‹ De la température du corps humain et de ses variations dans les diverses maladiesChapitre 103 sur 122 · PROCÉDÉS D'EXPÉRIMENTATION · texte numérisé non relu

PROCÉDÉS D'EXPÉRIMENTATION

Procédé non indiqué.

Animai réceoiiDeiit mort; poilnue eu partie ouverte.

ADimal vivant et debout, drculation non iotarromput!.

Animal vivant Thermomètre introduit par le ventre.

Incisiun deR venlricules du cœur.

Animaux vivaulu, circuiatioD non interrompue ; thei^ momètre introduit par les vaiaieaux du cou.

/dem.

Idem.

IHem.

Idem

Idem.

Idtm.

Idtm.

Hum.

Uem.

Idtm.

Id»m.

Idtm.

Idtm.

Idem,

Idem.

ont servi à cent deux observations thermométriques (chevaux, taureaux, béliers, chiens). H y a eu vingt et une fois égalité de température entre les deux cœurs ou entre les deux sangs pris à l'entrée des ventricules; trente et une fois excès de température dans les cavités droites, et cinquante fois excès dans les cavités gauches ou aortiques. Les différences entre le sang artériel et le veineux dans le cœur ont oscillé de i à a dixièmes de degré, en moyenne; néanmoins elles se sont élevées jusqu'à 6 et 7 dixièmes.

«Ces différences de température semblent dépendre de diverses causes (état de la peau, action ou inaction des muscles, travail digestif, diète, etc.). Chez les animaux à peau peu couverte et à système abdominal peu développé, le sang veineux des parties superficielles plus refroidi et celui de la veine porte moins abondant impriment à la masse du sang un abaissement marqué. Cest aussi chez le chien que l'excès de température du sang artériel est le plus commun et le plus prononcé, car il s*y montre huit ou neuf fois sur dix et y atteint jusqu à 7 dixièmes de degré, v

et D'autre part, dans les circonstances si communes oii la totalité du système musculaire entre en action , la nnasse du sang noir ramené au cœur tend À prendre une température prédominante, ce qui est en rapport avec les résultats des expériences de M. Becquerel sur le développement de la chaleur dans les muscles en contraction.

«C'est très-probablement à cause de ces variations dans le degré de chaleur du sang charrié par les veines que la relation entre la température de ce sang et celle du sang artériel devient si changeante. Et elle devient telle afin que s'établissent les compensations nécessaires au maintien de la chaleur animale à un degré à peu près constant

«De ce fait remarquable entre tous, que, dans le cœur, la température du sang artériel l'emporte sur celle du sang veineux, il faut tirer la conclusion que le sang s'échauffe en

traversant ie tissu pulmonaire. En effet, si, après avoir cédé du calorique tant pour échauffer Pair des bronches que pour vaporiser ie produit de la transpiration , le sang est encore , malgré ces deux causes de refroidissement, plus chaud à sa sortie du poumon qu'il ne Tétait à son entrée dans cet organe, c'est que son conflit avec l'air a produit de la chaleur. Conséquem* ment l'hématose , telle qu'elle s'effeclue dans le poumon , doit être, ce me semble, considérée comme une source locale et immédiate de la chaleur animale. »

Tel était l'état de la question quand , en 1 869 , M. Lombard chercha à prouver que le sang ne se refroidit pas en traversant les poumons '• Pour le démontrer, M. Lombard fait respirer de l'air chaud et humide, prend, à l'aide d'un appareil thermoélectrique très-délicat, la température de la peau au-dessus de l'artère radiale, quand on respire de l'air froid, puis quand on respire de l'air chaud et humide, et, comme il n'observe pas de changement de température, il en conclut que le sang ne se réchauffe pas en traversant le poumon. — Conclusion bien indirecte et bien peu certaine.

