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Mtùmum.
Le chien ert OMrt ; déji putréfié, lïtomo-
mitre è oiaiima daaa Taniu. 1 Elévation totale : %\^. 1
Pour voir si l'élévation de la température pouvait être imputée à une diminution du refroidissement produite par Tergotine , «t quelle influence Tergotine seule avait sur la température, on institua l'expérience suivante:
XXI. — On injecte U grammes d'ergotine sous la peau d'un chien à poil soyeux, de 6 kilogr. 5oo gr. Le chien montra bient6t du malaise, de l'affaiblissement; il trembla de tout son corps et eut de fréquents vomissements. Sa température, qui était, au début, de âo degrés, tomba, en l'espace de six heures, de quelques dixièmes de degré seulement.
Le jour suivant^ le chien étant rétabli, on lui administra la même dose d'ergotine, et en même temps on lui écrasa la moelle au niveau de la sixième vertèbre cervicale. Le chien fut placé sur de la paille dans la chambre. La température , après l'opération, tomba continuellement; l'animal, à la Gn du jour suivant, n'avait que 97%7 dans l'anus, et il mourut dans la nuit.
On voit par là combien l'ergotine influe peu sur la température du corps, et que la cause de l'élévation de la température dans l'observation XX était non pas Fadministration de cette substance, mais le fort volume et le poil épais de l'animal mis en expérience.
Si maintenant on examine les expériences de XVII à XX, oà il n'y a eu qu'écrasement de la moelle, on y voit des élévations de température de 9%65 à 3%i5.
On peut supposer que, dans les précédentes expériences, on ait, par un obstacle apporté à la perte de la chaleur, obtenu que l'augmentation de la production se manifestât sous la forme d'une élévation de la température; mais il reste à chercher s'il serait possible de maintenir la température du corps, malgré la section de la moelle , à son niveau normal , par l'arrêt de la production de chaleur.
Naunyn et Quiucke ont tâché d'y parvenir par la quinine, qui a été employée tant de fois et avec succès pour amener
MJ '.H\i' [iîK 11. — I. \ riULELR ET LA FIEVRK.
i'.jli ii>-Hrii»fit d^ Id tefii|»^*rHtiir»' «Ihiis la lièvn»; ils espéraient. |)rii 1111 ^L^^liUr^t ^oit jM»>itil soit n»'*}|iitif. joler quelque lumière |>fut-»^(n* -ui le iiiudM d'a< lion en<on» si j»^u connu de la quiiiiii»-: nMii> «|i.iin»r.ifi< |ilu> loin le> résultats obtenus, quoique r nntfHiin toiffs. »\t»v. rli. |\. Artion fin sulfate fie nuininp.)
tu t'-riuiii «nt, NauiiNU «*t Quiiitke [H'évoient une ohjectirui: à N^ivoii que r«*iéwi(iun de température cpii suit le broiement «I»* la mo«'ll»* •'•pinière nr serait autre chose <|u'une fièvre d'inf»M:linii produit»' par la n^sorption des sécrétions de la plaie. .i[ii»Miées p,ii rMUMTlurt'du ^ac de la dure-mère, r Nous croyons, di>»Mit-il>. pouvoir réfuter celle objection, en rappelant avec (pudle ra[)iditt'' coiiimeiic»' IViévaticm, conime on le voit surtout dans le.> <'\péii«»nc«*> l\ . I\. \\\ ; ici, il n'était pas possible <piVn si p«'u d heures les >écrétions eussent acquis la propriété Miforlieu>e; ell»' »»sl contredite »Micore par les expériences \IV et \\ I. 011 la blessure des [larties molles, de la dure-mère et de la morlle, était la niéiiie, mais avec une plaie plus profonde en raison du .siégr. el où l'élévation de la température est restée faible juMpi'iiu dernier moment. L'Inpothèse d'une propriété [Kirticulièrement infectieuse des j)arties broyées de la moelle doit être aus>i l'cartée '.^
-Nous a\ons donné presque ut edtenfio ce mémoire de MM. iNaunyn el Ouincke. parce que les expériences ont été laites avec orand .soin et «pi'elles ont été variées. Nous devons [)Ourtanl ajouter ijue d'autres physlolofjistes. iMM. Riegel. Kosentbal, Po( lioj , n'ont pas obtenu des résultats concordants, (|ue, par conséquent, de nouvelles recherches sont nécessaires. Il faut pourtant admettre que les lésions de la moelle peuvent amener cb<^z l'homme, comme chez les animaux, une rapide éié\ation de la température.
