‹ De la température du corps humain et de ses variations dans les diverses maladiesChapitre 113 sur 122 · S VII · texte numérisé non relu

S VII

Nous av(»ns établi, en élucliant les travaux des phvsiolofjisl (()nlein|)f)rains. par (jnels moyens Tliomme sain parvenait à maintenir constante la température de son corps, et. dans un chapitre prt'cédent, nous avons rappelé les efforts de Liebermeisler et de ses élèves, de kernig principalement, pour déterminer non quelle étail la température du corps, mais quelle élail la quantité ib» chaleur réellement produite. Or il faut, avant d'exposer la théorie de la fièvre, que nous sachions s'il v a dans la lièvre une plus grand»» quantité de chaleur créée (»l si sa régulation obéit encore aux mêmes lois. Nous verrons, en effet, cpie qu(»li|ues-unes des hypothèses proposées poiu' explirpier la fièvre mettent précisément en doute «ette augmentation dans la |)rodncti<)n de la chaleur.

a. PRonrcTioN dk ia chalrir dans la fièvre.

Liebermeister ' a fait, pour démontrer que dans la fièvre il \ a une plus grande quantité de chaleur produite, des travaux basés •^ur ce j)rincij)e : il calcule la (piantilé d'acide carbonique exhalé en un temj»s donné par un homme sain puis|)ar un homme malade: il fait remarquer que l'acide carboni(|ue surpasse de beaucoup tous les autres produits d'oxj-

' l.i»»b«'riiiiM<.ler, UfchcyrhpH nnr les fiir klin. Mfilicin j I. VU, p. -'i, 1871». ilKnifrrmcnts (juaulilatifs {innH hi i)v(nh(r- Doiixiènio mémoire, ibid., t. Mit, tinii ih' rnnilf airhoniffut' chr: riioininf. p. 1 5.'^. Troi'sièrtiP inénioife, thul., I.\,

LA FIËVHE. 525

dation, son rapport à i*urée chez les individus bien portants est comme a o est à i ; on ne saurait donc mettre en doute que sa détermination sera bien plus capable de faire évaluer la somme des oxydations et la quantité de chaleur produite que les conclusions tirées de Taugmenlation de Turée. 11 se sert, pour ces expériences, d*une caisse où un homme peut rester aussi à Taise que dans un coupé de chemin de fer, où il peut se coucher, s'asseoir, lire, prendre un bain; un courant d'air de volume connu entretient une ventilation très-suffisante, lîo litres par minute environ. Les produits de l'expiration sont recueillis et dosés.

Liebermeister choisit un homme atteint de fièvre intermittente, parce qu'il peut connaître exactement la quantité d'acide carbonique qu'il élimine bien portant et que cette quantité varie chez chaque individu. L'auteur fait remarquer qu'il n'a observé que des malades atteints de fièvre intermittente légère, parce que cette maladie n'existe pas à Bâie, et qu'il n'a pu l'étudier que chez des voyugeurs atteints de rechutes.

Première observation, — Un charpentier, âgé de vingt-deux ans, fut mis en expérience, deux fois pendant un accès de fièvre, deux fois pendant Tapyrexie. Chaque fois le malade a passé deux heures dans la chambre close, et l'on a déterminé de demi-heure en demi-heure la quantité d'acide carbonique exhalé. Le poids du malade a été, dans la première expérience, de 6â kilogr. 700 gr. , et, dans la deuxième expérience, de 61 kilogr. 600 gr. Toutes ces expériences ont été faites au milieu de la journée et en rendant les conditions aussi sem* blables que possible.

Dans la première expérience (ti juin 1869, stade d'accès), la température axillaire était, quarante-trois minutes avant la mise en observation, de 38% 1 ; au commencement elle était de 39%5; elle monta, dans les quarante minutes qui suivirent, à /io'*,5, resta h ce maximum, et retomba, neuf minutes après

la lin (le rexpérieiice, à 39%y. Les frissons avaient déjà cessé au début de Texpérience, celle-ci comprend donc la période (le chaleur.

Dans la deuxième expérience (y juin, apyrexie), la température axiilaire était de 87 degrés, puis de 36",/j.

Dans la troisième expérience (10 juin, accès de fièvre), l'acrès avait commencé trois heures auparavant; la température axiilaire avait monté à 4o degrés, mais elle avait déjà baissé avant le commencement de Texpérience, et, 38 minutes aprè^ la tiii, elle était redescendue à 38°,3. La sueur paraissait déjà piand le malade entra dans la caisse. L'expérience embrass»' lonc la période de sudation.

La (piatrième expérience (i3 juin) tomba de nouveau pendant Tapyrexie. Le malade avait pris, le 1 i juin, i^',5 de sulfate de cpânine, et il n j avait pas eu d'accès le 1 a juin.

IH'AÎSTITE KN GRAMMES D'ACIDE GAHBONIQUE PRODUIT. 110.M)1Ë DE VINGT-DKUX ANS.

MOMENT

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En ileiix Ijeiues.

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ACCÈii.

Slaili' (le sueur.

APIBBtU.

Ainsi la [)roduction diacide carbonique, pendant les accès, a été plus considérable (jue pendant l'intervalle des accès. Les cliiHres obtenus à charpie demi-beure, pendant Tapyrexie, n'ont jamais égalé aucun de ceux obtenus de demi-heure en demilieurfî |)endant Taccès. Dans la période de chaleur i'augiin^nta-

tion a été de 3 1 à 3â p. o/o, et, pendant la période de sueur, de i5 à 97 p. 0/0.

Deuxième observation, — Chez une fille de vingt ans qui souffrait depuis peu d*une fièvre tierce, on fit quatre séries de déterminations d'acide carbonique, toutes de k heures à 7 heures de l'après-midi. La malade pesait, à la première expérience, b'j kilogr. SCO gr., à la dernière 56 kiiogr. 100 gr.

La première expérience eut lieu le q août i8()y, pendant l'ap) relie; la température dans l'aisselle, après cette expérience, était de 36%5.

La deuxième expérience se fit pendant un accès le 3 août. La température dans Taisselle, quinze minutes avant le coni- Qiencement de l'observation, était de 3 8", 7 ; bientôt après survinrent des frissons modérés; la température monta lentement, atteignit &o%9 quatre-vingt-cinq minutes après le commencement; elle persista alors à ce niveau, et n'était redescendue qu'à &o%& trente-cinq minutes après la fin de l'expérience. Celle-ci eut donc lieu pendant le stade de frisson et celui de chaleur.

La troisième expérience eut lieu le 5 août pendant un accès, mais aux derniers moments de l'accès. La température s'éleva à Al", s dans l'aisselle vingt minutes avant le commencement de l'observation; déjà, au commencement, elle avait baissé légèrement, et vingt-cinq minutes après les deux heures d'observation elle était à 39",9. Chaleur sèche jusqu'à la troisième demi-heure, un peu de transpiration à la fin. L'expérience eut donc lieu au commencement du stade de sueur.

La quatrième expérience eut de nouveau lieu pendant l'apyrexie, le 6 août. Pendant celte observation la température monta à 36%9 dans laisselle.

Un gramme et demi de quinine coupa net les accès.

(:ilAl»lTKt 11. — LA c:UALEUn ET LA FIÈVRE.

(HAMITE KN GRAMMES D'ACIDE CARBONIQUE PRODUIT.

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