‹ De la température du corps humain et de ses variations dans les diverses maladiesChapitre 107 sur 122 · A VUI0 0 . W · texte numérisé non relu

A VUI0 0 . W

Sortie du baÎD.Cëpha- ' lalgie. Court étourdi saemen t. Forl«s pulsatiooB dam la tête.

Pouls è lai.

La douleur de tète di-

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minoe. 1 Pools & 101. j

jaSa"'3//i.

PouUii 90.

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Légère iuiprestion de j froid très- courte.

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a' petit frisson, 1 5 secondes. 3* petit frissou. Cbair de poule. •

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Le bas du corps *^ lé^remeut babiit«.

Pouls i 7a.

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Pouls è 76. Doulrur»

de tèif presque dis- !

parues.

Pouls i 76.

CALORIMKTRIE. 465

11 n'est pas, dans cette observation , diHicile de calculer minute par minute la quantité de chaleur employée pour échauffer le corps et en même temps la quantité de chaleur produite.

A 1 1 heures àti minutes 1/9, la température de l'aisselle était de 37',55, et à 13 heures 6 minutes i/s, de 38%â5. Ainsi la température de l'aisselle a monté, en 39 minutes, de o^7, et, en supposant que tous les points du corps aient ac^ quis la même température, le calcul donne, pour ces a 9 minutes, la quantité suivante pour la totalité de la chaleur produite :

La production est alors, par minute, de i,5 calorie. Le chiffre de Liebermeister est, pour une série semblable, de i,& à 1,5 calorie.

Nous laissons de côté les autres expériences de cette série pour arriver au résultat.

La production est ici plus grande que dans les bains à 36 degrés , toutes choses étant égales d'ailleurs (température ^

de la chambre, perte par la respiration, etc.). L'auteur pense que les chiffres pour la production apparente de chaleur sont trop élevés. On sait que la température d'un grand nombre de parties internes (rectum, foie, veine cave infé* rieure, cœur droit), h l'état normal, est plus élevée que celle de l'aisselle. Si donc le corps est immergé dans un bain dont la température est la même que celle de l'aisselle, et si, après un certain temps , la surface du corps tout entière est en équilibre parfait de température avec l'eau, il est alors très-probable que l'élévation de température amenée dans l'aisselle par la chaleur nouvellement produite est plus grande que celle que présentent, dans ces conditions, les parties profondes. La température de l'aisselle close ne peut demeurer inférieure à celle des parties profondes qu'autant que persiste l'équilibre normal entre la production et la perte de la chaleur. \faLs, si

la perle de chaleur vient à être à peu près complélement supprimée, à côté de Télévation de température que laisseile comme les parties profondes a acquise parla production, il devra se faire encore une égalisation entre la température des parties profondes et celle de l'aisselle, et, par conséquente I élévation de la température de Faisselle devra, dans ce même temps, être plus grande que celle des parties profondes, il s'ensuit nécessairement que le chiffre de la production établi d'après l'élévation de température de l'aisselle est trop élevé. fT Liebermeistcr a supposé que, lorsque les quantités de chaleur employées è échauffer le corps sont égales entre elles dans l'unité de temps, ou, ce qui revient au même, lorsque les élévations de température de l'aisselle sont devenues semblables dans l'unité de temps, on peut admettre que tous les points du corps ont dû subir la même élévation de température que l'aisselle.

"On peut se demander pourtant, étant donné le fait que l'aisselle a monté de quantités égales dans le même temps, s'il en résulte nécessairement que les autres parties du corps aient dû subir une élévation de température identique. Ou, en d'autres termes, esl-il possible que la température de l'aisselle monte d*une certaine quantité, si la température des parties profondes ne monte pas également de la même quantité dans le même temps? Cela me parait probable d'après mes expériences.

(«l)u reste, théoriquement, rélévation de température de l'aisselle, si pareille élévation de la température des parties profondes n'y avait point correspondu , aurait dû , à des intervalles de plus en plus retardés , devenir plus faible, dans la proportion où décroissait la différence entre la température des parties profondes et celle de l'aisselle. Mais, chaque fois que la température des parties profondes s'élève, la chaleur qui, dans le cas d'élévation de la température de l'aisselle, indique Tégalisation de température entre l'aisselle et les parties profondes,

CALORÎMKTRIE. 467

est une quantité très-petite répartie sur la totalité du hain. Acceptons, par exemple, que, dans ces recherches, de toute Tëiévation de température que Taisselie (dans les temps indiqués dans les tableaux), a acquise, il y ait seulement environ 0*. 1 employé à l'égalisation entre les parties profondes et Taisselle, et que le reste de l'élévation de température de faisselle représente en fait l'élévation de température qu'a acquise tout le corps, alors les conditions de production ne vont guère plus haut (o,i calorie) que dans les bains è 30 degrés.

«Après ces explications, je pense qu'il faut dire que, malgré l'uniformité dans l'élévation de température de Faisselle, la production de chaleur doit être évaluée trop haut dans les bains pris d'après cette seconde méthode, n

CONCLUSIONS FIIVALBS.

Tableau de la production de chaleur par minute dam ces diverses expériences.

NOMBBB DB CALOUIBS Température p., „l„„t^

d« beios ^^ ^m\

— i" groupe. •* groupe. 3* groupe.

1 • série > ^'"* * *^'*7 • ' ^"'^^^

IBainsàSo* a%6 a'.i »

•j* série. Bains à 3ti* 9,0 1 ,7 •

3* série. Baios à 36" 1 ,7 1,6 #

à* série. Bains k 36" 1 ,i5 1 ,o3 1 ,1 15

5* s^e. Bains dont la température est

maintenue ^ale à celle ne l'aisselle . 1 ,5 1,97 1,619

Ce qui apparaît d'abord dans ce tableau, c'est que, dans les bains les plus chauds (dernière série), la production a été plus grande que dans les bains chauffés seulement à 3(i degrés. Cela sera expliqué plus loin.

Ensuite on doit admettre que la perte de chaleur qui a eu lieu, dans tous ces bains, par les poumons et la surface du visage, a été plus grande dans les bains plus froids, plus petite

hùS CHAPITRE II. — LA CHALEUR ET LA FIEVRE.

dans tes hains plus chauds, ainsi que le montre Tégalisaiion de température de la chambre de bain dans les différentes sénés d'observations. Pour trouver la production tout entière, il y avait à ajouter au chiffre trouvé pour les bains plus froids plus qu*à celui qui est donné paries bains plus chauds.

Ce tableau prouve avec évidence que, dans Corganimne humain, la régulation de la production de chaleur a lieu en raifon de la perte de chaleur : A une plus grande perte de chaleur correspond une plus grande production, à une moindre perte une moindre production. Kernig confirme complètement ce qu'a établi Liebermeister. 11 a trouvé la perte s'élevant jusqu'à 3,68 1 calories par minute dans le bain à a5°,7, et Liebermeister a donné an chiffre beaucoup plus élevé encore.

On voit quelle décroissance régulière a lieu dans la production de la chaleur h mesure que les bains sont plus chauds. Dans le premier comme dans le deuxième groupe des bains è 3a degrés, la production est de o,â calorie par minute plus faible que dans les bains à 3o degrés; et de même, dans les bains à 3/i degrés, la production est plus faible de o,3 calorie que dans les bains à Sa degrés; quant à celle des bains à 36 degrés, elle est, dans le premier groupe, plus faible de 0,55 calorie et, dans le second, de o,/i calorie que dans les bains à 3& degrés.

Ce tableau montre ensuite que, dans le deuxième groupe d'expériences, tous les chiffres sont plus faibles que dans le premier et le troisième; en effet, pour les bains à 3o% 39% 3â% le chiffre du deuxième groupe est constamment de o,3 calorie inférieur h celui du premier groupe ; dans les bains à 36 degrés la différence est seulement de o,f calorie entre le deuxième groupe et les deux autres. Dans les bains de la dernière série cette différence se fait également sentir. Les observations du second groupe ont été faites entre le i 5 janvier et le 7 février. Or, pendant ce temps, la production de chaleur de l'expérimentateur a été constamment inférieure à ce

qu'elle a éié dans les observations des deux autres groupes; Fauteur attribue cette différence à ce que, pendant cette période, il ressentait des troubles digestifs et intestinaux qui furent suivis d'un certain amaigrissement.

L'auteur, se servant des tables de Helmhoitz pour la respiration (vapeur d'eau), évalue la perte de chaleur opérée par la respiration dans les bains de la dernière série, à 0,01 ai calorie X 90 = o,Q&9 calorie par minute.

Les expériences de Kernig montrent de nouveau que, danê le corps de l'homme, il se produit rapidement une relation de la production de chaleur d'après la perte de chaleur : et que la limite inférieure de cMe^ se trouve dans les bains à 36 degrés. La perte de chaleur aussi bien que la production dans ces bains à 36 degrés sont évidemment au-dessous du chiffre de la perte et de la production normales dans les conditions habituelles : il est donc vraisemblable que, si l'on restreint la perte de chaleur, la production se restreint aussi.

On doit conclure de ces recherches, comme de celles de Lieberroeister, que, chez les fiévreux aussi, l'application du froid doit augmenter la production de chaleur et par là même la combustion intérieure. Il ne faut point appliquer ce principe à tous les cas a priori. Chez les fiévreux il se produit un trouble dans l'appareil régulateur qui fonctionne si bien h l'état de santé pour la production et la perte de chaleur. Mais, si les températures de l'aisselle, telles qu'on les a trouvées jusqu'ici chez les fiévreux après les bains froids, indiquent un abaissement de la température des parties profondes, l'abaissement de la température de l'aisselle, d'après les expériences d^ Kernig, ne doit être accepté qu'à correction. Après un bain froid pendant lequel l'aisselle n'a point été tenue fermée, de sorte que Teau y a eu librement accès, l'on peut, si Ton prend certaines précautions et notamment celle d'attendre quelque temps jusqu'à ce que la température de l'aisselle ait pu se relever, admettre qu'elle exprime è peu près celle

'»7o i..iiAi>iTi;r: ii. - i.\ ciulki h et la fikuu:.

