‹ De la température du corps humainChapitre 135 sur 150 · CHALEUR · texte numérisé non relu

CHALEUR

BBRICITAM

observée.

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Pour juger du degré de concordance entre la théorie et le résultat expérimental il est hon de remarquer que les observations ont été prises chez quatre malades différents, dont trois atteints de fièvre typhoïde et un de pneumonie; que l'un de ces malades pesait 38 kilogrammes, un autre ■76; on remarquera qu'il n'y a de discordance réelle entre le chiffre calculé et le chitfre trouvé, que dans les trois dernières observations, et que cette discordance existe précisément lorsque les bains ont été plus froids. Il y a là une circonstance à noter, mais dont nous ignorons la cause. Cependant il est facile de constater que l'homme sain et le fiévreux ne subissent pas de même l'intluence des bains. Ainsi, en divisant la perte de chaleur par la différence de tezupérature, on trouve, pour l'homme sain,

532 CIlAl'rniE II. — LA ClIALEUli ET LA FIÈVRE

quand les bain-s varient de 35",8 à 2 2", 5 , et en suivant la série décroissante :

De la 0" à ia ) 5" minute 5,o h,Q. h,h i,2 3,i 3,5

De la 6' à la 20' minule • 8,6 6,8 6,3 6,2 6, a 5,8 ^,9

Ces noud)res sont presque réguliers, ils expriment la |)roporlionnalité entre la perte de chaleur et la température, ils montrent qu'à mesure que les bains deviennent plus froids, le malade se refroidit moins. Il est probable que la cause se trouve dans une diminution de la circulation cutanée à mesure que le bain a une température moins élevée.

Pour les fébricitants cette diminution de la perte de chaleur par la circulalion cutanée ne se fait pas de la même manière. Pour des bains de 36°, 5 à 20 degrés en allant des plus chauds aux moins chauds, on trouve la série suivante:

De la 6" à la 1 5' minute. . . i,5 6,8 2,8 /i,o 5,9 k,i h,o 5,3 5,4 5,o De la 6" à la 20' minute. . . 6,3 6,0 h,i 6,0 8,1 6,7 5,'i 7,6 7,5 6,8

A part leur plus grande irrégularité , ces séries concordent assez bien, dans leur première partie, avec la première partie de la série trouvée chez l'homme sain, et elles font voir encore assez clairement une certaine proportion entre la perte de chaleur et la différence de température. Mais la partie qui correspond aux bains plus froids montre un accroissement de perte de chaleur; c'est l'opposé de ce qui a lieu pour l'homme sain.

Ce résultat est tout différent pour les cinq premières minutes du bain. Si l'on compare, pour ce temps, les pertes de chaleur correspondant à des différences de température égales, on trouve que celle du fébricitant est de 87 p. 0/0 plus forte que celle de l'homme bien portant. Une partie de cette différence s'explique bien, comme nous l'avons déjà dit, par cette considération qu'avant le bain la température de la surface du corps est, chez le fébricitant, moins éloignée de celle de

LA FIÈVRE

l'intérieur fjue chez l'homme bien portant; ainsi clone la surface relativement plus chaude doit émettre, dans les premiers moments du bain, un peu plus de chaleur. Mais, si l'on voulait expli([uer par cette circonstance la différence totale, il faudrait que la différence de température, entre la surface et l'intérieur, fût supérieure à f> degrés. Il y a donc une autre cause qui explique cette différence; et cette cause, nous la trouvons dans ce fait que la contraction des capillaires de la peau, qui se fait régulièrement chez l'homme bien portant, s'effectue imparfaitement chez le fébricitant. Cette circonstance fait concevoir comment il est plus facile d'abaisser la température intérieure du féhricitant que celle de l'homme bien portant. Ainsi l'étal de la circulation explique toutes les excejjtions que l'on rencontre.

En somme, le fébricitant perd plus de chaleur que l'homme sain, parce que, toutes choses égales d'ailleurs, sa température est plus élevée , et que , par suite , la différence de température entre la surface de son corps et celle du milieu ambiant est plus considérable.

Il est bien entendu qu'il ne faut pas songer à appliquer sans restriction à l'air les chiffres trouvés pour l'eau. En effet la perte de chaleur dépend aussi de la conductibilité et de la capacité calorique, rapportées à l'unité de volume, que possède le milieu ambiant.

L'adversaire direct de Liebermeister, Sénator', conteste cette théorie du pouvoir régulateur différent en santé et dans la maladie.

Dans toutes les observations qui tendent à établir cette merveilleuse faculté d'équilibre, on ne tient aucun compte, d'après Sénator, des circonstances extérieures si importantes , telles que le vêtement, l'alimentation, l'action musculaire, lesquelles in-

' Si'iiator, Étmie de h fièvre et dr XLV, 3 e( 'i , p. 35 1 , 1 8(iç), et Sr/u/i«/( 's 1(1 chairnr prnpvp [Virrhnv'x Arriiiv, Jaluli., p., p. 55, 1870.)

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