‹ De la température du corps humainChapitre 114 sur 150 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

moins rapide, habiluellemenl très-notable, laquelle très-souvent persiste pendant (|uel(|ue temps après la cessation de la respiration et des battements du cœur, v L'auteur remarque que ces températures excessives se montrent quand la mort a lieu par le cerveau, mais que, si les poumons ou le cœur sont la cause procbaine de la mort, il n'en est plus ainsi parce qu'alors les conditions nécessaires à la formation de \h cbaleursont abolies. Mais, si la respiration intacte charrie encore assez d'oxygène, alors la température peut s'élever. Toutes les maladies du cerveau, même les troubles fonctionnels sans lésion, peuvent amener cette élévation de chaleur ultime. L'auteur cite la tuberculisation pulmonaire avec méningite de la base, la méningite purulente, la sclérose du cerveau, les accidents puerpéraux, le typhus, la méningite spinale, l'hémorragie cérébrale, etc. Pour Wunderlich, cette élévation s'observe surtout quand la maladie se termine par des températures hyperpyrétiques.

On s'aperçut bientôt^ que les affections des centres nerveux et celles qui sont accompagnées de fortes convulsions tétaniques ne donnent pas seules naissance à un accroissement de chaleur après la mort, et les auteurs cherchèrent à expliquer cette élévation par le passage des muscles à l'état de rigidité cadavérique. C'est la cause qu'invoque Huppert^, en tenant compte également de la coagulation sanguine.

' Quelques auteurs n'abandonnèrent pas facilement la théorie de Tinfluence cérébrale. Ainsi Eulenburg ° rapporte deux cas de mort par érésipèle avec observations de la température avant et après la mort :

j iî!°,3 Avant la mort. (Aisselle.) ( ^3 ,2 i/'/i J'heure après.

l io ,/i Au moment de la mort.

2° cas ! , „ ■ ■ .

( 42 ,3 20 minutes après.

D'où Eulenburg conclut que l'élévation est due à une paralysie subite des centres nerveux, et ajoute que l'érésipèle est une aflectioii nerveuse, un trouble fonctionnel des nerfs vasomoleurs.

- Hupport H. , Ueber die Ursache (1er postmiirUikni Temperatursteigei-ung.

{Arch. (1er Heilk. 1867, t. VHI, S 32 1- 33o.)

° Eiiienburg , (jci.ti aWlall , n" 5, 1 800. —

Muiioi'iiietit mé(lu(tl, u " '41, i80y.

TEMPÉRATURE POST MORTEM. 'i05

D'accord avec les conclusions de Walther ' (^Recherches sur l'insolalio))^, Huppert pense démontrer que la venue de la rigidité musculaire retarde notaljlement le refroidissement du cadavre. Un lapin fut tué par injection de glycérine dans la jugulaire, la chute de la température fut mesurée depuis le moment de la rigidité complète jusqu'au second jour, oii elle persistait encore: le cadavre fut porté à la température de /io degrés, et la rapidité du refroidissement fut de nouveau mesurée le troisième jour après la résolution complète de la rigidité. Le premier jour, la température tomba de C. en

cent trente-neuf minutes; le second jour de /i",5C. en soixante et onze minutes cinq secondes; le troisième en soixante-quatre minutes et quinze secondes.

On a obtenu un refroidissement rapide avec des substances toxiques qui suppriment la rigidité cadavérique.

Cette hypothèse de Walther et Huppert a été acceptée par Wunderlich ^, et la preuve a été fournie par Fick et Dybkowsky ^ ainsi que par Schiffer '\ Ils démontrèrent directement que les muscles, dans la rigidité cadavérique comme dans leur contraction pendant la vie, ont des manifestations chimiques identiques, et que, dans les deux cas, ils produisent de la chaleur. Ackermann invoque également, pour expliquer cette élévation de température, ce fait qu'après la mort les actes chimiques peuvent durer encore un certain temps, tandis que la perte de chaleur est arrêtée par la cessation de la respiration et de la circulation du sang à la peau.