' Eail il riii-oliliit îiiKilt)mi(|ue de Ber- M. \e (ionbeilU-T pii\é Reichf'rt(i.) août Im, ijiàre a la |Mîtiui»ioii lihéraK^ de 1869).
RÉGULATlOiN DE LA CHALEUR. 513
Roseoihal, dans un travail donl la Revue des cours scienU^ fiques a publie une analyse très-coujplèle , fournit, outre ses recherches personnelles, un ei^posë intéressant de la question en Allemagne ^
. Les expériences du professeur de physiologie de l'université d'Erlangen ^ ont surtout eu pour objet d'étudier l'action d'une température élevée sur les animaux. Il introduit dans une étuve des animaux, de préférence des lapins, vivants et libres ; il insiste sur ce dernier point : l'animal libre de ses mouvements, libre de se pelotonner sur lui-même quand il fait froid, de s'étendre quand il fait chaud, garde sa température invariable dans des limites plus étendues que ne le fait un même animal attaché et ne pouvant prendre la posture qui lui est la plus convenable. Les résultats obtenus sont les suivants : à une température ambiante de + 1 1 à + 3a de* grés C, la température de l'animal en expérience ne varie pas, sauf quelques légères oscillations passagères entre a 6 et Sa degrés. De 3q à 36 degrés, la température de l'animal monte à /îi*/î<i degrés, puis devient stationnaire; l'animal est couché , les membres étendus et écartés , la respiration est ha* letante, les battements du cœur sont fréquents, les vaisseaux cutanés très-dilatés. De 36 à ko degrés, la température de l'animal s'élève rapidement à /i/i-&5 degrés, les phénomènes précédents se prononcent davantage, la pupille se dilate, les muscles sont en résolution, et la mort arrive au bout de quelque temps. Que l'on retire à temps l'animal en expérience et qu'on l'abandonne à la température habituelle du laboratoire, sa température tombe à 36 degrés et au-dessous, et demeure basse pendant plusieurs jours.
' Rnuêdeêcowrê$cie9à^uet,^\àé- et aa Sénat de ruuiveraité Frédérir-
cenil>re 187a, p. 099. Aleiandre d'Erlangeo, par le docteur
' ZurKenniniêtdigrWârtneregnUrwig J. Roaentha], professeur de physiologie
6pt ien frarmblàtigen Thieren. ( Disser- et directeur de I*Institut physiologique
lation d'entrée i la Kacnlté de médecine d'Erlangen. ) Erlangen , juin 1 879.
:-'.r..'Li. — L V Lh \LtLH tr LA KIt\ i;t.
