‹ De la température de l'homme sain et maladeChapitre 11 sur 18 · Rosenstein : Ein Fait von Diabètes mellitus · texte numérisé non relu

Rosenstein : Ein Fait von Diabètes mellitus

Un cas de diabète sucré, avec l’observation de la température. Dans Archiv. fur pathologische anatom. und physiolog.: tom. XII; 1857.

au même point était de 37® 5. (Physiologie de Béclard, p. ^22.)

Ces derniers faits nous paraissent exiger de nouvelles recherches avant d’être définitivement acceptés par la science.

Voulant limiter notre sujet à l’étude des phénomènes pathologiques, nous ne nous occuperons pas des expériences physiologiques faites par Cl. Bernard, Malgaigne, Demarquay, et un grand nombre de savants, pour constater la température du sang dans différentes régions ou différents organes, ni de l’influence des nerfs sur là calorification.

$0, — Température du corps de Tho^nme pendant et après le bain.

Voici ce qu’écrivait, il y a treize ans, le docteur Kuhn, observateur sagace et médecin hydrologiste distingué, en parlant de la température des eaux au point de vue de la médecine thermale : « Tout est encore vague dans les questions de thermalité ; on ordonne des bains et la boisson à tel ou tel degré de température, sans partir d’une base ou d’un principe quelconque : ce qui

fjiiide, ce ne sont point des raisons puisées dans l'observation des j)hé7iomènes vitaux, c est l' empirisme ^ »

Ce qui était vrai en 185i l’est encore aujourd’hui, aussi chercherait-on en vain dans les ouvrages d’hydrologie et même dans les traités de physiologie, des explications scientifiques sur les effets immédiats et consécutifs des bains minéraux ou autres sur le corps de l’homme. Ce n’est pas que ces auteurs aient complètement négligé l’examen de la température de l’eau du bain : Kuhn a même donné, sous ce rapport, un bon exemple; il a divisé les sources minérales en trois grandes catégories, selon qu’elles sont trop froides ou trop chaudes pour être employées en bains à leur sortie de la terre, ou selon qu’elles ont juste la température convenable pour servir à cet usage : il les a désignées sous les noms de mésothermes, d'hypothermes , et d'acrothermes, suivant qu’elles se rapportent à l’une ou à l’autre de ces divisions. Entre les températures trop prononcées,

l . J. Kuhn, Les eaux laxatives de Niederbroini, etc. Paris, in-S*" ; i85i, p. xxi introd.

chaude OU froide, Kuhn en établit une troisième qu’il nomme indifférente, c’est-à-dire à peu près égale à celle du corps. Après ces vues très-justes, Kuhn, se laissant dominer parles idées théoriques, mais inexactes de son époque, ajoute : Ainsi le bain sollicite r absolution de l'eau ou des parties aqueuses lorsqu il est frais ; il provoque l' exlialalion lorsqu'il est chaud ;

L'absorption ainsi que l'exhalation auqmentent à mesure que la température s’écarte davantage de l’indifférente ;

Et la température indifférente constitue la limite où l'absorption cesse et oit l’exhalation commence^.

Le docteur Rotureau - , dans son important et consciencieux ouvrage, publié quatre ans après celui de Kuhn, n’a pas suivi la voie indiquée par cet auteur; il ne s’occupe nullement de l’action du bain sur l’organisme, il se borne à modifier et à multiplier les appellations des sources minérales selon leur température; il établit

!. Kuhn, ouv. cité. Introduction, p. xxix.

2. A. Roturcau, Des principales eaux minérales de V Europe. 18"'^ 3 vol. in-S*^.

cinq divisions auxquelles il donne les noms suivants : sources mésothermales, hyperthermales, hypothermales, protothermales et athermales ; rien au delà.

Les auteurs qui l’ont suivi ont imité sa retenue, et la question que nous nous proposons de traiter a été totalement négligée.

Nous croyons donc ne pas nous écarter de la vérité en avançant qu'on ne s'est pas encore sérieusement occupé des mocîificalions de la température du corps de l’homme pendant et après le bain, ni des conséquences physiologiques et thérapeutiques déterminées par ces modifications.