En 1871, Heidenhain et korner ont repris la question. Sur quatre-vingt-quinze expériences ils ont toujours trouvé le cœur droit plus chaud que le cœur gauche, sauf un cas d'égalité. Les expériences ont été faites sur des chiens vivants, la circulation étant libre et la cavité thoracique intacte. Les animaux ont été opérés directement ou préalablement soumis à l'influence du curare. Les mesures de chaleur ont été prises tantôt avec le thermomètre, tantôt avec des appareils thermoélectriques. Les instruments, thermomètres ou aiguilles thermo-électriques étaient introduits dans le coeur par la veine jugulaire et par l'artère carotide.

Les résultats obtenus peuvent se résumer ainsi : Dans un cas la différence a atteint 6 dixièmes de degré; dans trois cas

' Lombiitl , Arck, de pkyêioL 1871.

elle a été de 5 diiièmes: dans cinq cas, de 3 à /i dixièmes; dans vingt-sept cas, de 22 à 3 dixièmes; dans trente-six, de \ à -j dixièmes; dans vingt et un, de 1 dixième et moins. Ln(» seule fois il y a eu égalité.

M. Cl. Bernard a tenu à vérifier ces diverses recherches* et il s'est mis à l'abri de toutes les causes d'erreur connues, il indique minutieusement les précautions à prendre pour expérimenter sur les animaux curarisés et à l'aide d'appareils thermo-électriques \ et il conclut de toutes ces épreuves variées et répétées, que, quand l'expérience est bien faite, que rien ne pèche dans le manuel opératoire, et que les animaux sont dans l'état normal, il y a toujours une inégalité dans la température du sang dans les ventricules du cœur, et que l'excès de température, qui est de quelques dixièmes ou centièmes de degré, est toujours à l'avantage du cœur droit.

D'après les recherches physiologiques récentes, la connexion entre la température du cœur et le rôle du poumon n'apparaît plus conmie immédiate et forcée. Non-seulement le poumon ne réchaufferait plus le sang comme l'avançait Lavoisier, mais il ne le rafraîchirait pas non plus comme le croyait Aristote.

Ileidenhain et kôrner ont vu en effet qu'en faisant varier Id température de l'air inspiré la différence de température entre le sang des deux cœurs ne varie pas. Ces auteurs attribuent l'élévation de la température du sang, dans le cœur droit, au contact de ce dernier avec le diaphragme, plus chaud au voisinage du foie que le reste de la poitrine. Cette explication semble inacceptable à M. Cl. Bernard, qui rappelle que, chez le chien, le cœur flotte dans le médiastin, qu'il n'est pas relié au dia|)hragme par un péricarde adhérent, et qui note en outre que Hering a trouvé la même différence dans les deux cavités du cœur d'un veau atteint d'ectopie. M. Cl. Bernard se-

* (A. Rertiaid, Lct^nnn »uv la rholeuv amwalfi, p. 5'i à 96.

rail pliu porté à croire que cette différence dans la température des deux sangs peut trouver son explication dans les phénomènes calorifiques qui accompagnent les échanges de gaz dans le poumon.

Le sang oxygéné qui se rend du poumon dans Taorte est donc un peu moins chaud que le sang qui, du ventricule droit, pénètre dans le poumon par Tartère pulmonaire. Il faut maintenant faire le parallèle entre la température du sang artériel et veineux dans les divers points du système circulatoire.

La température du sang artériel varie dans les différentes parties de son trajet. Becquerel et Breschet avaient trouvé le sang de la carotide plus chaud que celui de la crurale. G. Liebig a constaté que, dans les artères » le sang se refroidit un peu à mesure qu'il s'éloigne du cœur. A Taide des sondes thermo-électriques M. CI. Bernard est arrivé aux mêmes conclusions.

La température du sang veineux est soumise è des influences plus variables. Dans les veines superficielles la température s'abaisse. Becquerel et Breschet ont trouvé i degré de différence entre l'artère carotide et la veine jugulaire, et cette différence s'exagère par un froid vif ou s'atténue quand la chaleur extérieure augmente. A la périphérie du corps et aux extrémités , le sang veineux est constamment plus froid que le sang artéKel.