(Ir riiitérieiir du corps. Toujours est-il (|u'on peut se cleniajitlcr si le corps, h IV'lal fiévTeuw peut, comme le corps sain, relever la produclioii de sa chaleur eu raison de I augmenlalion de la p(Mle ipTou lui lait subir.

lu un^di'ciii de la même rcole a répét/» et v<Vilié les exp/»rienccs de Licbermeister el de kerni{{ : seulement, au lieu (rojïner sur Ihounue sain. Ilatt^ich ' a expérimenté sur îles lié V ceux.

(iel auleuî procède de Naunyn: il entreprend des recher (lies sur la perle de chaleur dans Télat fcbrile et auv dillércntes ])hases de la lièvre, n\ parlant de cette opinicm de St»uator, que la lièvre dépend de deux facteurs : une aujjnienlalmn persistante de la production de chaleur, et une internip (ion inlermiltenle de rémission de la chaleur au dehors. La méthode employée est celle de Liebermeister. Un malade à .*{(|'..*» (i. étant donné, on lui prépare un bain de 8 degrés plus froid que sou propre corps, on note le refroidissement du bain pendant dix minutes avant (Tj placer le malade, pendant les dix minutes de I inuner., gn, et pendant les dix minutes qui suiveni celle-ci. el enfin la température du malade avant, pendant et après. \ oiri le tableau de ce cas :

TKMPKIMTI n.F

Momt-nh Ai' i)l)<!r'n;ilioim ^^^ ^ ^

(lu mnlRtlf. rlu hoin.

I ! heures du iniilin '^".'^ 3i\/i8 f l>iflr.irwnc.\

. i'' lo'" Ai M i o-,i'i

I i' ifl". ( I.H riiiiltiile s»' mol an hain.) ... 3i ,3 a f l»itT.irpnct.

I i' 'j.n". ( Il suri (In hîiii» ) 3i ,aG \ lAoO

1 l'' oo'" . .Hi ,:Mi 1 Différt^DC»

it»»' i:^"' 39,3

3 heures 3^ .5

f) heures '10 ,'i i-

' llaliwich. (jftiHPH dp rt'lpvatian (h- la tempeifiturf ((ans ia fièvre. Thëi^e nhni^ [;iiralt', Herliii . i 8('m).

CALOniMÉTKIE. 471

Ainsi ie malade avait été baigné au moment où sa température commençait à monter. Avant son immersion , ie refroidissement de Teau du bain élait, en dix minutes, do o\ f ^i, et, après rimmersion, il -était de o%!3; moyenne, o'\i7. On peut admettre que ie refroidissement de l'eau eût marqué ce chiffre pendant les dix minutes que ie malade s*est baigné : or il n a été en réalité que de o",o6. Donc le malade a émis dans le l^in assez de chaleur pour diminuer de o^ i i le refroidissement de l'eau, ou bien, ce qui revient au même, pour échauffer de o", 1 1 C. la masse de l'eau qui était de 3oo litres. Co qui donne : o, i i x3oo==^ 33 calories {Jcilocalories) ^ si l'on entend par kilocalone la quantité de chaleur nécessaire pour élever de i"(^. la température de i litre ou t kilogramme d'eau.

L'auteur a poursuivi ce genre d'expériences sur douze mabdes atteints de fièvre récurrente et quatre atteints de fièvre intermittente. Il a conclu avec Leyden] qu'à tous les moments de la fièvre la perte de chaleur est augmentée par rapport à l'état normal ; qu'il n'y a point lieu d'admettre que la cause de l'élévation de la température dans les états fébriles soit une diminution de la perte de chaleur. Il admet pourtant qu'il y a augmentation de la perte dans le stade de sueur, et que le contraire a lieu dans le stade de frisson. Du reste, la perte de chaleur n'est pas la même dans les différents stades fébriles: ie chiffre moyen pour Tacmé fébrile est 56,4 calories; pour le stade de déclin, Sy^ô; pour celui d'augment 36,95. Lies malades à fièvre intermittente font seuls exception , en ce sens que c'est dans la période d'augment qu'ils perdent le plus de chaleur.

Telles sont les conclusions auxquelles sont arrivés Liebermeister et les élèves qui ont suivi ses inspirations. Il est juste de reconnaître ie mérite de travaux minutieux, laborieusenients faits et nés du désir d'élucider un des points les plus

/i72 CHAPITRE il. - LA CHALKUR ET LA FIÈVRE.

obscurs (le la |)a(liogénie des lièvres. Mais il serait léiiH'»raire (Tacceiiler pour acquis des faits qui résultent d'expériences où les causes d'erreur sont aussi variées.

Un auteur allemand s'est chargé de faire celte critique, et un grand nombre de ses observations méritent d'être prises on sérieuse considéralion. Voici le résumé du travail de Winlernitz ^ :

L'auteur a eu pour objet l'examen de ce principe de Liebermeister : Quand un corps se mainiieni à la mèine température pendant le temps où il est soumis à des causes de déperdition de chaleur, il faut que, pendant ce temps, il ait acquis autant de chaleur qu il en a perdu. Donc, étant connue la quantité de cludeur perdue, nous connaissons aussi la quantité gagnée.

L'auteur montre d'abord que les résultats des bains d'après la méthode de Liebermeister sont assez différents, suivant (|u'on (ieni compte de la température de l'aisselle ou de celle (lu rectum, soit pendant, soit après les bains.

Il prouve , par des expériences, qu'il n'est pas possible d'évaluer exactement avec un thermomètre la température d'une grande niasse d'eau qui s'échauffe lentement, attendu que celle-ci offre, sur divers poinis, des différences qui ne s'égalisent [)as complètement, même si l'on remue avec soin le li— (|uide, ou qui se reproduisent très-rapidement, surtout quand il y a dans l'eau un corps qui dégage de la chaleur.

Le deuxième facteur, la température de l'aisselle, admis par Liebermeister pour l'évaluation de la production de la chaleur dans l'organisme, ne convient pas pour cet usage, parce que Ton n'y trouve pas la mesure réelle de la chaleur générale. Les refroidissements périphériques peuvent amener une élévation purement locale de la température de l'une des aisselles ou de tontes deux. On reconnaît combien les données de la mesure

' \\ inU'i nilz , Ktudvtt aur rncliou tics lion dv chaleur ( Wiener tneti. Worlinisclt .

snus'irnrtiiiiis de (hnhmr sur lu jti'odKC- i-Syi ].

GALORIMÉTRIE. 473

thermomëtrique de l'aisseile sont incertaines en pareil cas, par l'expérience suivante : qaand on applique le froid au niveau de la région dorsale (thoracique), on peut voir la température baisser dans le rectum plus vite que dans l'aisselle, et même l'abaissement dans celle-^i peut être précédé d'une légère élévation, tandis que, dans le rectum, la température commence à baisser dès l'application du froid. Autre argument : les températures des deux aisselles ne sont même pas semblables dans les circonstances ordinaires; cette différence peut aller jusqu'à o%i et o%â G. Que l'on place maintenant un des bras jusqu'au coude dans une eau à la température de i o* à 1 9%6 , on voit survenir de grandes différences dans la température desdeui aisselles : il se peut faire que, dans Tune, la température monte plus vite et plus haut que dans l'autre, ou qu'elle y descende tandis qu'elle monte encore dans l'autre; ou bien il peut arriver que la température de l'aisselle du côté du bras placé dans l'eau baisse considérablement après une courte et légère élévation, tandis que, de l'autre côté, on observera une ascension continue. La même chose a lieu si c'est dans l'eau tiède (à 3i%5) que l'on trempe le bras. Dans ce cas, Winternitz a observé que l'aisselle du côté immergé conservait sa température, tandi» que, dans l'autre aisselle, la température s'élevait continuellement. On ne peut donc pas se fier complètement k la mesure de la température de l'aisselle, du moins dans ces expériences.

L'auteur a étudié aussi, après Gildemeister (élève de Liebermeister, 1869), l'augmentation de Texcrétion d'acide carbonique dans les bains frais. Or il a trouvé aussi que cette augmentation va toujours en croissant. Dans un bain à 1 8", & G. , un homme de quarante-sept ans a rendu , dans les premières dix minutes, 8,3 grammes d'acide carbonique, dans les dix minutes suivantes 1 9,8 grammes, dans les dix dernières minutes 1 8 grammes. Il y avait lieu de penser qu'une partie de l'acide carbonique produit pendant le bain serait éliminée après la

hl^ CHAPITRE II. — LA CHALEUR ET LA FIÈVRE.

sortie Hu bain, el en effet on reconnut que cette augmentation (le l'excrétion (facide carbonique persistait encore pendant quinze à vingt minutes après le bain.

Virchow, toutefois, appuie l'opinion de Lieberineister, et rappelle que lui-même a reconnu anciennement que les bains étaient suivis d'un refroidissement du corps. Virchow ajoute qu'après le bain, alors que la circulation se r<^tablit à la périphérie, l'occasion est plus propice pour le refroidissement des parties profondes du corps que pendant le bain même.

(iette longue discussion méritait d'être soumise au lecteur français, alors que la question du traitement des fiévreux par les bains chauds ou froids tend h reprendre , dans la thérapeutique des pyrexieset des phlegmasies. une place qu'il est juste de lui accorder. Mais on ne se mettra à l'abri des réactions qu'en étudiant tous les termes du problème et en ne cédant pas à un engouement compromettant pour la méthode.

Ré(itL4TI0!M DE LA CU^LEUR.

Nous avons rapidement indiqué dans les chapitres précédents quelles étaient les sources de la chaleur animale, et nous avons montré par de nombreux exemples que, bien que l'âge, l'alimentation, l'activité musculaire, Tair extérieur, aient une certaine influence sur la température du corps, on pouvait cependant dire que le corps humain a une température constante. Nous avons expliqué ce dernier mot, noté les limites des oscillations journalières et la répartition de la chaleur dans les divers départements de l'économie.