'J .'-..•r? >--iit le> • viidîiMoiiN H tiivr (le ce^ eï|iérieiices ! L'-n? '.ou'.'T*. la teriip^^rature dt- l'aninidl est supérieure à celle •lu uiiiie:-. ainhidnt: il |»er'l donc constamment de la chaleur. N! -!*. eii -ii;ro?iir. i-^ «juanîité de «hal^^ur jiroduile constante, -* •L'^fur^r «^u»"- Id t- tijp»''pitur>-' cmibiant»-' s'élève, la diflereiio' •^htr^ -iie-'i Ht in t^mpHrature de l'animal diminue, et 1h [•erî»? d»^ -ai «ri jue. qui n'e>t déterminée que par cette diflérence. doit diminuer du»i: la température de Tanimal duil d«'nc >'éîe^êi d'une cei laine quantité: elle s'élève, en ellet. iii^is d'une quantité moindre. Il \ a donc dans ce phénouièiie jitef^enti .n d'un dppcireil réf^ulateur de la chaleur. El cet HppîrHl [►eut l'on» tionner de deui façons : ou bien en diminuant Id «jUcinlit»' de elialeur produite, ce (|ui n'a encore |)U être C'-nstate: ou bien en au^qnentant le^ pertes de calorique, ce i|ui arrive. Le> vai>>eaui cutanés sont dilatés, la périphérie reroil une plus grande quantité de sang, qui. plus chaud qu«- b' milieu ambiant. >e refroidit. En même temps l'exhalation aqueuse est plu> considérable et concourt à faire |}erdre à l'animal plu> de calorique. A l'appui de celle théorie vient encore le lait constaté de l'abaissement, au-dessous de la normale, de la lempératuie de l'animal lorsqu'on l'a retiré de rétu\e. Cet abaisstinent est la consé<|uence naturelle de la paraKsie des \ aisseaux suus l'inlluence de la chaleur, paralysie (jui est hurs de doute: les \aisseaux périphériques restent paralysés et dilatés d'autant plus longtemps que la température a été plus élevée: le réseau cutané, dans bMjuel se fait h' refroidissement du san<;. reçoit une plus grande quantité de sang (|ue chez un animal sain, l'animal doit donc se refroidir davantage.
M. Rosenthal pari de ce lait pour jHoposer une explication ingénieuse de Taclion patliogénique du refroidissement. On se soumet à une température élevée, comme celle d'un»^ salle de bal, d'un théâtre, on se livre à un exercice musculaire violent, les vaisseaux cutanés sont dilatés, dans un état
RÉGULATION DE LA GdALEUR. 515
|>Ius» OU moins voisin de la paralysie» dans tous les cas plus lents à se contracter ; qu'à ce moment on vienne à s'exposer brusquement, sans transition, à une basse température, surtout à un courant d'air froid , il se fait immédiatement une perte de chaleur considérable à la surface du corps; le sang, qui s'est notablement refroidi à la périphérie, revient dans les organes internes, les refroidit brusquement, et cela seul peut, surtout dans un organe déjà prédisposé, devenir la cause efficiente d'une maladie. Les vaisseaux cutanés , de leur côté, se contractent, chassent le sang qu'ils renfermaient, et il se produit ainsi une hypérémie collatérale, qui peut, elle aussi, exercer une action pathogénique. Toutefois cette cause n'est qu'accessoire, du moins dans les cas où la température a été très-élevée; les vaisseaux ont alors perdu de leur tonicité, ils ne se contractent pas subitement; mais, si le danger de l'hypérémie collatérale est ainsi diminué, celui du refroidissement est encore accru.
La température de l'animal soumis à l'action de la chaleur reste quelque temps, avons-nous dit, au-dessus de la normale. Aprj^ qu'elle y est revenue, si l'on répète l'expérience, on voit l'animal résister bien mieux que la première fois; sa température ne s'élève que peu et plus lentement ; il s'acclimate, pourrait-on dire. Il perd, il est vrai, beaucoup d'eau, et l'on pourrait invoquer l'augmentation de la déperdition de chaleur par évaporation pour expliquer ce phénomène. Mais, dans l'air sec, comme dans l'air saturé d'humidité, cet animal s'échauffera toujours moins qu'un animal semblable, mais •exposé pour la première fois à l'action d'une haute température. En même temps cet animal maigrit, perd Tappétit, devient lent et paresseux; c'est un animal malade, et l'on peut admettre que, dans ce cas, il produit moins de calorique qu'à Tétat de santé.
Ce n'est pas à dire cependant, comme le veulent Hopp, Liebermeister. Rôhrig et Zuntz, que la quantité de chaleur
510 i.llAPITHE II. — LA CHALEUU KT LA FIEVKE.
