‹ De la température du corps humain et de ses variations dans les diverses maladiesChapitre 119 sur 122 · RÉSULTAT · texte numérisé non relu

RÉSULTAT

DBS VAUiTIO^^

observa».

Perle.

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Perle.

Gain.

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Pertp.

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( Non observée.)

Perle.

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CniFFBE

XOTBN

par joar (po grammes).

iao,o8 30,76

I i8(soo I 80,00

Dcins les autres maladies aiguës, M. Layton a obtenu des résultats analogues.

Fm 1869, un de nos élèves, M. Sautarel ', a repris cette question et est arrivé h des résultats semblables; nous y reviendrons en étudiant les diverses maladies. Nous indiquerons également les résultats que nous avons obtenus dans le choléra '.

Théories delà fièvre. — Nous nous sommes elforcé, dans les «liapitres qui précèdent , d'établir le bilan de nos connaissances sur les causes de la production de la cbaleur, sur sa réparti-

' Suiilarel, Ih Cexamen du pouls du - P. Lorain , Le Choléra obêPirê à

rorp» cotiHidévé comme moyen ih' contràlr Vkàpit al Saint- Antoine, Paris, 1868. rlwifjUp.TUèso de Paris, 1869. ' p. ."ia. J. B. Baillière et fils.

LA FIKVRE. 573

Uon, sur le rôle du système nerveux dans sa régulation. Nous avons expose fidèlement ce que les recherches de nos contemporains nous ont appris sur les modifications que les actes morbides générateurs de la fièvre introduisent dans la machine humaine. Si nous concluons que nous sommes loin d'avoir épuisé la série des recherches et des expériences indispensables à opérer avant de pouvoir adopter une opinion sur les causes et les processus intimes de la fièvre, que Ton ne nous accuse pas de scepticisme. Nous repoussons ce reproche , nous sommes convaincu que nous suivons le chemin de la vérité, mais ce serait se laisser aller à un enthousiasme trop facile que d'accepter sans contrôle une quelconque des théories qui résultent de ces travaux. Faire la .théorie de la fièvre, c'est en effet comprendre dans une même formule, synthétiser tout ce que nous avons analysé. D'autres l'ont tenté, ils ont eu raison; convaincus par leurs recherches personnelles, plus frappés par les points lumineux qu'ils avaient fait jaillir des ténèbres que par les points qui restaient obscurs, ils ont groupé en tableaux les faits qu'ils tenaient pour essentiels, mais, dans ces tableaux, que de seconds plans restent incertains et vaguement dessinés !

Pour nous, è qui le temps et le défaut d'outillage n'ont pas permis de prendre part à ces expériences de laboratoire, nous restons olinicien , et , suivant les mœurs de nos collègues, nous prenons dans chaque théorie ce qui nous semble utile k appliquer au lit du malade , ce que, pour employer l'expression classique, nous trouvons pratique, c'est-è-dire immédiatement utilisable. Le reste servira à nos successeurs et attend qu'un ouvrier plus ingénieux vienne en élaborer la masse encore mal dégrossie. Les auteurs des diverses théories, bien que chacune se relie aux précédentes, peuvent se diviser en deux classes. Les uns ont surtout considéré la chaleur eiagérée de la fièvre connue le résultat de la rétention de la chaleur normale qui ne se répand plus au dehors, empêchée qu'elle est

57fi CriAlMTRK II. - LA CH\LELH ET LA FFEVRE.

par la rétraction des vaisseaux (|ui d'ordinaire irriguent la peau et les muqueuses.

D'autres considèrent la fièvre comme créatrice de chaleur. el ne laissent plus au système nerveux vasomoteur qu'un rôle accessoire.

En tête des premiers, nous trouvons Traube dont nous avons déjà souvent cité les travaux.

Théorie fie Traube^, — Pour TrauJ3e. la température d'une |)artie quelcon(|ue de la peau se rèyle, comme celle de toute autre partie du corps, sur la |)roportion de la quantité de chaleur qui lui est apportée, et sur celle qu'elle perd dans le m^me temps. L'apport de chaleur ne dépend cependant pas seulemcnl de la température du sang qui circule dans une partie du corps, il dépend aussi de la masse du sang qui la traverse en un temps donné. Ces deux quantités forment un produit qui peut devenir plus faible, si, par l'accroissement d'un des deux facteurs, l'autre est diminué dans son total. Même lorsque la température du sang s'élève au-dessus de la jiormale, la température d'une partie quelconque de la peau doit pouvoir s'abaisser, sitôt que, grâce au rétrécissement des artères, la masses du sang qui lui est amenée a décru plus que ne s'est élevée la chaleur du sang, (^'est un cas de ce genre, comme nous Talions voir, qu'on observe dans le frisson fébrile, pendant le((uel les artères du tégument externe sont contractées, tandis <]ue la lem[)érature du sang est élevée. Il est encore plus aisé de comprendre les autres cas, alors qu'il s'agit seulement d'une diminution de l'afflux du sang et que celui-ci conserve sa tenipérature normale ou à peu près normale.