Mais, en pénétrant dans les cavités splanchniques , la proposition est renversée, ainsi que l'ont démontré MM. CI. Bernard et 6. Liebig. En faisant remonter deux sondes thermoélectriques Tune par la veine cave inférieure, l'autre par Taorte, on voit que la différence entre le sang artériel et veineux s'atténue et qu'au niveau des veines rénales les deux températures sont égales. « C'est là , dit M. CL Bernard , ce que l'on pourrait appeler le point nul de la température animale, n

En renioniani encore, on trouve que ia température veineuse l'emporte sur celle de l'aorte. Au niveau ou les veines hépatiques débouchent dans la veine cave inférieure, le sang veineux a un excès de o%iâ (i degré dans une ancienne eipérience). Au moment où la veine cave inférieure entre dans Toreiliette droite, l'excès est de o%9.

Si l'on pousse davantage b sonde, et que de la veine cave inférieure on la fasse passer dans la veine cave supérieure (opération facile chez le chien), les phénomènes se renversent : la veine derient plus froide que l'artère.

L'oreillette droite reçoit donc du sang plus froid provenant de la partie supérieure, et du sang plus chaud provenant de la partie inférieure du tronc. Le sang veineui s'échauiTe dans les intestins, au lieu de se refroidir comme dans les membres. Le foie, en particulier, apporte un contingent de chaleur considérable en raison de son volume et de sa situation, qui le protègent contre la déperdition de tout calorique.

Les opinions de M. Cl. Bernard semblent aujourd'hui presque universellement acceptées. Voyons quelles sont les conséquences que la pathologie peut en tirer. J. Rosenthal a cherché è en déduire la théorie du refroidissement ou de ce que l'on appelle dans le peuple h chaud-froid. Voici l'enchatnement de ses raisonnements ^ :

n Si Ton fait abstraction des différences très-faifiles de température qu'on trouve h l'intérieur du corps (par exemple entre le sang des veines hépatiques et celui de la veine porte, entre celui du ventricule droit et du ventricule gauche du cœur), on peut admettre dans l'animal h sang chaud trois zoaes où existent des températures différentes. La zone la plus basse est k la surface du corps oii les refroidissements les plus forts

^ J. Roseothal, ÉtwUi tur la rSgf^ Analyse dans le CmirûlbUu, p. 860, lation de la chdew ehn Uê ammaux à 1879. êong eA«iM<, ra-8% Eriangen, 187s.

ont lieu ; la plus haute , surtout chez les grands animaux , règne dans un noyau central assez fort» et la zone intermédiaire est située entre la surface et ce centre. L'épaisseur de cette zone, qui est sous la dépendance du refroidissement par le milieu ambiant et de Tétat de la circulation à la peau (dilatation ou constriction des vaisseaux), peut augmenter ou diminuer, va* rier en un mot, tandis que la température du noyau central reste la même. Un thermomètre placé dans cette région intermédiaire peut accuser des oscillations assez importantes sans que , pour cela , la température générale de Tanimal ait changé sensiblement. Donc les mesures prises dans la zone intermédiaire (et l'aisselle en fait partie) sont suspectes d'inBdélité. Pour être sûr du résultat, il faut aller chercher la températare dans le noyau central et attendre qu'elle soit donstante sur la graduation thermométrique. Seul le rectum convient k cette exploration. 9

Les expériences de l'auteur portent exclusivement sur l'état de l'animal mis dans un milieu surchauffé (on place un lapin dans une botte en tôle à doubles parois dont l'intervalle est rempli d'eau chaude). Chez les animaux liés , la régulation de la chaleur est fort entravée, parce qu'ils ne sont plus à même de changer l'état de leur surface (les animaux en liberté se rassemblent et se pressent les uns contre les autres dans le froid» et s'espacent dans la chaleur). Des lapins à l'état de liberté conservent leur température normale dans un air variant de -h i i"* à + 3a^ C. Quand l'air a de 3a'' à 36^ G., ils s'échauffent et remontent à â i"" et As'' C. ; à ce degré il s'établit chez eux un nouvel équilibre, et ils n'éprouvent aucun dommage. Dans l'air de 36 à âo degrés, leur température monte rapidement à /lA et AS degrés; tous les vaisseaux extérieurs se dilatent ainsi que les pupilles, les muscles se paralysent, et, si l'on continue l'expérience, la mort arrive. Si l'on enlève promptement l'animal de ce milieu chaud pour le replacer dans l'atmosphère de la chambre, il se refroidit et

