‹ De la température de l'homme sain et maladeChapitre 18 sur 18 · Gavarret. Article cité du Dictionnaire, p · texte numérisé non relu

Gavarret. Article cité du Dictionnaire, p

2. Voir en outre : u De l’influence des altitudes sur les fièvres intermittentes, les diarrhées, les dyssenteries contractées dans les terres chaudes du Mexique; » par M. Coindet, médecin principal de

2® — Abaissement de la température. Il est complètement démontré par de trèsnombreuses observations que la température atmosphérique n’est pas la même à des hauteurs égales sur tous les points du globe; ainsi, pendant que dans les Alpes centrales, à 2,500 mètres, la moyenne annuelle est de 0®,elle est de 17® au Mexique, sur le plateau de l’Anahuac. Dans lesAlpes la limite des neiges perpétuelles est à 2,708 mètres; à la même hauteur, dans les Andes, de riches moissons mûrissent sur le plateau de Quito, et la limite des neiges perpétuelles ne commence qu’à à, 818 mètres. L’exposition au sud ou au nord détermine aussi de grandes variations dans la température; le fait est déjà fort sensible en Europe, mais il Test surtout en Asie, où les conditions sont totalement changées ; dans nos régions septentrionales le sud est l’exposition la plus favorable, en Asie c’est le nord ; de Humbold avait fixé autrefois , sur le versant sud de l’Himalaya, à 3,700 mètres, la limite des neiges

2* classe. Recueil de mémoires de médecine militaire, t. XVII, page 273, 3® série.

éternelles ; cette limite, sur le versant septentrional, d’après Kœnitz, està 5,070mètres. Ces faits démontrent que les règles établies n’ont pas une exactitude absolue, que ce qui est vrai dans une région ne Test plus dans une autre; ainsi, pour notre climat, la plus grande hauteur des lieux habités est l’hospice du grand Saint-Bernard, dont l’altitude est de 2,klk mètres, tandis qu’au Pérou, la maison de poste d’Apo est située à Z*, 382 mètres. Dans la vallée de Mexico, qui est à 2,277 mètres au-dessus de la mer, région voisine des neiges perpétuelles de 'notre climat , on récolte des moissons abondantes et on y trouve une partie de la végétation de la zone tropicale.

Mais ce qui est vrai pour toutes les latitudes, c’est que le refroidissement de la température augmente à mesure qu’on s’élève, et que la densité de l’air diminue. Il importe donc, lorsqu’il s’agit d’indiquer une station thermale à un malade, de bien apprécier l’état de ses organes respiratoires; il faut, en outre, tenir compte de la nature et de la configuration du sol, de l’exposition des versants, des cours d’eau.

du degré de culture, des courants d'air ascendants et descendants, de la fréquence des brouillards ou des pluies, enfin des omÉres portées par les montagnes. Ainsi, à Pfeffers, le jour complet commence à 8 heures du matin et cesse, vers h heures de l’après-midi, tandis qu’à Vichy, à Luxeuil, à Enghien, etc., il n’a d’autre limite que celle fixée par la course des astres.

11 existe encore pour l’homme une cause importante de refroidissement lorsqu’il séjourne sur les montagnes : c’est la promptitude de la vaporisation de la sueur. Ce fait se rattache à la diminution de pression à mesure qu’on s’élève au-dessus de la mer. Des expériences exactes, faites par les physiciens, démontrent que l’eau, qui, sous la pression de 760““, bout à 100°, entre en ébullition à 8à°, au sommet du mont Blanc, sous la pression deàl6““; l’ébullition commencerait encore beaucoup plus tôt si la pression diminuait, etl’eau pourrait bouillir à 0° si on parvenait à réduire la pression à 5 millimètres.

Or la vaporisation ne s’opère qu’en prenant du calorique au corps avec lequel le liquide est en contact; la peau éprouve

donc un refroidissement rapide lorsque la sueur est abondante ; de là le danger de rester immobile après avoir gravi péniblement une montagne.

Si nous ne nous trompons pas, nous croyons avoir démpntré Tutilité, la nécessité même, de bien connaître la température du corps de Vhomme en état de santé ou de maladie , de tenir grand compte des variations de la chaleur pendant et après le bain, ainsi que de l’altitude des lieux. C’est en se livrant à Tétude de tous ces phénomènes, et en appliquant avec exactitude les données qu’ils fournissent à la science, que les médecins parviendront à régulariser les fonctions physiologiques, à faire cesser les troubles pathologiques, lorsque les remèdes ordinaires ont été impuissants et que les désordres organiques ne sont pas irrémédiables. En un mot, c’est dans l’étude approfondie des lois générales de la nature, auxquelles l’homme est soumis comme tous les êtres, qu’on peut espérer trouver un jour les véritables bases de l’hygiène et de la médecine.

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