‹ De la Température dans le Tétanos ExpérimentalChapitre 23 sur 27 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

INFLUENCE SUR LA TEMPÉRATURE CENTRALE DES INJECTIONS SOUS-CUTANÉES DE SELS DE STRYCHNINE

Il était intéressant de connaître l'influence sur la thermogenèse animale de certains poisons non microbiens à action voisine de celle de la toxine tétanique. Parmi ceux-ci, il en est un dont l'étude devait s’imposer à nous : la strychnine, alcaloïde végétal, dont les propriétés convulsivantes sont connues de tous.

On s'accorde, en général, à reconnaître que ce poison produit une élévation de température sur les animaux, les plus communément employés pour les expériences, particulièrement chez le chien, en même temps qu'une vaso-dilatation considérable(Delezenne!).

Vulpian. Mosso, dès longtemps déjà, avaient obtenu sur cet animal une élévation de température, qui alteignit même dans un cas 44 degrés.

L'accord est donc fait sur ce point que, en général, le strychnisme s'accompagne d'hyperthermie.

Le mécanisme intime de cette dernière a donné lieu

1 Delezenne, Arch, de Physiologie, 1894.

Lee

à des controverses : pour la majorité des auteurs, ce sont les contractions musculaires qui entraînent l'hyperthermie. Pour Mosso, au contraire (1855), l’augmentation de la température est plutôt due à une action excitante de la strychnine sur les centres nerveux.Cette opinion à été contredite par des expériences de Chouppe et de Pinet”.

Mais, d'une façon générale, l'animal employé était le chien. Nous ne pouvions donc emprunter aux recherches antérieures les éléments d’une comparaison, el nous avons Lenté des recherches avec le lapin.

Cet animal est sensible à l’action de la strychnine, comme le prouvent les travaux de Peyraud?. Nous avons donc injecté une dose moyenne de sulfate de strychnine à cel animal, en ayant soin de ne pas l'immobiliser, pour éviter l’abaissement de température produit par la fixation sur l'appareil à contention. D'autre part nous avons écarté la curarisation?, le curare étant au premier chef un poison hypothermisant.

Voici le détail des expériences :

Expérience XXII. — Lapin.

16 mai 1900, — Lapin de 1350 grammes. T. R, avant l'expérience, 39°6.

À 5 h. 25 du soir, injection de 1/2 milligramme de sulfate de strychnine, dissous dans 1/2 centimètre cube d’eau distillée,

A 5 h. 40, convulsions généralisées. La pupille est dilatée

Chouppe et Pinet, Soc. Biologie, 26 mars 1887. ? Peyraud, C. R. Ac. de méd., 7 oct. 18go.

Tarchanoff, art, Curare. Dicl. physiologie Richet.

rt

(mais à l'état ordinaire les animaux présentent souvent ce phénomène). T. R. 39 degrés.

À 5 h, 45. Nouvelle attaque de convulsions, T, R, 39°r.

À 5 h. 55. Convulsions. T, R. 3995.

À 6h. 10. L'animal présente un peu de parésie du train postérieur. Il tend à se coucher dans le panier où on l'a placé sans l’immobihiser, T. R, 3801.

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