recouvre son activité musculaire; mais sa température s'abaisse jusqu'à 3o degrés et peut demeurer ainsi un jour entier, ce qui tient sans doute è la paralysie des vaisseaux de la peau, (il y coule plus de sang, d'où refroidissement). Peu à peu les vaisseaux reprennent leur contractilité , et l'état normal repratt. Tel est le mécanisme probable de ce que l'on appelle le rejroidmement (<irotr tin re/rmâiêtement est une expression fort usitée en médecine). Or ces rêfroidiêiementi ont lieu , comme on sait, le plus souvent quand on passe subitement d'un air très-chaud k l'air froid, par exemple à la sortie d'un bal. La grande quantité de sang qui coule dans les vaisseaux dilatés de la peau est soudainement refroidie et elle va se distribuer en cet état aux organes profonds; ceux-ci sont» à leur tour, rapidement refroidis, et, par suite» peuvent devenir malades. Souvent cette maladie porte justement sur les parties de la peau directement soumises au refroidissement. On peut déduire de ces observations l'utilité des ablutions froides habituelles pour résister aux refroidissements. Grâce à ce traitement hygiénique, le ton des vaisseaux de la peau est augmenté, de sorte qu'ils ne sont point facilement engourdis par les hautes températures. C'est une protection donnée au corps et è ses organes contre les variations brusques de la iempérature.

L'état apparent de l'animal ne change pas sensiblement quand l'air de l'étuve est saturé de vapeur d'eau. Il est probable que, chez les animaux pourvus de poils, Tévapora* tion cutanée ne joue qu'un r61e insignifiant par rapport k la régulation de la chaleur, contrairement à ce qui a lieu chez l'homme où la peau est glabre et ridie en glandes sudoripares.

La température d'un organe dépend donc d'une série de circonstances bien connues actuellement, et nous pouvons dire avec M. Cl. Bernard, k qui nous devons les faits les mieux déterminés :

(T Les anciens ^ cherchaient h localiser le point le plus chaud de Féconomie, ils l'appelaient ySiy^r et le considéraient comme le centre de la caiorification. Aujourd'hui nous considérons la calorification comme une propriété universelle : elle appartient^ à des degrés divers Û est vrai, h tous les éléments, à tous les tissus, et il faut la rechercher dans tous.

« La chaleur qui se produit en tous lieux dans le corps vivant, se perd aussi en tous lieux. Elle se dissipe, comme dans les corps inertes, de la surface h la profondeur, par les mêmes causes, par le rayonnement, par la conductibilité, par Tévaporation. Or la température d*un organe dépend non-seulement de la chaleur qui s'y crée , mais aussi de la chaleur qui s'y perd. Ces acquisitions et ces pertes sont dans une relation intime avec Tétat de la circulation. On le démontre par lexpérience suivante : si l'on place dans une étuve sèche à 60 ou 80 degrés deux lapins, l'un vivant, l'autre mort mais encore chaud, on voit que l'animal vivant s'échauffe beaucoup plus rapidement que l'animal mort. Cela tient à la circulation, qui, chez le lapin vivant, amène sans cesse è la périphérie un liquide sanguin qui vient s'y échauffer et qui remporte dans la profondeur la chaleur empruntée au milieu. Ghes l'animal sacriâé, i'échauffement ne se fait que comme dans un corps inerte, couche par couche, il est donc plus lent.

ftLes mêmes circonstances président pendant la vie au refroidissement. Le sang vient sans cesse sei refroidir à la périphérie, et la température générale est influencée par les refroidissements locaux. Nous verrons plus tard quelle part il faut .faire au système nerveux qui règle ces refroidissements périphériques. Mais disons de suite qu'après la section du filet cervical du grand sympathique, l'oreille du c6té où le nerf a été sectionné ayant 3 a degrés, celle du c6té sain aS de-

* CI. Bernard, Lêçom tur la dudêw ttnimaU, p. i sS.

grés, si Ton expose ranimai à une température externe de zéro, on trouve, au bout d*un certain temps, que Poreille du cAté sain n'a plus que i a degrés , celle du côté où le sympathique a été coupé marque encore 3o degrés.

fc II en est ainsi parce que , du côté sain , le nerf sympathique a fait resserrer les vaisseaux et que du sang chaud n'y a plus circulé , tandis que, dans Toreille dont le nerf a été sectionné, la circulation est restée inerte et que Toreille a été constamment baignée par du sang chaud.

