‹ De la température du corps humainChapitre 85 sur 150 · MINUIT · texte numérisé non relu

MINUIT

Homme.

Mai

Femme.

' Complon , Température in acute ^ William Ogle, Des variations quo-

diseases. Dublin ( Quarterly Journal, tidiennes de la température chez l'homme

août 1866, p. 60). sain. {SainIrGeorges Hosp. Rep., vol. I,

^ Wunderlich, De la température f. ^sii-sli'j, 1S6'], el Schmidt's Jahrb.,

dans les maladies. Trad. Labadie-La- 1 868 , 2° partie, p. 77. ) grave, Savy, 1872, p. 2-1 o5.

Dans l'hiver, pendant la nuit, la température présentait, chez l'homme, les oscillations suivantes :

De minuit t/2 à i heure 36°,6i G.

De 3 à 5 heures 36 ,87

De 5 h. 1/2 à 6 h. 1/2 36 ,09

De 8 à 9 heures du matin 36 ,2

Il résulte de ces observations que c'est de 5 à 6 heures du matin que la température est la plus basse, qu'elle remonte vers 8 heures de quelques dixièmes de degré, et qu'elle continue, à partir de là, jusqu'à -y heures du soir à monter (3 y"), puis elle redescend : à minuit elle est à peu près à la même hauteur qu'à 9 heures du matin, et elle retombe de quelques dixièmes de degré vers le matin.

La plus basse température que l'auteur ait observée sur lui-même a été le matin pendant l'hiver 35'',2, et la plus haute, dans un bain turc 38°,i.

L'auteur ne trouve la raison de ces fluctuations ni dans la température de l'air, ni dans l'alimentation, ni dans le travail; par exemple, la température de la chambre, de 6 à 8 heures du matin, s'abaissant de près de i°,2 5, la température du corps s'élève, au contraire, dans le même moment de 2 à 3 dixièmes de degré. La chaleur du corps dépend nécessairement d'opérations chimiques; mais, de même (^ue les plantes, pendant la nuit, sont dans un état d'inaction par suite du défaut de lumière, ainsi peut-être chez l'homme faut-il chercher dans la lumière l'excitation qui est cause que la température s'élève peu à peu dans le jour. Mais l'expérimentation directe ne confirme pas cette hypothèse, car le séjour dans une chambre close et sans lumière n'empêche pas la température du corps de monter de 6 à 8 heures, et, par contre, la température demeurait constamment basse quand l'auteur restait au lit immobile et sans manger.

L'élévation de la température extérieure contribue à lev r

OSCILLATIONS DE LA TEMPÉRATURE. 333

un peu la température du corps. Ainsi cette élévation , dans un bain turc (à une température de 50° C), atteint promptement 38° C, et, dans un bain chaud, elle est de o°,o8 à o°,i. Dans l'été, alors que la température de l'appartement était de plus de 2 1° C, la chaleur du corps était un peu plus élevée que quand la température était au-dessous de 20° C. En hiver la température de la chambre , le matin , était de 1 o à 11 degrés plus basse qu'en été , et la chaleur moyenne du corps était en hiver de 36°,/i7, dans l'été de 36°,5i C.

L'activité corporelle, par exemple la course, élève la chaleur du corps de o°,37 à o°,5.

Il résulte des mêmes recherches que la température s'élève après le premier déjeuner et après le repas de midi, et qu'elle tombe après le souper. Mais, en changeant la nature de ses aliments et les intervertissant du matin au soir, l'auteur a vu que le repas du matin était suivi d'un abaissement et celui du soir d'une élévation observée précédemment après le repas du matin. L'abaissement serait expliqué par ce fait que l'auteur prenait du vin à son repas du soir ainsi que le prouveraient les expériences suivantes :

soir.

g HEUBES.

10 HEUBES.

1 1 BBUBES.

MINOIT.

Ainsi, lorsque le soir l'expérimentateur ne buvait que de l'eau, la température tombait lentement jusqu'à minuit; au contraire, le vin amenait une chute rapide dès les deux premières heures, suivie d'une très-légère élévation; enfin le thé

semblait retarder la chute de la température. Le thé et le vin sont ainsi en opposition directe dans leur action ^

Jùergensen '^ a pu continuer ses observations quarante et un jours durant sur des personnes saines en multipliant ses examens toutes les heures et quelquefois toutes les cinq minutes. Le thermomètre était appli(|ué dans l'anus.

