‹ De la température du corps humainChapitre 127 sur 150 · II. CI1IH\ MÀI.E DE 9 KILOGRAMMES · texte numérisé non relu

II. CI1IH\ MÀI.E DE 9 KILOGRAMMES

MOMENT (le

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REMARQUES

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1 9 NOVEMBRE 1 868

Au moment (le l'allriHon , il y a paralysie jjc'nérale. Respiration (linplirngmnti((iie. On enveloppe l'animal avec soin.

On (lév^lil l'animal el on le ]ûsce dans la chambre clisnde.

2 0 NOVEMBRE

as I fi'animal menrt bienl(*il ,

Section toliile au niveau de la (V vertèhi'e cervicale.

Autres chiffres inaxinin : /io",8, 'i2",8, ^2°,.S, etc.

RÉGULATION DE LA CHALEUR

Dnns toutes ces expériences, le premier effet qui apparaisse infailliblement après la séparation de la moelle d'avec le cerveau, est un abaissement souvent très-prononcé de la température.

Cet abaissement s'explique, indépendamment des troubles que peut produire une aussi grave opération, par ce fait qu'aussitôt que survient la paralysie des nerfs vasomoteurs, et, par suite, la dilatation des vaisseaux de la peau, il y a momentanément une énorme perte de chaleur. Cette chute est faible, on place rapidement l'animal dans la chambre chaude et, s'il est gros, rarement la chute dépasse 2 degrés. Après que l'animal est renfermé dans la chambre chaude, la température continue encore pendant quelque temps à baisser. Ce n'est que d'une à quatre heures après l'opération qu'elle remonte; l'élévation de la température va assez vite; il suffit de deux à six heures après l'opération pour porter la température à son chifïre normal. Quant à son maximum, qui, dans beaucoup de cas, atteint une hauteur inusitée, surtout au moment de la mort, mais même plus ou moins longtemps avant ce moment, il survient, dans plus de la moitié des cas, vingt heures après l'opération, dans le reste quinze heures après le commencement de la montée. Dans trois cas on a observé une montée considérable de la température après la mort.

Celte élévation de la température n'a manqué dans aucun des cas après la section de la moelle, et surtout quand l'animal ne mourait pas aussitôt après l'opération.

Reste à savoir dans quelle mesure ce phénomène est le résultat de la séparation de la moelle, et dans quelle proportion il faut tenir compte ici des autres circonstances : la blessure, la chaleur de l'atmosphère ambiante, etc.

Or une série d'expériences montre que le milieu chaud ne suffit pas par lui-même à produire cette élévation de la température chez les animaux sains, et qu'une l)lessure très-grave ne la produit pas non plus. 11 faut donc admettre que les cor-

dons nerveux de la moelle ont une influence sur la production de la chaleur.

11 ne paraît pas douteux que l'éléyation de la température observée ici n'a point pour cause la diminution de la perte de chaleur par la surface de la peau. Dans l'observation VII, les températures prises en différents points du corps étaient égales, et la différence de température entre la périphérie et le centre était presque nulle, conséquemment la perte de chaleur était augmentée.

Du reste toutes les expériences, tant anciennes que nouvelles, montrent ce fait. La section de la moelle amène, dans tous ces cas, un surcroît si considérable de la perte de chaleur, que là où elle n'est point arrêtée par des circonstances fortuites ou artificielles, il s'ensuit fatalement un rapide et persistant refroidissement de l'animal.

La supposition qu'une diminution de la perte de chaleur, par la gêne de la respiration qui suit la section de la moelle et par la diminution de l'évaporation pulmonaire, serait la cause de l'élévation de température qu'on observe, n'est pas fondée. Pour plus de sûreté, on a mis dans la chambre chaude un chien dont la respiration était mécaniquement entravée. Or on n'a pas obtenu, dans ce cas, une élévation de la chaleur, au contraire.

U faut donc admettre que la séparation de la moelle, au niveau de la cinquième ou septième vertèbre cervicale, produit un accroissement de production de la chaleur dans l'organisme. Il est peu vraisemblable, d'après le lieu de l'attrition, qu'il s'agisse ici de l'action directe ou réfléchie d'un centre de chaleur hypothétique. On accepterait plus volontiers cette hypothèse , que , dans la moelle , sont contenus des nerfs ayant une influence niodératrice sur le processus d'oxydation et sur la production de chaleur dans les organes, et que leur section rend possible un développement excessif du processus caloriiîant.

RÉGULATION DE LA CHALEUR. 507

Si cette hypothèse est juste, et si les cordons nerveux chargés de cette fonclion se comportent dans leur centre d'irradiation comme nous le supposons, à la façon des autres nerfs spinaux , on doit s'attendre à ce que la grandeur de la production de chaleur en excès, en d'autres termes, rœlpris parilnis, la hauteur de la température, soit en proportion de la hauteur où l'interruption de la moelle a eu lieu.

Des expériences ont été faites dans ce sens. Or elles montrent en effet une différence très-grande dans les effets de la section de la moelle suivant la hauteur où elle a eu lieu. L'élévation de la température est plus rapide et atteint un degré beaucoup plus élevé, quand la section porte sur le cou, que quand elle porte sur la partie inférieure de la région dorsale.

Ainsi les résultats de ces expériences sont bien suffisants pour étayer l'hypothèse précédemment émise. Ils montrent que dans la moelle se trouvent des cordons nerveux, par lesquels le cerveau exerce une influence modératrice sur la production de la chaleur dans l'organisme.

Que ces nerfs soient particuliers, peut-être ceux qui ont été depuis longtemps appelés nerfs trophiques, ou que les cordons nerveux vasomoteurs accomplissent cette fonction d'une façon directe, ou indirecte par l'influence qu'ils ont sur le contact entre le sang qui circule dans les capillaires et les tissus, c'est ce que les recherches actuelles ne permettent pas de déterminer.

Toujours est-il que la découverte de cette influence du système nerveux central et des voies par lesquelles elle se transmet, n'est pas sans intérêt. Elle éclaire des faits pathologiques anciennement connus, et les explique K

' Gesexpériencesontété failesàrins- le professeur Reichert. (Rerlin, mars titui anatomique de Berlin, dirigé par 18G9.)

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