S IV
Depuis la fin du siècle dernier, les mc^decins savent que la chaleur est inéijalerneni répartie dans les diverses régions du corps. Martin, J.Ilunter, (lariisle, ont fait des déterminations assez précises pour établir le sens dans lequel varie le phénomène. J. Uavy a publié des travaux qui peuvent encore être consultés aujourd'hui avec fruit. En nous plaçant au point de vue exclusif de la ihenuométrie médicale, il nous faut étudier les variations do la répartition de la chaleur sous deux rap- |)orts : t" la répartition réelle dans toute l'économie; ù" la répartition et les causes des variations dans les différents points accessibles à la thermométrie.
î Rf'lHwihion rMIe de la chaleur dans V économie. — J. Davy a |)iiblié le tableau suivant de la distribution de la température dans les diverses parties du corps d'un agneau qu'on venait de tuer. Les températures ont été prises, même celles des parties superiicielles, en introduisant le thermomètre sous la peau '.
Sur l'os i\{\ tarse 3q',»29 C.
Sur Tos (lu uiëtalarsp. . 30 ,i i
Sur rarticulalioadu genou 38 ,89
Vei's le haut de la cuisse 39 ,66
Souâ la hanche 60 ,00
Au milieu de la matière cérébrale Ao ,00
Hectum 60 ,56
Sang de la veine jugulaire 60 ,86
Vers la base du foie 61.11
Dans le ventricule droit du cœur 61,11
' J. Davy, Bihlùfthpque hTitmmique , iSifi,!. LX,p. 11 5.
Dans le parenchyme du foie . A i%39 C.
Dans le parenchyme pulmonaire A i «Sg
Sang de la carotide A i ^7
Dans le ventricule gauche du cœur Ai «67
Cette question de la répartition fut reprise par MM. Becquerel et Breschet en i835. Pour eux :
^ Il existe une différence bien marquée entre la température des muscles et celle du tissu cellulaire dans Thomme et les animaux, laquelle paraît dépendre de la température extérieure, de la manière dont l'individu est vêtu et de plusieurs autres causes. Cette différence dans l'homme, et probablement dans les animaux, est en faveur des muscles. Les corps vivants se trouvent donc dans le cas d'un corps inerte dont on a élevé la température, «et qui est soumis à un refroidissement continuel de la part du milieu dans lequel il se trouve; ce refroidissement se fait sentir d'abord à la surface, puis gagne successivement les couches intérieures jusqu'au centre; mais, dans les animaux , la loi de déperdition ne peut être la même que dans les corps inorganiques, puisqu'il y a dans les premiers une cause réparatrice qui agit constamment. y>
M. BecquereP eut, de plus, le mérite d'utiliser les aiguilles thermo-électriques pour explorer la température des régions dont le thermomètre à mercure ne pouvait apprécier les variations. Voici les conclusions auxquelles M. Becquerel est arrivé :
1° Le sang,, soit artériel, soit veineux, est d'autant plus chaud qu'on l'examine plus près du cœur. Ainsi , dans la carotide, la température du sang est de o",i5 au-dessus de celle du sang de l'artère crurale; la température du sang de la veine jugulaire l'emporte de o",3 sur ce\\ç du sang de la veine crurale.
9"* La température du sang artériel est toujours notabie-
' Becqaerel, Trmli de physique , L If, p. 5i.
h\0 CHAPITRE II. LA CHALEUR ET LA FIÈVRE.
ment supérieure à celle du sang veineux quand i*expérienre porte sur des points correspondants des vaisseaux collatéraux. Ainsi, à Torigioe de l'aorte, la température du sang l'emporte de o%84 sur celle du sang de la veine cave supérieure, au point où ce dernier vaisseau s'ouvre dans l'oreillette droite; la température du sang de l'artère crurale est moyennement supérieure de 0^,98 h celle du sang de la veine crurale.