Or nous savons que cette constance de la température est imposée à l'homme sous peine de moi*t; les limites de réchauffement et du refroidissement sont étroites^ aussi ferions-nous

RKGULATiO.N DE LA CHALKUR. àlb

volontiers uàire la pensée tlëveluppée par Liebermeister , et que nous formulerions ainsi : cela vir* est la faculté de conserver et de régler sa chaleur, n

Il reste à déterminer les procédés à l'aide desquels l'économie parvient à régler sa rhaleur. (l'est une recherche dont nous avons trouvé quelques éléments dans les anciens auteurs , depuis (ialien jusqu'à Sanclorius. Nous reproduisons ici un passage bien intéressant de Barthez^ H suffit à montrer le chemin parcouru depuis trois quarts de siècle : « Les mouvements qui produisent la chaleur vitale ne se continuent point un certain temps avec la même force dans les solides et les fluides, sans faire monter leur écbauflement au delà du terme qui est marqué à la chaleur naturelle de chaque animal. C'est pourquoi, lorsque le progrès de cet éohauffement va dépasser considérablement ce terme, il est arrêté par le refroidissement qu'opère la respiration renouvelée.

«(On peut donc regarder l'air respiré comme étant en quelque sorte le rotateur de la chaleur trop forte qui serait produite d'ailleurs par le principe vital. <^

Dans un autre passage ^ Barthez considère le principe vital comme le frein qui s'oppose à ce que, dans un milieu extérieur plus chaud, le corps soit soumis à une élévation de temjiérature trop considérable. Mais, dans l'esprit des médecins de l'époque, la création de la chaleur et sa régulation ne sont pas encore séparées. C'est pour n'avoir pas su faire cette distinction» que les médecins se sont laissé entraîner à méconnaître la valeur de la théorie de l^voisier, et à suivre les théories de production de la chaleur par le système nerveux.

* Barthei , iV<miwriu* ^l^emt» de la "la îh^ori*' fort répandue aujourd'hui teim€0 Je Pkommf t %* édil.,t. I.p. 3o3, rliei l«a nouveaux cfaimialca, aar la pro-

Paria, 1806. dudion de la chaleur. <> Cesl en eea

' Barthet ,1 I , p. a 911. Vo\et éga- lermea que Barthex parle de la th^ne

lemenl la noie 39, p. aSo. dan^ la- de LavoÎAier. <|oeUe Barthei rejetle dédaigiieiiMoietti

àSaiis nous arrêter aux travaux intomic^diaires, nous pouvons (lire aver Lieberrneister ^ :

" Le corps produit constamment de la chaleur, et ses éléments, sous l'influence de l'oxygène qui est introduit, subi>senl un«* Iniie comimstm}. La (juantité de chaleur que fait un homnie adulte dans l'espace d'une demi-heure suflirait pour élever de 1 degré (1. la température du corps lui-même, ou bien celle l'une masse d'eau équivalente aux cinq sixièmes de son poids. Si donc aucune quantité de chaleur n'était perdue, la tempéralure du corps s'élèverait constamment de 9. degrés par heure etde ^i8 degrés en vingt-quatre heures. La température du corps ne [)eut se maintenir à un degré constant qu'à la condition qu'il perde juste autant de chaleur qu'il en produit, dans le même temps. Dès lors peu importe que cette production et celte perte équivalentes soient grandes ou petites : tant qu'elles demeurent en équilibre , la provision de chaleur dans le corps reste la même, et la température ne change pas. Mais, si la recette venail k excéder la ih^iense, la température monterait; si la production était inférieure h la dépense, la température baisserait, n

Or la chaleur est le régulateur de la circulation, ou plutôt elle se règle elle-même par le moyen de la circulation. C'est un fait absolument identique à celui, bien connu de tous les [)hysiciens, qui consiste dans l'emploi de ce que l'on appelle les régulateurs mécani(jues pour les machines à vapeur.

Nous ne nous arrêterons pas aux moyens accessoires à l'aide (les(|uels l'homme ou les animaux règlent la dépense de leur chaleur. Nous pourrions citer la mue annuelle chez quelques animaux, qui ont ainsi une sorte de vêtement de saison. C'est au même ordre de faits (|u'il faut rapporter le choix du gîte . de la poslure du corps des animaux; actes commandés par l'instinct ori la réflexion. Tout<'s ces circonstances ont pour eflet

' Ri( liiinl \ nlkiiuuiii . SutnmluHff kliiiinrher I ortrofre , n" M| , i 87 1 .

de rendre les variations de la perte de chaleur bien plus faibles que ne le feraient supposer celles de la température de Tair ambiant'.

Plusieurs auteurs, notamment Bergmann, qui, dès Tannée 1 8â5, avait mis ce fait en lumière, ont cru que la constance de la température du corps, c'est-à-dire le mystère de la régulation de la chaleur, n'avait pas d'autre explication. La production de la chaleur doit, d'après cette manière de voir, rester toujours la même, ou, du moins, être tout à fait indépendante de la perte de chaleur; mais alors la perte de chaleur devrait être, grâce aux circonstances énumérées plus haut, réglée de façon à être toujours équivalente à la production de chaleur.

L'hypothèse d'une semblable régulation complète de la perte de chaleur est a priori peu vraisenoblable. Les conditions qui entrent ici en jeu sont, au contraire, d'espèce très-différente : la régulation, d'une part, repose sur de simples phénomènes physiques, d'autre part sur la structure complexe de la peau et notamment sur la circulation qui y a lieu ; la sécrétion de la sueur et l'évaporation de l'eau , influencées par les différences de température, y participent; enfin il faut tenir compte de l'instinct et des actions volontaires de l'individu. Il serait difficile d'admettre que ces conditions si multiples et si diverses, indépendantes les unes des autres, pussent, en toutes circonstances, concorder si exactement que la somme de leurs effets amenât toujours l'équilibre entre la perte et la production de chaleur. En admettant que l'on pût encore comprendre qu'il en fût ainsi dans l'état ordinaire, on ne pourrait plus admettre la possibilité du fait dans des cas où ont lieu de violenté changements de milieu.

Quand un homme bien portant prend un bain modérément froid, sa température intérieure interrogée dans le

^ Volkmann, lœo dtato.

recium ou dans Paisselie ii*e&t pas abaissée: elle reste sans changement, ou bien elle s'élève un peu. Mats, si le bain se prolonge, chez les individus peu résistants, après vingt ou trente minutes, chez d'autres un peu plus tard, il survient une remarquable chute de la température k Tintérieur du corps, et cela presque indubitablement. C'est donc un fait <rexpérience que l'homme sain dans un bain froid, /lourru qu'il ny reête ptiê trop longtemps, conserve sa température intérieure à peu près au même chiffre. Dans les circonstances où le corps supporte une très-forte soustraction de chaleur, sa température reste à la même hauteur, c'est-à-dire que sa provision de chaleur intérieure n'est pas du tout diminuée. L'homme possède la lampe intarissable, il déborde tant qu'il veut, il reste toujours aussi plein.

Serait-ce donc une illusion de croire que nous perdions plus de chaleur dans l'eau froide que lorsque nous sommes dans un air modérément chaud et habillés suivant le milieu? Il s'est trouvé des auteurs qui, sans se laisser arrêter par un pareil paradoie, ont pensé que les parties intérieures du corps de l'homme se refroidissaient moins dans l'eau froide que dans l'air froid. Alors il en résulterait que l'influence d'un bain froid pour l'intérieur du corps équivaudrait à celle d'une bonne fourrure.

Nous avons montré , en étudiant les effets des bains, que les actes qui accompagnent les applications du froid ou du chaud sur la peau sont beaucoup plus complexes. Les expériences ont prouvé que, chez l'homme sain, dans un bain chaud de 3^i à 35 degrés C, la production de la chaleur est à peu près égale à celle de l'état normal (Kernig). Dans un bain de 98 à 3o degrés, elle est à peu près du double; dans un bain à ti^ degrés, du triple; dans un bain à qo degrés, du quadruple de la production normale.

Dans son étude sur les nerfs vasomoteurs, M. Vulpian^ a

* VuLpian. Ij^viti mr Vappai^il voêomotêur, I. II, p. 17(1 et Miiv.

parfaitement établi ie rôle de ce système chargé de la i égulation de ia chaleur, ii démontre tout d*abord que lappareil vasomoteur peut agir sur la chaleur animale de deux façons différentes: en modifiant ou ia production thermique, ou la déperdition.

Nous savons, par les expériences de M. (il. Bernard en particulier, que l'activité de la circulation et celle des appareils sécrétoires sont associées» qu*il en est de même pour les actes fonctionnels des muscles et des divers organes. L'afflux sanguin règle donc l'intensité des actes nutritifs, et, s'il est augmenté, la production de chaleur sera accrue; s'il est diminué, cette production baissera. Le degré de cet afflux se trouve réglé par l'état de dilatation ou de resserrement des vaisseaux les plus fins.

La déperdition obéit aux mêmes influences. La peau est le siège d*une évapora tion aqueuse incessante; cette évaporation ne peut se faire que par l'emprunt d'une certaine quantité de chaleur aux téguments. Ceux-ci subissent donc un refroidissement, qui, à son tour, retentit sur la chaleur de toute l'économie. La vapeur d'eau qui s'échappe ainsi de la peau est fournie par la transpiration insensible et par la transpiration sensible (sueur). L' évaporation aqueuse est toujours accompagnée, qu'elle en soit cause ou effet, d'une dilatation de l'appareil vasomoteur cutané. Par enchaînement physiologique, la paralysie directe ou réflexe de ces vaisseaux sera accompa* gnée d'une évaporation plus active à la surface de la peau, et le corps vivant perdra donc une quantité de chaleur plus considérable qu'à l'état normal par le fait de l'évaporation. De plus, il perdra également plus de chaleur par le rayonnement, car la température de la surface du cOrps sera plus élevée , et le rayonnenienl est en raison directe de la différence de chaleur qui existe entre un corps et le milieu qni l'environne. Enfin la perte de chaleur que subit la peau par son contact nvec l'air augmentera parallèlement.