• Traiihe, AUgemmup medirimschfi frrofpnxpes à Cuniversitê Friedrich- Wil-

(Iptitral-Zeitun}^ , iHijl^.W (nul comp\eler helm de Berlin, i'* livraison, 18H7,

rolle lliôoric par IV'ludu dt's Lcçom sur G' leçon. L'auteur revient sur sa théorie

Iph maladies de l'appareil respirniaire ^ «H la modifie légèrement, rhapilre Dr la température, in fjeron*

Nous avons un type (prototype) de l'élévation partielle de température dans Texpérience de M. Cl. Bernard sur la section du sympathique au cou chez le lapin, suivie de la coloration rouge et de réchauffement de l'oreille du même cAté. De même nous voyons souvent chez un malade, fiévreux ou non, la rougeur et l'élévation de température dans des régions limitées, sur Tune des deux oreilles ou sur toutes deux, ou sur une joue. Rappelons encore des faits intéressants qui ressortissent h cette question : la rougeur circonscrite que Ton constate souvent chez les pneumoniques sur la joue correspondante i^u poumon malade, et la rougeur circonscrite de même aux deux joues des phthisiques, et que les profanes regardent comme un symptAme d'incurabilité. Dans les deux cas les parties colorées sont aussi , en général , plus chaudes que les parties voisines.

Mais ce qui est autrement important que ces changements de température de la peau, c'est Félévatian générale de température qui a sa source dans Taugmentatton de la chaleur du sang: car elle est pour nous le gymptdme cardinal de la fièvre qui accompagne un grand nombre de maladies de l'appareil respiratoire.

Quelle est la cause de cette élévation de la température ? A cette question il n'y a que deux réponses possibles : ou bien les phénomènes de combustion qui produisent la chaleur sont augmentés, ou bien le refroidissement du sang qui s'effectue à la surface de la peau ou de la muqueuse pulmonaire, surtout de cette dernière, est diminué.

«Dans mon mémoire sur les crises et les jours critiques, dit Traube , j'.ai incliné pour cette dernière explication. L'hypothèse à laquelle je me suis rattaché depuis, sous l'influence d'observations prolongées et de l'étude a|)profondie des anciens auteurs, s'éloigne de cette explication et pourrait se traduire de la façon suivante :

«Par suite de l'influence que la cause fébrifère exerce sur

ô7h cmPITKt: II -LA CHALKIK ET LA FIKVKE.

le système nerveux vasomoteur, et (|ue je considère coinm<» irritante, les muscles <les vaisseaux qui sont surtout développés dans les artériolps et les plus fins ramûscules artériels entrent violemment en contraction. Le rétrécissement de la lumière des artères qui en résulte doit avoir un double effeL 11 y a diminution de la quantité dr sang que les capillaires reçoivent en un temps donné du système aortique, et en même temps |p la pression qui s'exerce sur la surface interne de ces petiL»^ vaisseaux. Dans les premiers moments il en résulte, indépendamment de l'apport moins grand d'oxygène aux tissus, un moindre refroidissement du sang par le transport et le rayonnement à la surface du corps, en second lieu une diminution de l'élimination de la liqueur du sang, c'est-à-dire de ce liquide rjui, sous l'influence de la pression latérale des capillaires, est exprimé à travers les parois de ces vaisseaux , et qui apporte a chaque tissu les conditions nécessaires à sa vie, r'est-à-dire. les matériaux appropriés aux appareils de sécrétion principalfMiient pour ta séparation et l'élimination. La diminution de rulllux de Teau aux cellules épitbéliales d»» la peau et de la nm(|ueuse pulmonaire est suivie nécessairement dune diminution de l'évaporation par ces deux surfaces. (Toù une nouvelle cause restrictive du refroidissement du corps.

"Cette hypothèse est confirmée par les faits que nous fournit l'étude du frisson fébrile. Pendant le stade de froid, roujuie nous Tavons vu, la turgescence de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané diminuent; les mains, les pieds, le nez. sont plus froids qu'c\ Tétai normal: les petites artères accessibles à l'observation sont rétrécies

«Evidemnienl le rétrécissement des artères n'a pas, pendant le frisson, la même cause que dans le cas où nous nous e\|>osous i\ une basse teujpérature. car le sang d'un fébricilant est encore plus chaud dans le frisson qu'à Tétat normal: et l'inllueiice seule d'un milieu qui atteint à peine la tempe-

LA FIÈVHE. 570

rature du sang artériel sijffit dëjà à dilater les artères de la périphérie.

