‹ De la température de l'homme sain et maladeChapitre 17 sur 18 · SUISSE · texte numérisé non relu

SUISSE

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Baden (près Vienne). .

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Wüdbbad

Wildbbad-Gastein ....

Wildungen

îniluence de la pression atmosphérique sur les fonctions physiologiques.

On comprend parfaitement que, sous l’influencedes pressions diverses auxquelles le corps est soumis, il s’opère des modifications dans l’exercice des fonctions organiques, elles portent surtout sur la respiration et la circulation.

Demandons-nous d’abord comment nous pouvons supporter, sans être écrasés, le poids de 15,/j87 kilogrammes. L’explication est facile et fort simple. Les fluides qui occupent les cavités de notre corps et en pénètrent les tissus possèdent une force élastique variable qui fait équilibre à la pression de l’atmosphère; il en résulte que la densité de nos fluides augmente ou diminue selon la pesanteur de l’atmosphère, et comme elle est toujours proportionnelle à la pression, l’intégrité de nos organes se maintient.

Si ,^ar impossible , l’équilibre venait à être rompu, les fluides de notre corps se dilateraient, déchireraient la peau, et la

mort serait immédiate. 11 se produirait alors ce qu’on observe lorsqu’on fait le vide dans un récipient dont la paroi supérieure est formée d’un morceau de vessie; l’équilibre de pression cesse et la membrane crève à Tinstant.

Les troubles physiologiques déterminés par l’altitude des lieux varient selon le mode d’ascension, c’est-à-dire si elle est passive, comme cela a lieu dans une ascension en ballon, ou si elle est active, comme cela s’opère en faisant à pied l’ascension d’une montagne.

Le professeur Gavarret^ a donné des explications qui rendent facile l’intelligence Jes phénomènes produits dans l’un et l’autre cas. Il faut remarquer d’abord, ditil, qu’à la température moyenne de Paris, et dans l’espace d’une heure, un homme adulte, de bonne constitution, brûle douze grammes de carbone et par conséquent produit, en nombres ronds, 22 litres d’acide carbonique qui, dans un temps égal, doivent être éliminés par le poumon.

1. Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, art. Altitude, tom. III, p. 410, par Le Roy de Méricourt.

Si rhomme est emporté par la force ascensionnelle d’un ballon, il n’effectue aucun travail et ne fait aucune dépense de force mécanique ; dans ces circonstances, la totalité de la chaleur produite par la combustion des matériaux organiques de son sang est employée à maintenir sa température propre, et l’activité de sa respiration est uniquement réglée par la température du milieu ambiant.

A mesure que l’homme s’élève dans l’atmosphère, l’intensité des combustions respiratoires augmente, la production d’acide carbonique devient plus considérable et la fonction pulmonaire éprouve les mêmes variations que lors du passage de l’été à l’hiver ou d’un climat chaud à nn climat froid : seulement, dans une ascension en ballon, l’abaissement de la température ambiante s’opérant brusquement , l’économie est obligée de s’harmoniser très-rapidement avec des conditions extérieures très-différentes; de là, naturellement, malaise traduit par une accélération rapide du pouls et des mouvements respiratoires.

Le récit des expériences faites par plu-

sieurs savants a donné sur ces différents points des indications intéressantes. Biot et Gay-Lussac , qui firent une ascension le 24 août 1804, rapportent que leur pouls était fort accéléré ; celui de Gay-Lussac, qui était ordinairement de 62 pulsations par minute, en battait 80 ; celui de Biot s’était élevé de 79 à 111 ; leur respiration n’était nullement gênée. Bien que ces deux savants se fussent élevés à 3,898 mètres, c’est-à-dire bien au-dessus de la limite des neiges éternelles, par la latitude de Paris, et cela en très-peu de temps, ils n’ont pas signalé d’autres phénomènes que l’accélération du pouls.

Le 29 septembre de la même année, Gay-Lussac partit seul et s’éleva à 7,016 mètres, le thermomètre descendit à — 9° 5. Cette fois l’expérimentateur eut froid, surtout aux mains; son pouls et sa respiration étaient très-accélérés.

Barrai et Bixio exécutèrent à Paris, le 27 juillet 1850, un voyage aéronautique qui leur permit de s’élever à 6,753 mètres.