Cependant une brochure, dans laquelle ce sujet est indiqué, a paru récemment; elle est du docteur Hemmann, médecin à Schinznach L Cette brochure contient six observations faites sur des hommes et des femmes dont la peau était malade; elles o’ont point été continuées au delà de onze jours sur le même sujet. Ce début mérite

1 . A. Hemmann, Notes et observations relativement a rétablissement thermal de Schinznach, Genève, 34 pag. in-12. Huit sont consacrées aux observations tliermométriqucs.

d etre noté, et je le signale avec empressement.

La température du corps de riiomme ayant été suffisamment étudiée à l’état physiologique et pathologique, il nous reste à examiner les phénomènes produits sous l’influence du contact de l’eau avec la peau.

One se passe-t-il lorsque l’homme est dans un bain?

Cette question est fort complexe, puisqu’elle comprend : 1® la nature et la température du liquide; 2® la durée de l’immersion ; 3® l’état de santé ou de maladie, et comme renseignement spécial, si la peau est saine ou affectée d’éruptions chroniques, de plaies, etc. Examinons successivement ces différentes situations.

A. Peau saine. — Eau naturelle à la tempèture de 8 à degrés centigrades.

En se plaçant dans ces conditions, on ne fait pas de l’hydrologie thermale, mais bien de l’hydrothérapie, moyen puissant dont l’action sur le corps de l’homme a été longtemps mal comprise. On redoutait, en France surtout, les effets d’un re-

froidissement brusque lorsque le corps est en sueur. Nous avons expliqué, il y a fort longtemps, comment cette perturbation est salutaire au lieu d’être nuisible^ 11 suffit, en effet, pour se rendre raison des phénomènes, de remarquer qu’on détermine d’abord au moyen d’un bain de vapeur ou d’un enveloppement dans des couvertures de laine, une turgescence dans la peau, qu’elle se gonfle, rougit, et devient trèschaude, la température prise sous l’aisselle s’élevant alors à 38®. 39° et même 40® centigrades; que le pouls s’accélère; il bat alors 80 et quelquefois 100 pulsations par minute; qu’il y a malaise général, sueur abondante, enfin impatience d’être délivré de l’emprisonnement où l’on est contraint de conserver une immobilité complète.

Le temps de la sudation étant terminé, l’enveloppement cesse, et l’on se précipite immédiatement dans l’eau froide en commençant par la tête.

1. Voir, sur ce sujet, mon ouvrage : De l'eau sous le rapport hygiénique et médical, ou de l’hydrothérapie. Un vol. in-8. Paris, 1843.

One se passe t-il ? La peau perd à Linslant l’excès de calorique qui la fatiguait, l’irritait et déterminait le malaise général ; le sang est refoulé vers les muscles, mais il est bientôt rappelé vers l’enveloppe cutanée par des frictions et surtout par l’exercice en plein air; cependant la température du corps a baissé sensiblement, elle n’est plus, sous l’aisselle, qu’à 34® et quelquefois 33®. Lorsque la réaction est complète et l’équilibre parfaitement rétabli, on éprouve un bien-être que les malades signalent avec la plus vive satisfaction.

Sous la double influence de la sueur et de la perte du calorique, l’appétit se développe, les forces augmentent; tout le corps reprend une énergie nouvelle ; ainsi tous les effets produits tiennent à l’abaissement ou à l’élévation du calorique, c’est-à-dire aux oscillations de la chaleur animale.

B. Peau saine. — Bain (Teau commune à la température de ioj 2o, So et 37 degrés centigrades.

Les bains à 15®, à 25®, sM’on excepte ceux de rivière, ne sont guère administrés qu'à des malades qui, sous l’influence de

la lièvre typhoïde notamment, éprouvent une forte élévation de température et ont, par suite, une grande fréquence du pouls. On en obtient des effets merveilleux; la soustration du calorique en excès produit à l’instant le calme le plus satisfaisant, le délire cesse, et le malade, remis dans son lit, dort tranquillement. J’emploie fréquemment ce moyen, et j’ai publié des observations qui méritaient une attention plus grande que celle qu’elles ont obtenue.

