MOYEN
par jour (en grammes).
observées.
Fébrile.
Perle.
Mort.
Fébrile.
Perle.
De convalescence.
Gain.
Fébrile.
Perle.
De convalescence.
Gain.
Fébrile.
Perte.
De convalescence.
Gain.
Fébrile.
Perle.
De convalescence.
Gain.
Fébrile.
Perte.
1 a/i,(io
De convalescence.
(Non observée.)
Fébrile.
Perle.
De convalescence.
Gain.
Dans les autres maladies aiguës, M. Layloa a obtenu des résultats analogues.
En 1869, un de nos élèves, M. Sautarel \ a repris cette question et est arrivé à des résultats semblables; nous y reviendrons en étudiant les diverses maladies. Nous indiquerons également les résultats que nous avons obtenus dans le choléra
Théories de la ^hre. — Nous nous sommes efforcé, dans les chapitres qui précèdent , d'établir le bilan de nos connaissances sur les causes de la production de la chaleur, sur sa réparti-
' Saularel, Z)t' l'examen du poids du '- P. Lorain, Le Cltoléra observé à cui'iis considéré comme moyen de contrôle l'hôpital Saint- Antoine , Paris, 1868, <'/î')MV/«(e. Tbèse de Paris, 1869. p. 5a. ,1. B. BaiUière el fils.
LA FIEVRE
tion, sur le rôle du système nerveux dans sa régulation. Nous avons ex|)osé fidèlement ce que les recherches de nos contemporains nous ont appris sur les modifications que les actes morhides générateurs de la fièvre introduisent dans la machine humaine. Si nous concluons que nous sommes loin d'avoir épuisé la série des recherches et des expériences Indispensables à opérer avant de pouvoir adopter une opinion sur les causes et les processus intimes de la fièvre, que l'on ne nous accuse pas de scepticisme. Nous repoussons ce reproche, nous sommes convaincu que nous suivons le chemin de la vérité, mais ce serait se laisser aller à un enthousiasme trop facile que d'accepter sans contrôle une quelconque des théories qui résultent de ces travaux. Faire la théorie de la fièvre, c'est en efl'et comprendre dans une même formule, synthétiser tout ce que nous avons analysé. D'autres l'ont tenté, ils ont eu raison; convaincus par leurs recherches personnelles, |)lus frappés par les points lumineux qu'ils avaient fait jaillir des ténèbres que par les points qui restaient obscurs, ds ont groupé en tableaux les faits qu'ils tenaient pour essentiels, mais, dans ces tableaux, que de seconds plans restent incertains et vaguement dessinés!
Pour nous, à qui le temps et le défaut d'outillage n'ont pas |)ermis de prendre part à ces expériences de laboratoire, nous restons clinicien , et, suivant les mœurs de nos collègues, nous prenons dans chaque théorie ce qui nous semble utile à appliquer au lit du malade, ce cjue, pour employer l'expression classique, nous trouvons pratique, c'est-à-dire immédiatement utdisable. Le reste servira à nos successeurs et attend qu'un ouvrier plus ingénieux vienne en élaborer la masse encore mal dégrossie. Les auteurs des diverses théories, bien que chacune se relie aux précédentes, peuvent se diviser en deux classes. Les uns ont surtout considéré la chaleur exagérée de la fièvre comme le résultat de la rétention de la chaleur normale qui ne se répand plus au dehors, empêchée qu'elle est
par ia rétraction des vaisseaux ([ui d'ordinaire irriguent la peau et les muqueuses.
D'autres considèrent la fièvre comme créatrice de chaleur, et ne laissent plus au système nerveux vasomoteur qu'un rôle accessoire.
En tête des premiers, nous trouyons Traube dont nous avons déjà souvent cité les travaux.
Théorie de Trauhe^. — Pour Traube, la température d'une partie quelconque de la peau se règle, comme celle de toute autre partie du corps, sur la proportion de la quantité de chaleur qui lui est apportée, et sur celle qu'elle pei'd dans le même temps. L'apport de chaleur ne dépend cependant pas seulement de la température du sang qui circule dans une partie du corps, il dépend aussi de la masse du sang qui la traverse en un temps donné. Ces deux quantités forment un produit qui peut devenir plus faible, si, par l'accroissement d'un des deux facteurs, l'autre est diminué dans son total. Même lorsqueja température du sang s'élève au-dessus de la normale, la température d'une partie quelconque de la peau doit pouvoir s'abaisser, sitôt que, grâce au rétrécissement des artères, la masse du sang qui lui est amenée a décru plus que ne s'est élevée la chaleur du sang. C'est un cas de ce genre, comme nous Talions voir, qu'on observe dans le frisson fébrile, pendant lequel les artères du tégument externe sont contractées, tandis que la température du sang est élevée. Il est encore plus aisé de comprendre les autres cas, alors qu'il s'agit seulement d'une diminution de l'afflux du sang et que celui-ci conserve sa température normale ou à peu près normale.
