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respondante de la tete, M. (11. Bernard pense que, les ël(5nients conlractlles des tissus se trouvant relâchés ou paralysés, les nuitations élémentaires qui résultent des réactions chimiques se trouvent accrues ainsi que les phénomènes thermiques. Lorsqu'au contraire on galvanise le bout périphérique du grand sympathique, il admet que les éléments contractiles des tissus, entrant en activité, modifient en sens inverse les contacts moléculaires des tissus, abaissant les mutations chimiques ainsi que les phénomènes thermiques. 11 se fonde, pour professer celte opinion, sur ce fait que, si l'on attend plusieurs jours après avoir coupé le sympathique au cou , la vascularisation revient à son état normal, et cependant l'excès de température persiste, au moins partiellement. Si on lie les veines qui reviennent de l'oreille, et que l'on amène ainsi une stase vasculaire, l'augmentation de température se produit par la section du sympathique, et ne peut plus s'expliquer par la plus grande rapidité de la circulation, puisque celle-ci est arrêtée. Enfin il rappelle les élévations de température qui surviennent dans quelques maladies, en dehors de toute circulation ,posi mortem.
Quel est le rôle de la sensibilité sur la production de la chaleur? La douleur abaisse la température. Sur un chien, M. Cl. Bernard a introduit un thermomètre dans la carotide, il découvre un rameau du plexus cervical, et galvanise le bout central. 11 en résulte de la douleur : sous cette influence, la température monte d'abord, puis baisse définitivement. Mantegazza et Heidenhain sont arrivés aux mêmes résultats. Mais, si l'on pratique l'expérience sur un animal à qui l'on a coupé le grand sympathique sur l'un des côtés du cou, on n'obtient pas les mêmes efï'ets du côté sain et du côté opéré. Du côté sain, il y a refroidissement; du côté sectionné, il y a, au contraire, une élévation considérable (lo à i/i degrés). Ce refroidissement par la douleur nécessite donc l'intervention du sympathique. Mantegazza et Heidenhain ont observé les mêmes phénomènes, mais ce dernier, opérant sur des animaux fébrici-
RÉGULATION DE LA ClIALKUR.
tants, a vu que, chez eux, la douleur n'entraîne pas de refroidissement. M. Cl. Bernard considère, dans ce cas, la fièvre comme équivalente à la paralysie du Sympathique.
Le nerf sensitif agit ici non par lui-même, mais parce qu'il rélléchit ses impressions sur les centres nerveux qui réagissent sur le sympathique.
En résumé, les expériences j)récédentes, en établissant que le refroidissement, pour se manifester, exige l'intégrité du grand sympathique et la conimunication avec le système nerveux central, démontrent la nécessité de l'intervention dans le phénomène d'un nerf sensitif, d'un centre nerveux et d'un nerf sympathique moteur. Or ce sont là les conditions nécessaires de la production de toute action réflexe.
La section du grand sympathique agit sur le contenu des vaisseaux. Le sang veineux, au lieu d'être noir, présente mie rutilance presque artérielle. Le sang se coagule plus vite, en même temps il est plus chaud. Pour M. Cl. Bernard, il y a une. formation de chaleur sur place, et c'est à l'intensité anomale des actions chimiques au sein des tissus qu'il faut attribuer l'accroissement des phénomènes thermiques. Ce n'est pas à une oxydation qu'il faut rapporter l'excès de la chaleur, car le sang est rutilant, mais à d'autres actes chimiques de dédoublement, de fermentation, etc., et ces modifications doivent être intenses, car nous voyons parfois la fibrine disparaître complètement.
Grâce à l'action qui exalte ou affaiblit tour à tour le grand sympathique, l'animal possède le pouvoir de créer un échauffement ou un refroidissement dans tel ou tel département de l'organisme. L'être vivant peut se faire du chaud ou du froid surplace, à l'aide de son système nerveux. Mais ces phénomènes ne se produisent pas d'une façon anarchique, désordonnée; ils sont harmonisés par le système nerveux, qui est le régulateur des énergies individuelles. Le grand sympathique modère les activités physicjues et chimiques, il est leur frein.
à9/t CHAPITRE If. — LA CHALEUR ET LA riKVRE.