(( Nos doigts sont roidis par le froid, disent les aéronautes dans leur relation, mais nous n’éprouvons aucune douleur

d'oreilles, et la respiration n’est nullement gênée. »

Mais la plus remarquable de toutes les ascensions, est celle de Glossher, au mois de septembre 1862; son compagnon et lui faillirent périr à la hauteur de 9 à 10,000 mètres (la plus grande élévation à laquelle l’homme soit jamais parvenu). Glossher perdit connaissance un instant après avoir noté ses dernières observations barométrique et thermométrique ; le baromètre était descendu à 0,/i00 millimètres et le thermomètre à 38® 5.

L’accélération du pouls et de la respiration est la conséquence nécessaire de la dilatation de l’air à une grande hauteur : d’après les recherches de Hutcbinson et de plusieurs physiologistes distingués, l’homme fait pénétrer dans les poumons, à chaque inspiration , un demi-litre d’air et comme il fait de 16 à 20 inspirations par minute, il en résulte que 8 ou 10 litres d’air entrent dans ses poumons et en sortent dans le temps indiqué.

L’air atmosphérique est composé, comme on le sait, de 20,9 d’oxygène et de*79,l d’azote : lorsqu’il s’échappe des poumons,

sa composition n’est plus la même : Brume jet Valentin ont trouve que l’air expiré ne contient plus que 16,03 pour 100 en volume d’oxygène; il a donc disparu, par absorption, 4,87 d’oxygène pendant la respiration.

Ces transformations sont nécessaires à la régularité de nos fonctions et à l’entrelien de la vie : or, à mesure que nous nous élevons, l’air étant moins dense, la dilatation ayant doublé lorsqu’on est à la hauteui de deux mille mètres, il faut que nous respirions deux litres d’air au lieu d’un, pour obtenir une quantité d’oxygène égale à celle que nous absorbons lorsque nous vivons sous la pression de 760 millimètres. De là, accélération de la respiration et fréquence du pouls.

11 faut ajouter à ces perturbations physiologiques la vaporisation plus prompte de la transpiration cutanée et l’abaissement de la température, causes nouvelles de refroidissement et d’accélération de la respiration.

Ces faits doivent faire comprendre la nécessité de bien connaître l’état d’un malade avant de liri indiquer la station miné-

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raie à laquelle il doit se rendre ; on voit souvent des hémoptysies survenir chez des personnes souffrant de la poitrine, ac cident qu’on attribue à l’action des eaux et qui n’est du qu’à la diminution de pression et à la dilatation de l’air.

Lorsque l’homme, dont le poids supposé serait de 75 kilogrammes, gravit à pied une montagne haute de 2,000 mètres, il ajoute aux pertes précédemment indiquées un travail nécessité par les efforts qu’il doit faire pour soulever son corps; or la force qu’il déploie résulte encore de la combustion du carbone, dont le calorique produit se transforme en force mécanique. Les huit dixièmes de cette chaleur transformée en force mécanique y pendant l’ascension, nécessitent la production de 65 litres d’acide carbonique, en sus des 22 litres de ce gaz que l’homme forme, par heure, dans ses capillaires généraux pour maintenir sa température propre. Les conséquences d’une aussi grande quantité d’acide carbonique dansl’économie se présentent d’elles-

mêmes. La consommation des matériaux

organiques du sang est excessive et les forces s’épuisent très -rapidement; Les mou-

veinents respiratoires et circulatoires s’accélèrent considérablement, d’une part pour rendre possible l’absorption de tout l’oxygène nécessaire à des combustions si actives , d’autre part pour débarrasser le sang d’une telle proportion d’acide carbonique dissous. Lorsque la marche est lente, la force dépensée , dans un temps donné, est faible et les troubles fonctionnels ne sont pas considérables ^

Toutes ces considérations sont d’une grande importance pour le médecin physiologiste chargé de la direction des malades placés dans une station thermale. On ne peut méconnaître que toutes les causes signalées, ajoutées à l’action non contestable des eaux minérales, ne contribuent considérablement aux changements qui se produisent dans tout l’organisme et qui ramènent la santé en remplaçant les matériaux anciens et viciés par des éléments nouveaux d’une bonne composition^.

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