produite augmeiile avec la quantité de chaleur perdue; diverses expériences, celles notamment de Sénator, de Winternitz. de JurfjensrMi, ont démontré qu'il n'en était rien. Ou«"d la suilace du corps est (*xposée au froid, un therraomètiv introduit profondément dans le rectum n'indique jamais une augmentation de température. Un thermomètre placé dans l'aisselle s'élève; mais, dans ce cas, il y a, par suite de la contraction des vaisseaux cutanés, afflux de sang plus considérable dans l'aisselle, et, comme ce sang venant des organes internes est plus chaud que ne l'était l'aisselle auparavant, il y a augmentation de température locale. En effet, au point de vue de la distribution de la chaleur animale, nous pouvons regarder l'organisme comme formé de trois couches : Tune interne, où se fait la j)roduction de chaleur; l'autre externe, |)ériphérique, superlicielle, où se fait la perte de chaleur: une troisième enfin intermédiaire, d'épaisseur variable, suivant les différents [)oints du corps, et dans laquelle se fait graduellement le |>assage de la température centrale à la tem[)érature périphérique ; c'est la tenq^érature de celte couche qu'indique un thermomètre placé dans Taisselle. Que les vaisseaux périphériques s(î contractent, l'afflux du sang sera [dus considérable dans la couche intermédiaire, et, comme ce sang vient de la couche interne, qui est plus chaude, la tenq)érature de la couche intermédiaire s'élèvera, bien que Torganisme, considéré» dans son ensemble, ait perdu de sa chaleur.
Juscpi'ici la perle de chaleur par le tégument externe a seule» été envisagée. Or la surface pulmonaire est aussi le siège d'une déperdition de calorique : la température du cœur gauche, inférieure à celle du cœur droit, en est déjà une preuve; les expériences de Riegel. confirmées par celles de Ro.-enthal , démontrent (pie,.bous Tintluence d'une température and)iante élevée, la lenq)érature de l'animal s'élève d'autant moins ([ue celui-ci respire davantage; c'est là le motif pour
lequel cette augmentation est plus marquée, si l'animal est profondément narcotisé,et, par conséquent, a une respiration moins fréquente.
Quelle est Faction des centres nerveux sur la régularisation de la chaleur ? C'est là un fait intéressant à établir, et d'au* tant plus que les résultats donnés par les auteurs sont contradictoires.
Ainsi Naunyn et Quincke, Fischer, disent que la section de la moelle épinière est suivie d'une élévation de la température chez un animal exposé à une chaleur d'environ Sa degrés. Tscheschichin prétend que la section du pont de Varoie amène une augmentation de température. Heidenhain rapporte le même effet h l'excitation de la moelle allongée. Ces auteurs sont amenés à admettre dans la moelle l'existence 'de centres nerveux : les premiers, modérateurs de la chaleur animale; le dernier, producteur de la chaleur animale. D'après Ri^el, la section de la moelle est suivie d'un abaissement de température. Nous croyons inutile de rappeler k nos lecteurs que la section xle la moelle est un des moyens employés par M. Claude Bernard pour amener le refroidissement d'un animal.
Rosenthal a repris les expériences de ses prédécesseurs. Ses recherches n'ont porté que sur des animaux qui venaient d'être opérés ; il voulait ainsi se mettre à l'abri des erreurs dues â l'apparition de la chaleur fébrile, et qui entachent plusieurs des résultats antérieurs. Après la section de la moelle épinière, au niveau de la sixième ou septième cervicale, il a vu la température de l'animal s'abaisser, la température ambiante étant inférieure à 3q degrés; à 3a degrés, l'animal garde sa température initiale; si la température ambiante dépasse Sa degrés, tout en restant inférieure à celle de l'atmosphère, la température de l'animal s'élève, mais moins que chez un animal de même espèce, mais non mutilé, et placé dans les mêmes circonstances. L'explication de ces phénomènes
:,|S rH\PITRE H. - L\ CIHLECR ET L\ FTKVRE.
^sl facile ;'i flonner: il y r paraivsie des vasomotenrs, of par ^Jiite |>^r(e d'un»^ plus grande «juantitf^ de chaleur.