«On ne peut faire ici que deux suppositions. La cause fébrifère agit d'une façon en quelque sorte paralysante sur le cœur, et détermine , par la diminution de Tafllux du sang dans le système aortique, une rétraction de tous les vaisseaux et aussi des artères de la surface, ou bien elle produit, par Texcitation du système nerveux vasomoteur, une contraction des artères de petit calibre et des capillaires.

(T La première hypothèse a contre elle la différence de coloration que présente un homme suivant qu il est en proie au plus fort frisson, ou qu'il est évanoui, puis et surtout le degré d'expansion qu'offre l'artère radiale dans le frisson fébrile. Reste donc seulement la supposition que la cause fébrifère agit d'une façon excitante sur le système nerveux vasomoteur.

«J'ai dit ailleurs^ comment j'expliquais par la contraction des petits vaisseaux les autres phénomènes fébriles. «

Nous ferons remarquer que cette théorie, d'après laquelle l'élévation de la température est attribuée exclusivement à la diminution des pertes de chaleur ne tient pas compte d'une foule de phénomènes tels que l'exagération des quantités de l'acide carbonique exhalé et de l'urée éliminée; elle pourrait peut-être suffire pour faire comprendre les actes d'un accès de fièvre intermittente, mais elle est insuffisante, si l'on veut l'appliquer à une fièvre continue, à la fièvre typhoïde par exemple , dans laquelle cette diminution de la déperdition n'est pas soutenable , et pendant laquelle, au contraire , les vaisseaux cutanés sont richement irrigués et par conséquent apportent à la surface du corps du sang incessamment renouvelé et toujours dans des conditions favorables pour qu'il s'y refroidisse.

* TrnuU», Alifffmêine mêdinntêeke CentraUeitung , i863.

Tliéoric de MareyK — Pour M. Marey, la caractérislijjue (le a lièvre, c'est l'excès de chaleur; s'il est vrai que cet ëtat ne soil (|u'uii slade'dans l'accès de lièvre palustre, on le trou\e souvent isolé dans d'autres lièvres; lui seul constitue la mani- IV.sjalion vraiment constante de l'état fébrile.

«\ous avons assez longuement insisté, dit-il. sur le rôle de la contractilité vasculaire relativement aux changements (|ui surviennent dans la température animale; nous avons montré comment cette contractilité, réglant le cours du sang, modifie la tension artérielle, et par suite la force du pouls, et même la fréquence des lialtements du cœur. On ne s'étonnera donc pas, si nous annonçons maintenant ([ue les phénomènes qui caractérisent l'état fébrile sont tous des effets plus ou moins directs du relâchement des vaisseaux '-. Pour démontrer ce premier fait, nous partagerons les |)hénomènes fébriles en deux [jroupes :

" i" (ieux qui se ])assent du côté des tissus : A, chaleur; B. rougeur; (i, gonllement;

"~ \i' Ceux qui ont pour siège les artères et le cœur ; A, force |dus grande du [)ouls; B, fréquence exagérée des battements du C(eiir. ^^

Nous n'empruntons à M. Mare\ (|ue ce qui est relatif à /// chaleur dans la fièvre :

•* Lorsqu'on touche la main d'un lébricitant, on la trouve brûlante, et l'on n'hésiterait pas, d'après le témoignage des sens, à déclarer (pi'elle est beaucoup plus chaude qui l'état normal. Mais, |)our plus de rigueur dans Texpérimentation, on enj|)loie le tliernjumètre pour évaluer l'accroissement de chaleur: l'instrument sigjiale ordinairement à peine quelques degrés de |)lus ([u'à l'état normal. Kn somme, dans les lièvres

' Mar».^y, (:irriil,iiiun ilu sann : Paris, l'élal fébril»^; le malaise Ja céphalalgie,

i'S()3,]i. ^i<)u. ririiippélence, etc.; nous iiou> borne-

- Nous ne clicidieiou.^ pi«> à pxpli- i uns à Tétude des modifications qui sur-

juei cerlain>pliHnoinèiie> arcessuiitsde vieiinenl dans l'élal circulatoire.

les plus intenses, on trouve seulement 3 ou ^ degrés d'iiuginentation dans la température.

«Cette discordance entre les renseignements fournis par le toucher et les indications du thermomètre tient en grande partie à ce que la main et Tinstrument ne sont pas appliqués aux mêmes régions du corps. On explore par le toucher les régions superficielles, la main, les téguments des membres et de la face du malade, tandis qu'on applique le thermomètre tantôt sous l'aisselle, tantôt dans les cavités naturelles où la température présente une fixité bien plus grande.