Les bains ordinaires , c’est-à-dire de 34*" à 37° centigrades, sont, en général, supportés avec facilité; toutefois, il y a, sur ce point, des différences très-marquées qui tiennent aux organisations individuelles : le tempérament lympathique ou sanguin, la faiblesse déterminée par une longue maladie, une excitabilité plus ou moins grande, quelquefois d’anciennes habitudes, font varier les degrés de température auxquels ces bains peuvent être pris sans perturbation.

Quoi qu’il en soit de ces susceptibilités exceptionnelles, on peut avancer que les bains pris à la température que Kuhn appelle indifférente, parce qu’elle se rap-

proclie de celle du sang, agissent fort peu sur l’organisme ; ils ne sont, comme on le dit souvent, que des bains de propreté. En effet, les bains de cette espèce ne peuvent nullement exciter la peau, attendu que le liquide est à Y état statique, c’est-à-dire, n’éprouvant ni actions chimiques ni électriques, ne soustrayant pas le calorique du corps et ne lui en communiquant pas non plus.

Passons maintenant aux bains d’eaux minérales; ils nous offriront tous les éléments de la question que nous cherchons à élucider.

Distinguons d’abord si la peau est saine ou malade, car, selon l’état de cette membrane les effets peuvent être différents et même opposés.

C. Peau saine, — Eaux minérales, — Effets des bains à divers degrés de température.

Rappelons d’abord que la température normale du corps de l’homme varie de 36*’ 5 à 37° 5 chez l’adulte sain et bien constitué ; qu’elle descend à 36*’ et même à 35*" et au-dessous chez l’homme épuisé par la

souffrance ou chez le vieillard approchant du terme de la vie. Cette première remarque tend à faire comprendre rulilité de constater la température habituelle du corps de l’homme avant de fixer le degré de température du bain, afin de l’appliquer exactement et sûrement à l’état du ^ malade, et d’obtenir l’effet thérapeutique qu’on en espère.

L’abaissement extrême ou l’élévation excessive de la température du bain peuvent occasionner une perturbation profonde dans l’organisme , soit en soustrayant du calorique, soit en en faisant pénétrer en excès. Or, nous savons que la perte de douze ou quatorze degrés centigrades, au maximum, ou l’élévation de six à huit degrés, produisent inévitablement la mort lorsque les organes subissent, pendant un temps suffisamment prolongé, les effets de ces températures.

Citons des exemples pour démontrer les perturbations occasionnées par l’élévation de quelques degrés seulement de la température de l’eau du bain.

Le docteur Turck, de Plombières, a voulu expérimenter, le 12 mai 1851. les

effets d'un bain à 43® centigrades ; il y est resté une heure et demie, en laissant la température baisser graduellement : la sueur fut très-abondante, l'agitation extrême, la respiration courte et haletante ; après être sorti de l’eau, il constata qu’il avait perdu quatre kilogrammes et demi de son poids : il était très-faible et profondément épuisé.

Madden, en Angleterre, Kathlor, à Vienne, ont fait des expériences analogues, mais non sur eux. Ce dernier rapporte qu’un homme mis dans un bain à 46® centigrades, ce qui me paraît excessif et presque impossible, y a perdu 4 kilogrammes et quart en une heure. Ces épreuves sont fort dangereuses, elles peuvent amener la mort; on ne l’évite que parce qu’il survient une transpiration abondante qui, en se vaporisant, enlève du calorique et protège le corps contre son action immédiate.

On a parlé de bains à 50® et même à 56® centigrades; il sont impossibles.

Les excès contraires sont moins à craindre; ce n’est guère que dans le nord de l’Europe qu’on voit les hommes casser la

glace pour se précipiter dans Teau, et encore n’est-ce que pour un instant et après avoir pris un bain de vapeur qui a déterminé rélévation de la température de la peau; dans ce cas on obtient le rétablissement d’équilibre de la chaleur du corps et, sous l’influence de ces oscillations brusques, l’appétit et les forces augmentent au lieu de diminuer.

Étudions maintenant les phénomènes qui se manifestent lorsqu’on prend un bain d’eau minérale à température moyenne, c’est-à-dire entre 29° et 30° centigrades. Comme les effets peuvent un peu varier selon la composition chimique de l’eau, nous admettrons que nous choisissons une eau sulfureuse, et spécialement celle de Schinznach, où nous avons fait réellement la plus grande partie de nos recherches.