Mais, si la >er(ion de la moelle n'est faite qu'au niveau de< sixième ou s^'ptième dorsales, la terap^^ralure de Tanimal va »'n s'tMeNant dès que r«dl«' du milieu ambiant dépasse 3o degn's. La paral\>ie d'un certain district vasculaire devrait ccliHnHanl Ifiire |)erdre à Tanimal plus de chaleur, amener un ;il)ai<senK*nt de tempt'rature moindre que dans le cas précédent. Mais il intervient ici d'autres facteurs dont il faut tenir compte, et qui équilibrent cptte déperdition de chaleur. L'animal dont la moelle n'est sectionnée qu'au bas de la région dnr'-ale peut encore contracter une grande partie de ses muscles, et il le fait effectivement: or on sait que la contraction musculaire est une source de production de chaleur. De plus, on constate que, chez lui, quehjue élevée que soit la température ambiante, les vaisseaux de l'oreille ne renferment (jue peu de sang; et cependant ces vaisseaux, encore en coniïnunication avec le centre vasomoteur, sont paralysés par Tarli(m d<* la chaleur: s'ils sont pâles, c'est par le fait d'une anémie collatérale. Après la section de la moelle au-dessus de l'origine des splanchniques, les vaisseaux, ceux surtout des viscères abdominaux, qui plongent dans un tissu peu résistant, se dilatent à l'extrême, le sang s'y accumule; par contre il n'en circule plus que peu et lentement dans les vaisseaux cutanés, l'animal perd moins de chaleur que ne le fait un animal sain dans les mêmes eirconstances: sa température doit donc s'élever.
Ainsi, en résumé, un animal est exposé à l'action d'une ten)pérature ambiante élevée. Il régularise sa chaleur: cria ([iiantité de calorique qu'il produit n'augmente pas; la régularisation dé|)end des variations dans les pertes de calorique, varialions (]ui sont elles-mêmes sous la dépendance de l'état de contraction ou de dilatation des vaisseaux. Ces pertes de calorique se font surtoni par la surface cutanée: la respira-
RÉG.IILATfON DE LA GHALEOR. 519
rion, l'exhalation aqueuse, ne s'y ajoutent que pour une quantit<^ insignifiante.
Telles sont les conclusions auxquelles arrive Rosenthal; elles ne sont peut-être pas appelées, et d'ailleurs l'auteur se défend de cette prétention , à trancher toutes les questions qui se rattachent au problème de la régulation de la chaleur animale. Pour le professeur d'Erlangen, cette régulation est entièrement dépendante de l'action vasomotrice du système nerveux; cette interprétation diffère de celle de M. Cl. Bernard; nous avons vu que, pour Téminent physiologiste du Collège de France, le système nerveux du grand sympathique a , outre son action vasomotrice , une action thermique qui en est indépendan te. Les expériences, d'ailleurs, n'ont pas été faites , dans les deux cas, dans les mêmes circonstances : M. Cl. Bernard a surtout étudié la température dans les différentes parties du corps d'un même animal*, tandis que les recherches de Rosenthal ont porté sur la température de l'organisme tout entier: dans ce dernier cas, les facteurs étaient plus nombreux, les conditions organiques plus variées , et il en est peut-être dont il n'a pas été tenu un compte suflBsant. Les expériences calorimétriques, expériences délicates et difficiles à exécuter, destinées à démontrer que , sous l'influence d'une température ambiante élevée, la quantité de chaleur produite par l'animal ne varie pas, n'ont pas été faites, ou du moins ne l'ont pas été avec asseï de rigueur. Le rAle des vaisseaux, les alternatives de contraction et de paralysie vasculaire, ont seuls été envisagés. C'est dire que ce problème demande de nouvelles recherches pour être complètement élucidé.
D'un autre côté Heidenhain ^ , en répétant les expériences précédentes, est arrivé à nier également le centre modérateur de la chaleur invoqué par Tsheschichin. Il pense que ces va*
* Heidenhain, lnn$lMrùeher Taghi, korpertêmperatur und den Kreiêlauf /iq ao3, 1869. — Vfber biêhfr unbeachtete Areh. de Pftûgfr, 1870. Bmwnimngen 4ê$ NêrventifêtêmM aufdiê
rifïtions de tempt^ralure doivent trouver leur expliralinn dîins la d«'|)erdilion de la chaleur îi la surface du corps.