' Traube, Allgemeine mediciiiisclip professées à Vanivevsilé Friedrich-Wil-
Cpnfr(T/-ZeîfM«^', 1 863. Il faut compléter heltn de Berlin, i" livraison, 1867,
cette théorie par l'étude des Leçons sur 6° leçon. L'auteur l evient sur sa théorie
les maladies de l'appared respiratoire, et la modifie légèrement, chapitre De la température, in Lernns
I,A KIÈVRR.
Notis avons un type (prototype) de l'élévation partielle de température dans l'expérience de iVl. Cl. Bernard sur la section du sympathique au cou chez le lapin, suivie de la coloration rouge et de réchauffement de l'oreille du même côté. De même nous voyons souvent chez un malade, fiévreux ou non, la rougeur et l'élévation de température dans des régions limitées, sur l'une des deux oreilles ou sur toutes deux, ou sur une joue. Rappelons encore des faits intéressants qui ressorfissent à cette question : la rougeur circonscrite que l'on constate souvent chez les pneumoniques sur la joue correspondante au poumon malade, et la rougeur circonscrite de même aux deux joues des phthisiques, et que les profanes regardent comme un symptôme d'incurabilité. Dans les deux cas les parties colorées sont aussi, en général, plus chaudes que les parties voisines.
Mais ce qui est autrement important que ces changements de température de la peau, c'est l'élévation générale de température qui a sa source dans l'augmentation de la chaleur du sang; car elle est pour nous le symptôme cardinal de la fièvre qui accompagne un grand nombre de maladies de l'appareil respiratoire.
Quelle est la cause de cette élévation de la température? A cette question il n'y a que deux réponses possibles : ou bien ■les phénomènes de combuvStion qui produisent la chaleur sont augmentés, ou bien le refroidissement du sang qui s'effectue à la surface de la peau ou de la mu([ueuse pulmonaire, surtout de cette dernière, est diminué.
«Dans mon mémoire sur les crises et les jours critiques, dit Traube, j'ai incliné pour cette dernière explication. L'hypothèse à laquelle je me suis rattaché depuis, sous l'influence d'iîbservatioiis prolonjfées et de l'étude a[)profoiidie des anciens auteurs, s'éloigne de cette explication et pourrait se traduire de la façon suivante :
«Par suite de l'influence (pie la cause lebrifère exerce sur
578 CIIAIMTIU: II — LA GIlALKlir. KT LA FIKVUK.
le système nerveux vasonioteur, et cjue je considère comme irritante, les muscles des vaisseaux qui sont surtout développés dans les artérioles et les plus fins ramuscules artériels entrent violemment en contraction. Le rétrécissement de la lumière des artères qui en résulte doit avoir un double effet. Il y a diminution de la quantité de sang que les capillaires reçoivent en un temps donné du système aortique, et en même temps de la pression qui s'exerce sur la surface interne de ces petits vaisseaux. Dans les premiers moments il en résulte, indépendamment de l'apport moins grand d'oxygène aux tissus, un moindre refroidissement du sang par le transport et le rayonnement à la surface du corps, en second lieu une diminution de l'élimination de la liqueur du sang, c'est-à-dire de ce liquide qui, sous l'intluence de la pression latérale des capillaires , est exprimé à travers les parois de ces vaisseaux , et qui apporte à chaque tissu les conditions nécessaires à sa vie, c'est-à-dire , les matériaux appropriés aux appareils de sécrétion principal(Mnent pour la séparation et l'élimination. La diminution de l'afflux de l'eau aux cellules épitliéliales de la peau et de la muqueuse pulmonaire est suivie nécessairement d'une diminution de l'évaporation |)ar ces deux surfaces, d'où une nouvelle cause restrictive du refroidissement du corps.
«Cette hypothèse est confirmée par les faits que nous fournit l'étude du frisson fébrile. Pendant le stade de froid, comme nous l'avons vu, la turgescence de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané diminuent; les mains, les pieds, le nez, sont plus froids qu'à l'état normal; les petites artères accessibles à l'observation sont rétrécies.
