détermine sur les centres thermorégulateurs la phlegmasie méningée.
2° Quand la fièvre tuberculeuse méningée ne subit aucun abaissement à la 2° période, il faut en chercher l4 cause dans la granulose généralisée des organes, ou dans une granulose intense des poumons évoluant simultanément, et qui contrebalance l’action céré-
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brale. Dans ce dernier cas, la phlegmasie pulmonaire peut déterminer une véritable broncho-pneumonie tuberculeuse, et élever la fièvre parfois au-dessus du niveau maximum de la méningite, jusqu’à 40° et au delà, soit à la 1”, soit à la 2° période de la maladie. 3 Ilestimpossible d'établir unecourbe-type unique, comme le croyait Roger. Il faut se contenter de dire, que la température dans la méningite tuberculeuse a une tendance marquée à s’abaisser, surtout dans la 2 période, et qu'à la dernière période on constate ou bien une réascension thermique, atteignant parfois des hauteurs terminales extrêmes (hyperthermie préagonique) ou bien, plus rarement, un abaissement de
la température, pouvant descendre à des indications
non moins extrêmes (hypothermie préagonique).
Lo La température peut contribuer dans une certaine mesure à éclairer le diagnostic, à condition de mettre en parallèle la marche et l'intensité des symptômes généraux, et de tenir un compte minutieux des complications éventuelles pouvant altérer la physionomie ordinaire de la méningite en général, et de la courbe thermique én particulier.
Vu:
Nancy, le 17 juillet 1893.