‹ De la temperature dans les maladies :Chapitre 2 sur 57 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Que mes lecteurs veuillent bien me permettre de faire précéder mon travail d'une courte préface.

Depuis seize ans, je n'ai pas cessé de porter mon attention sur les modalités de la température dans les maladies. Chez tous les malades de ma clinique, des mensurations thermométriques sont faites régulièrement deux fois par jour; dans les cas d'affections fébriles, la température est prise quatre ou huit fois dans la journée, et même plus souvent si les circonstances l'exigent.

J'ai acquis aussi la conviction, par de fréquents essais, que cette méthode d'exploration est également applicable aux malades soignés à domicile. J'ai ainsi recueilli peu à peu des millions de mensurations thermométriques et j'ai pu même suivre l'évolution complète de la température dans des milliers de cas morbides. Plus mes observations se sont multipliées, plus je me suis pénétré de la valeur incontestable de ce nouveau moyen d'exploration, qui fournit à la clinique des données à la fois si exactes et si sûres.

Bien des résultats de ces observations ont déjà été pu-

xn PREFACE.

bliés, soit par moi-même, soit par mes internes et par les élèves de mon service.

Cédant aux nombreuses et pressantes instances qui m'ont été adressées, je me suis enfin décidé à publier le résultat de mes recherches et à exposer en détail l'ensemble de mes travaux.

Je ne me dissimule pas cependant la difficulté de ma tâche ; car je me vois obligé d'exposer d'une façon claire et rigoureuse un ensemble de faits multiples et variables, et de tirer des conclusions générales et positives d'une série de cas particuliers, dont le nombre est si considérable qu'il serait impossible de les exposer un à un et de les étudier séparément. Je n'ai pu me dispenser de traiter dans cet ouvrage les questions théoriques qui se rattachent à la température humaine, mais mon principal lut , été d'écrire un livre essentiellement pratique, et de mettre en relief l'incontestable utilité de l'examen thermométrique.

La connaissance des modifications de la température dans les maladies est non-seulement utile, mais même indispensable au médecin. En effet :

1° Tout phénomène morbide mérite d'être connu et observé;

^La température du corps humain peut être appréciée avec précision et exactitude ;

5° Elle ne peut être ni simulée ni dissimulée ;

4° Tout écart brusque de la température permet aussitôt de conclure à l'existence d'un dérangement, d'un trouble morbide quelconque;

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5° Un certain degré d'élévation dans la température est l'indice de l'état fébrile ;

6° L'augmentation thermique est souvent proportionnelle au degré et à la gravité de la maladie ;

7° L'observation thermométrique sert à découvrir et à apprendre les lois qui régissent l'évolution de certaines formes morbides ;

8° En faisant constater la marche régulière et normale de certaines de ces formes morbides, la thermométrie facilite ou soutient le diagnostic en lui donnant plus de précision et de sûreté ;

9° L'examen thermoscopique indique avec autant de promptitude que de précision les écarts survenus dans la marche régulière de la maladie ;

10° Les modalités de la température dans le cours d'une maladie en font aussi connaître les recrudescences ou les amendements;

11° La thermométrie peut ainsi contrôler les résultats thérapeutiques;

12° Elle est susceptible d'appeler l'attention sur des influences nocives qui pourraient avoir agi sur les malades dans le cours de leur maladie ;

13° Elle marque la transition d'un stade morbide à un autre, et notamment dans la période de décroissance ;

14° Elle permet de reconnaître le moment où la guérison s'annonce et celui où elle est achevée ;

15° Elle fait découvrir les troubles d'une convalescence irrégulière et imparfaite ;

16° Elle révèle aussi la tendance de la maladie vers une issue léthale;

xiv PREFACE.

17° Elle annonce souvent avec une extrême précision le moment où le malade a perdu toute chance de salut ; elle dicte, en un mot, un pronostic fatalement mortel ;

18° Elle fournit enfin une preuve certaine de la mort réelle.

J'aurai atteint le but que je me propose dans ce livre si je réussis à convaincre mes lecteurs de l'exactitude de ces conclusions, et si je puis fournir à mes confrères un guide sur pour l'application des données thermométriques, en un mot un bon manuel de thermométrie pathologique.

Dr WUNDERL1CH.

Leipzig, mars 1868.

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