^ L'élévation de la température sous Tinfluence de la fièvre consiste bien plutôt en un nivellement de la température dans les différents points de l'économie, qu'en un échauiïement absolu. Il se produit, sous l'influence de la fièvre, un effet analogue à celui dont nous avons parlé à propos des expériences de Hunter sur le rôle de l'inflammation dans la production de la chaleur, effet tout physiologique, qui se rattachait h la rapidité plus grande du mouvement du sang. La chaleur fébrile psI assimilable à celle qu'on produit dans un organe par la section des nerfs du grand sympathique; seulement le phénomène de dilatation des vaisseaux étant pour ainsi dire généralisé dans toute l'économie, réchauffement qui en résulte se généralise également pour toutes les régions superficielles du corps.

c( Mais nous venons de dire que le thermomètre . lorsqu'on le plonge dans les cavités profondes, accuse une élévation réelle de température, qui , toute faible qu'elle est, n'en mérite pas moins d'attirer l'attention. La masse du sang s'est donc échauffée de quelques degrés. Peut-on expliquer ce phénomène par la plus grande rapidité du coura du sang?

(tOn se rappelle l'expérience de M. Cl. Bernard, par laquelle il est prouvé que la section du grand sympathique n*échauffe pas seulement l'oreille du lapin par un renouvellement plus rapide du sang qui la traverse, mais qu'elle amène aussi la

r)82 CHAIMTRK 11. - LA CHALEÏIK ET LA KIEVnK.

prodiirlion d'uiK» quantité de clialeur un peu plus grande qu'îi Tétai normal.

'^ Il est naturel d'admettre que , chez le fébricitant , la rapidité du mouvement circulatoire produira non-seulement le nivellement do la température dont nous avons parlé, mais aussi un accroissement dans la production de chaleur.

•■f ()ueh|ue léger que soit cet accroissement dans la production de chaleur sous Tinlluence de la fièvre, on comprendra facilement qu'il puisse élever la température centrale d'une uïanière appréciable, si l'on tient compte des obstacles qu'on ap|)orle à la déperdition du calorique chez les fébricitants. La rapidité de la circulation périphérique refroidirait probablement bien vite l'homme qui a la lièvre, si une plus grande sensibilité au froid ne portait le malade à se couvrir de véleujenLs; de plus les idées qui dirigent la thérapeutique des fif'vres font (ju'en général on dépasse les exigences du malade, et que. lors même qu'il désire un peu de fraîcheur, on lui impose un supplément de couvertures, sans compter les boissons chaudes et l'atmosphère chaude de la pièce dans la- <pielle on le tient enfermé, ajoutons à cela que la peau du fébricitant est sèche, de sorte qu'elle n'a plus, dans la sécrétion <'l réva|)oration de la sueur, l'une des sources ordinaires de la déperditicm du calorique dans les milieux à température élevée.

«En résumé : la chaleur augmentée dans la fièvre porte princi|)alement sur la périphérie du coqis, ce qui prouve qu'elle consiste surtout en un nivellement de la température, sous l'influence d'un mouvement plus rapide du sang. Toutefois il existe aussi dans la lièvre une légère augmentation de la chaleur centrale, ce qui peut s'expliquer par une augmentation légère de la production de chaleur (|uand la circulation s'accélère, mais ce cjui peut tenir en grande partie à la suppression presque complet»* des causes ih» rfîfroidissement chez les malades.-^

11 nous semble que, dans cette théorie, que nous avons reproduite m extenso, M. Marey a parfaitement vu les deux éléments qui s'associent pour augmenter la température des fiévreux , mais , au lieu de considérer l'accroissement de la production de chaleur comme le second élément, il faut évidemment le placer en première ligne. Il n'en est pas moins vrai que négliger le nivellement de la teippérature serait méconnaître une cause réelle, mais secondaire, de l'état fébrile.

Théorie de M. Claude Bernard^. — M. CL Bernard fait remarquer que les théories de Traube et de Marey sont insuliisantés, même pour le frisson de la fièvre intermittente, car l'élévation de la chaleur précède le frisson.

Hunter, Breschet et Becquerel ont démontré que, si le^sang s'échauffe légèrement en traversant une partie enflammée, cette petite augmentation de chaleur est insuffisante pour eipliquer l'élévation totale de la température du corps. Zimmer* mann, Weber, John Simon, Billroth, ont constaté les mêmes faits.

Donc, s'il y a production île chaleur dans la fièvre, cette chaleur tient è un processus général, comme la chaleur normale; la lésion d'un organe n'a été que le point de départ des actions nerveuses qui président à la calorification normale et è son exagération pathologique.