3' Ln température des muscles l'emporte sur celle du tissu cellulaire qui leur sert d'enveloppe. M. Becquerel a trouvé que le biceps au repos a une température de 1 '.iiy supérieure à celle du tissu cellulaire adjacent.
Mais c'est k M. Cl. Bernard surtout que nous devons les notions les plus précises sur cette répartition. Nous loi empruntons deux tableaux dans lesquels il a réuni les opinions de ses devanciers, et nous anaivsons ensuite ses dernièr&s recherches K (Voir les tableaux, p. & t 9-&1 5.)
Les recherches de M. Cl. Bernard, publiées en 1867. sur la température comparée du sang artériel et du sang veineuï. ne furent pas acceptées sans contestation. M. Colin d'AIforl. en particulier, résuma , dans une Note k l'Institut, des recherches très-minutieuses, dont il crut pouvoir déduire des conclusions contraires h celles de W. Cl. Bernard. Voici le résumé fie ce travail - :
«^ Le corps animal n'a pas^, à beaucoup près, comme Da*vy Va déjà noté, une température uniforme, car il n'y a pas en lui une égale production, une égale répartition, ni une égale déperdition de calorique. (Considérée en masse, sa température décroît du centre à la périphérie, surtout vers les extrémités où les surfaces rayonnantes deviennent très-étendues relative-
* CL Bernard , Température du iang : (obre 1 865 , Sur la tempémtwrf au nt»g »anff artériel, Mng veineux, (l^eçnn» tiir reitieux, cwmparèt k edU au imtg aria chaleur animale, Paris, p. 33.) tériel dam le centr et let autrt» parue*
' Colin, profesieiir n Phrole vëtëri- centrale» du t^êtème roêculaire.) oaire d* Aifori. (Acad, de* $cieneei , % 3 oc-
ment au volume des parties. Les parties centrales voisines du foie et do l'estomac arrivent au defpré maximum, ainsi que M. Bernard Ta démontr<^. Cependant la base des poumons, la partie antérieure du diaphragme, aussi rapprochées du centre que les premières, ont une température très- sensiblement inférieure à celle des parties sous-diaphragmatiques. De ces parties, les unes sont à une température constante ou subordonnée à celle du sang; les autres, telles que le poumon, la peau, le système musculaire, l'estomac, l'intestin, en ont une essentiellement variable, modifiée sans cesse par celle de l'atmosphère ou parles actions chimiques intermittentes qui se passent en elles.
« Les deux sangs n'ont point le même degré de chaleur ni dans les régions ou les artères et les veines se juxtaposent, ni dans les deux cœurs. Mais il est très-diflBcile de les comparer très- rigoureusement. Presque partout, si ce n'est dans les organes profonds, le sang de l'artère est plus chaud que celui de la veine satellite. Le sang de la carotide, par exemple, est de i/â, 1, d degi-és plus chaud que celui de la veine jugulaire, et ainsi, à peu près, de l'artère fémorale comparée à la saphène, de l'artère radiale comparée à la sous-cutanée de Tavant-bras. D'ailleurs l'uniformité n'existe même pas dans l'ensemble de chaque système vasculaire pris à part. Dans l'artériel, la température va en décroissant très-faiblement du tronc aortique vers les divisions terminales; dans le veineux, au contraire, elle s'élève très-rapidement des radicules vers les parties centrales. Toutefois chaque grande veine a la sienne propre : la veine cave supérieure offre le minimum, la veine porte le maximum, et la veine cave inférieure conserve le degré intermédiaire, yi
L'auteur rappelle que, dans le cœur, les deux sangs n'ont point des températures d'un rapport constant et invariable. Le pins souvent, c'est le sang artériel qui est le plus chaud.
L'auteur a etpérimenlé sur plus de quatre-vingts animaux qui
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Hallu , 1 760. . .
CkAwroKT, 177R.
KmvitK, 1893.
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Birormnel Bniiiriirr. 1837