(ies diverses influences abaissent donc la température de la peau et, ce qui est plus important, celle du sang qui la baigne; or la quantité de sang contenue dans les vaisseaux dilatés est plus considérable qu*à Tétat normal, la quantité de sang refroidi augmente et peut être assez importante pour faire baisser la température des parties centrales après son retour dans les veines caves.

Si, au lieu d*étre dilatés, les vaisseaux cutanés sont resserrés, retfel inverse se produira : la peau n'offrira plus au refroidissement qu'une quantité de sang moindre, et le ret4>ur de ce liquide dans les veines caves n'aura plus qu'une influence peu sensible sur la température générale.

Dans cette discussion dont on pourra lire les détails dans le livre que M. Vulpian ^ a consacré à la physiologie du système vasomoteur, notre collègue conclut : «Que le resserrement des vaisseaux cutanés et sous-cutanés, qui produit un abaissement de la température de la peau et des tissus superficiels sous-jacents , peut déterminer une élévation du degré normal moyen de la température centrale, et que, d'autre part, la dilatation des vaisseaux cutanés et sous-cutanés, qui donne lieu à une élévation de la température de la peau et des tissus superficiels sous-jacents, peut avoir pour conséquence un abaissement de cette température centrale, y»

M. Marey avait déjà exprimé cette pensée en disant : « Lorsque vous prenez la main d'un individu, si cette main est froide, c'est que cet individu se réchauffe; si elle est chaude, c'est qu'il se refroidit. »

M. Vulpian a, de plus, très-nettement formulé le ràl&de> vasomoteurs dans le poumon : <^Les vaisseaux des poumons^ peuvent sans doute se resserrer ou se dilater sous l'influence des modifications des fibres vasomotrices qui les

* Vulpian, LfçoMtur r appareil voêomoteur. Physiologie et paîkohgif. 187.3. T. Il , p. 1 70 pI siiiv. — * Ijot. cit. , p. 1 8q.

innervent. La quantité d*oxygène absorbé doit varier, suivant que !e calibre de ces vaisseaux est plus ou moins large, puisque la quantité de sang qui traverse les poumons est alors plus ou moins considérable. L'intensité des actes physicochimiques qui s'effectuent dans la substance organisée vivante est vraisemblablement proportionnelle h l'abondance de Tirri* gation qu'y opère le sang oxygéné. On voit, par conséquent, que l'appareil vasomoteur, par son action sur les vaisseaux des poumons, pourra influencer aussi les phénomènes de la thermogénèse animale.

^ Le rAle de l'appareil vasomoteur est donc celui d'un régulateur thermique. »

M. Vulpian fait remarquer que l'évaporation d'eau h la surface pulmonaire sera d'autant plus grande que les mouvements respiratoires seront plus fréquents, et qu'il y a là un nouveau mode de régulation de la chaleur. De plus, l'air fréquemment renouvelé refroidira plus la surface des bronches et aussi celle des alvéoles. M. Vulpian cite à l'appui les expériences de M. Ackermann^ Celui-ci a constaté que, chez un chien placé dans une atmosphère d'une température égale à la sienne ou la dépassant un peu, le nombre des respirations augmente progressivement à mesure que sa chaleur intérieure s'accrott; ce nombre peut s'élever à 1 5o par minute et même au delà. C'est là une dyfpnée thermique, modératrice de la température centrale'^.

* Arkermaon , Dm Wàrmereguiatûm m hôkêftm thiêriêehm Organitmui {DtMiêdi. AreL f. kUn. Med., h* If, p. 36 1).

* Gommanication laite au kU* codgrès des nataralistes allemands, tenu à Roelock, en septemlire 1 87 1 (Sehmidl^ê Jahrb,, 1879, â* partie, p. iSA).

Le docteur Ackermann trouve peu f ertaine la théorie de Uebermeister sur

raccroissement de production de la chaleur en raison de sa plus grande dépense, et critique la méthode de démonstration de fauteur. D*après ses propres obserrations , Ackermann se croit fondé à ne pas admettre la persistance de la température centrale au même d^gré quand on refiroidit la sor&ce du corps, et il ne tient pas Taugmentation de Texcrétion d'acide carbonique pour

CHVPITIU: n. - LA CHALKUR ET LA FIKVRE.

M. Goldsleiii' a cherché à prouver (|ue cette dyspnée thermi(|ue avait son point de départ dans rirritation produite sur le centre respiratoire par Télévation de la température du corps.

M. Riegel^ a été conduit par ses expériences à des résultats (|ui confirment ceux des recherches de ces auteurs. Il a vu que le nombre des mouvements respiratoires, qui peut s'élever à •joo par minute chez un chien intact mis dans une boîte dont Tair a une température à peu près égale à celle de Fanîmal, ne s'accélère pas chez un chien placé dans les mêmes conditions de milieu extérieur après avoir subi une section transversale de la partie inférieure de la région cervicale de la moelle épinière. Il a, du resle, observé directement cette iiilluence du nombre des mouvements respiratoires sur la température inférieure des animauv, en plaçant des chiens curarisés dans une boîte dont l'air avait une température déterminée, et en faisant varier le nombre des insufflations pratiquées par minute à l'aide de l'appareil à respiration artificielle. La température était prise dans le rectum et dans la veine cave ijiférieure, un peu au-dessus de rabouchement des veines rénales. L'abaissement de la temj)érature constaté, lorsque l'on augmentait beaucoup le nombre des respirations artificielles, n'était pas considérable : il a dépassé rarement o", i C; mais sa signification n'en était pas moins nette'.

iin«' prouve diroclc de rélév«!iou de !;« ]»rodiicliori de clialeui-, ;)lto[idu qu'il n'y a |)as de nipporl nécessaire entre rémission d'acide carbonique et la production de chaleur. Les agents de la ré|julalion caloii(jue sont» «raprès Ackermann, les niodifications d«* la circulation et de la respiration, Taccninulation de l'acide Oirhonicpie dans le sang, (|ui entraîne une diminution de la pression artérielle et, par suite, un abaissement de la chaleur du corps.

Les docteurs Sénator etZunlz admettent aussi que la plus grande émission d'acide carl^onique dans le refroidissement périphérique n'indique pas une plus grande production de chaleur.

' Goldstein , Ueber W ânned^Mpufp.

[Inaufr. Abhandlungy Wurzèurger Veihantd.^ 1871, p. i5G).

- Fr. Biegel, Zur Wdrnteteirttlait»».

{Virchow^s ArclUv, 1876, I. LXÏ.

Hohrig el Zunljr, ( \rch. /. d. p,f9.

En 1860, M. Marey' a, dans un mémoire inédit, cherché à ramener toutes les variations locales de température à une cause unique : la contractilité des vaisseaux de petit calibre. Cette contractilité vasculaire gouverne la température de chaque organe et celle du corps tout entier; le régulateur de la température n'est autre que l'accélération ou ie ralentissement du. mouvement du sang. Le rayonnement, i'évaporation et le froid extérieur du milieu ambiant expliquent pourquoi la température est plus basse à la surface que dans la profondeur du corps. Les ingesta (boissons froides) enlèvent au corps une certaine quantité de chaleur (89 calories pour un litre d'eau

PhifM»y h* IV, s. a35 , 187 1 ) ae sont UnlB de la peau, tels que les baîm de

piacét à on autre point de vue pour dé- mer et autres.

terminer les conditions de régulation de 6** L'action de ces bains repose sur

la chaleur. Nous reproduisons leurs con- Taugroentalion des échanges intimes

duflODS, dont quelques-unes ne sont produits sous Tinfluence de ces eicita-

pas nouvelles, mais dont d'autres sont lions réflexes.

tout a fait intéressantes. 5" Les muscles sont les oignes où

Les auteurs se sont proposé d*étndier s^accomplit la plus grande partie de ces noineeulement de combien s^accrolt la échanges ; etils sontaossi ceux qui sont le quantité d'adde carbonique excrété plus trappes par ces modifications résulquand on augmente la perte de cha- tant des chaiigements de température, leur (sujet déjà traité par Lieberœeis- 6* La plus grande partie des actions ter), mais encore la quaiitité en volume d*oxydation dans les musdes ne résulte d'oxygène absorbé par lesanimaux. Leurs que de leur innervation, aussi les faitexpériences ont été faites sur des lapins on cesser par Tempoisonnement avec le auxquels on introduisait une canule curare.

dans la trachée et qu'on plaçait dans un 7* La relation de la chaleur est

appareil spédal pour recueillir les gai. aussi réduite â son minimum par fem-

Leurs conclusions sout : poisoniiement avec le curare.

I* Si Ton refroidit la surface cutanée, 8* On doit donc considérer la régu-

00 augmente et la production d'adde lation de la chaleur comme produite en

carbonique, et la consommation d'oxy- première ligne par une exdtaUon réflexe

gène. des nerfs moteurs, laquelle change avec

9* Cet accroissement est prodoit par les différences de température existant

ractioD réflexe de certains nerfs oentri- entre le milieu ambiant et le eoips de

pétas de la peau mis eu vibration par Tanimal.

les changements de température. * Marey, Méthoirê noria température,

3* Ces mêmes nerfii peuvent être adressé pour un prix , i PAcadémie des

excités ^akment par d'autres stimu- sdenees et belles-lettres de Caen , 1860.

hSà CHAPiTRK II. -- LA CHALKLR ET LA FIÈVRE.

glacf^e). La chaleur intérieure, portée sans cesse par le sang à la périphérie , contre-balance le refroidis-sement superficiel.

L'auteur établit par des expériences personnelles les variations de la température en différents points du corps.

Si on lie Taorte abdominale, la température du sang s'élève dans les parties supérieures; si Ton empêche un animal de respirer, la m^me action a lieu. En relatant ces deux expériences de M. Cl. Bernard, M. Marey pense quû faut leur donner la même interprétation : diminution dans les pertes de chaleur par contact et dans le rayonnement à Fair extérieur plus froid que le sang, d'où augmentation de la température de ce liquide.