Les travaux de Leyden, de Liebermeister, ont montré que la perte de chaleur est toujours augmentée dans la fièvre; cette peiie peut aller jusqu'à i i/ti et a fois la normale.

La quantité de chaleur produite pendant la fièvre est donc augmentée. la preuve s'en trouve, en outre, dans l'augmentation des déchets qui résultent des combustions organiques, ainsi qu'on le constate dans l'air expiré et dans l'urine.

Chez le fébricilant la respiration est accélérée. Sénator et

* et. Bernard, Lreom» êur la ckakur amimaie, p. 6o5.

Traube, ne tenant pas compte de cette circonstance, avaient (*onclu de leurs analyses que le poumon des fiévreux rend moins d'acide carbonique que celui de l'homme sain. I^yden de kœnigsberg et Liebormeister ont démontré leur erreur. lâebermeister a trouvé que, dans un accès de fièvre intermitlente. In contenu proportionnel d'acide carbonique dans l'air expiré est diminué: il est à la quantité normale comme 3 est à 3 1/9. mais la quantité absolue dans un temps donné a augmenté conmip 1 i/îi est « i.

bans Taccès de (lèvre pendant la seconde demi-heure, bien que la température monte lentement, la production d'acide carboni(|ue augmente do 45 p. 0/0. Dans la troisième demiheure, la température monte rapidement, et l'acide carbonique augmente de fi-j p. 0/0. Il est éliminé en une demi-heure la quantité énorme de 3&*%*j d'acide carbonique, puis la proportion baisse à ii) p. 0/0 d'augmentation, et, pendant les deux dernières demi-heures, où la température se maintient a /io déparés, l'élimination de l'acide carbonique n'est |)ius que de 38 p. 0/0 au-dessus de la normale.

Ainsi la proportion d'acide carbonique varie avec la température.

Voyons maintenant pour l'urée, qui décèle, dit-on, les métamorphoses que subissent les matières albuminoldes. Lo kilogramme d'individu sain, à la diète, produit, par vingt-4|uatre heures, o^'.nS d'urée, or les fiévreux éliminent, par kilogramme, de i*',5 à l*^89.

La perle de poids éprouvée par un individu sain à la diète est de q3 à 3o f;rammes par jour et par kilogramme; celle du fébricitant de 3o è &A grammes. d*après 0. Weber.

L'excès dans la calorification du fébricitant se trouve donc démontré par la température, la calorimétrie, le dosage de Facide carbonique et de Turée, enfin par la perte de poids.

Nous savons, en physiologie, que la chaleur portée h un certain degré amène la mort de Tanimal. Il n'est pas douteux

LA FIËVRË. 585

que la chaleur fébrile ne puisse produire les mêmes résultats. La température ne dépasse pas plusieurs jours 6!\q sans que la mort survienne, et, dans ces cas, ce sont les lésions musculaires qui dominent (dégénérescence de Zenker). Il en est de même dans Tinsolation, le coup de chaleur. On trouve, de plus, des dégénérescences graisseuses du foie, des reins, le {encéphale.

PourSénator, ce sont surtout des albuminoïdes, qui brûlent, (|ui se dédoublent en excès, pendant la fièvre; les hydrocarbures, les graisses, ne subissent que peu ou pas d'augmentation dans leur mouvement de décomposition; il en résulte que bientôt cçs graisses se trouvent relativement en excès. Mais nous savons ^ue la combustion des albuminoides donne environ 8 fois moins de chaleur que celle de la graisse. Si les hydrocarbures étaient épargnés, il y aurait peu d'élévation de température, et, dans la lièvre, la chaleur constatée serait non le fait d'un excès de production, mais d'une modification dans la déperdition.

Pour M. Ci. Bernard, nu contraire, on doit considérer la fièvre comme une exagération de la calorification normale. Au point de vue du mécanisme, mais non de la cause de la fièvre, M. Cl. Bernard considère le système nerveux grand sympathique comme le frein opposé h l'exagération des actes de combustion.

On a vu, en effet, (|ue la section de la moelle épinière à la partie inférieure de la région cervicale produit toujours le refroidissement chez les animaux de petite taille. Elle serait due au rayonnement d'après les expériences de Naunyn et Quincke, car, si l'on supprime ce rayonnement , exagéré par ta dibilation des vasomoteurs, si l'on enveloppe les animaux dans de la ouate à 96"* ou 3o^ la température s'élève jusqu'à ^3°- 44^ et l'animal meurt par IVxcès de chaleur. La section de la moelle aurait donc détruit le frein qui s'oppose à l'exagération de la production de chaleur. Naunyn et Quincke voient.

r>,so <:iiAi>iTnK ii. - i.a cmaleijk kt la Fif:vnK.