<« En somme le refroidissement ou le réchauffement d'une partie obéit à deux influences. Il y a d'abord un phénomèno physique , puis un phénomène physiologique : le système nerveux règle la circulation. »

Nous reviendrons plus loin sur le mode de la régulation, nous y retrouverons les recherches de M. Cl. Bernard.

Telles sont les conclusions auxquelles on est arrivé sur la répartition de la chaleur chez l'animfd sain. L'accomplissement de certains actes physiologiques, les maladies, troublent-ils cette répartition ? Des lieux ordinairement plus chauds deviennent-ils relativement plus froids? (le sont Ià des questions que l'étude de la pathologie élucidera plus loin, mais sur lesquelles nous devons dès maintenant dire quelques mots.

Braume ^ a fait des observations sur la température de l'intestin pendant la digestion. Sur une femme qui avait un anus artificiel (intestin grélë), il observa trois fois l'influence des repas sur la température intestinale. Cinq minutes après Tingestion des aliments, la température s'élevait et continuait à monter quelque temps. La plus grande élévation observée a été de k dixièmes et la plus faible de i dixième de degré. La température de l'aisselle, quoiqu'un peu inférieure à celle de l'intestin, s'élevait légèrement.

Les deux côtés du corps ne semblent pas toujours avoir la

' Braume, Virrhott^n Archiv,, XIX, p. 670, ^191 ; 1860.

RÉT»ARTÎTI0N DE LA CHALEUR. 425

même température. Dans le mémoire de Du Pui : De homine Jexiro $t siniêtro \ on trouve un court chapitre Sur le chaud et le froid d^un seul côté [calor frigusque alterutriuê loterie), Pe* chlin avait déjà dit(lib. 1) : Vidimuê profecto, ubi unius loterie extremum eratfr'iguê, alterum coluis$e. Le même auteur a vu une femme qui, au moment où survenaient ses accès d*épilepsie, était, d'un cAté du corps, de la tête au pied, froide et insensible, l'œil de ce côté ne voyait point, tandis que rien d'anomal ne se constatait de Tautre côté.

J. F. Glossius ^ a observé des cas d'augmentation de chaleur avec sueur d'un seul côté du corps : il a vu à Tubingen un enfant qui, lorsqu'il s'échauffait, devenait rouge et chaud du seul côté droit de tout le corps, jusqu'à la sueur, tandis que son côté gauche ne présentait aucun changement de couleur, ni de chaleur, ni d'humidité. — Schenk ^ dit : « Dans un cou* vent de la Forêt-Noire une nonne me demanda conseil pour le cas suivant : chaque fois qu'elle entrait au bain ou qu'elle se livrait à quelque exercice, elle devenait rouge de la tête au pied, seulement du côté droit: rien de semblable n'avait lieu à gauche. Cette révélation me remplit d'étonnement , et je demeurai convaincu que la maladie venait du foie. J'ordonnai une saignée et de la rhubarbe, le camphre, etc. y

Du Pui consacre un chapitre ^ à la coloration unilatérale des joues dans les .affections de poitrine, fait qui a été fort développé depuis par Pourfour Dupelit, MM. Gubler, C. Bernard {^Action des nerfs vas(nnoteurs). Il cite de même de nombreux exemples de sueur unilatérale.

Blake ^ rapporte des faits analogues : de dix-huit observations prises, soit sur lui-même, soit sur différentes personnes,

* Leyde, 1780, ia-8*. ^ * Edward Blake, Det diffêrmcêt de ' Sp(Êe,oita,miêe9lLnovœvarioUtnied, la température du côté droit et du e^té

MMfA. adjeeUkm, Obs. kxiii, p. 109. gauche (Med, Timee and Gaz,, 8 ocL

^ Ohê. rar, de eute, lib. V, ob«. v. 1870).