Les opinions de M. Cl. Bernard sur lesnerl's calorifiques et frigorifiques prêtent à la critique, mais la valeur de l'expérience n'en est pas ébranlée, si l'on ne veut en déduire que ce qui en ressort : l'influence du nerf grand sympathique sur la régulation de la chaleur.
Dans une discussion très-approlondie sur- l'extension donnée par M. Cl. Bernard aux déductions qui sont le corollaire de son expérience, M. Vulpian fait des objections dont nous ne donnons que la conclusion ' : « La conclusion à laquelle je suis amené par cette discussion, dit M. Vulpian, c'est que l'existence de fibres nerveuses directement thermiques, c'està-dire influençant directement, immédiatement, les processus thermiques qui ont lieu dans tous les tissus de l'organisme, n'est pas démontrée. J'ajoute que l'existence de pareilles fibres nerveuses n'est pas vraisemblable. Enfin je dis que, si elles existaient, le nom de fibres thermiques serait même difficilement justifiable, car les variations subies par la calorification sous l'influence des modifications fonctionnelles de ces fibres ne seraient pas des eftets directs de ces modifications; ce seraient des effets subordonnés, se produisant en même temps que les changements dans la nutrition intime, provoqués par l'excitation ou la paralysie de ces fibres : ce seraient même de simples conséquences de ces changements.
«Quant à la manière dont M. Cl. Bernard envisage les fibres nerveuses du grand sympathique , en les considérant comme constituant des nerfs rél'rénateurs, des nerfs d'arrêt agissant comme des freins sur la nutrition intime, nous ne saurions l'admettre non plus, ou, du moins, nous pouvons dire aussi qu'elle manque de preuves; car elle n'est en réalité qu'une autre façon de formuler soit l'hypothèse des neris thermiques, soit celle des nerfs trophiques. v
' Vulpian , loc. cii. , t. If , p. a 1 8-28 1 .
RÉGULATION DE LA CHALEUR
Il est (loric légitime d'enregistrer toutes les interprétations de ces expériences, en espérant que de nouvelles viendront assigner leur valeur réelle. Mais il est juste aussi de reconnaître l'intime union qui existe entre les troubles du grand sympathique et la régulation locale des actes circulatoires et thermiques.
Existe-t-il dans le système nerveux central un point qui tienne sous sa dépendance le fait même de la régulation , quels que soient les agents périphériques à l'aide desquels se manifeste cette régulation? D'après Tscheschichin \ ce centre serait placé dans la protubérance annulaire, en avant du bulbe rachidien. Pour le démontrer, il fait deux expériences : dans la première, il coupe sur un lapin la protubérance annulaire en avant du point où se termine la moelle allongée; dans la seconde, il fait la section sur le bulbe ou la moelle cervicale.
Lorsque la section porte sur la protubérance en avant de la moelle allongée, la chaleur du rectum monte dès les premières secondes, et peut s'élever de 09" à lio"C. en une demi-heure, à Al" en une heure, à 62" en une heure et demie, à /i2",6 en deux heures. Le pouls subit, ainsi que la respiration, une accélération analogue, le pouls ne peut plus être compté, et les mouvements respiratoires atteignent 102 par minute. Tscheschichin l'ait remarquer que ce sont là les trois symptômes dominants de la fièvre.
Lorsque la section porte sur le bulbe ou la moelle cervicale, les résultats sont inverses, la température baisse d'une façon progressive jusqu'à ce que survienne la mort.
Voici comment l'auteur interprète ces expériences : dans les parties des centres nerveux placées en avant du bulbe, existe un centre modérateur de la chaleur; lorsqu'une section sépare
' Tscheschicliin, Zur Fieberlehre {Arch. [Reicherl's and Dubois Reymond'sArch , fiir Klinik, heft 3 , s. a46-25o , i 867 ) , 1866). et Zur Lelire von der tliierisclien \^ ârm<>
la protubéranct' du bulbe, ce centre donne toute liberté à l'action du bulbe, et celui-ci non refréné permettrait aux actions chimiques thermogènes d'atteindre une intensité à laquelle elles ne s'élèvent jamais quand les fonctions du cerveau s'accomplissent régulièrement. Il y aurait donc deux centres : l'un bulbaire calorifique, l'autre un peu plus élevé, modérateur du premier.