Hunter, au xviii" siècb/et plus récemment Valenlin, ont établi la contractitité musculaire des vaisseaux , et ce dernier auteur a dit qu'on pourrait considérer les nerfs des vaisseaux comme les régulateurs du cours du sang. En 1 85 1 M. Cl. Bernard constata un phénomène entrevu jadis par Pourfour Dupetit, à savoir l'augmentation de la chaleur de Toreille après la section du grand sympathique au cou. D'activé, l'inflammation devenait passive. D'abord M. Cl. Bernard crut que le grand sympathique était nerf de calonfication. Budge , Waller, Brown- Séquard surtout, rectifièrent cette explication et donnèrent du fait une interprétation toute mécanique, à savoir que la seule paralysie des vaisseaux était cause de leur dilatation , et que, recevant plus de sang, ils étaient plus chauds.

L'auteur établit que la contraction des vaisseaux ralentit la circulation du sang, et que la dilatation l'accélère. Il s'ensuit que la eontraetilité des artères constitue la force qui règle la circulation du sang , et a pour effet, quand elle s'exerce, de ralentir ie cours du sang, et, quand elle cesse d'agir, de le laisser circuler d'un mouvement plus rapide. 11 n'y a point de température locale plus élevée que la centrale; John Hunter a démontré le fait.

M. Marey expose toutes les conséquences de l'expérience

de M. Ci. Bernard sur la circulation locale : laugmentation de chaleur, la sensibilité accrue, les sécrétions augmentées (SchifT et Cl. Bernard), les veines dilatées et leur sang plus rutilant, la chaleur de la partie résistant à l'influence d'une atmosphère froide, lin grand nombre d'agents physiques modifient la contractilité des vaisseaux, le simple frottement à la peau en est un exemple (réaction paralytique).

La eaniraetilitivasculaire considérée comme régulateur de la tempénUure centrale des emimaux, — On peut émettre cette formule en apparence paradoxale , qu'tiit individu qui a la peau tré$chaude, se refroidit beaucoup. , . Donders a développé cette idée, qui a fait le sujet de la thèse d'un de ses élèves, Callenfels ( Utrecht, 1 85 5), et qui a été développée aussi en Hollande par Snellen, dans un mémoire intitulé : Recherches expérimentales sur Vinfuence des nerfs sur l'inflammation (publié en allemand)

D'après M. Marey, la fixité de la température des animaux peut et doit s'expliquer tout entière par l'action que la chaleur et le froid exercent sur les vaisseaux sanguins. La chaleur en effet fait dilater les vaisseaux, et le froid les resserre. Si le milieu ambiant est froid , les vaisseaux se resserrent et livrent moins de chaleur à l'air; s'il est chaud, le phénomène inverse a lieu. Et cela est vrai aussi pour les variations du milieu intérieur, suivant que le sang est plus ou moins chaud. Les boissons chaudes ou froides agissent en sens inverse sur la température du sang et sur la contractilité des vaisseaux , et, par suite, sur la fréquence du pouls. En outre , les différents points de la surface du corps se suppléent entre eux pour régulariser la température animale. Si le corps est couvert de vêtements chauds quand l'air est froid, les mains et le visage demeurent chauds et perdent de la chaleur. Dans le bain chaud, la peau devient rouge et la chaleur se perd ainsi. Nous avons vu que MM. Brown-Séquard et Tholozan ont constaté qu'en plongeant une main

486 CflAPlTRE H. — LA CHALEUR ET LA FIÈVRE.

dans Teau chaude , on voyait la tempëratare s'élever aussi dans l'autre main , et ont invoqué la sympathie. M. Marey explique ce Tait plus simplement : il n'y a là, dit-il, qu*un léger échauffement de la masse du sang, qui produit, h son tour, un relâchement des vaisseaux dans les autres parties du corps. En se réchauffant les pieds, on réchauffe les autres parties du corps. Il suffit de plonger les mains dans l'eau froide pour refroidir tout le corps.

Les recherches importantes que nous venons d'analyser mettent en évidence le fait de la régulation de la chaleur ei l'équilibre qui s'établit entre la production et la dépense: que l'on fasse varier l'un de ces deux termes du problème, l'autre subit des modifications identiques.

Il reste à déterminer Pagent de cette régulation et son mode d'action.

L'expérience initiale, celle sur laquelle tous les auteurs s'appuient, est celle que M. Cl. Bernard a renouvelée de Pourfour Dupetit. Après quelques hésitations dans son interprétation, M. CL Bernard en a donné, dans son dernier livre sur la chaleur animale, une explication que l'on peut considérer comme définitive ^ Nous allons résumer le r6le qu'il assigne au système nerveux dans la régulation de la chaleur. Nous chercherons ensuite s'il est possible de déterminer quel est le point central du système nerveux qui tient cet appareil sous sa dépendance.

Le système nerveux r^ulateur de la chaleur. — Nous savons qu'il n'y a pas d organe spécial pour la fonction calorifique, pas plus qu'il n'existe d'organe spécial pour la fonction de nutrition. Tous les organes, tous les tissus, tous les éléments, se nourrissent : tous produisent de la chaleur. Ces phénomènes sont liés è leur existence. La production de la chaleur n'est

Cl. Bernard. ChaUur ûmmale, p. soo.

donc pas une fonction spéciale, localisée; c'est une propriété générale, universelle.

Tous les éléments organiques concourent è l'accomplisseroent des phénomènes calorifiques, et, puisque les résultats présentent la fixité, la régularité la plus complète, il faut qu'un mécanisme régulateur intervienne, afin de discipliner tous ces effets isolés et de les harmoniser en fonction , c'est-àdire vers un but commun, (le rôle de régulateur revient au système nerveux , dont nous allons actuellement étudier Faction spéciale.

Ce rôle a été soupçonné dès les premiers temps de la physiologie. Mais il faut arriver k Haller pour trouver un commencement de preuve. Ce grand physiologiste trouva des cas où des membres paralysés étaient plus froids que des membres sains.

Un auteur anglais, Earle» trouva un bras paralysé plus froid que le bras sain; on le galvanisait, et la température s'élevait aussitôt. Rappelons enfin les expériences de Ghossat et de Brodie. Celui-ci enlevait l'encéphale, coupait la moelle épinière, et, entretenant la respiration artificielle chez ces animaux mutilés, il constatait un abaissement notable de la température. 11 crut ainsi pouvoir éliminer comme cause de ralorification , non-seulement le phénomène respiratoire du sang, mais encore tous les autres phénomènes chimiques de Torganisme, et attribua exclusivement la calorification à une influence du système nerveux, qui s'exercerait par quelque puissance inconnue, vitale, qu'il s'abstint naturellement de préciser.

M. Cl. Bernard, ayant rencontré è l'hôpital un malade paralysé qui présentait une élévation de température au lieu de l'abaissement prévu, pensa que, dans ces cas discordants, ce ne devait pas être le même système nerveux qui subissait l'altération. Il répéta l'expérience que Pourfour Dupetit avait pratiquée en 17^71 la section du grand sympathique au cou.

et constata un échauffement considérable dans le côté de la tête correspondant à la section. Pourfour Dupetit, dans son Mémoire dans lequel il est défnontré que le$ nerfs iniercostaux (grand sympathique) ybumûfeitt des rameaux qui partent deseêprits dans les yettx, avait constaté, aûisi que les physiologistes qui ont répété cette expérience, le rétrécissement de la pupille et la saillie de la paupière nictitante au devant du globe oculaire. Mais c'est M. Cl. Bernard qui observa le premier Taugmentation de la température.

Waller et Budge démontrèrent que le filet sympathique qui reuionte vers la tête a son origine dans une portion de la moelle épinière qui se trouve à ia réunion des régions dorsale et cervicale, et ils ont appelé ce point d'origine r^on cilio-spinate. Bifii, en 18A6, s'aperçut que, si ia section de ce filet sympathique produit le rétrécissement de la pupille, la galvanisation du bout périphérique entraîne sa dilatation.

M. Cl. Bernard montra à la Société de biologie, que, si la section du sympathique amène la calorificaiion et ta suractivité circulatoire dans l'aisselle et le côté correspondant de la tête. la galvanisation du bout périphérique produit un refroidissement des parties avec une diminution considérable dan;* l'activité circulatoire. De là le nom de vasomoleur appliqué au sympathique. Mais l'assimilation du grand sympathique aux nerfs moteurs serait forcée, il y a des distinctions à faire. Il faut reconnaître des fibres motrices proprement dites, des fibres involontaires, des fibres vasomotrices de constriction et de dilatation, des fibres sécrétoires, des fibres trophiques qui ne seraient peut-être elles-mêmes que des fibres vasomotrices, etc.

Les nerfs moteurs du grand sympathique, comme les nerfs moteurs en général, manifestent leur activité dans deux conditions différentes. Ils agissent sous l'influence d'excitations directes ou réflexes. Ils subissent, comme les nerfs moteurs, l'influence du curare, mais plus lentement.

En résumé, le nerf sympathique, dans lequel nous allons chercher rexplicaiion des phénomènes calorifiques, est composé de filets moteurs dont les propriétés et les activités fonctionnelles rentrent dans le mécanisme du système nerveux en général.

Les phénomènes circulatoires qui influencent la chaleur animale sont placés sous la dépendance du système nerveux grand sympathique. L'expérience montre que ce système fournit un appareil de resserrement des vaisseaux, et, comme ce resserrement entraîne un abaissement de température, on pourrait dire que c'est un appareil frigorifique.

La circulation du sang est donc soumise à deux ordres d'influences, l'une centrale, l'autre périphérique : i"" l'impulsion motrice qui a pour agent le muscle cardiaque; q** la résistance vasculaire réglée par l'état de dilatation ou de rétrécissement des petits vaisseaux , et commandée par les filets vasomoteurs du grand sympathique.

