‹ De la température du corps humainChapitre 104 sur 150 · ACTION SUR LE SYSTÈME NERVEUX · texte numérisé non relu

ACTION SUR LE SYSTÈME NERVEUX

lente et graduelle ne produit jamais de convulsions spontanées, c'est-à-dire indépendantes de l'excitation électrique; mais l'application brusque de la chaleur détermine, à 3i)-/io", des contractions (loni([ues, et, à ko-kb° C, des spasmes tétaniques qui durent (juelquefois une minute.

M. Cl. Bernard a soumis les animaux aux expériences suivantes :

Il reconnaît que les modifications sont difficiles à constater, puisque le système musculaire se trouve atteint par la chaleur. Mais, en réservant une partie d'une grenouille, une patte postérieure par exemple, en plongeant l'animal tout entier, excepté cette patte, dans un bain d'eau chaude, on voit que les fonctions de tout le système musculaire sont abolies, sauf celles des muscles de la patte, or le nerf sciatique provoque des contractions dans cette partie. Le nerf moteur résiste donc plus à la chaleur que le muscle.

Que devient le nerf sensitif? Sur une grenouille M. Cl. Bernard coupe la moelle épinière entre les deux bras, afin d'empêcher les mouvements volontaires. Il plonge une jambe dans l'eau chaude à 36" C. L'immersion dure cinq minutes. La patte retirée de l'eau ne donne plus aucun signe de sensibilité, bien que la chaleur n'ait pas été portée assez loin pour abolir les propriétés des muscles ou des nerfs moteurs, car, en pinçant la patte non immergée, les deux pattes réagissent.

La chaleur éteint donc, suspend ou épuise assez facilement les propriétés des nerfs sensitifs; ce phénomène se lie étroitement à la curieuse découverte faite par M. Cl. Bernard de l'anesthésie par la chaleur. Une grenouille vivante, plongée, ])endant deux ou trois minutes, dans de l'eau à Sô'-Sy", tombe en état de mort apparente, elle est insensible, on peut pratiquer sur elle les opérations les plus douloureuses sans provoquer de réaction; mais le cœur bat, la grenouille est anesthésiée,

' Cl. Ijeriiard , Leçons sur les anesthéxiques ( Revue des cours scientijiques , i 869 , p. 395).

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