M. Bourneville a communiqué à la Société de biologie, en iByi ^, un fait bien curieux d'élévation de température post

' Walther, Bull, de l'Acad. des se. de jahrschr. d. Zurich, naturf. Ges. , i 867,

Sawt-Pctei-sliourg , t. XL, p. 17. Cen- pI Cenlrallilalt, 18(58, p. 197.

trnlbhntf. d. med. W. , 1 867, p. 3oi • " Scliiffer, Centrnlbl. f. d. med. W. ,

- Yii\nder\\ch,Bewerl;vngenbei einem 1867, p. 8/19. Arch. f. Anal. 11. Phys.

Fall von spontanem Tetanns , Arch. der 1868, p. fx!\2..

Heî/fc. , (. II, p. 5'i7. ^ Bourneville, Gaz. des hôp., 187a,

'■' Fick unil Dylikowsky , Vieriel- p. 32.

mortem. Un homme de quarante-cinq ans fut trouvé nu sur le parquet de sa chambre dont la fenêtre était ouverte. C'était pendant une des journées les plus froides du mois de janvier 1871. Au moment de son admission dans le service de M. Marrotte, à la Pitié ( 1 1 heures du soir), on constate un refroidissement général; le pouls est imperceptible. Le cœur ne fait entendre qu'un bruit sourd, irrégulier dans son rhythme. On compte 9/1 respirations par minute. La température rectale est à 27",^ C. (Toutes les précautions ont été prises pour éviter l'erreur.) On entoure le malade d'alèzes et de boules d'eau chaude, on lui fait boire du vin chaud. A une heure du matin, la température rectale était à 9 8°,9. Le malade succombe à 8 heures du matin. Cinq minutes après la mort, la température rectale élait à 36",2.

L'autopsie ne révéla aucune lésion, et les renseignements permettent d'affirmer que le malade n'était pas alcoolique.

A. Valentin ' a analysé et soumis à la critique les faits connus à ce sujet , et a institué une série d'expériences nouvelles. Les animaux employés furent des grenouilles, des porcs, des cochons d'Inde, des lapins, des pigeons, des chiens, des marmottes. On les tuait de différentes façons, et l'on explorait la température dans les viscères. Voici les conclusions de ce travail :

La production de chaleur après la mort est un fait général.

Cette chaleur est d'autant plus grande que la production en est supérieure à la dépense.

Avant tout, la production de chaleur après la cessation des battements du cœur provient de la persistance des actions vitales caloriformatives. L'élévation de celles-ci, particulièrement de celles qui se produisent sous une influence nerveuse, contribue à engendrer une plus forte production de chaleur après

' Adolf. Valentin, De l'élévation de la température apt'h la mort. Dissertation innngiirale, Berne, 18C9.

TEMPÉRATURE POST MORTEM ItOl

la mort. La rigidité cadavérique, bien qu'elle mette en liberté de la chaleur, n'influe que très-peu sur l'élévation de la température j)ost mortem.

Les décompositions qui se font après la mort ont une bien plus grande importance comme source de dégagement de chaleur.

La perte de chaleur est bien plus faible après la mort que pendant la vie. Il peut se rencontrer aussi une élévation de la température post morlem sans augmentation de la production de chaleur.

A. Valentin a observé sur les lapins, que, lorsque l'abaissement de la température après la mort survenait, on le voyait faire place à une élévation aussitôt que le milieu ambiant était chaufl"é, et que cette température de l'animal surpassai! alors de beaucoup celle du milieu, fait qui ne peut s'expliquer que par la persistance de la production de chaleur.

Si l'explication unique n'est pas donnée, les auteurs sont d'accord pour admettre que c'est surtout dans les affections du système nerveux et dans les maladies infectieuses, que l'élévation de température post mortem atteint ses plus grandes proportions. Peut-être, d'ailleurs, ne doit-on pas invoquer une cause unique, le processus peut être différent. Nous avons signalé ailleurs \ après d'autres, après Doyère en particulier, que, dans le choléra, la température rectale post mortem s'élève fréquemment. Ainsi, sur treize malades, huit ont eu une élévation de la température après la mort, elle a été, au maximum, de 3 degrés; deux n'ont donné aucune variation, trois ont eu un abaissement immédiat de la température. Nous avons fait remarquer également que l'élévation de la température après la mort semble plus prononcée chez les cholériques qui succombent dans la période algide, que chez ceux qui succombent dans la période typhique.

'' P. Lorain, Le choléra û l'hôpital Saint- Antoine, 1868, p. 117-128.

/i08 CHAPITRE H. — LA CHALKUR ET LA FIÈVP.E.

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