L'activité fonctionnelle des vasomoteurs du grand sympathique a pour résultat de rétrécir la lumière des vaisseaux sanguins, mais, à côté de ce phénomène, il s'en trouve un inverse :on voit, dans d'autres cas, ce calibre augmenter, et la différence est assez grande pour que ce résultat ne puisse être considéré comme un simple retour à l'état primitif, mais pour qu'il doive être considéré comme une dilatation active.

Pour quelques physiologistes, la dilatation appartiendrait au jeu d'une force physique, à Yilastieité, tandis que le resserrement appartiendrait à une force physiologique antagoniste de la première, la contractilité, mise en œuvre par les nerfs vasomoteurs.

D'autres ont admis théoriquement l'existence de fibres longitudinales dilatatrices, mais les recherches anatoniiques n ont pu permettre de les découvrir.

Pour M. Cl. Bernard, il y a un fait et une interprétation.

Pour lui, ii admet sans hésitation des nerfs vasomoteurs dilatateurs ainsi que des nerfs vasomoteurs constricteurs.

Le fait serait démontré par l'expérience suivante : La glande sous-maxillaire d'un chien est mise à découvert^; l'excitation de la corde du tym|)an , directe ou réfléchie par impression sur la langue, rend ta glande turgide, rutilante; la circulation s'y produit plus active; la sécrétion salivaire est abondante. F/excitation de la corde du tympan met donc en jeu des nerfs dilatateurs des vaisseaux, accélérateurs de la circulation. L*excitation des filets du sympathique, au contraire, arrête la circulation; la glande pâlit, la sécrétion cesse ou est faible.

M: Cl. Bernard retrouve ces nerfs dilatateurs dans l'oreille du lapin et dans les autres parties du corps. Si la démonstration expérimentale de l'existence des deux nerfs est facile à donner, il y a de grandes difficultés pour concevoir conmient des vaisseaux se dilatent sous l'influence des nerfs dilatateurs. M. Cl. Bernard a supposé que la corde du tympan agirait par une sorte d'interférence nerveuse, en suspendant l'action des nerfs constricteurs. Ce n'est qu'une hypothèse, mais elle a un grand nombre de faits en sa faveur.

Deux ordres de phénomènes de température sont en rapport avec les deux actions vasomotrices : t"* les nerfs dUaUiteura sont calorifiques; q"" les eomtricteurt soni fir^orifiqueê.

L'appareil nerveux, en réglant le calibre des petits vaisseaux, influence et gouverne tout un ensemble de phénomène physiologiques : la circulation, la chaleur, la pression vasculaire, la tension artérielle et veineuse. Des expériences manométriques démontrent que la pression du sang augmente dans les vaisseaux du côté paralysé, par section du sympathique. La contractilité des vaisseaux agit donc comme un frein pour modérer l'impulsion partie du cœur. Le système nerveui

' Cl. Bernard, /oro cttnto. Voir les délniU do IVipérience, p. a •17.

îS

ne fait que commander le degré de cette diminution dans un organe donné. Le vaisseau ne se contracte pas d'ailleurs d'une façon permanente, il est le siège d'oscillations contractiles.

Cest donc d'une façon indirecte, c'est-à-dire par Tinterroédiaire de la circulation, que le système nerveux semble agir sur la chaleur. 11 en est de même quand, au lieu d'étudier la circulation périphérique, on étudie les rapports du système nerveux et du muscle cardiaque. Celui-ci obéit à deux ordres de nerfs qui règlent son activité. Les uns font contracter le cœur, ce sont les nerfs accélérateurs émanés de la moelle épinière; les autres arrêtent les contractions, ils émanent du pneumogastrique ^

En résumé, le cœur, système circulatoire central, comme les vaisseaux capillaires, système circulatoire périphérique, a des nerds modérateurs ou paralyseurs et des nerfs constricteurs ou accélérateurs. Son nerf constricteur ou accélérateur est un nerf sympathique venant de la moelle dorsale. Le nerf modérateur ou paralyseur est le nerf vague et vient de la moelle allongée. Il agit sur le cœur sans doute à la manière de la corde du tympan sur les organes'glandulaires en paralysant les nerfs constricteurs.

Pour M. Cl. Bernard, les phénomènes de calorification sont de deux ordres, création, répartition. Ce dernier rôle de répartition appartient au système de la circulation générale. Le passage du sang à travers tous les organes égalise leur situation thermique. Le système nerveux commande les variations de vitesse par les moyens que nous venons de résumer. Mais là ne se bornent pas les actions frigorifiques ou calorifiques du grand sympathique. Lorsqu'on coupe le sympathique dans le cou , et que la calorification s'accroît dans toute la moitié cor-

' Voyet les expériences de section de In moelle et les recherches de Cyoo sur ie nerf dépresseor.

respondante de la l^te, M. («1. Bernard pense que, les élément;» conlraciiles des tissus se trouvant relâchés ou paralysés, les mutations élémentaires qui résultent des réactions chimiques se trouvent accrues ainsi que les phénomènes thermiques. Lorsqu'au contraire on galvanise le bout périphérique du grand sympathique, il admet que tes éléments contractiles des tissus, entrant en activité, modifient en sens inverse les contacts moléculaires des tissus, abaissant les mutations chimiques ainsi que les phénomènes thermiques. Il se fonde, pour professer cette opinion, sur ce fait que, si Ton attend plusieurs jours après avoir coupé le sympathique au cou, la vaseularisation revient k son état normal, et cependant l'excès de température persiste, au moins partiellement. Si on lie les veines qm' reviennent de l'oreille, et que Ton amène ainsi une stase vasculaire, l'augmentation de température se produit par la section du sympathique, et ne peut plus s'expliquer par la plus grande rapidité de la circulation, puisque celle-ci est arrêtée. Enfin il rappelle les élévations de température qui surviennent dans quelques maladies, en dehors de toute circulation ,|io«< morkm. Quel est le rôle de la sensibilité sur la production de la chaleur? La douleur abaisse la température. Sur un chien, M. Cl. Bernard a introduit un thermomètre dans la carotide, il découvre un rameau du plexus cervical, et galvanise le bout central. Il en résulte de la douleur : sous cette influence, la température monte d'abord, puis baisse définitivement. Mantegazza et Heidcnhain sont arrivés aux mêmes résultats. Mais, si l'on pratique l'expérience sur un animal à qui Ton a coupé le grand sympathique sur l'un des côtés du cou , on n'obtient pas les mêmes effets du côté sain et du côté opéré. Du côté sain, il y a refroidissement; du côté sectionné, il y a, au contraire, une élévation considérable (to à i A degrés). Ce refroidissement par la douleur nécessite donc l'intervention du sympathique. Mantegazza et Heidenhain ont observé les mêmes phénomènes, mais ce dernier, opérant sur des animaux fébrici-

RÉGULATfON DE LA CHALEUR. 493

tantS) a vu que, chez eux, la douleur n'entratne pas de refroidissement. M. Cl. Bernard considère, dans ce cas, la fièvre comme équivalente à la paralysiç du sympathique.

Le nerf sensitif agit ici non par lui-même, mais parce qu*il réfléchit ses impressions sur les centres nerveux qui réagissent sur le sympathique.

En résumé, les expériences précédentes , en établissant que le refroidissement, pour se manifester, exige l'intégrité du grand sympathique et la communication avec le système nerveux central, démontrent la nécessité de l'intervention dans le phénomène d'un nerf sensitif, d'un centre nerveux et d'un nerf sympathique moteur. Or ce sont là les conditions nécessaires de la production de toute action réflexe.

La section du grand sympathique agit sur le contenu des vaisseaux. Le sang veineux, au lieu d'être noir, présente une rutilance presque artérielle. Le sang se coagule plus vite, en même temps il est plus chaud. Pour M. CI. Bernard, il y a une formation de chaleur sur plade, et c'est à l'intensité anomale des actions chimiques au sein des tissus qu'il faut attribuer l'accroissement des phénomènes thermiques. Ce n'est pas à une oxydation qu'il faut rapporter l'excès de la chaleur, car le sang est rutilant, mais à d'autres actes chimiques de dédoublement, de fermentation, etc., et ces modifications doivent être intenses, car nous voyons parfois la fibrine disparaître complètement.

Grftce à^l'action qui exalte ou aflaiblit tour à tour le grand sympathique, l'animal possède le pouvoir de créer un échauffement ou un refroidissement dans tel ou tel département de l'organisme. L'être vivant peut se faire du chaud ou du froid sur place , à l'aide de son système nerveux. Mais ces phénomènes ne se produisent pas d'une façon anarchique, désordonnée; ils sont harmonisés par le système nerveux, qui est le régulateur des énergies individuelles. Le grand sympathique modère les activités physiques et chimiques, il est leur frein.

/il)/i CHAPITRE 11. -LA ClIALEUH ET LV KIE\ RE.

Les opinions de iVI. (^1. Bernard sur lesnerls CfTlorifnjues et Irigoriliques |)retent à la critique, mais la valeur de Texpérience n'en esl pas ébranlée, si l'on ne veut en déduire que ce (]y\[ on ressort : l'influence du nerf grand sympathique sur la régulation de la chaleur.

Dans une discussion très-approlondie sur l'extension donnée par M. Cl. Bernard aux déductions qui sont le corollaire de son expérience, M. Vulpian fait des objections dont nous ne donnons qiie la conclusion ^ : «La conclusion à laquelle je suis amené par celte discussion, dit M. Vulpian, c'est que rexistcnce de? fd)r<»s nerveuses directement thermiques, c'està-dire influençant directement, immédiatement, les processus thermiques qui ont lieu dans tous les tissus de Torganisme, n'est pas démontrée. J'ajoute que l'existence de pareilles libres nerveuses n'est pas vraisemblable. Enfin je dis que, si elles existaient, le nom de hbres thermiques serait même diflicilement justifiable, car les variations subies par la calorification sous l'influence des modifications fonclionnrWvs de ces fibres ne seraient pas des effets directs de ce.s mofhfications; ce seraient des effets subordonnés, se produisant en même temps que les changements dans la nutrition intime, provoqués par l'excitation ou la paralysie de ce> libres : ce seraient même de simples conséquences de ces changements.

