‹ De la température du corps humainChapitre 98 sur 150 · INFLUENCE DE LA TEMPÉRATURE EXTÉRIEURE · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE LA TEMPÉRATURE EXTÉRIEURE

Parry et Back ont vu que, même pendant les froids les plus rigoureux, la chaleur du corps humain restait sensiblement constante.

A côté de ces expériences, dans lesquelles on soumet tout le corps à l'influence du milieu extérieur, chaud ou froid, il est intéressant de savoir quelle est la rapidité de réchauffement et de refroidissement d'une partie du corps, soumise seule à l'action extérieure d'une température froide ou chaude, et quelle est l'influence de ces modifications sur la chaleur générale du corps.

Ce sont là les questions que MM. Tholozan et Brown-Séquard^ ont cherché à résoudre dans leurs recherches expérimentales sur l'influence du froid sur l'homme et sur les animaux vertébrés.

Première partie. — De la rapidité de l'abaissement de la température d'une portion peu étendue du corps de l'homme lorsqu'on la soumet à l'action du froid. — Hunter a constaté que , si l'on place des fragments de glace sous la langue, et qu'on les y laisse fondre pendant dix minutes, le thermomètre, qui marquait 36° avant l'expérience, tombe ensuite 326 degrés.

W. Edwards et Gentil ont obtenu des résultats analogues. L'un d'eux, ayant tenu pendant dix minutes une de ses mains dans de l'eau à 36 degrés un quart, trouva qu'elle était à 1 2 degrés et demi, cinq minutes après l'avoir tirée de l'eau. Cette expérience, dit Edw^ards, montre combien est rapide et grand, et supérieur à ce que l'on aurait pu supposer, l'effet réfrigérant de l'eau froide applifjuée à une de nos extrémités.

MM. Tholozan et Brown-Séquard ont fait sur le même sujet les expériences suivantes :

1" Main 329 degrés un quart, plongée dans l'eau à 9 de-

' Tholozan et Brown-Séquard, Journal de la physiologie de l'homme et des animaux, i858, 1. 1, p. i97.

grés. Durée de l'immersion trois minutes et demie. Retirée de l'eau et essuyée, la main n'avait plus que 19 degrés. En trois minutes la température de la main avait baissé de plus de 1 0 degrés.

y" Main à 36 degrés un tiers , plongée dans de l'eau à 8 degrés. Durée de l'immersion, dix-sept minutes. Retirée de l'eau et essuyée, elle n'avait plus que 18 degrés et demi. En dixsept minutes elle avait perdu 18 degrés.

3" Main à 33 degrés, plongée avec le tiers inférieur de l'avant-bras dans de l'eau à zéro. Durée de l'immersion, dix minutes. Elle n'avait plus que 2 3", 4. En dix minutes, elle avait perdu 1 G degrés.

Une quatrième et une cinquième expérience donnèrent, dans des conditions analogues, les mêmes résultats que la précédente.

11 est donc certain que l'exposition d'une main, seule ou avec une partie de l'avant-bras, à l'action d'une eau à basse température, peut faire perdre à la main de 10 à 18 degrés dans un temps très-court.

Deuxième partie. — De la lenteur du retour de la température normale dans une extrémité notablement refroidie. — W. Edwards avait déjà noté la lenteur du réchauffement d'une main soumise à une basse température.

Voici le résumé des expériences de MM. Rrown-Séquard et Tholozan :

1° Dans un cas où l'immersion d'une main dans de l'eau à 9 degrés n'avait duré que trois minutes et demie, il fallut trente-huit minutes de séjour de cette main dans l'atmosphère à 1 9" pour qu'elle revînt à sa chaleur initiale.

1" Dans un cas où l'immersion d'une main dans de l'eau à 8 degrés avait duré dix-sept minutes, cette main, exposée à l'air dans une atmosphère à i5 degrés et demi, ne revint à

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