INFLUENCE DES CLIMATS
a dépensé en travail utile une quantité de chaleur facile à calculer (353 unités de chaleur pour 2,000 mètres).
Pendant la descente, au contraire, il n'y a plus de différence entre la température au repos et en marche, et alors cesse le malaise des montagnes, que MM. Lortet et Marcet attribuent à ce refroidissement.
e. INFLOENCE DE LA TEMPERATURE EXTERIEURE SUR CELLE DU CORPS.
Les anciens, comme nous l'avons dit en analysant les ouvrages de Boerhaave, professaient que l'homme ne peut vivre dans un milieu plus chaud que sa température propre. Lorsque les idées se furent réformées sur ce point, on admit que, pendant l'été, la température du corps était plus élevée qu'en hiver (Martine). Hallmann trouva sa température plus basse que celle de Gierse, parce que le premier observait en hiver et le second en été. Les recherches modernes ne confirment pas ces assertions. Nous savons seulement que, lorsqu'un individu passe brusquement d'un milieu dont la température est basse dans un milieu très-chaud, sa chaleur propre s'en trouve légèrement influencée. Mais il s'agit là d'un fait transitoire dû à la lenteur de l'accommodation, et non d'un fait permanent, et il n'y a pas d'écart réel dans la température des peuples qui vivent sous des climats différents.
Dans un voyage d'Angleterre à Ceylan, Davy ^ a noté une élévation progressive de la température du corps chez les hommes de l'équipage, à mesure que l'on atteignait les latitudes chaudes. La différence était, entre leur température à Londres et leur température à Ceylan, de i",^ à 2",] 5 C. Le même auteur a noté que la température du mouton s'élevait,
' Philosophie. Tramact. of the royal Systems, their vital import, and their
Society of London, 1816, t. CIV. — hearing on health and diseuse; by Ro-
Voyez également : On the spécial /une- bert WiUis M, D., London, 18(17. tions qf the sudoriparous and lyinphatic
dans l'été, à o",55 et même i",6 G. plus haut que dans l'hiver. On sait qu'il en est de même pour les oiseaux.
Reynaud, chirurgien de la marine, a établi, dans un voyage en Asie, qu'un changement de 18 degrés dans la température de l'air entraînait, chez l'homme, une différence de o",/iy. Eydoux et Souleyet\ dans un voyage à Rio-Janeiro, firent quatre mille observations sur dix personnes qui étaient à bord, et virent que la température de l'homme monte ou descend avec celle de l'air et que le changement est plus lent quand on passe d'un pays chaud dans un froid, qu'inversement. Les expériences de Letellier sur des oiseaux et des petits animaux ont donné le même résultat. Les expériences faites en mer par M. Brown-Séquard ^ concordent avec celles d'Eydoux et Souleyet.
Le tableau suivant résume les faits observés par MM. Eydonv et Souleyet, J. Davy et Brown-Séquard.
DIFFERElXCE dans la température almosphérique.
Eydoiix et Souleyet. . i40°,oC.
Jolin Davy 11,11 1
Broun-Séqnard 21, .'3
Rrown-Si'qiianl i .3 ,5
DIFFÉREiVCE
: , dans le drgré
de chaleur aoimale.
Dans le rectum i°,o C.
Sous la langue, de climat chaud
à climat tempéré o ,88
De climat froid à climat chaud. . . 1 ,265
De climat chaud à climat tempéré. 0 ,67
Les observations de M. Brown-Séquard, comme celles d'Eydoux et Souleyet, montrent que l'élévation de la température de l'homme a lieu plus vite quand il passe d'un climat froid dans un climat chaud, que l'abaissement de la température quand il passe d'un climat chaud dans un climat froid.
Le milieu ambiant a donc sur la température de l'homme une légère influence, mais celle-ci est bien vite atténuée, et
' EyiloMx et Souleyet, Cowpfes ren- - Broxfa-Séquard, Journal de Physiodus dp l'Académie des nciences de Paris, Infrip, {.II, p. 5î) 2, 1869. t. VI,p. /i56.