‹ De la température du corps humainChapitre 80 sur 150 · OXYGÈNE · texte numérisé non relu

OXYGÈNE

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de sang. —

de sang.

du muscle.

D'où il suit que la respiration musculaire, à peu près nulle dans la paralysie, faible dans l'état de repos, est exagérée dans l'état de contraction.

Cette expérience montre que des états fonctionnels spéciaux des muscles coïncident avec des étals chimiques particuliers du sang; nous allons voir que l'état calorifique du muscle change dans les mêmes circonstances.

Or on sait depuis longtemps que la contraction musculaire produit de la chaleur. Becquerel et Breschet ont constaté, par la méthode thermo-électrique, que le biceps au repos a une température de 36",5, que la flexion répétée des bras élève la température de o°,5 à 1", et que, même au repos, la température d'un muscle est de i°,5 à 2" supérieure à celle du tissu cellulaire sous-jacent. MM. J. Béclard et Cl. Bernard ont fait des expériences qui donnent les mêmes résultats.

En même temps que, par le travail musculaire, le sang devient plus veineux, parce que la combustion est plus complète, ce sang subit une élévation de température.

En i858, M. Cl. Bernard découvre sur un cheval une branche de la veine jugulaire qui reçoit les rameaux des veines faciales et maxillaires, et il constate que, si l'on fait mastiquer le cheval, le sang coule avec |»lus de ra|)idité, devient plus chaud et plus noir.

PRODUCTION DE LA CHALEUR. — MUSCLES. 313

Cette augmentation de température du sang veineux n'est pas due à la veinosité du sang, mais à la combustion musculaire, car, en détruisant le ganglion du sympathique qui se rend au membre supérieur^ et à l'oreille correspondante, la température s'élève dans ce membre et dans l'oreille. Si l'on excite, par le galvanisme, les fibres partant du ganglion, la patte se refroidit de plusieurs degrés. Or il n'y avait pas de contraction musculaire, et cependant le sang des veines musculaires était devenu plus noir. On peut donc avoir dans les veines musculaires un sang très-noir avec élévation ou avec abaissement de température. La chaleur n'est donc pas liée à la coloration du sang, il n'y a que coïncidence entre les deux phénomènes pendant la contraction musculaire.

La respiration musculaire n'est pas la seule manifestation de l'activité nutritive de la fibre musculaire; il s'accomplit en même temps d'autres phénomènes chimiques capables d'engendrer de la chaleur.

La réaction du muscle au repos est alcaline, elle devient acide dans le muscle qui a été soumis à des contractions répétées. Cette acidité est due à la présence de l'acide lactique. En même temps, la créatinine, principe alcalin, diminue au profit de la créatine.

Helmholtz, en opérant sur des animaux à sang froid, a vu que , dans les muscles fatigués , les matières solubles dans l'alcool sont augmentées, tandis que les matières solubles dans l'eau sont diminuées. Matteucci a observé les mêmes modifications sur un animal à sang chaud.

Si l'exercice musculaire a une part importante dans la production du calorique, réciproquement l'immobilité entraîne un abaissement de température. En curarisantun chien, c'està-dire on supprimant le jeu des muscles, M. (il. Bernard a constaté que la température rectale tombait, en une heure.

' Voy. l'expérience, p. iGi.

de Sg^Q à 87". Legallois avait obtenu des résultats analogues en immobilisant les animaux.

Comme les autres organes musculaires, le cœur produit de la chaleur au moment de sa contraction. L'expérience a montré à M. Cl. Bernard ^ que le tissu du cœur, quand il se contracte, est plus chaud que le sang qu'il contient. Les contractions étant incessantes, c'est une source constante de calorique. Mais le cœur échauffe-t-il le sang qu'il contient? Cela est probable, et le sang artériel est à son maximum de température dans le cœur gauche ; toutefois il faudrait faire de nouvelles recherches.

On évalue approximativement le travail du cœur chez l'homme à 4 3,8 00 kiiogrammèlres en vingt-quatre heures; ce travail, d'après la loi de l'équivalent mécanique de la chaleur, donne un nombre de calories égal à = 10 3. On peut dire que le cœur produit, en vingt-quatre heures, à peu près 100 calories^.

Rôle du système nerveux dans la produclion de la chaleur ^. — Il faut distinguer le système nerveux périphérique et le système nerveux central.

L'activité des organes nerveux périphériques donne un dégagement de chaleur si faible, que, pour le constater, il faut opérer soit sur un animal à sang froid, soit sur un animal à sang chaud refroidi. Helmholtz et Valentin ont expérimenté sur des animaux refroidis par le sommeil hibernal, des marmottes ou des loirs. Pour refroidir des animaux à sang chaud, on peut ou leur couper la moelle épinière, ou les exposer à l'action d'un milieu réfrigérant, ou immobiliser l'animal pendant un temps prolongé, ou l'enduire d'une couche de vernis imperméable, ou soumettre l'animai à des mouvements de balancement. Si, chez un lapin à qui l'on a coupé la moelle

' P. 198. — - N. Gréhant, Pht/sique médicale, 1869, p. 229. — ^ P.

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