Bien que les oscillations varient un peu , il y a une singulière constance pour la moyenne de vingt-quatre heures. Le minimum du jour moyen a été 37°,27 G., et le maximum 38°, 1 h G. chez la même personne ; dans le premier cas, c'était après un bain froid prolongé; dans le second, après un copieux repas précédé d'un long jeûne.

La moyenne des jours où le sujet en expérience mangeait ordinairement et gardait le lit, était de 3 7^87 G.

Les courbes montrent la différence du jour et de la nuit : la température de jour dure plus longtemps que celle de nuit, l'une ayant 166 et l'autre seulement 122 unités de temps de 5 minutes. Le minimum de la température de jour a été i53, et le maximum de celle de nuit i33 unités de temps.

La moyenne de la température de nuit était de 3 7°, 6 G. avec des oscillations de 1/2 degré; celle de la température du jour de 38" C., avec des différences de 0", 1 G.

La température du jour commence de 7 à 9 heures du matin et finit entre 8 et 1 0 heures du soir. Le minimum de la température de nuit est de 87°, 4 G. et tombe entre 4 et 7 heures du matin; le maximum de la température du jour est aussi bien de 1 à 3 heures de l'après-midi que de 7 à 9 heures du soir, il va de 3 8°, 2 jusqu'à 3 8", 4 G.

Zimmerman ^ s'est placé au point de vue de la physique

' Cette analyse est extraite de l'ar- 1868, Bipartie, p. 2/16). Analyse par

ticle de Geissler, du Schmidt's Jahrb. Geissler.

^ Du type nm-mal de la température ^ Les causes de l'exacerbation et de

c/iez r/tomme sam, par le docteur Théo- la rémission quotidiennes de la chaleur

dore Jûergensen , à Kiel (Ai'ch. /. Min. [Arch.f. Klin. Med. VI, 5 et 6 , p. 56i,

Med. p. 1 1 0 , 1868, et Schmidt's Jahrb. 1 869 ).

OSCILLATIONS DE LA TEMPÉRATURE

pure. Étant donné un corps dont les parties sont de plus en plus chaudes à mesure qu'on pénètre dans sa profondeur, et dans lequel il se fait une production constante de chaleur, dire comment se comporte l'élimination de la chaleur. Tel était le problème. Si on laisse de côté les raisonnements purement mathématiques de l'auteur, on extrait dilïicilement de son travail quelques données pratiques. Pourtant il confirme l'opinion commune, à savoir que la perte de la chaleur est proportionnelle à la production. Le fait que le bain froid donné à 7 heures du soir, au moment où la rémission commence, produit alors son plus grand effet, s'explique en ce que, à ce moment, le courant de chaleur vers la peau est à son maximum d'intensité, tandis que la production centrale commence à baisser. L'ondulation saillante de la chaleur est aplanie par l'eau froide, et, comme l'intérieur du corps ne continue plus à envoyer autant de chaleur, la montagne se change en une vallée, et ainsi l'effet produit est plus grand qu'à tout autre moment du jour. (D'après l'analyse de Geissler, dans le Schmidt's Jalirb .,1870.)

Billet \ élève de l'Ecole de Strasbourg, donne les résultats

suivants :

7 heures du matin, réveil 36",5

11 heures du matin, avant diner 36 ,4

1 1 h. 3/4 du matin, après dîner 36 ,4

t lieure de l'après-midi, en filmant 3 7

3 heures de i'après-midi, une heure après le cafe'.. . 87 ,4

6 heures de l'après-midi, avant le dîner 37 ,2

Après avoir fumé 37

Au travail, à 8 heures 36 ,3

3 h. 1/2 du matin 36 ,1

La température a été prise dans l'aisselle.

Pour M. Redard ^, la température axillaire de l'homme

' Billet, Thèse de Strasbourg, 1869. — ^ P''"! Redard, Éludes de thermométrie clinique , 187^, p. ao.

adulte prise dans la cavité axillaire étant de 3 7 degrés, la température sera de 87°, 2 dans la cavité buccale, et de ^']\^ à Sy^S dans le rectum.

S IIÏ.

CONDITIONS QUI FONT VARIER LA TEMPERATURE DU CORPS HUMAIN. LIMITES DES OSCILLATIONS.

a. INFLUENCE DE L'AGE.

Jusqu'à ces dernières années, et malgré les recherches si précises de de Haén, on admettait, sans contrôle suffisant, que la température des enfants est un peu plus haute que celle des adultes, et que celle des vieillards lui est un peu inférieure. Reprise par des observateurs plus rigoureux, la question est sortie de cette formule générale, et il nous faut étudier la température chez le nouveau-né au moment de la naissance, chez l'enfant et le vieillard.

