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mentionne la marche de la température chez les lapins en expérience. Sur cinq animaux malades, chez qui le tableau symptomatique élait très caractéristique, la température fut notée aussi bien pendant la vie qu'immédiatement après la mort. Le thermomètre à marqué pendant toute l'évolution de la maladie entre 39°3 centigrades et 39°5, ce qui ne constitue d’ailleurs aucune élévation de la température centrale. Immédiatement après la mort, elle dépassait à peine 4043 ; mais là s'arrêtent les renseignements. De cette brève indication, 1l faut retenir que les modifications de la température furent peu notables dans ces cas de tétanos expérimental, réalisés avec des cultures pures de bacilles, et sur l’évolution desquels l’auteur donne peu de détails d’ailleurs. = Cette contestation de Nicolaïer est en contradiction avec les faits que nous énonçons plus loin.
Bages et Puscariu! rapportent qu’un poulain imoculé dans le tissu cellulaire de la queue avec de la culture pure de bacilles télaniques, présenta au deuxième jour après l'inoculation, une élévation thermique légère qui, à la mort de l'animal, survenue huit jours après le début de l'expérience, s’élèva à 42°4.
Enfin, la même année, Krrr° cherchant à reproduire le tétanos chez les animaux domestiques fait, au point de vue qui nous occupe, les constatations suivantes :
En l’année 1888, le 21 septembre, ilinocule un cheval avec 2 centimètres cubes d’une culture par voie sous-cutanée. Les accidents débutent le 9 octobre ; la
Ê u enc
: Babes et Puscariu, Centralbl. f. Baktertol., 1890. ? Kitt, Centralbl. [. Bakteriol., 1890.
maladie se termine dans la nuit du ro au 11 du même mois. Pendant toute son évolution, la température oscille autour de 37°6. La veille de la mort, elle monta seulement à 38 degrés. Dans cette expérience, 1l est vrai, malgré que le dénouement ait été rapide, l’incubation a été fort longtemps prolongée, puisque d’ordinaire elle est de cinq jours chez le cheval. Néanmoins, la maladie a été de tout temps apyrétique.
Sur un autre cheval inoculé le 2 janvier 1890, avec un demi-centimètre cube de culture bacillare, les aceidents apparurent le 7 janvier, et la mort survint le 8 janvier. La température rectale ne dépasse point 37°8.
Le même auteur a essayé les mêmes injections sur deux brebis; l'une et l’autre réalisèrent un tétanos d’une incubation lente, de six à sept jours, avec une évolution rapide consécutive, mais dans les deux cas, comme d'habitude, dit l’auteur, les animaux « ne présentèrent aucune fièvre : 38°4 ». Ces résultats viennent à l’encontre de ce que nous a enseigné une de nos dernières expériences.
Les travaux français que j'ai consultés sur ce point ne sont pas riches en indications sur la température de l'animal en expérience. Les importants mémoires de VarzLarpet Vincentr!, VarzLarp et RouGer*,de Marre? de Roux et Borrez* ne mentionnent pas les constatations thermométriques qu'ils ont faites dans leurs expé-
! Vaillard et Vincent, Ann. de l’inst. Pasteur, 1891. ? Vaillard et Rouget, Ann de l’inst. Pasteur, 1892. Marie, Ann. de l'institut Pasteur, 1897.
Roux et Borrel, Ann. de l'inst. Pasteur, 1898.
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riences. MM. Courmoxr et Dovyox' dans la série nombreuse des publications qu'ils ont faites sur différents points de la nosologie du tétanos, ne les ont qu'acecidentellement signalées. Ils notent çà et Ià quelques températures hypothermiques.
Je mentionnerai cependant que MM. d'Arsoxvaz et CHarrix, d'une part, Bixor, d'autre part, se sont préoccupés des modifications de la thermogenèse dans l'injection tétanique.
Dans une communication à l'Académie des sciences, en date du 25 juillet 1898, d'Arsonval et Charrin*annonçaient le résultat de recherches délicates, souvent difficiles à réaliser dans les laboratoires, entreprises avec le calorimètre sur des lapins, pendant la phase d’incubation de la maladie. Ils expérimentaient avec une toxine d'une virulence variable, les-symptômes de la maladie se déclarant en effet après l'injection, tantôt au bout de vingt-quatre heures, tantôt au bout de deux à trois jours. Dans tous les cas, les auteurs ont toujours vu assez promplement, parfois trois à quatre heures après l'injection, la courbe calorimétrique perdre sa régularité : « elle tend tout d'abord à s'élever, puis à s'abaisser, sans s'écarter beaucoup de la normale, Mais le phénomène dominant consiste dans l'apparition de petites oscillations, qui vont en augmentant à mesure
qu'on se rapproche de la phase des crises. Ces crises,
1 Courmont et Doyon. Le Tétanos, monog. {Biblioth. des aclualités médicales, 1899).
? D'Arsonval et Charrin, Ac. des sciences, 25 juillet 1898, et Arch. de physiologie, 1898, p. 740.