'T Quant à la manière dont iM. (À. Bernard envisage les libres nerveuses du grand sympathique, en les considérant comme constituant des nerfs rélrénateurs, des nerfs d'arrêt agissant comme des freins sur la nutrition intime, nous ne saurions l'admettre non plus, ou, du moins, nous pouvons dire aussi qu'elle inan(|ue de preuves; car elle n'est en réalité qu'une autre layon (h* formuler soit l'hypothèse des nerfs thermiques, soit celle des neris Irophicpies. ?»

' Vul[»iaii, loc.cil.f t. Il, p. a iH-'.<.'ii .

11 est donc légitime d'enregistrer toutes les interprétations de ces expériences, en espérant que de nouvelles viendront assigner leur valeur réelle. Mais il est juste aussi de reconnaître rintime union qui existe entre les troubles du grand sympathique et la régulation locale des actes circulatoires et thermiques.

Ëxiste-t-il dans le système nerveux central un point qui tienne sous sa dépendance le fait même de la régulation, quels que soient les agents périphériques à l'aide desquels se manifeste cette régulation? D'après Tscheschichin \ ce centre serait placé dans la protubérance annulaire, en avant du bulbe rachidien. Pour le démontrer, il fait deux expériences : dans la première , il coupe sur un lapin la protubérance annulaire en avant du point où se termine la moelle allongée; dans la seconde, il fait la section sur le bulbe ou la moelle cervicale.

Lorsque la section porte sur la protubérance en avant de la moelle allongée, la chaleur du rectum monte dès les premières secondes, et peut s'élever de 39*" è &o''G. en une demi-heure, a &i° en une heure, à /iq° en une heure et demie, à A9%fi en deux heures. Le pouls subit, ainsi que la respiration, une accélération analogue, le pouls ne peut plus être compté, et les mouvements respiratoires atteignent lOQ par minute. Tscheschichin fait remarquer que ce sont là les trois symptômes dominants de la fièvre.

Lorsque la section porte sur le bulbe ou la moelle cervicale, les résultats sont inverses, la température baisse d'une façon progressive jusqu'à ce que survienne la mort.

Voici comment l'auteur interprète ces expériences : dans les parties des centres nerveux placées en avant du bulbe, existe un centre modérateur de la chaleur; lorsqu'une section sépare

' Tscheflchichia, Zur FùbtrUh^ê (Arck . {^ Rêicheri'ê und DuboU R»ffmtmd*$ Areh . , fur Klmk, hefi 3, 8. sâ6-a5o, 1867), 1866). pl Zur Lêhrê von étr thiêriichmi \Vàrm$

/j% CIUPITHK 11. — LA CHALKLR KT LA FIEVRK.

la protubérance du bulbe, te renlre donne toute liberté à Taction du bulbe, et celui-ci non refréné permettrait aux actions cbimiques tliermogènes d'atteindre une intensité à lac|uolle elles ne s'élèvent jamais (piand les fonctions du cer\pau s'aocom|)lissent réjjulièremenl. il y aurait donc deux centres : Tun bulbaire calorifi([ue. Huître un [leu plus élevé, modérateur (lu premier.

Tscbesrhicbin cite, à raj)pui de cette hypothèse, les observations de Wunderlicb et Erb sur l'élévation de la température sous riniluence de fortes dépressions des fonctions psychiques, observations cpii, en tout cas, n'ont pas une signification bien déterminée.

M. Vul|)ian fait remarquer que le nombre des centres dont on a doué le bulbe s'accroît avec une rapidité surprenante : rentre modérateur des combustions, centre des nerfs vasonmteurs, centres respiratoire, cardiaque, centres de certaines actions réfle\<\s d'ensemble, savoir: de la toux, de Téternument, du vomissenn^nt, de la plupart des convulsions, de celles de l'bystérie, de Tépilepsie. Le bulbe contiendrait encore un cenlre excito-calorifnpie, un centre modérateur de la sécrétion sudorale (Immermann), et enfin, d'après Setschenow, un centre modérateur des actions réflexes. Il faut avouer que cette nniltiplicatiou de centres excitateurs et modérateurs est fait*» pour susciter (|uelque étonnement.

Nous |)ouvons d'ailleurs opposer à l'hypothèse de Tschescbicbin des arguments plus directs. Bruck et Gùnlher^ ont montré rpie l'excitation par piqûre de ce prétendu centre modérateur ne fait [las baisser la température, mais l'élève, absolument comme lors(|u'on pique la moelle allongée ou la moelle é|)inière. (les auteurs ont reproduit plusieurs fois avec succès rex])érience de Tscheschichin relative à 1 élévation de la cha-

' L. Brurlv ai A. (îuiillier, Versucha korprrx (Pflttfrei'^x Archiv, \H'jo,^.o',hiiber tien ijinjluns der ] frlptznufr gptvisseï' 585.) fin nflieilr nnj^ lUfi Trnijn ralny lieit Thier-

leur du corps par la séparation de la moelle allongée d*avec le pont de Varole. Cependant ils n*ont pas toujours réussi dans cette expérience. Ils ont trouvé que le résultat était plus constant et plus évident, si Ton se contente de piquer avec une aiguille, entre le pont de Varole et la moelle allongée. L'élévation de la température s'observe alors non-seulement dans le rectum mais encore à la surface du corps, ce qui indique une plus grande production de chaleur. Or, si la piqûre est plus efficace que la section totale, cette augmentation de chaleur doit être considérée non comme indiquant qu'on a lésé un centre modérateur de la chaleur, mais simplement, au contraire, comme un phénomène d'excitation nerveuse. On peut d'ailleurs produire aussi cette augmentation de chaleur sans couper ni piquer, mais en excitant avec l'électricité la partie située entre le pont de Varole et la moelle allongée. Seulement il se produit souvent alors des crampes tétaniques qui compliquent l'opération et rendent les explications moins nettes.

M. Vulpiail ^ adresse à cette hypothèse une autre objection. t( Tscheschichin , dit-il, a constaté que les sections transversales du bulbe rachidien ou de la moelle épinière dans la région cervicale ont pour effet un abaissement progressif de la température. On s'est demandé comment ces lésions, si l'hypothèse en question est exacte, n'ont pas aussi pour conséquence une élévation de la température centrale , puisque l'on doit sectionner dans le bulbe et dans la moelle cervicale un certain nombre au moins des fibres modératrices de la thermogénèse, fibres que M, Tscheschichin fait nattre en avant de la moelle allongée. ^

Or l'abaissement de la température après la section de la moelle n'est pas douteux. M. Cl. Bernard a montré depuis longtemps, que, sur un lapin, la section de la moelle au niveau de l'union des régions cervicale et dorsale produisait cet

* Vulpiaûf loc, rit,,\. II, p. 987.

3ii

/i'.IS (Il Vl'i'JHK 11. - !.\ (.HALKI W ET LA FIEMIK.

abuLvseiueiit : (lau& une; expérience, la température reclale tomba (le 60 à -j ^i degrés en ciii<| heures.

M. Poclioy ^ a re{)ris ces expériences, et il a montré (\ne l'abaissement de la température était progressif. Il proud la température rectale d'un cobaye, elle est de 38 ',90. Dix minutes après, il coupe la moelle au niyeau de la partie antérieure de la région dorsale, immédiatement la température rectale est de 3S'\/|; vingt minutes après, elle est de 87 degrés; une demi-heure après, de 34",5; une heure après, de 3a'\/i ; une heure après, de 3.? ,2 : trois heures après de 3o .0; <in(| heures après, de 'iH^g; huit heures après, de j 9 degrés, et. vingtHjuatre heures après le début de rexpérience. ranimai meurt ayant 1 6 degrés pour température rectale.

M. Vulpian'- fait remar(|uer qu'une explication bien simple se |)résente d'elle-même pour rendre compte de cet abaissement. La section transversale de la partie supérieure de la luoelle ou du bulbe a pour effet de paralyser les vasomoteurs; la plupart des petits vaisseaux du corps se dilatent. La dilatation des vaisseaux cutanés et de ceux des poumons a pour effet une déperdition très-exagérée du calorique. En admettant même la suractivité des processus thermogènes provoqués par la section du bulbe, cette déperdition peut compenser et au delà ce développement de chaleur.

M\L Naunyn et Quincke, dans deux mémoires successifs, ont cherché à résoudre cette question : quelle est l'influence des lésions du système nerveux sur Taccroissement et l'abaissement de la température, qiiel en est le mécanisme?

Dans un |)remipr mémoire^, MiM. Naunyn et Quincke passent en revue tous les laits connus avant eux, les nombreuses expé-

' P(kIh)\, fWhfrrIu'H exppi'tmeuUiU'^ fhn Emjliixx des CeiUrahiervmiyMUua

sur les (cnlres de U'iiipvvaiure. Tiiè-so de nu/ die Wurmebddung im Organumux,

l'a IIS, iH-yo. in Arch. fur An.^Phyi. undwiuensck,

^ V(il|>iai), lue. cil., 1.11, jj. 261. Medicin, 1869, p. i^'i.

' R. \aunyn urnl H. Qninckc, iel>et

riences de M. Cl. Bernard sur la section du (^rand sympathique au cou , les recherches de Ludwig ' et Spiess ^ sur la chaleur du liquide des glandes salivaires sous-maiillaires comparée à celle du sang des carotides au même niveau. Ces recherches ont montré que, par Tirritation de la corde du tympan, le produit de sécrétion de cette glande s'élevait h une température d'un degré et demi plus haut que celle du sang de son artère, et ces auteurs en ont conclu que la production de la chaleur était influencée par l'irritation des nerfs.

La pathologie nous fournit d'ailleurs de nombreuses observations montrant que certaines lésions du système nerveux central sont susceptibles de provoquer une augmentation dans la production du calorique.

Dès 1837. firodie' fit connaître le premier cas de cette espèce. II s'agissait d'un homme qui s'était fait une plaie contuse de la moelle cervicale, d'où était résultée une paralysie de tous les muscles des membres et du tronc , à l'exception du diaphragme. La température du corps chez ce blessé, quarante-deux heures après l'accident, s'élevait, avant la mort, à la hauteur inusitée de â3%9 G.