Température du nouveau-né au moment de la naissance. — Liebig^ avait déjà noté, en 18 di, que le nouveau-né a une ten*pérature très-élevée, au moment de sa naissance. Il donne comme chiffre normal celui de 89° C.

En i85i, Bœrensprung^ étudia la température chez les mammifères (chiens et lapins) pendant la gestation et chez les

' Liebig, Chimie organique appliquée à la physiologie et à la pathologie. Trad. de Gerhardt, p. 21. Paris, i8i 1.

^ Bœrensprung, Recherches sur la température du fœtus et de l'homme adulte en santé et en maladie ( Mûllrr's Arch. 3, i85i). — Bœrensprung étudie d'abord la température de l'œuf de poule couvé, pendant ies premiers dix jouns, et arrive au résultat suivant : la

température de l'œuf couvé et vivant n'est pas constante, et varie dans le même jour et d'un jour à l'autre; la température de l'œuf couvé dépend de la température du fourneau à couver; ainsi, la température du fourneau étant de 39°,5, la température de l'œuf est de Bç)°,li; la température du fourneau étant de 38°,i5, celle de l'œuf est de 38°,62.

fœtus. Chez les animaux, il introduisait un thermomètre par une ouverture faite à l'abdomen de la mère. 11 pénétrait dans l'utérus et dans le ventre du fœtus lui-même.

Température. Du ventre. Du bassin. De t'ul(5ru&.

Chez une lapine pleine 39",07 39°,39 39%/i3

Chez une lapine non pleine 38 ,68 38 ,87 38 ,43

Différences o°,39 i°,o5 i°,oo

Chez les vieux animaux, non en gestation, l'utérus et la cavité du bassin sont un peu moins chauds que le ventre; chez les animaux en gestation, au contraire, l'utérus est plus chaud que le bassin et celui-ci plus chaud que le ventre. La température du fœtus ne diffère pas de celle de l'utérus; le fœtus ajoute à sa chaleur propre celle qui lui est communiquée par sa mère.

L'enfant dans le ventre de la mère. — La température de la mère avant la délivrance (vagin) est en moyenne de 3o°,3/i R. (37",92 C). Immédiatement après la délivrance le thermomètre enfoncé dans l'utérus donne en moyenne So^qy R. (37°,83 C). La température du fœtus, soigneusement enveloppé de linges chauds, est aussitôt après la naissance (rectum) de 3o'',33 R. (37°9i C). La température du fœtus fut trouvée, dans quatre cas, égale à celle de la mère, et dans six cas de o°,o6 C. plus élevée. Comme, aussitôt après la naissance, toutes les influences tendent à abaisser la chaleur du nouveau-né, ces derniers six cas prouvent que, contrairement aux suppositions, l'enfant dans le sein de la mère possède une chaleur plus élevée d'environ o",6 que celle de la mère.

Enfants nouveau-nés. — Sur trente -sept enfants nouveaunés on a trouvé la température moyenne de 3'7°,8i. Le bain . tiède dans lequel on plaçait les enfants aussitôt après la nais-

sance amenait un refroidissement de o",37 à i ',G , en moyenne o",98. Les mesures continuées chez les jeunef enfants nouveau-nés jusqu'au dixième jour après la naissance, habituellement matin et soir, ont montré qu'après le premier bain la température est la plus basse , puis qu'en vingt-quatre ou trente-six heures elle se relève en moyenne à 87°, 5 C, et qu'elle se maintient presque constamment ensuite à cette température; vers le sixième ou huitième jour seulement on trouve une légère élévation de 3 7", 7 C. à 38", i3, qui ne persiste pas et dont la cause est inconnue. L'auteur attribue au bain tiède le refroidissement qui suit la naissance. On remarque, dès les premiers temps delà vie, l'oscillation diurne de la température de 37°, 29 à 37",8o C. du matin au soir.

Dans une thèse publiée en i863, Scbàffer^ dit avoir trouvé également chez le nouveau-né, avant la section du cordon ombilical, une température rectale supérieure à la température vaginale de la mère. Il en fut ainsi dans seize cas sur vingt-trois, deux fois ce fui l'inverse.

Après la naissance, la température basse descend parfois à 3 6°, 7 5 pour remonter de 1 ou 2 dixièmes de degré.