Voici d’abord l’analyse de cette eau faite par M. Grandeau ^

1 . Annales de la Société d'hydrologie médicale de Paris, tome XIL Paris. 1866.

Matières gazeuses.

Acide sulfhydrique . . . . ,

Acide carbonique. . . . . .

Azote

Matières solides.

Carbonate de chaux

Carbonate de magnésie. . . .

Sesquioxyde de fer

Silice. .

Sulfate de chaux

Alumine * . . .

Chlorure de polassuim . . . .

Chlorure de sodium

Sulfure de calcium

Débutons par le bain à 30® centigrades : la première sensation est celle du froid; on croit d’abord qu’on ne pourra pas rester dans l’eau ; mais si on persévère, il semble, après dix minutes environ, que le liquide s’échauffe; les frissons disparaissent, la peau rougit et prend une teinte érythémateuse générale qui débute par les cuisses, le ventre, la poitrine et s’étend aux extrémités des membres. Cette coloration, qui est plus ou moins prononcée.

se manifeste surtout chez les personnes jeunes bien constituées, dont l’affection morbide n’a point affaibli les fonctions principales de l’organisme. Les personnes appauvries au contraire par la maladie rougissent peu ou point du tout, la sensation du froid persiste, le malaise survient; le bain doit être réchauffé, ou le malade est forcé d’en sortir.

Si on a persisté, et qu’on soit resté une heure dans le bain, voici les phénomènes calorifiques observés le 8 juin 1867, à six heures du matin.

Température extérieure. ... 14 degr. centigr. Température du corps prise au lit. 3ü®4

La température du corps dans le bain tombe à 34® 34o2, 3i®4 vers la fin du bain.

Ainsi l’eau du bain étant à 30® centigrades, et le corps à 36® 4, la différence, au début, était 6® 4 dixièmes. Dans ces conditions, le corps cédait constamment de la chaleur à l’eau du bain pendant toute sa durée, c’est-à-dire durant une heure et quart, temps pendant lequel toutes les expériences ont été faites.

Chaque expérimentation thermoscopi-

que durait dix minutes. Voici comment elle était faite. Après avoir séjourné un quart d’heure dans le bain, je redressais le corps jusqu’à ce que l’aisselle fut hors de l’eau, je plaçais le thermomètre sous l’aisselle, je rapprochais le bras en l’appuyant fortement contre la poitrine, puis je me remettais dans l’eau en la laissant monter au-dessus des épaules; de cette façon la boule du thermomètre était parfaitement appliquée contre le corps sans toucher l’eau, il n’y avait qu’une partie de la tige, contenant l’échelle, qui était en contact avec le liquide, mais ceci était sans importance : cette opération était renouvelée trois fois pendant la durée du bain.

Après une demi-heure de séjour le besoin d’uriner se faisait sentir; il se répétait trois ou quatre fois en trois quarts d’heure; les urines, examinées attentivement, m’ont offert des modifications importantes à noter; d’abord faiblement colorées, elles devenaient ensuite limpides, semblables à de l’eau claire; le papier bleu de tournesol rougissait faiblement ; à’ la seconde émission, le papier n’éprouvait plus de changement, l’urine était neutre ; à la troi-

sième émission, le papier rouge passait au bleu, Turine était devenue alcaline, mais faiblement ; ce papier en séchant repassait en partie au rouge. Une heure après le bain les urines redevenaient acides. Ce fait ne fut pas exceptionnel, il s’est reproduit onze fois dans des conditions identiques.

Immédiatement après le bain, le corps étant enveloppé d’un drap convenablement chauffé, la peau reste rouge pendant un quart d’heure. Toutefois la coloration diminue graduellement et finit par disparaître; la température du corps se relève, elle revient à 35°, quelquefois 35° 5, rarement au delà, puis elle baisse de nouveau; trois quarts d’heure ou une heure après le bain, on sent le besoin de se couvrir de vêtements chauds, ou bien de se remettre au lit pour se réchauffer : beaucoup de personnes éprouvent encore de la lassitude et sentent la faim se développer avec vivacité.