l/auteur s*est proposé de produire des modifications dans la température du cerveau à l'aide de l'excitation des nerfs sensibles, et, pour cela, il a couîmencë par comparer la température du cerveau h celle du sanjj de l'aorte h l'aide d'un a|)pareil lliermo-électri(jue.
il résulte de ces expériences que le cerveau possède, à |)eu près sans exception, une température plus haute que le sanfj artériel, et (|ue cette différence s'accroît notablement, si l'on excite les nerfs de la sensibilité. D'autre part, l'examen thermométri(|ue du sang a montré que la température s'y abaisse, quand l'excitation des nerfs a lieu, en une minute ou une minute et demie, de o^îi (]. Ces deux expériences semblent contradictoires. Cependant cet abaissement n'a pas lieu quand on a séparé la moelle albuigée de la moelle épinière. Si l'on excite la moelle allongée, la température s'abaisse aussitôt, d'où il suit que l'excitation des nerfs sensibles n'agit sur la lenq)érature que par l'intermédiaire de la moelle allongée.
Ka pression du sang croît quand la température baisse. On ex|)lique ordinairement cette augmentation de pression par une contraction des petites artères et par la diminution de l'afllux du sang dans le système artériel. Le ralentissement du cours du sang, (jue l'on peut produire par l'excitation du nerf vague, |»ar la sup|)ressi()n du courant sanguin dans une artère ou la co?npression de l'aorte, n'a pourtant pas pour consérpience un abaissement, mais, au contraire, une élévation de la te!iq)ératuredu corps. Cela s'explique, du reste, parla diminution de la perte de chaleur à la périphérie, où le sang afflue moins. C'est là aussi qu'il faut chercher la cause de l'élévation de la [cmpévMuvo post^mortem . phénomène constant chez les rhiens.
La compression de l'aorte, même quand on irrite la moelle alhmgée. pcuit produire un abaissement de la température
BÉGULATIOX DE LA CHALRUR. 521
dans le train postérieur. Au contraire rabaissement de la température ne survient que peu par Texcitation des nerfs de la sensibilité ou de ia moelle allongée chez les animaux atteints de fièvre, quoique l'augmentation de la pression artérielle s'y produise comme chez les animaux sains. Il semble cfu'on en doive conclure que rabaissement de la température ne résulte aucunement des modifications de ia circulation.
Heidenhain a vérifié de nouveau l'augmentation de pression du sang dans les vaisseaux par l'excitation de la moelle allongée; il a trouvé, en se servant de l'appareil de Ludwig, que cette pression était également accrue dans les veines, et la rapidité du cours du sang augmentée même dans les gros troncs artériels. Si l'excitation des nerfs sensibles et de ia moelle allongée et ia suspension de ia respiration ne ralentissent pas le cours du sang, mais l'accélèrent, rien ne s'o|)pose plus à ce qu'on interprète l'abaissement de la température que ces circonstances produisent, comme étant le résultat d'une augmentation de la perte de chaleur à la surface du corps. Et elles seraient d'autant plus efficaces que la surface du corps est plus froide. En effet Heidenhain a trouvé que, dans un bain froid (de ilx^ h 1 8® G.), la teiApérature intérieure * toml>e rapidement, et que cet abaissement acquiert une ra* pidité excessive quand on excite un nerf de la sensibilité. Dans le bain chaud la température intérieure monte, et cette élévation est enrayée par l'excitation nerveuse, mais faiblement. Enfin, si ia température du bain est plus haute que celle de l'animal , on peut , même si l'on produit l'excitation nerveuse, observer une ascension très-rapide de la température du corps.
Dès lors, sans invoquer une action immédiate du système nerveux sur la production de la chaleur, tous ces phénomènes peuvent être ramenés simplement h une question d'émission de chaleur è la surface du coq>s. On peut expliquer le peu d'actioo de l'excitation nerveuse sur la température des ani-
}•} cii\i>îTni': II. - i>\ ciîM.KnR et la fikvre.
niaiïx on ri al (l(^ fiovre |)fir le depiV' élevé do leur lompératuiv |>/M'i|)h/'rir|in\
lloiflenhain a d/'iiiontré par ces oxpérienres que l'excitation (les nerfs sensitifs a pour résultat un abaissement de ia température du r()r|)s. Une ancienne expérience de M. CI. Bernard semble en ronlradiction avee celles de Heidenhain. On sait ([ue, si Ton enfonce un clou dans le sabot d'un cheval, il se produit chez lui une fièvre traumatique. Mais si. avant dVnfoncer ce clou. M. (il. Bernard coupe les nerfs sensitifs. la fièvre ne se |)ro(luit plus.
