TEMPÉRATURE POST MORTEM
rVaccord avec les conclusions de Walther * [Recherches sur l'msolation) , Huppert pense démontrer que la venue de la rigidité musculaire retarde notablement le refroidissement du cadavre. Un lapin fût tué par injection de glycérine dans la jugulaire, la chute de la température fut mesurée depuis le moment de la rigidité complète jusqu'au second jour» où elle persistait encore; le cadavre fut porté à la température de Uo d^rés, et la rapidité du refroidissement fut de nouveau mesurée le troisième jour après la résolution complète de la rigidité. Le premier jour, la température tomba de Â%a5 G. en cent trente-neuf minutes; le second jour de Â%5G. en soixante et onie minutes cinq secondes; le troisième en soixante-quaire minutes et quinze secondes.
On a obtenu un refroidissement rapide avec des substances toxiques qui suppriment la rigidité cadavérique.
Cette hypothèse de Walther et Huppert a été acceptée par Wunderlich ', et la preuve a été fournie par Fick et Dybkowsky ' ainsi que par Schiffer^, ils démontrèrent directement que les muscles, dans la rigidité cadavérique comme dans leur contraction pendant la vie, ont des manifestations chimiques identiques, et que, dans les deux cas, ils produisent de la chaleur. Ackermann invoque également, pour expliquer cette élévation de température, ce fait qu'après la mort les actes chimiques peuvent durer encore un certain temps, tandis que la perte de chaleur est arrêtée par la cessation de la respiration et de la circulation du sang è la peau.
M. Bourneville a communiqué h la Société de biologie, en 1871 \ un fait bien curieux d'élévation de température post
' Walther* BuU, de VÀcud. det te. de jaknckr. d, Zurich, natwj. Ge$. , 1 867,
inl-Pêtfr$bourg y L XL, p. 17. Cen- el CeniralblaU, 1868, p. 197.
tratbhUtf. d. med, W, , 1 867, p. 391 . * Scliiffer, Cenlrnlhl, f, d. med, W. ,
^YltÈKAa^U^ttBtmerkungtnbnemem 1867, p. 8^. 4rck,f. Anat u. Phjf*.
Fmll vom êpimUmem THamtê, Arck, dfr 1868, p. hh^,
lhiik.,i. II, p. 5^7. ' Bourneville, Gar. dêt Mp., 187a,
^ Fick tind Dybkowoky, Viertel- p. Sa.
moriem. Un homme de quarnnte-cînq ans fut trouvé nu sur le parquet de sa chambre dont la fenêtre était ouverte. Célail pendant une des journées les plus froides du mois de janvier 1 87 1 . Au moment de son admission dans le service de M. Marrotte, à la Pitié ( 1 1 heures du soir), on constate un refroidissement général; le pouls est imperceptible. Le cœur ne fait entendre qu*un bruit sourd, irrégulier dans son rbythme. On compte Q& respirations par minute. La température rectale est h 97%& (i. (Toutes les précautions ont été prises pour éviter l'erreur.) On entoure le malade d'alèzes et de boules d'eau chaude, on lui fait boire du vin chaud. A une heure du matin, la température rectale était à â8'',9. Le malade succombe à 8 heures du matin. Cinq minutes après la mort, la température rectale était à 36\9.
L*autopsie ne révéla aucune lésion, et les renseignements permettent d'affirmer que le malade n'était pas alcoolique.
A. Valentin ^ a analysé et soumis à la critique les faits connus à ce sujet , et a institué une série d'expériences nouvelles. Les animaux employés furent des grenouilles, des porcs, des cochons d'Inde, des lapins, des pigeons « des chiens, des marmottes. On les tuait de différentes façons, et l'on explorait la température dans les viscères. Voici les conclusions de ce travail :
La production de chaleur après la mort est un fait général.
Cette chaleur est d'autant plus grande que la production en est supérieure à la dépense.
Avant tout, la production de chaleur après la cessation des battements du cœur provient de la persistance des actions vitales caloriformatives. L'élévation de celles-ci, particulièrement de celles qui se produisent sous une influence nerveuse, contribue à engendrer une plus forte production de chaleur après
- '* Acloir. Valentin, De Vél^vntûm de la tempèralHrt ajrrh la mort, DisseHJilion inaii^iirnle, Berne, 18C9.
TEMPÉRATURE POST MOBTEM 407
la mort. La rigidité cadavérique, bien qu'elle mette en liberté de la chaleur, n'influe que très-peu sur Télévation de la tem- |>érature post mortem.
Les décompositions qui se font après la mort ont une bien plus grande importance comme source de dégagement de chaleur.
La perte de chaleur est bien plus faible après la mort que pendant la vie. Il peut se rencontrer aussi une élévation de la température post mùrlem sans augmentation de la production de chaleur.
A. Valentin a observé sur les lapins, que, lorsque l'abaissement de la température après la mort survenait, on le voyait faire place è une élévation aussitôt que le milieu ambiant était chauffé, et que cette température de l'animal surpassait alors de beaucoup celle du milieu, fait qui ne peut s'expliquer que par la persistance de la production de chaleur.
Si l'explication unique n'est pas donnée, les auteurs sont d'accord pour admettre que c'est surtout dans les affections du système nerveux et dans les maladies infectieuses, que l'élévation de température post mortem atteint ses plus grandes proportions. Peut-être, d'ailleurs, ne doit-on pas invoquer une cause unique, le processus peut être différent. Nous avons signalé ailleurs \ après d'autres, après Doyère en particulier, que, dans le choléra, la température reclvle post mortem s*élève fréquemment. Ainsi, sur treize malades, huit ont eu une élévation de la température après la mort, elle a été, au maximum , de 3 degrés ; deux n'ont donné aucune variation , trois ont eu un abaissement immédiat delà température. Nous avons fait remarquer également que l'élévation de la température après la mort semble plus prononcée chez les cholériques qui succombent dans la période algide, que chez ceux qui succombent dans la période typhique.
^ ï*. Lorain, Le rKttléra a rhàpiîal Saiiêt-Atitoine, 1868, p. 11 7-1 s H.
/i08 CHAPITRE II. — LA CHALEUR ET LA FIÈVRE.