Au-dessous de 30° centigrades, les bains sont difficiles à supporter ; je me suis mis dans Teau à 25 degrés, je n’ai pu, que très-difficilement, y rester un quart

d’heure : s’il en est autrement dans les bains de rivière, c’est qu’on s’agite, et qu’on produit, ainsi que nous l’avons signalé, une quantité considérable de calorique en faisant contracter les muscles.

Tempèi'ature élevée. — Bain a 10° centigrades. *

En entrant dans l’eau, sensation de vive chaleur à la peau; rougeur générale presque immédiate. Àprès sept minutes de séjour, sueur abondante à la tête; pouls accéléré, 80 pulsations, s’élevant plus tard à 92 : respiration précipitée, 21 au lieu de 18 par minute. — Température du corps prise sous l’aisselle avec les précautions indiquées : avant le bain 35° 2, pendant le bain 36° 8. — Augmentation 1° 6. — Différence avec la température du bain ; 3° 2. Ainsi, conformément à la loi établie, l’homme possédant une chaleur qui lui est propre, la défend contre l’envahissement des températures extérieures.

Pendant toute la durée du bain, point d’émission d’urine. Immédiatement après

le bain, la température du corps se maintient à 36®; une heure après, elle tombe à 35®; le refroidissement habituel est presque nul ; l’appétit est moins développé, Turine est très-acide; sentiment de lassitude pendant toute la journée.

J’ai essayé d’élever la température d’un bain à 42° centigrades; il m’a été impossible de la supporter, bien que j’eusse pris la précaution d’entrer dans l’eau à 36® et d’en augmenter progressivement la chaleur.

Ces différentes expériences ont été répétées pendant dix-huit jours sur moi-même et sur d’autres personnes d’âges différents; les résultats, sans être identiques, ont présenté entre eux la plus grande conformité. Voulant éviter les lenteurs, je supprime des répétitions fastidieuses; je me borne à indiquer les soins pris pour assurer l’exactitude de chacune des observations ; les voici, il faut noter :

1° Température extérieure. — 2® Température du corps étant encore au lit. — 3° Examen de l’urine avec le papier de tournesol avant de se mettre au bain. — 4° Nouvel examen de la température du

corps avant d’entrer dans l’eau. — 5° Température de l’eau prise avec le même thermomètre. — 6° Examen de la température du corps plusieurs fois répété pendant la durée du bain. — 7° Examen de Turine avec le papier de tournesol après chaque émission. — 8° Température du corps immédiatement après le bain, puis une heure après. — 9" Dernier examen trois heures plus tard.

Reprenons maintenant chacun des phénomènes signalés, et cherchons à en expliquer la cause en nous appuyant sur les données incontestables de la science.

A. Rougeur de la peau et sensation de chaleur après huit ou dix minutes de séjour dans Veau à 30° ou 32°.

Cette question m’a beaucoup intéressé :

ce n’est point au calorique, disais-je, qu’est due la sensation de chaleur, puisque l’eau du bain est sensiblement moins chaude que la peau. Après bien des considérations, j’ai été conduit à admettre que les effets indiqués doivent être rapportés aux

gaz acides carbonique et sulfhydrique, ainsi qu’aux actions chimiques et électriques.

On sait depuis longtemps qu’en mettant la peau en contact avec l’acide carbonique, elle rougit et qu’il s’y développe une sensation de chaleur qui n’est point expliquée par l’élévation du thermomètre : Rotureau en a fait l’expérience à Nauheim, dans l’eau du Grosser-SprudelS et Herpin en rapporte plusieurs autres exemples Or, nous savons que l’eau de Schinznach contient 90 8 d’acide carbonique libre par

litre, ce qui contribue principalement au développement des phénomènes indiqués.

L’acide sulfhydrique y joue aussi un rôle; il se dégage assez abondamment pour'occasionner de fréquentes ophthalmies sur les baigneurs et les employés des bains ; il est donc admissible qu’ayant une action aussi prononcée sur les membranes muqueuses, l’acide sulfhydrique agit aussi sur la peau. Maintenant viennent, mais en

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