(!♦» |)lus. (jue, si l'on pratique la section de la moelle à des niveaux inférieurs, les phénomènes de caloriiication vont en s'atténuant, à mesure, en définitive, que Ton restreint le champ dans lequel le frein est su[)primé.

M. (]l. Bernard fait remarquer que. non protégés, les aninjaux auxquels on a coupé la moelle se refroidissent toujours, que le (ail de les envelopper et de les échauffer ainsi ne permet pas de conclure pour la lièvre, et, pour lui, les phénouîènes de combustion seraient plus spécialement régis par les nerfs vasomoleurs dilatateurs ou calorifiques qui appartiennent en parliculinr au système cérébro-spinal. Or la fièvre n'est ([u'une exagération de l'action de ces nerfs calorifiques et non une |)aralysie des vasodilatateurs.

et Pour nous résumer, dit M. Cl. Bernard (p. 463), relativement à l'étude de la chaleur, de la fièvre, des nerfs vasodilatateurs, et pour indiquer exactement les rapports qui lient étroitement ces questions de |)hysiologie et de pathologie, nous dirons, en les considérant aux trois points de vue que je vous indiquais comme termes obligés de toute analyse médicale vrain)ent scientififjue. que :

^ I La |)hysiologie nous montre, dans la fièvre, des IroubleN (h» nulrilion, caractérisés par une dénutrition constante, par suite d'une cessation d'action des nerfs vasoconstricteurs ou frigorifiques, o[ d'une suractivité constante des nerfs vasodilatateurs ou calorifiques.

" !> La pathologie nous montre, dans cet excès même de chaleur produite, un enqjéchement à l'assimilation ou à la synthèse nutritive et une source de dangers dont la mort peut être le résidtat plus ou moins rapide.

r. l\' (l'est contre cette |)ersistance de l'état de dénutrition ou de caloriiication due à la suractivité des vasodilatateurs, que la thérapeiitif|ue doit chercher à réagir, soit en trouvant un

moyen i\r ujettre en ieu le système nerveux vasoconstricteur,

■ Il II

de manière n ramener le froid d.uis le milieu intérieur, soit en

LA FIÈVRK.

substituant h Taction nerveuse physiologique des équivalents physiques, tels que les réfrigérations artificielles extérieures ou intérieures du milieu sanguin ^.v

Théorie de Hûlêi'*^. — Celle théorie bien fantaisiste ne mérite d'4tre signalée que parce qu'elle a trouvé des partisans en Allemagne et a provoqué un travail deSénator. L'auteur s'est occupé de ce même sujet depuis plusieurs années : en 1 879 , il a publié avec le docteur Greveler des expériences sur l'infection des grenouilles par l'injection de liquides contenant des monades. Ces études, en permettant de reconnatire les phénomènes intimes de la circulation, l'ont conduit à rechercher les causes immédiates de la fièvre, et il se range à lavis des expérimentateurs qui pensent que la fièvre consiste essentiellement non pas dans une production de chaleur augmentée, mais dans une diminution de la perte de chaleur. Traube a admis un étarde contracture des petits vaisseaux de la peau. Hûter a plus particulièrement étudié ce phénomène dans les capillaires du poumon.

' Dans lin Iravail tvceni sur la ti«^\ re chei l«*s animauv à sang froîd, fVW Joê Fiebtr d§r KaitbtiUtr {Artk. de W. PfUêger, jain 1 875 ) , 0. Lassar a obaervi^ que, sur les grenouilles auxquelles on injectait des matières putrides , on n*obsenrait aoeune augmentation ni dans la chaleur du corps de raoimal, ni dans Celle qu'il peut émettre par rayonnement ; il n'y a pas, quoique fanimal succombe à Texpérience, de chaleur produite; il n*y a point de fièvre au point de vue thermique. Et, en rflel, ces animaux n'ayant pas de chaleur propre ni d*appareil de régulation thermique, rien d'étonnant i ce qu'on ne constate pas chex eux des manifestations morbides qui consisteraient essenlieilement en un trouhle du pouvoir calorifique et de son

appareil nerveux rf'giilateur. Ce n'est pas A dire cependant , romnie on Pavait avancé autrefois, que les animaux A sang froid ne présentent pas les phénomènes locaux de l'inflammation. ( Voyex Robert Latour, Expérietteet êerrant à démontrer ^n^ U pnikaiop^ dn tmimmmx à ânugjfoid ni ejc^mptê de Vactê motbide t/ui , dam (m ammmtx à tang ehaud , a reçu le Wfm d* inflammation , Pari<, i8Vi.)

Extrait de Cl. Bernard, Chedeur animale, p. &i5.

* Sitr la dmtlation et eee troMe* danê le$ poumonê dee grenauillêê, /fecherchée proprm à étahkr une théorie méranitfue de la fièvre , par C. Hâter ( Centralblalt , 1 878 , n" 5 , p. 65 ).