Plus tard des faits semblables ont été signalés. Billroth ^ a observé , chez un malade qui avait subi une lésion de la moelle épinière par suite de la fracture de la sixième vertèbre cervicale, cinquante heures après l'accident, une température de &9%9. Simon a vu, chez un homme frappé d'apoplexie à la suite d'une contusion de la moelle dorsale par fracture de la douzième vertèbre dorsale, au troisième jour, la température s'élever h kU degrés et s'accompagner de delirium trement. Un quatrième cas, presque identique à celui de Brodie, fut observé, dans Tété de 1868, a la clinique de Frerichs : un

* Ludwig, Wiener medicinUche If 0- ^ Brodie, kMieo^ckirwrgieal Traïu-

chenêchrift, 1860. actionê, 1837.

' S^entSiizwtgiberiekiêder Wiener * Bitiroih , Langenbeek*» Archiv,

Ahêdemie, B' XXV. t86«.

500 CHAlMTHt: II. — LA CHALEUU ET LA FIÈVRE.

homme de trtMite-qualre ans, en piquant une tête dans Teau, toucha le sol; il s'ensuivit une fracture des cinquième et sixième vertèbres cervicales et une contusion de la moelle épiuière avec paralysie complète des muscles des extrémités et du tronc, le diaphragme excepté; la respiration était exclusivement diaphragmatique. Voici les températures observées chez cet honuiie :

Ai&s«He. Rectum.

5 heures après la blessure 37\6 *

1 *i heures ^o ,9 9

1 b heures '4-2,1 *

19" iT" /i3,6 ii:y\S

ùf 35" (mort) fi^ .2 43 ,6

j\ous joignons à ces quatre observations, mais avec une réserve très-justiliable, l'observation suivante (^élévation extraordinaire de température communiquée à la Société clinique de Londres, par Teale :

L'ne dame fit, le 5 septembre dernier, une chute de cheval et se fractura les cinquième et sixième côtes. Six heures après l'accident, la température était à 101° F. ( 38**,3 C). Quatorze jours plus tard, la patiente ne souffrait plus que d'un peu de rachialgie. Le 3 octobre, la température de 100" F. remonte à 101 '. Légères contractures dans les muscles du pied. Depuis ce moment, la température continua de s'élever, malgré l'application d'un sachet de glace sur la colonne vertébrale. Jusqu'au 5 novembre, io5' F. (4o%5 C). Le 6, 106' F. [ '1 1,1 C). Le thermomètre s'éleva dans la suite avec de trèscourtes rémissions jusqu'à iî2î2 ' F. (3o',6 C). Il redescendit à 1 1 /j ' F. ( /» 5 ',5 C. ) pour remonter à 1 2 2 degrés le soir. Pendant le mois de décembre, la température descendit à 110 F. ( 43 ,3 C), et revint dès janvier au degré normal. L'urine était riche en urates. L'intelligence était intacte, il n'y avait pas de paralysie proprement dite, mais une légère faiblesse de la jambe droite. Avant, comme après l'accident, on avait obsené

chez cette malade des attaques d'hystërie. Pour assurer Texactitude de ses recherches, Teale avait fait fabriquer des thermomètres à échelle très-ëtendue et en avait placé un dans chaque aisselle. Différents médecins ont pu constater comme lui l'élévation de la température K

Nous citons ce cas à titre de curiosité et nous ne nous permettons d'en déduire aucune conclusion. Notons seulement que la malade était hystérique; les médecins furent-ils induits en erreur?

Les quatre premières observations montrent une parfaite concordance entre elles. Dans toutes on voit la lésion de la moelle être suivie d'une paralysie plus ou moins généralisée, et consécutivement d'une notable élévation de la température de tout le corps. La rapidité avec laquelle la montée de la température , du moins dans la plupart des cas , a eu lieu , et le défaut de tout autre signe visible, ne permettent pas de croire que la cause soit une inflammation de la moelle.

On en conclut que, chez l'homme, une blessure de la moelle épinière, surtout h la région cervicale inférieure , peut produire une élévation considérable de la température du corps.

Les résultais des recherches expérimentales faites chez les animaux sur les lésions de la moelle sont parfaitement d'accord avec les faits pathologiques.

Quant h la section totale de la moelle épinière , la plupart des expériences pratiquées par MM. Bernard, Schiff, Ghossat*, Brodie, Bezold', et plus récemment Tscheschichin ^, montrent qu*elle entraîne un abaissement plus ou moins rapide de la température du corps.

Brodie seul rapporte, mais d'une façon peu probante, avoir

' Teale. The Umceî, 6 mars 1876. ' Bezold, Gtkrtuizle Wirhmgin dê$

L*obMrvation est analysée dans la Gn- Rûekenmm'kê.

zelU de» hà/ntawr, 1876, p. 356. * TflcbescInchÎD , Arehitet d'anal, et

* ChoMat, MeckêVê Arch.y B^ VII, phyê. de Reichert H Dulfoiê Reymond,

502 CHVPITRE II. — L\ CHALKUR ET LA FIÈVRE.

Ml une (^l(?vaUon de la lempëraturo chez des lapins apns la section de la niO(^lle: M. Schifl'a observé plusieurs fois chez {l<*'< chiens, après la section de la moelle dorsale, une faible éltfvation de temjx'rature.Tscheschichin rapporte un cas où, chez un lapin au([nrd il avait coupé la nioello allongée au niveau du ponl doVarole, la température s'éleva en {piel(piesljeuresde'ide(jrés.

Les recherches de Tscheschichin ont prouvé qu'il suHisail. après la section de la moelle, notamment au cou, d'envelopper et (h» couvrir soigneusement Tanimal pour retarder ou même arrêter quelrpie temps chez lui le refroidissement; on doit donc penser (|ue la chute rapide de la température observée chez les animaux soumis à cette expérience lient surtout à l'excessive perte de chaleur rpi'ils éprouvent à la surface du corps.

Ici, il y a une supposition qui expliquerait et la contradiction apparente entre les observations faites sur l'homme et les ex[)ériences faites sur les animaux, et aussi l'inconstance des résultats expérimentaux.

Si l'on admet que la solution de continuité de la moelle enlraîne une élévation de la production de chaleur et une augmentation du rayonnement de la chaleur à la peau, on conquendra facilement qli'il se produit un excès dans la perte de chaleur, c'est-à-dire, un refroidissement de l'animal d'autanl plus rapide», que sa surface est plus grande par rapport à la masse de son corps, et réciproquement. Plus l'animal est gros, c'est-à-dire plus est petite la surface de son corps par rapport à sa masse, plus les circonstances sont favorables pour la prédominance du premier des deux facteurs et plus facilement se produit une élévation de température.

La concordance des faits sus-énoncés montre que, chez riiomme, à un degré élevé, chez les chiens, du moins dans quelques cas. il y a une élévation de la température du corps a|)rès les lésions de la moelle, tandis que, chez les lapins, qui sont beaucoup plus pelils, il se])roduit, presque sans exception, un refroidissement ra|)ide.

RÉGULATION DE LA CHALETR. 503

Que Tschesrhichin n'ait pas réussi chez ces animaux, par iVnveioppement, à arrêter complètement riniluonci' fâcheuse de la perte notable de chaleur qui a lieu par la peau , on ne saurait s'en étonner, puisque, comme cela se voit aussi chez des animaux beaucoup plus gros, Thomme et le chien, cette élévation de température n'a été observée que dans des circonstances où les conditions étaient défavorables à la perte de chaleur par la peau. Du moins il faut noter que toutes ces observations ont été recueillies en été.

Le but du mémoire de Naunyn et Quincke est la recherche expérimentale de l'influence du système nerveux sur la production de la chaleur chez les animaux.

On a -opéré sur de grands chiens. On a séparé la moelle, dans presque tous les cas, non par incision, mais par contusion , et en perdant peu de sang. On s'est assuré de la réalité de la lésion tant par la paralysie complète des muscles que* par la nécropsie ultérieure. Du reste, l'expérience VII montre que la section donne le même résultat que la division par plaie contuse. Les animaux étaient narcotisés, la dure-mère incisée; et aussitôt on appliquait la pince contondante, habituellement à la hauteur de la sixième vertèbre cervicale, l'expérience ayant démontré qu'au-dessus de la cinquième la contusion faisait mourir aussitôt le chien par arrêt de la respiration.

Les mesures de température étaient, dans tous les cas, prises dans le rectum, avec un thermomètre divisé en dixièmes de degré. Quelquefois les expérimentateurs, sachant que les animaux acquéraient dans la nuit leur plus haute température, plaçaient à demeure un thermomètre h maxima.

Ces expériences furent commencées dans l'automne. Cette circonstance, c'est-à-dire la douceur de la température à ce moment, doit être considérée comme la raison pour laquelle, dans leurs premières recherches sur des chiens de forte taille, après le bi'oiement de la moelle à la hauteur de la sixième vertèbre cervicale, il se produisait une haute élévation de la tempéra-

CHAIMTRE 11. — LA CIHLEUR ET L\ FIÈVRE.

(lire dos animaux, bien que, pour s'opposer à un trop grand rplroidissonienl , ils eussent pris soin d(» les envelopper de couverlures de laine». Plus tard, quand la (enjpérature extérieur»' se mil i\ baisser raj)idement. ils n'observèrent plus d élévation de la tempéralure cbez les animaux opérés; bien plus, ils ronslalerent loujours un abaissement de température rapiile et juscpiVi la mort.

(les expériences montrent que Tenvelopperaent des animaux avec la ouate, les couvertures, etc., ne peut contre-balancer la perte de la chaleur par la peau. L'échauffement par la température de Pair ambiant est bien plus efficace, si Ton met les animaux dans une chambre bien fermée et chauffée ti sli ou )]o' C, c'est-à-dire à peu près à la température de Télé.

Les auteurs donnent ensuite les tableaux de leurs opérations '.

\ oici lin de leurs tableaux :

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