‹ De la température du corps humain et de ses variations dans les diverses maladiesChapitre 1 sur 122 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Par une clause de son testament, daté du 3i octobre 1870, mon maître, M. P. Lorain, ma désigné pour réunir ses notes et publier celles qui pourraient être utiles à la science.

Parmi les nombreuses études auxquelles Lorain s'était appliqué , celle de la température du corps humain , de ses causes et de ses variations dans l'état physiologique et pathologique /avait, dans les dernières années de sa vie, plus spécialement excité son ardeur. Pendant près de dix ans, Lorain a réuni tous les matériaux que lui fournissaient les recherches de ses devanciers et les siennes propres. En 1 870 , il avait commencé, à Thôpital Saint-x4ntoine , une série de leçons sur les modifications de la température dans les maladies; ces conférences cliniques furent interrompues par J^t^j^alhêureuse guerre de 1870-1871, quelques-unes sçujbment furent p^^^

dans la Revue des cours sctenf^iièir. Nommé pfèfesseur

Il PHKI'ACK.

(riiisloircMle la médecine à la Facullé, le li'j janvier 1873, Lorain choisit, la première aiiné(î, pour sujet de ses leçons, Tetude de la chaleur et de la lîevrc dans les maladies. 11 soumit les travaux d(»s auteurs anciens à une critique que rendaient légitime et instructive ses recherches personnelles. Puis il consacra presque exclusivement les années suivantes au groupenuMit et à l'analyse des travaux modernes publiés sur la même question. Les documents s'accumulaient, et ceux à qui Lorain avait l'ait confidence de ses projets entrevoyaient avec joie le moment où un homme instruit, familier avec les doctrines des auteurs anciens, initié par s(»s études premières aux diflicultés de la méthode expérimentale, médecin pratiquant, jugerait les œuvres laborieusement entassées pendant des siècles avec cet esprit critique dont la vigueur et la bienveillance étaient également incontestées. Cette attente fut cruellement trompée. L'architecte qui avait si pénibhîment, avec tant de patience, préparé les matériaux d'une telle œuvre, disparut tout à coup.

Choisi paj' lui |)our le remplacer, j'ai accepté ce legs d'une touchante amitié, sans en méconnaître le péril. Préparés à diverses épo(jues et pour un ouvrage dont les dimensions s'étaient successivement agrandies, les matériaux ne concordaient pas tous dans leurs proportions : quelques-uns étaient déjà terminés, finement ciselés; d'autres étaient à peine ébauchés, .lai tenu à respecler scrupuhîus(;ment les projets d<' mon maître.

PREFACE. m

c^ ne me substituer à lui en aucun moment; j'ai préféré laisser un chapitre esquissé, plutôt que de le compléter avec mes idées ou mes critiques. Lorsque la conclusion était évidente, j*ai placé la phrase que le lecteur attentif aurait fatalement eue dans Tesprit; lorsque la conclusion était douteuse, le chapitre est resté inachevé.

Au moment où Lorain préparait la publication des conférences qu'il se proposait de faire à l'hôpital Saint- Antoine, en 1870-1871, il écrivait :

(T Ce livre est incomplet , je le sais , et je le donne pour srce qu'il est, sans essayer d'en marquer les imperfec- (T lions ni d'en combler les vides à la hâte. Si imparfait cr qu'il soit, il servira, je l'espère, à montrer, par des cr exemples palpables, l'utilité de la méthode qui l'a cr inspiré, t)

Ces lignes, qui n'étaient alors qu'un témoignage de la modestie de l'auteur, sont devenues vraies aujourd'hui. 11 ne m'eût été possible de les effacer, que si, trompant la volonté de mon maître, j'avais, sans son aveu, remplacé ses idées et ses recherches par les miennes.

Cet ouvrage contient l'analyse critique des principaux Iravau}! publiés sur la chaleur et la Bèvre, depuis Hippocrate jusqu'à nos jours, et plus de i5o observations recueillies par Lorain avec s 00 tracés de la température, de la fréquence du pouls, de ses formes (étudiées au sphygmographe). Il complète les études de médecine clinique publiées par lui sur Le choléra, 1868, et sur [j€ pouk, 1870.

L'espi'itqui devait coordonner ces richesses, et les dis-

IV PRÉPAGE.

poser dans un plan dont les reliefs fussent saisissants et définitivement arrêtés, a fait défaut. Si cette absence nest que trop évidente, et si le succès a trahi mes efforts, que, derrière le travail de l'élève, le lecteur juge avec indulgence Tœuvre du maître, à qui la der* nière heure a manqué.

1 5 janvier 1877.

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