588 (IIAIMTIU: 11. - I.A CHALKLR KT \A FIKVRK.

r l.p corps animal , dil-il , se refroidit par deux surfaces dillt^ifMiles, par la peau oi par les poumons.

r Moins il circule de sanfj dans les vaisseaux de ces surfaces de refroidissemenl , moins il y a de perte de chaleur, et plii*^ la [empéralnre du corps s'élève. Si la moitié environ des vaisseaux est souslrailc à la circulation, comme je l'ai observe sur la "renouille, il > a moitié moins de perte de chaleur, et ain^i >'e\pli(|uerai[ TéleNalion de la température fébrile chez les animaux à sang chaud infectés. Les frissons avec leur élévation de leni|)éra[iire manpjent la suppression brusque d'une partie considérable des vaisseaux de la peau au point de vue de la circulation.

" Le nombre des contractions du cœur s'élève avec la chaleur (hi sanfj(Sénalor), peut-être aussi en raison des résistances des vaisseaux de la périphérie. La mort, dans la fièvre, peut s'explicpier par 1 insullisance du cœur ou par la suppression de la cireulation dans une étendue considérable des vaisseaux dii poumon 0(1 des centres nerveux.

•' L'élude des substances pyrogènes et phlogotiqups faite par (). W cher et Billrolh ne prouve jias que la fièvre soit nécessriiremeïjt tine inloxieation du sang, et l'on peut admettre aussi (ju'elle peut être produite par des troubles mécaniques de la rirculation. (l'est ce (jue montre l'état de congestion de la rate, du foie, des rjnns. etc., dans la fièvre infectieuse traumatique ou artificielle par injection de monades. Vovez aussi les abcès métastati(pies des poumons ^ v

Thi'oviv ilv Séiititor-. - Inspiré par les études de Hûter sur

' l/aiili'iir il, «Ijiiin un strornl tuv- i hijodionsitaiis lerœura\ec la seririgii"

iiidirfî [ CcnlntlhliUt , n" () . 187-'^), rap- '!« Pm^ai ).

I orl»' «l»"* Pxpt'rioiHC's furil a laites sni ' Sôniiior. i\ottrflleH c*mlrif»ution<(n In

Ifs i»ml«>lii*^ pfniliiilos «laiis l«s poumons ctninaissahce de la Jihrr ( dentralblna .

.|. ;|i<MUHiillc's à laiilc <\r poii^^iiTP «If iSyS. n" 6, p. 8'i.) '•|iarl»ofi 011 diinc »'MiiiiKion «l»' 1 iiv.

L\ IMÈVRK. 589

la circulation pulmonaire, Sénator s'est propose de rechercher, par une voie analogue, quel est Tétat des vaisseaux dans le frisson, si c'est une dilatation paralytique, ou une contraction permanente des petites artères (Traube), ou une contraction périodique changeant suivant le temps et le lieu. Pour cela, l'auteur compare Tétat des vaisseaux de l'oreille chez un lapin albinos à l'état de santé et k Tétat fébrile. Voici le résultat de ses observations :

i"* immédiatement après l'injection de la matière pyrogéiiétique sous la peau du dos, il se produit une forte contraction de tous les vaisseaux de l'oreille , et . par suite, une décoloration et un refroidissement de l'oreille, auxquels succèdent bientôt un ou plusieurs mouvements de dilatation. iMais cette contraction a lieu aussi à la suite de n'importe quelle émotion, par exemple la peur, et n'a rien de spécial.

9" Longtemps après l'injection, quand la température du rectum s'élève de t*" k i\h au-dessus de la horniale. et que le corps de l'animal est échauffé, on voit les vaisseaux de l'oreille demeurer souvent resserrés pendant des heures entières, et plus contractés qu'ils ne le sont jamais à l'état normal ; mais, de temps en temps, tantôt sans cause connue, tantôt sous une influence extérieui*e, comme la peur, un contact dur. on voit survenir des alternatives de resserrement et de drlatation d'une durée considérable.

3'' Après plusieurs jours de fièvre et chez les animaux trèsfatigués, les dilatations deviennent fort rares, courtes et peu marquées.

&° Pendant la dilatation des vaisseaux, on peut sentir sur le tronc des pulsations très-accusées, ce qui n'avait pas lieu avant.

5" Les deux oreilles ne se comportent pas toujours de la m^me manière.

De ces faits résulte cette notion , que l'auteur considère comme tout à fait nouvelle, que la fièvre ne donne lieu ni à une pa-

:m\ <:ii\iMTRK ii— la chalklk et la kievur

lalysie ni à un tétanos |)ennanents des vaisseaux. Il faut conclure, avec lleidenliain, qu'il y a des circonstances pathologiques 011 rexcitabilité des vaisseaux, notamment celle des vaisseaux Ho la peau, est très-surexcitëe.