Peut-être expliquerait-on le résultat contradictoire des expéri(»nces de Heidenhain en remarquant que, dans ces der nières, rabaissement de température est passager et survient pendant les |)remiers instants qui suivent l'excitation, tandis que, si Ton prolonjje l'excitation, la température reprend rapidement son niveau, ainsi cpie Heidenhain l'a noté lui-même. Mais ce sont des recherches à préciser de nouveau, et il est mieux de ne pas conclure a priori,
Brcuer el (Ihrobak ' ont entre|)ris aussi des expériences destinées à (^'terminer si, dans la lièvre traumatique. l'agent producteur de la fièvre se transmel |)ar la voie nerveuse ou par le système vasculaire.
Dans ce but. ils out réséqué d'abord tous les troncs nervcMix d'un des membres |)ostérieurs d'un chien, nerfs sciatique, obturateur, crural, à leur sortie du bassin, dans une longueur d'un à trois quarts de pouce: ii resta seulement du nerf obturateur un petit rameau musculaire profond. Là oii siège le réseau sympathique du membre postérieur accompagnant l'artère crurale, on retranche un bout de cette artère de trois quarts de pouce jusrpi'îi un pouce de long entre deux ligatures. Après celte o|)éralion. il fallut, en général, de quatre
' Bi»*iJ«^r ri CliroliMk /.nv l.ihrc ri>nt W nuil/îphpt' (OFsîer medir. Jtilnh., u 'k !•' 1-1-, iHH;!.
RÉGULATION DE LA Cff ALEIIR. 523
ù huit semaines pour la cicatrisation de la plaie, dans un cas cinq jours seulement; puis on fit une blessure profonde à la jambe pour produire la fièvre, cVtait soit un écrasement, soit rinjection de teinture d*iode, d'huile essentielle de moutarde, etc. Les recherches montrèrent qu'après cette excitation , malgré l'interruption complète du courant nerveux, il se produisait encore une élévation de température; cette élévation atteignait o^& et i°,8 dans le maximum observé pour la seconde opération , en tout cas elle était égale à celle qui se produisait dans le cas où les mêmes lésions avaient été faites sans avoir été précédées de la résection des nerfs.
Malheureusement il faut remarquer qu'on a négligé de s^assurer si les nerfs réséqués n'avaient |)as été régénérés pendant ces quatre ou six semaines, précaution qu'il faut toujours prendre.
Ces expériences semblent prouver que la fièvre traumatique ne résulte pas d'une excitation nerveuse, mais du transport par les veines des matériaux provenant de la partie lésée.
De ces recherches si délicates et si difficiles à interpréter, il résulte que le système nerveux central et surtout la moelle et le bulbe ont une influence réelle sur la calorification , mais il semble que cette action s'exerce surtout par l'intermédiaire du système des petits vaisseaux. La dilatation et la constriction de ces derniers sont sous la dépendance des nerfs vasomoteurs, et leur état de reiftchement ou de resserrement commande la circulation périphérique (cutanée et pulmonaire); celle-ci règle la dépense et par conséquent la chaleur centrale, résultant de l'équilibre entre la production et la déperdition. Probablement aussi les échanges chimiques ont leur activité limitée ou exaltée par Tabondance du sang qui baigne les tissus et on peut admettre que, sous ce rapport, If^s vasomoteurs ont une action sur la nutrition ou la production de la chaleur.
55'i (:îI\PITRE II - 1 \ CHALEUR ET LA FIÈVRE.
Nous croyons (|ira('lup||pmenl nos ron naissances pljvsiolo |ji(|ncK iM» nous pHrnn'Itcnt pas (Kaller au d«Ma (]o res conclusions.