Tscheschichin cite, à l'apimi de cette hypothèse, les observations de Wunderlich et Erb sur l'élévation de la température sous l'influence de fortes dépressions des fonctions psychiques, observations qui, en tout cas, n'ont pas une signification bien déterminée.
M. Vulpian fait remarquer que le nombre des centres dont on a doué le bulbe s'accroît avec une rapidité surprenante : centre modérateur des combustions, centre des nerfs vasomoteurs, centres respiratoire, cardiaque, centres de certaines actions réflexes d'ensemble , savoir : de la toux , de l'éternument, du vomissement, de la plupart des convulsions, de celles de l'hystérie, de l'épilepsie. Le bulbe contiendrait encore un centre excito-calorifique, un centre modérateur de la sécrétion sudorale (Immermann), et enfin, d'après Setschenow, un centre modérateur des actions réflexes. Il faut avouer que cette multiplication de centres excitateurs et modérateurs est faite pour susciter quelque étonnement.
Nous pouvons d'ailleurs opposer à l'hypothèse de Tscheschichin des arguments plus directs. Bruck et Giinther ' ont montré que l'excitation par piqûre de ce prétendu centre modérateur ne fait pas baisser la température, mais l'élève, absolument comme lorsqu'on pique la moeUe allongée ou la moelle épinière. Ces auteurs ont reproduit plusieurs fois avec succès l'expérience de Tscheschichin relative à l'élévation de la cha-
^ L. Bruck eL A. Gimtlier, Versuche kôrpers (P/lui(er's Archiv, iH'ju,\).^']Hiiber den Ëinjlms der VerleUung gewisser 585.) HinUlieile auf die Temjn'ruUir des Thier-
RÉGULATION DE LA CHALEUR. -497
leur du corps par la séparation de la moelle allongée d'avec le pont de Varole. Cependant ils n'ont pas toujours réussi dans cette expérience. Ils ont trouvé que le résultat était plus constant et plus évident, si l'on se contente de piquer avec une aiguille entre le pont de Varole et la moelle allongée. L'élévation de la température s'observe alors non-seulement dans le rectum mais encore à la surface du corps, ce qui indique une plus grande production de chaleur. Or, si la piqûre est plus efficace que la section totale, cette augmentation de chaleur doit être considérée non comme indiquant qu'on a lésé un centre modérateur de la chaleur, mais simplement, au contraire, comme un phénomène d'excitation nerveuse. On peut d'ailleurs produire aussi cette augmentation de chaleur sans couper ni piquer, mais en excitant avec l'électricité la partie située entre le pont de Varole et la moelle allongée. Seulement il se produit souvent alors des crampes tétaniques qui compliquent l'opération et rendent les explications moins nettes.
M. Vulpian ^ adresse à celte hypothèse une autre objection. « Tscheschichin , dit-il, a constaté que les sections transversales du bulbe rachidien ou de la moelle épinière dans la région cervicale ont pour effet un abaissement progressif de la température. On s'est demandé comment ces lésions, si l'hypothèse en question est exacte, n'ont pas aussi pour conséquence une élévation de la température centrale, puisque l'on doit sectionner dans le bulbe et dans la moelle cervicale un certain nombre au moins des fibres modératrices de la thermogénèse, fibres que M. Tscheschichin fait naître en avant de la moelle allongée.^;
Or l'abaissement de la température après la section de la moelle n'est pas douteux. M. Cl. Bernard a montré depuis longtemps, que, sur un lapin, la section de la moelle au niveau de l'union des régions cervicale et dorsale produisait cet
' Vulpiiiii, loc. rit.,i. Il, p. 287.
abaissement : dans une expérience, la température rectale tomba de 60 à 2/1 degrés en cin(| heures.