* Ub. I,p. 3.

h'2fi CHAPITRE H. - LA CHALEUR ET LA FIÈVRE.

l'auteur conclut qup la température est plus élevée dans Taissollo gauche que dans la droite, dans certains cas. Par exemple, si les deux aisselles ont la môme température et qu'on se livre à un effort musculaire, il se produit une élévation de la température dans l'aisselle gauche. Dans un cas, cette différence est de o°,Q78 (1., dans l'autre de o",556 C. Les expériences furent faites avec des thermomètres enregistreurs. Geisler, l'auteur de l'analyse de ce travail dans le Schmidù Jahrh. de iSyi, critique la méthode, met en doute l'exactitude des indications de ces thermomètres, et fait ses réserves quant au résultat cité.

Variations de la température dans les différents points accèssibles à la thermométrie, — Nous avons déjà donné quelquesuns des résultats obtenus par la comparaison de la température prise en différents points (voyez les recherches de Roger). M. Gavarret ^ a donné également un tableau que l'on peut consulter :

Sous la plante du pied 39%Qa C.

Entre la mallëole interne et l'inserlion du tendon d* Achille,

sur l'artère 33 ,89

Sur le milieu du tibia 33 ,06

Sur le milieu du mollet 33 ,89

Sur l'artère poplitëe au pli du genou 35 ,00

Sur la fémorale au milieu de la cuisse 36 ,^6

Sur le milieu du muscle droit 39 ,78

Sur les gros vaisseaux de la hanche 35 ,84

Un quart de pouce au-dessous du nombril 35 ,00

Sur la 6* côte gauche, sur le cœur 36 ,4A

Sur la 6* côte droite 33 ,89

Sous l'aisselle, où l'on applique la surface entière du r^-

servoir du thermomètre 36 .67

Excepté pour l'aisselle, ces températures sont si variables,

' Onvarrel , (jhaleur animait', p. 1 o'i.

qoand on les recherche dans les différents points indiqués par M. Gavarret, que véritablement on n en saurait déduire quelque conclusion.

Dans des recherches publiées en i865 et inspirées par la même préoccupation , Errico de Renzi ' est arrivé è cette conrlusion que la température est d'autant plus basse que Ton s'éloigne davantage du tronc , excepté pour la paume de la main et la plante du pied» dont la température est plus élevée que celle du reste du membre. Il ajoute que les extrémités supérieures sont plus chaudes que les inférieures, etc.

\ous ne ferons qu'indiquer ces résultats pris parmi ceux auxquels il est arrivé, les autres sont manifestement erronés.

Le docteur Alvarenga a fait récemment de nouveaux efforts pour résoudre la question des températures relatives des différents points du corps accessibles à la thermométrie*. «Nous noterons, dit-il, dans le tableau suivant, le résumé de nos investigations sur la température locale. Gomme certains observateurs recommandent de couvrir avec du coton la surface libre du réservoir des thermomètres, nous avons appliqué ce procédé dans environ la moitié de nos constatations thermiques, et, pour l'autre moitié, nous avons laissé le réservoir À découvert. Dans le même tableau se trouvent séparés les résultats obtenus par les deux procédés, afin que l'on puisse apprécier leur influence sur les constatations de la température.

fc Les lignes supérieures des chiffres relatifs à chaque partie du corps soumise h l'exploration , représentent les températures constatées au moyen du thermomètre dont le réservoir était extérieurement couvert avec du coton, n

* Docteur Errico de Renn ( Gn, * Alvarenga , Pt^ê d§ tktrwmmétn»

fliW.,s*iérie,I.XII,p.a7,i865)\5iir ehmquê gétOnUe. Trad. par Lucien Pa-

la ektJêtnr ammah m diféremU poinU du pillaad, 1871, p. 45.

,emfÊ «I à éifimU mommÎB

Page 1