MORTON
( Ecole anglaise, xvu" siècle, vers 16^10-1698.)
Morton [De febribus) considère la fièvre^ comme une lutte des esprits animaux contre le poison morbide. Soit, dit-il, que la matière morbifique se sqit développée au dedans, soit qu'elle vienne du dehors par l'air, ou qu'elle pénètre comme le venin de la vipère, quand elle agit, le malade devient froid, il périt en lypothymie, ou bien ses forces opprimées se relèvent, la nature vires recoUigens pugncm mit, cujus prœludia suut dolor leviter spasmodicus, horror, ngor, osatatio, ceterique motus, qiiibus spiritus anmiahs oppressus sese iterum expandere mtitur, usquedum tandem, vi spmtuum elasticii irrita, et supra gradiun naturalem
' Docteur en 1670, mort en iG()8.
Fils d'un prédicateur de Siiffblk, étudie la théologie à Oxford , précepteur, chapelain, puis médecin, devient médecin de la maison du prince d'Orange.
AnteLU' de plusieurs ouvrages dont les
plus célèbres sont la Phthisiologie et la Pyrétohigie.
- Richardi Morton Opéra medicu, 2 vol., Lugduni, apnd Petrum Bruysel etc., MDCCXwvii. Tractatm de morbis iiiiivcrsulihiix acutis , t. I, p. 18.
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evectn, calor inlensus et febrihs orgasmus exciMar. Âb hoc calore pori cutis, sicut ceterœ corpons portœ , irritati et occlusi ,Jlammain. intestinam acrius intendi faciunt, donec veneni pars a spiritibiis jam Victoria potitis expellatur, vel a propria antxdoto subigalur, et tum demum port cutis, non amphus constncti , coUuviem humorum a prœternaturah cnlore coUiquatam, copwse dimittunt, modo per alvum, aut aliomodo id non nnte factum fuerit : vel denique natura , vi superata succumbit, œger spasmis, deliriis, subsultibus tendinum aliisque diris naturœ tnumphatœ et incassum coUuctantis symptomatibus ta génère nervoso fatigatus , fatis cedit. Hœc est ratio Jormahs morborum umversalium acutorum, et symptomatum eos concomitantium.
Morton a fait ce tableau avec conviction et naïveté. On parlait ainsi à cette époque, qui ne connaissait pas encore les réticences du pédantisme , et ne redoutait pas les critiques. Ce tableau si bien peint mérite d'être conservé. Beaucoup d'esprits non métaphysiciens y trouveront une satisfaction complète.
La description de la fièvre par Morton se ressent des ouvrages de Van Helmont, c'est l'alliance de l'antiquité et de la science nouvelle. Du reste on n'en sait guère plus aujourd'hui : Febris ^ acuta in génère est calor prœternaturahs , in sanguine accensus a spiritu animali miasmate quodam deleteno contaminatô, et ex accidente quodam irritato, atque msolito more prœter naturam suam expanso.
Personne, dit Morton, n'exigera que je décrive ce miasme /letà'ogèwe (mot de Paracelse). On peut relire à cet égard, du reste, ce que Sydenham écrivait un peu avant Morton sur le même sujet, to B-s7ov.
Après une bonne description des stades de la fièvre, Morton, comme ses contemporains, conseille les cordiaux dans la période algide, et considère les sueurs ou la diarrhée
' Tome I, exercitatio prima, De Je- febve eplwmera et iiilermiUvide , cap. i, hrihus wulis in génère , et prœscriiin de p. 90.
comme des phénomènes critiques qu'il faut espérer et provoquer; il conseille aussi la saignée et les boissons chaudes et sudorifiques; et il s'élève contre l'erreur des médecins spagiristes qui donnent aux fiévreux des remèdes échauffants. Morton est évidemment d'un esprit et d'une instruction très-inférieurs à Van Helmont. Il a franchement le langage et les préjugés de son temps ni plus ni moins qu'un bon écolier. Ce qui donne un caractère spécial à sa doctrine, qui ne lui est point propre du reste, c'est l'idée de la spécificité. Le mot n'est pas prononcé, mais la chose ressort évidemment de sa division des fièvres suivant la nature de leur poison ou de leur ferment propre [venena m génère, seu fermenta Jehriliay, cependant il admet la transformation d'une espèce bénigne en une grave: erreur naturelle à l'esprit humain.