M. Pochoy ' a repris ces expériences, et il a montré que l'abaissement de la température était progressif. Il prend la température rectale d'un cobaye, elle est de 38", 9 C. Dix minutes après, il coupe la moelle au niveau de la partie antérieure de la région dorsale, immédiatement la tem|)érature rectale est de 38",^; vingt minutes après, elle est de 37 degrés; une demi-heure après, de 3/i",5; une heure après, de 3 2°, 4; une heure après, de 3 2 ",2 ; trois heures après de 3o",5 ; cinq heures après, de 28°,^; huit heures après, de 1 9 degrés, et, vingt-quatre heures après le début de l'expérience, l'animal meurt ayant 1 6 degrés pour température rectale.
M. Vulpian'^ fait remarquer qu'une explication bien simple se présente d'elle-même pour rendre compte de cet abaissement. La section transversale de la partie supérieure de la moelle ou du bulbe a pour effet de paralyser les vasomoteurs; la plupart des petits vaisseaux du corps se dilatent. La dilatation des vaisseaux cutanés et de ceux des poumons a pour effet une déperdition très-exagérée du calorique. En admettant même la suractivité des processus thermogènes provoqués par la section du bulbe, cette déperdition peut compenser et au delà ce développement de chaleur.
MM. Naunyn et Quincke, dans deux mémoires successifs, ont cherché à résoudre cette question : quelle est l'influence des lésions du système nerveux sur l'accroissement et l'abaissement de la température, quel en est le mécanisme?
Dans un premier mémoire^, MM. Naunyn et Quincke passent en revue tous les faits connus avant eux, les nombreuses expé-
' Poclioy, Recherches expérimentales sur les centres de température. Tlièse de l*aris, 1870.
^ Vulpian, loc. cit., Lll, p. aii, ' B. Naunyn und H. Quinclie, Ueber
den Einfluss des Centralnei'vensysteins auf die Wdrmebddung im Organisnius , in Arch. Jûr An.,Phys. und wissensch .
Medicin, 1869, p. 176.
OÉGULATlOiN DK LA CHALEUR.
riences de M. Cl. Bernai d sur la section du grand sympathique au cou, les recherches de Ludwig ' et Spiess sur la chaleur du liquide des glandes salivaires sous-maxillaires comparée à celle du sang des carotides au même niveau. Ces recherches ont montré que, par l'irritation de la corde du tympan, le produit de sécrétion de cette glande s'élevait à une température d'un degré et demi plus haut que celle du sang de son artère, et ces auteurs en ont conclu que la production de la chaleur était influencée par l'irritation des nerfs.
La pathologie nous fournit d'ailleurs de nombreuses observations montrant que certaines lésions du système nerveux central sont susceptibles de provoquer une augmentation dans la production du calorique.
Dès i83'y, Brodie ^ fit connaître le premier cas de cette espèce. Il s'agissait d'un homme qui s'était fait une plaie contuse de la moelle cervicale, d'où était résultée une paralysie de tous les muscles des membres et du tronc, à l'exception du diaphragme. La température du corps chez ce l)lessé, quarante-deux heures après l'accident, s'élevait, avant la mort, à la hauteur inusitée de ^3°,9 C.
Plus tard des faits semblables ont été signalés. Cillroth * a observé, chez un malade qui avait subi une lésion de la moelle épinière par suite de la fracture de la sixième vertèbre cervicale, cinquante heures après l'accident, une température de /iQ^a. Simon a vu, chez un homme frappé d'apoplexie à la suite d'une confusion de la moelle dorsale par fracture de la douzième vertèbre dorsale, au troisième jour, la température s'élever à !ik degrés et s'accompagner de delirium tremens. Un quatrième cas, presque identique à celui de Brodie, fut observé, dans l'été de 1868, à la clinique de Frerichs : un
' Ludwig, Wiener medicinische Wo- ^ Brodie, Medieo-chirurgical Transchenschrift , 1860. actions, 1887.
^ Spiess, SiUungsberickteder Wiener * BiUrolh , Langenbeck's Archiv, Akademie, XXV. 1862.
homme de trente-qualre ans, en piquant une tête dans l'eau, toucha le sol; il s'ensuivit une fracture des cinquième et sixième vertèbres cervicales et une contusion de la moelle épinière avec paralysie complète des muscles des extrénjités et du tronc, le diaphragme excepté; la respiration était exclusivement diaphragmatique. Voici les températures observées chez cet homme :
.\isselle. Rectum.