Théorie de Liebermeisier \ — Nous avons successivement rendu compte des nombreuses recherches de Liebermeister sur la calorimélrie, sur la quantité d'acide carbonique exhalé pendant la fièvre, nous n'avons plus qu'à donner sa conclusion.

Liebornieisler pose d'abord cette question : Quest-^e tjue Iftfèvre? et il procède» par analvse à la détermination de charnu de ses caractères.

Chc: unfévreux. la température du coè*p8 est plus élevée que chez un homme sain. Plus nous sommes convaincus de la valeur de la ré|julalion de Irf chaleur et de la constance de la températun» de rhoinnicî sain rjui en est la conséquence, plus nous devons attacher d'inq)ortance à celte propriété de la fièvre. C'est avec raison f|ue l'on considère l'élévation de la température comme étant le symptôme patliO{jnomoni(jue de la fièvre. Nous savons déjà qui*, mémo dans le frisson de la fièvre, la température intérieure du corps s'élè\e, et que la période de frisson est rrdie pendant laqu<'lle la tenjpérature est le plus élevée. Il n\ a donc j)as, pour nous, de lièvre sans élévation de tempéraluro. Mais l'élévation de la température n'est qu'un symptôme, ce nvM pas l'essence de la lièvre, ^ous pouvons en effet, chez un lionmie sain, jiar un bain chaud par exemple, élever la tenq)érature; et ci*t homuje manifeste, en outre, d'autres svmptômes de lièvre : la lré(|uence plus grande du pouls, un malaise, des douleurs do léte, de l'engourdissement, etc., et.

' Lu'l>»TiiHM>'l»M', irhrr W nrmfipftu- Vorti tif^p rnn fiirharfi Volkmann ^ li" tif.

Iirunfr uHfl Fiflirr ( Saininhing klinint lipr \H'j \).

LA KIEVRK.

d*après les recherches de Burtels et de Naunyn^ une augmentation dans rëlimiDalion de i'urëe. Ces faits nous apprennent clairement 'qu'une grande partie des symptâmes IwbttueU de la fièvre ne sont qu'une conséquence de VHimHon de la température. Il faudrait cependant hésiter à considérer comme ayant véritablement la fièvre un homme sain dont on aurait élevé artiticiellement la température.

Les fiévreux ont une augmentation de la production de la chaleur. Pendant Fardeur de la fièvre, Tapposition de la main ou l'usage du thermomètre suffisent pour constater qu'il y a plus de chaleur exhalée à la surface qu'à l'état normal. Leyden a donné d'une façon exacte la mesure calorimétrique de cette chaleur émise par une partie donnée de la surface du corps. Tant que, grâce à cette augmentation de la perte de chaleur, la température du corps demeure à la même hauteur, il faut

* Cantributtom a V élude de la fièvit , par le profeMeur B. M«unyn à Dorptt {Arck.fir Att.^ Phifs. und wtMi. Med., 1870, p. 159).

Pour Nauoyn , la lièvre eal uoe rétmUon de la chaleur. L« mol avail dëjé élé pronoocé. Voici rarguroeul : La proJurlion de la chaleur esl , au fond , augmenlée; cepeodani on oe nie pan que la rélenlion de la chaleur u ait lieu au début de la fièvre, bien que plus tard il y ait certainement augineo talion de la production. Si Ton admet que cette élévation de température est cause d*an plus grand déplacement de matière, mais que ceUe augmentation de la combustion est suivie elleHoéme d^une augmentation de la production de chaleur, il se trouve que Torganisme, pendant la fièvre, est dans un cercle vicieui. I^ mouvement initial proviendrait d'un trouble quelconque qui romprait le pacte d'équilibre entro la production

et la dépense de chaleur. Il y aurait d*abord rétention de la chaleur, et , alors même que plus tard la dépense serait augmentée, k rétention n*en aurait pas moins été le point de départ d^un uiou* vement par lequel Taecroissement des déplacements de matière et r«ugment de la chaleur propre, combinent, pour ainsi dire, leurs efforts pour entretenir une élévation penislante de la température.

Bartels a montré que, dans le bain de vapeur, non-seulement uotie température peut monter à Ao** G., mais que cette température de notro corps, produite simplement par rétention de notre chaleur, a pour effet à la fois une diminution de la quantité de Turine et une augmentation de reicréUon d'urée.

L'excrétion quotidienne d'urée est en moyenne de ar><',8 avec 880 grammes d'urine quaud ou a administré le bain de vapeur; autrement, elle est, en

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