Nous pensons qu'il y aurait lieu de refaire ces diverses observations en tenant compte de la température de la mère avant, pendant et après l'accouchement. 11 semble, en effet, que cette température influe sur la circulation du fœtus et probablement même sur sa température ^.

1 Scbâffer, Greifswald, i863.

- Winckcl ( Ohs. cliniques sur les accouclieinenis , Klin. Beob. etc., p. 189 à 9 1 i , 1 869 ) a observé que l'élévation de la tempéra lure du corps de ia femme en mal d'enfant cause ruccélération du pouls du fœtus, autrement dit que le fœtus lui-même a la (ièvro {?). Si cette accélération du pouls dure longtemps,

il y a danger de mort pour le fœtus. En moyenne, il y a le rapport suivant entre la température de ia mère et la fréquence du pouls du fœtus :

Température Pouls (le ]a mère. Ju fœtus.

37° à 38° C. 120 à itili ])ulsiitions.

38° à 39° i Uli à ibo

39° à 4o° iGo à 190

Les recherches de Georges Wurster ^ confirment celles de Bœrensprung et de Schàffer.

L'auteur examine la température dans le vagin de la mère et l'anus de l'enfant. Il trouve que celle des mères va de 3 6°, 3 à 38",2. et que celle des enfants est un peu plus élevée (d'un dixième de degré). L'enfant se refroidit très-vite, de sorte que sa température tombe de (chiffre moyen) à 36",25.

L'auteur a constaté quelquefois des températures élevées à la fois chez l'enfant et chez la mère (/io",3 chez la mère, /io",35 chez l'enfant) dans des cas pathologiques. Ainsi le fœtus aurait une température un peu plus haute que la mère, d'où la conclusion qu'il ne tient pas cette température de sa mère, mais de lui-même.

Un an après, revenant sur le même sujet, Wurster ajoute à ses recherches l'observation suivante ^ :

Dans une présentation du siège avec travail prolongé, il trouva dans le vagin de la mère 38°,9, 39", i, 38°,8, et dans l'anus du fœtus 39°,65, 3 9", 5 5 G.

Il nous reste à noter les travaux de MM. Andral, Roger et Lépine sur ce même sujet.

M. Andral ^ a recueilli ces observations longtemps avant de les publier. Le tableau suivant porte sur six cas (aisselle) :

0 niinuU' , naissance.

t" cas. ... 8 8°, 4

20 mia. après. 37", 9

1 h. après . 3 7 ",5

1 Observations sur la chaleur propre trie). Dissertation inaugurale. Zurich,

des nouveau-nés , i>ar Georges Wurster 1870.

de Zurich. {Berl. klin. Wochenschr. VI, ' Andral, Noie sur la température des

37, 1869.) enfants nouveau-nés. ( Comptes rendus des

' Wurster, Température des nou- séances de l'Académie des sciences ,ii^o ,

veau-nés {Beitrâge zur Tocothermome- 1 8 avril, p. 8 1 5. )

Dans ces six cas on voit la température, au moment de la naissance, dépasser la limite supérieure physiologique de l'adulte; entre la quinzième minute et la douzième heure la température a baissé mais non au-dessous de celle de l'adulte. Pourquoi cette température, à la naissance, est-elle plus élevée que quelques minutes plus tard? Dans aucun cas elle ne fut liée à celle de la mère, dont le chiffre le plus élevé fut Sô^g. M. Roger avait pensé, sans le prouver, que cette température plus élevée était empruntée par l'enfant au milieu utérin. M. Andral fournit, à l'appui de cette opinion , le tableau suivant de quatre cas où la température de l'utérus fut prise dans sa cavité en même temps que celle de l'enfant le fut dans l'aisselle :

Température Température de l'enfant de l'utérus, à sa naissance.

1°' cas 38°,7 38°,3

On peut voir, dans trois de ces cas, que la température de l'enfant, sensiblement plus élevée qu'elle ne le sera plus tard, suit une ascension proportionnelle à celle de la température utérine, lui étant d'ailleurs constamment un peu inférieure.

M. Andral a observé aussi l'abaissement de la température chez les enfants deux heures après la naissance, et le rétablissement de la chaleur physiologique passé ce temps. Edwards et Despretz^ avaient admis qu'après la première demi-heure de la vie extra-utérine la température humaine est semblable à celle de l'adulte.

' Température aux différents âges, A 18 ans 36°i99

d'après Despretz : 87,14

Après la naissance 35°, 06

Dès 1 8 II II, M, H. Roger ^ avait fourni sur ce sujet des renseignements précis et complets. Voici ses tableaux :

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