5 heures après la blessure 37", 6 //
1 2 heures ^'o ,9 *
1 5 heures /i-2 ,1 //
uyaS'" (mort) A3 ,2 43 ,/i
Nous joignons à ces quatre observations, mais avec une réserve très-justifiable, l'observation suivante à' élévation exlraordiruiire de température communiquée à la Société clinique de Londres, par Teale :
Une dame fit, le 5 septembre dernier, une chute de cheval et se fractura les cinquième et sixième côtes. Six heures après l'accident, la température était à 1 0 1° F. ( 38'',3 C). Quatorze jours plus tard, la patiente ne soulfrait plus que d'un peu de rachialgie. Le 3 octobre, la température de 100" F. remonte à 1 0 1 ". Légères contractures dans les muscles du pied. Depuis ce moment, la température continua de s'élever, malgré l'application d'un sachet de glace sur la colonne vertébrale. Jusqu'au 5 novembre, 10 5" F. (^o",5 C). Le 6, 106" F. (/u", 1 C), Le thermomètre s'éleva dans la suite avec de trèscourtes rémissions jusqu'à 1 29" F. (5o',6 C). 11 redescendit à 1 1/1 "F. (/i5",5 C.) pour remonter à l'ia degrés le soir. Pendant le mois de décembre, la température descendit à 1 1 o" F. (/i3",3 C), et revint dès janvier au degré normal. L'urine était riche en urates. L'intelligence était intacte, il n'y avait pas de paralysie proprement dite, mais une légère faiblesse de la jambe droite. Avant, comme après l'accident, on avait observé
RÉGULATION DE LA CHALEUR
chez cette mnlade des attaques d'hystérie. Pour assurer l'exactitude de ses recherches, Teale avait fait fal)ri([uer des thermomètres à échelle très-étendue et en avait placé un dans chaque aisselle. Différents médecins ont jm constater comme lui rék^vation de la température
Nous citons ce cas à titre de curiosité et nous ne nous permettons d'en déduire aucune conclusion. Notons seulement que la malade était hystérique; les médecins furent-ils induits en erreur?
Les quatre premières ohservations montrent une parfaite concordance entre elles. Dans toutes on voit la lésion de la moelle être suivie d'une paralysie plus ou moins généralisée, et consécutivement d'une notable élévation de la température de tout le corps. La rapidité avec laquelle la montée de la température, du moins dans la plupart des cas, a eu lieu, et le défaut de tout autre signe visible, ne permettent pas de croire que la cause soit une inflammation de la moelle.
On en conclut que, chez l'homme, une blessure de la moelle épinière, surtout à la région cervicale inférieure, peut produire une élévation considérable de la température du corps.
Les résultats des recherches expérimentales faites chez les animaux sur les lésions de la moelle sont parfaitement d'accord avec les faits pathologiques.
Quant à la section totale de la moelle épinière, la plupart des expériences pratiquées par MM. Bernard, Schiff. Chossat*, Brodie, Bezold^, et plus récemment Tscheschichin*. montrent qu'elle entraîne un abaissement plus ou moins rapide de la température du corps.
Brodie seul rapporte, mais d'une façon peu probante, avoir
' Tente, The Lancet, 6 mars 1875. ' Bezokl , Gelientztr Wirhingen des
L'observnfion est analysée dans la Gn- fiiiclenmnrks.
zelte des hôpitaux, 1875, p. 356. ' Tschescliicliin , Archives d'anat. et
- Chossal, Mechel's Arch., B'' Vif, l^hys. de Beirhert et Dubois Reymond,
vu une élévation de la température chez des lapins après la section de la moelle; M. Schifï a observé plusieurs fois chez des chiens, après la section de In moelle dorsale, une faible élévation de température. Tscheschichin rapporte un cas où , chez un lapin auquel il avait coupé la moelle allongée au niveau du pont de Varole, la température s'éleva en rpielcjues heures de a degrés.
