NERFS
épinière et qui est refroidi, on désarticule la cuisse, si l'on dénude le nerf sciatique en conservant les muscles de la jambe, on constate que le nerf n'a pas perdu son excitabilité. Puis, à l'aide d'aiguilles thermo-électriques, on voit que le nerf a, dans toute son étendue, la même température. Mais, si l'on excite la région du nerf (|ui correspond à une des soudures, la température s'élève.
Cette production de chaleur est bien un phénomène physiologique et non physique, car cette production de chaleur va en diminuant à mesure que l'animal se rapproche de la mort. (Schiff.)
L'activité nerveuse est donc une source de chaleur.
Le système nerveux central fournit des résultats identiques. On peut constater c[ue le sang qui sort des sinus cérébraux par la veine jugulaire interne est plus chaud que le sang qui entre dans le cerveau par l'artère carotide, surtout quand on excite les fonctions du cerveau.
Rôle des glandes dans In production de la chaleur^. — Pour les muscles et les nerfs, ainsi que pour les glandes, les manifestations calorifiques les plus intenses correspondent à l'activité fonctionnelle des organes, el celle-ci coïncide elle-même avec l'activité circulatoire. En sorte que ces trois modes : activité circulatoire, activité fonctionnelle, activité chimico-calorifique,sont contemporains et corrélatifs. Mais ces actes n'ont pas pour corollaire obligé, comme pour les muscles, la veinosité du sang. Quand une glande fonctionne, le sang qui en sort est rouge, rutilant. Pour le sang rénal, cette couleur est presque constante, parce que le rein fonctionne d'une manière continue; pour d'autres glandes, pour la sous-maxillaire, la couleur rouge n'existe que pendant l'activité fonctionnelle. En sorte que le système veineux des muscles qui fonctionnent est
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noir, d'autant plus noir qu'ils travaillent davantage; dans les glandes il devient d'autant plus rouge.
Pendant que la glande est en activité, la circulation est angmenlée, la veine qui émerge de la glande ne laisse plus suinter quelques gouttes de sang, comme pendant le repos, elle donne un jet rapide. En même temps, la température s'élève dans le sang qui sort et dans la glande elle-même. En résumé, on rencontre dans les glandes la réunion des trois caractères essentiels qu'avaient manifestés les muscles actifs, savoir : suractivité fonctionnelle, suractivité circulatoire, production de chaleur.
Cette production de chaleur correspond a une combustion, mais différente de celle qui accompagne l'activité musculaire. Le sang veineux rouge de la glande en fonction, quoique plus chaud, est moins brûlé, et contient moins d'acide carbonique et plus d'oxygène. Ce n'est plus une combustion, une oxydalion, et l'on peut dire que la combustion du sang n'est pas la mesure de la chaleur produite, puisqu'elle ne varie pas toujours dans le même sens. Le problème n'est donc pas aussi simple ; il n'y a pas seulement une combustion de carbone et d'hydrogène se faisant dans le sang, mais des réactions chimiques plus complexes s'accomplissant dans la profondeur des tissus, au contact des éléments histologiques, et variables pour chacun d'eux.
Dans le muscle lui-même , tout ne se traduit pas par uù gain d'oxygène et une perte de carbone; nous savons que les phénomènes sont beaucoup plus complexes, que la réaction aux liqueurs colorées a changé, que les parties solubles dans l'eau et l'alcool ont varié.
Sous le rapport de la production de chaleur, nous devons dire que tout fonctionnement organique s'accompagne d'un échauffement du sang qui traverse l'organe, et que celui-ci passe en plus grande quantité. De sorte que les fonctions des organes créent de la chaleur. Le critérium de la fonction est
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l'activité circulatoire. Chez l'animal à jeun, le sang que la veine porte ramène de l'intestin est noir, il est rouge chez l'animal qui digère.
Dans la glande sous-maxillaire, M. Cl, Bernard a trouvé les
résultats suivants :
Oxygène p. o o.
Sang artériel 9,80
Sang veineux de la glande au repos 8,92
Sang veineux de la glande en activité 6,01
En même temps la température augmente, ce que l'on constate dans le sang qui s'écoule et dans l'intimité même de là glande, en enfonçant des aiguilles thermo-électriques.
L'activité de la glande est sous la dépendance de la corde du tympan; l'excitation de ce nerf, soit directe, soit par des impressions alimentaires, provoque la sécrétion, la dilatation des vaisseaux et la chaleur; l'excitation du grand sympathique a un résultat inverse.
Dans le rein, les phénomènes s'acconqjlissent dans le même ordre.