K Evidemment le rétrécissement des artères n'a pas, pendant le frisson, la même cause que dans le cas où nous nous exposons à une basse température, car le sang d'un fébricitant est encore plus chaud dans le frisson qu'à l'état normal ; et l'intluefice seule d'un njilieu qui atteint à peine la tempé-
L \ KIÈVHE.
rature du sang artériel sullit déjà à dilater les artères de la |)éri|)hérie.
«On ne peut faire ici que deux suppositions. La cause fébrifère agit d'une façon en quelque sorte paralysante sur le cœur, et détei'niine , par la diminution de l'alllux du sang dans le système aortique, une rétraction de tous les vaisseaux et aussi des artères de la surface, on bien elle produit, par l'excitation du système nerveux vasomoteur, une contraction des artères de petit calibre et des capillaires.
«La première bypotbèse a contre elle la diflérence de coloration que présente un homme suivant qu'il est en proie au plus fort frisson, ou qu'il est évanoui, puis et surtout le degré d'expansion qu'offre l'artère radiale dans le frisson fébrile. Reste donc seulement la supposition que la cause fébrifère agit d'une façon excitante sur le système iTerveux vasomoteur.
«J'ai dit ailleurs' comment j'expliquais par la contraction des petits vaisseaux les autres phénomènes fébriles, v
Nous ferons remarquer que cette théorie, d'aj)rès laquelle l'élévation de la tem|)érature est attribuée exclusivement à la diminution des pertes de chaleur ne tient pas compte d'une foule de phénomènes tels que l'exagération des quantités de l'acide carbonique exhalé et de l'urée éliminée; elle pourrait peut-être suffire pour faire comprendre les actes d'un accès de fièvre intermittente, mais elle est insulïisante, si l'on veut l'appliquer à une fièvre continue, à la fièvre typhoïde par exemple , dans laquelle cette diminution de la déperdition n'est pas soutenable, et pendant laquelle, au contraire, les vaisseaux cutanés sont richement irrigués et par conséquent apportent à la surlace du corps du sang incessamment renouvelé et toujours dans des conditions favorables pour qu'il s'y ri'froidisse.
' Tratibe, Allgi'meini' mcdirinisrlip (ïpiiti iilzeiluiij^- , i8()3.
580 CHAIMTHK II. — L\ CHMEUW ET LA FIÈVRE,
Théorie de MureijK — Pour M. Marey, la caractérisli([ue de a fièvre, c'est l'excès de chaleur; s'il est vrai que cet état ne soit qu'un stade dans l'accès de fièvre palustre, on le trouve souvent isolé dans d'autres lièvres; lui seul constitue la manifestation vraiment constante de l'état fébrile.
«Nous avons assez longuement insisté, dit-il, sur le rôle de la contractilité vasculaire relativement aux changements' qui surviennent dans la température animale; nous avons montré comment celte contractilité, réglant le cours du sang, modifie la tension artérielle, et par suite la force du pouls, et même la fréquence des battements du cœur. On ne s'étonnera donc pas, si nous annonçons maintenant que les phénomènes qui caractérisent l'état fébrile sont tous des effets plus ou moins directs du relâchement des vaisseaux -. Pour démontrer ce premier fait! nous partagerons les phénomènes fébriles en deux groupes :
" i" Ceux qui se passent du côté des tissus : A, chaleur; B. rougeur; C, gonflement;
« 2" Ceux qui ont pour siège les artères et le cœur : A, force plus grande du pouls; B, fréquence exagérée des battements du cœur. "
Nous n'empruntons à M. Marey que ce (|ui est relatif à la chaleur dans la fièvre :
«Lorsqu'on touche la main d'un fébricitant, on la trouve brûlante, et l'on n'hésiterait pas, d'après le témoignage des sens, à déclarer qu'elle est beaucoup plus chaude qua l'état normal. Mais, pour plus de rigueur dans l'expérimentation, on emploie le thermomètre pour évaluer l'accroissement de chaleur : l'instrument signale ordinairement à peine quelques degrés de plus qu'à l'état normal. En somme, dans les fièvres
' Marey, CiiculiUion du sang ; Paris, l'état fébriic; le malaise, la céphalalgie,
i863,p. 36o. i'inuppétonce, etc.; nous nous borne-
^ Nous ne chercherons pas à expli- roiis à l'étude des modifications qui sur-
quer certains phénomènes accessoiresde vieiment dans l'état circulatoire.