Les recherches de Tscheschichin ont prouvé (pi'il sufhsait, après la section de la moelle, notamment au cou, d'envelopper et de couvrir soigneusement l'animal pour retarder ou même arrêter quelque temps chez lui le refroidissement; on doit donc penser que la chute rapide de la température observée chez les animaux soumis à cette expérience tient surtout à l'excessive perte de chaleur qu'ils éprouvent à la surface du corps.
Ici, il y a une supposition qui expliquerait et la contradiction apparente entre les observations faites sur l'homme et les expériences faites sur les animaux, et aussi l'inconstance des résultats expérimentaux.
Si l'on admet (jue la solution de continuité de la moelle entraîne une élévation de la production de chaleur et une augmentation du rayonnement de la chaleur à la peau, on comprendra facilement qu'il se produit un excès dans la perte de chaleur, c'est-à-dire, un refroidissement de l'animal d'autant plus rapide, que sa surface est plus grande par rapport à la masse de son corps, et réciproquement. Plus l'animal est gros, c'est-à-dire plus est petite la surface de son corps par rapport à sa masse, plus les circonstances sont favorables pour la prédominance du premier des deux facteurs et plus facilement se produit une élévation de température.
La concordance des faits sus-énoncés montre que, chez rhom.me, à un degré élevé, chez les chiens, du moins dans quelques cas, il y a une élévation de la température du corps après les lésions de la moelle, tandis que, chez les lapins, qui sont beaucoup plus petits, il se produit, presque sans exception , un refroidissement rapide.
RÉGULATION DE LA CHALEUR
Que Tscheschichin n'ait pas réussi chez ces animaux, par l'enveloppement, à arrêter complètement l'influence fâcheuse de la perte notable de chaleur cjui a lieu par la peau, on ne saurait s'en étonner, .puisque, comme cela se voit aussi chez des animaux beaucouj) plus gros, l'homme et le chien, cette élévation de température n'a été observée que dans des circonstances où les conditions étaient défavorables à la perte de chaleur par la peau. Du moins il faut noter que toutes ces observations ont été recueillies en été.
Le but du mémoire de Naunyn et Quincke est. la recherche expérimentale de l'influence du système nerveux sur la production de la chaleur chez les animaux.
On a opéré sur de grands chiens. On a séparé la moelle, dans presque tous les cas, non par incision, mais par contusion, et en perdant peu de sang. On s'est assuré de la réalité de la lésion tant par la paralysie complète des muscles que par la nécropsie ultérieure. Du reste, l'expérience VII montre que la section donne le même résultat que la division par plaie contuse. Les animaux étaient narcotisés, la dure-mère incisée; et aussitôt on appliquait la pince contondante, habituellement à la hauteur de la sixième vertèbre cervicale, l'expérience ayant démontré qu'au-dessus de la cinquième la contusion faisait mourir aussitôt le chien par arrêt de la respiration.
Les mesures de température étaient, dans tous les cas, prises dans le rectum, avec un thermomètre divisé en dixièmes de degré. Quelquefois les expérimentateurs, sachant que les animaux acquéraient dans la nuit leur plus haute température, plaçaient à demeure un thermomètre à maxima.
Ces expériences furent commencées dans l'automne. Cette circonstance, c'est-à-dire la douceur de la température à ce moment, doit être considérée comme la raison pour laquelle, dans leurs premières recherches sur des chiens de forte taille, après le broiement de la moelle à la hauteur de la sixième vertèbre cervicale, il se produisait une haute élévation de la tempéra-
ture des animaux, bien que, pour s'opposer h un trop grand refroidissemeni, ils eussent pris soin de les envelopper de couvertures de laine. Plus tard, cpiand la température extérieure se mit à baisser rapidement, ils n'observèrent plus d élévation de la température cliez les animaux opérés; bien plus, ils constatèrent toujours un abaissement de température rapide et jusqu'à la mort.
(]es expériences montrent que l'enveloppement des animaux avec la ouate, les couvertures, etc., ne peut contre-balancer la perte de la cbaleur par la peau. L'échaufFemenl par la température de l'air ambiant est bien plus efficace, si l'on met les animaux dans une cbambre bien fermée et cbauffée à 26" ou .3o" C, c'est-à-dire à peu près à la température de l'été.
Les auteurs donnent ensuite les tableaux de leurs opérations
Voici lin de leurs tableaux :