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ces spasmes musculaires s'inscrivent sous forme d'ondulations. Néanmoins, si l’on considère l'ensemble des courbes obtenues, on voit que la chaleur émise, alors que la lempérature centrale s'élève à 40-41 degrés, est souvent plutôt inférieure que supérieure à la normale : il y a désaccord entre lethermomètre el le calorimétre.» Ils en concluent que « certaines modifications, celles qui ont trait à la thermogenèse, sont moins lardives que les contractures des muscles; la période d’incubation tend à diminuer de plus en plus, quand on s'adresse à des appareils qui permettent de réaliser des observations plus délicates que celles que l’on peut fare à PCellnu c e
MM. Courmont et Doyon pensent de même, d’ailleurs, que toute une série de phénomènes, probablement d'ordre chimique, se déroulent pendant la phase d'incubation, mais qu'ils échappent à nos moyens d'investigation. BruNNER, par exemple, mentionne les modifications des échanges gazeux avant la phase d'apparition des contractures. Il est possible que des changements d’une certaine importance surviennent aussi dans la thermogenèse animale; dans nos expériences avec M. J. Courmont, nous avons observé, pendant la phase d'incubation, des variations de la courbe thermique, que nous rapportons plus loin, mais que nous avons interprétés d'autre façon.
Quoi qu'il en soit, 1l est à retenir des recherches entreprises par d’Arsonval et Charrin, que la thermogenèse animale est modifiée, dans la phase silencieuse cependant, de l’incubalion du tétanos. Ces résultats ont été obtenu par une méthode d’une application déli-
cale, la calorimétrie, Et, d'autre part, il convient de remarquer que la maladie a été réalisée chez l'animal par le produit soluble, la toxine.
Dans une thèse de 1899, M. Binor étudie expérimentalement certaines formes particulières de létanos, auxquelles 1l propose de donner le nom de tétanos splanchnique. Il à essayé, en un mot, de reproduire par l'injection de toxine à l'animal, certaines modalités cliniques de’tétanos, telles que celui qui peut atteindre la plaie ombilicale des nouveau-nés ou la surface utérine ouverte aux infections diverses des femmes enceintes : télanos ombilhical ou utérin. Il a pratiqué ainsi (avec de la {oxine fournie par M. Vaillant, et dont la virulence était très grande, des injecüons tlesticulaires, péritonéales, vésicales, rénales, hépatiques, etc.) Je ne m'arrèêterat point à la descripüon des symptômes qu'il a observés, el’sur la marche particuhère de l'affection si l’on adopte cette porte d’entrée. Ce qu'il faut surtout retenir, c’est que l’auteur a presque constamment noté une hypothermie qui peut atteindre des proportions considérables, puisque dans certaines expériences (Létanos péritonéal) la température descendait à 11 el mème 12 degrés au-dessous de la normale; les animaux ordinairement employés étaient le cobaye et le lapin. Chemin faisant, M. Binot signale que, chez les animaux inoculés dans la patte, l'ascension de la température, commencée pendant la période d’incubation, continue après l'établissement des contractures locales. Il mentionne en outre que parfois la contracture est précédée plus où moins
immédiatement d'hypothermie, dont Papparition
LNS TEE témoigne que, à bref délai, l'animal va présenter les symptômes caractéristiques de l'affection.
C'est dans ces seuls travaux de d’Arsonval, Charrin et Binot que sont indiquées les modifications de la température, qu'il s'agisse des résultats fournis par la calorimétrie ou la thermométrie au cours de lempoisonnement tétanique.
Il faut ajouter, d’ailleurs, que parfois les modifications thermiques ne se produisent que dans les derniers jours de la maladie. La température peut, en effet, produire dans le tracé une modification tardive, etsi l'on n’apas soin de prendre la température régulièrement jusqu'à la terminaison, les abaissements thermiques (comme ceux que nous avons constatés) peuvent échapper à l'observation. Ainsi s’expliquerait peut-être que les auteurs ayant recherché cependant, dans leurs expériences, la courbe dela température, n'aient pas été frappés par cette singularité d’une maladie cliniquement hyperthermique, etexpérimentalementhypothermique chez certains animaux, au contraire.
La question reste donc presque entière, 1l y a un champ d'études inexploré. Aussi MM. Courmont et Doyon ont-ils pu écrire que « les modifications de la température rectale sont encore à l'étude ».