‹ De la température du corps humain et de ses variations dans les diverses maladiesChapitre 120 sur 122 · CIIMMTUH: II. — LA cri\LKll\ Kl LA KI^VUK · texte numérisé non relu

CIIMMTUH: II. — LA cri\LKll\ Kl LA KI^VUK

riece^sainMiieiit que la production de la chaleur reste élevée au MHMue dejjré. Sans doute, rau{jmentation de la perte de rhaleur et de la production de la chaleur n'est pas si grande (ju'on pourrait être enclin à le croire d'aprè> des évaluations superficielles. Une mensuration précise montre qu'un fiévretix qui a plus de ^lo degrés, produit habituellement environ de oQ h 90 |). o/o plus de chalein* qu'un homme sain qui a 3^ degrés. La méïne |)roportion existe dans l'excès de production (le l'aride carbonique chez les fiévreux. Pendant le stade de lri>son delà fièvre, alors (|ue la température du cor|)s est le plus ♦'•levée, la contraction des vaisseaux périphériques et la sécheresse de la peau diminuent la perte de la chaleur à la surface: mais, par cela niéjue, la |)roduction de chaleur s'accroît dans iim^ pr(q)ortion extraordinaire; seulement, la chaleur produite en excès, au lieu d'être évacuée par le dehors, est rMumagasinée dans le corps, d'où résulte une augmentation de

>-ml«', il' ^.'l"',."», a\ec 1576 j;rHinmes résulté de foules cos expériences, «^ue,

«rmiiio. dans celte période dile de fièxi'e lalente,

Xiiutivii a lail dos expériences >ui' des il v a à la fois diminulioo de la masse

rliieiis placés dans un bain de vapeur, des urines et augmentation de Texcré-

\ii IjouI de (rois heures, il y avait une lion d'urée. Cette augmenlatij>n jjersisle

l«'Mi[)éraliire de ^m",.^) pI une aiijpnenta- nécessairemeni avec la venue delà liè\it'

lion de 3 [jrannnes poin* Turée ((|*^^75 toxique. •

an lieu de 6*^' 7 ). Pourquoi, pendant ia lièvre latente,

Chez les chiens tenus ù la dièle, puis ci'tte diminution dans la masse des

f'nli«'\iés par Tinjeclion de liquides pu- urines? On m* sait. \ coup sûr, cela ne

h élics sous la peau , on re( iieillil l'urine provient pas de rau^pnenlation de Teva-

ilans la vessie a\ec une sonde. Dans la poralion par les poumons et la pei)u,car

liriMuière périod»', alors (pi'oxisle ceque le poids du corps pendant ce temps est

\auii vu appelle la^Vr/e/f/^v/i^", on trouve si peu diminué, que Pou doit 8up(H)ser

déjà la quantité d'un'oauijnieutee, bien une rétention de Peau dans le corps.

i\w la li'uqjérature i\v soit pahciicoreen L^an||menlation de Pexcrétion urinaire

vii; d'rliN illion. Dès lois on doil con- sf produit souvent au pins for! de la

cbirr (du niuius en ce qui concerne la lièvre, d'autres fois dès son début. La

liè\iHipulride)(pjerauguientalion ifoxy grande excrétion d'urée sunit à la

dation de^ inaléiiaux do rorganisnio fièvre, et cela tient sans doute à ce que,

pr<'cédo, ol (|u«' ri''lévalion do la loiiipé- po!:dnnl la fièvre, les organes soni gor-

lafiiK' f'si III) |ihéii(Mnpiio spciuuliiir»'. Il /;és d'urée qui s'élimine ensuite.

chaleur toujours croissante. Dans les frissons violents, la production de la chaleur peut être triplée. En même temps , la production de l'acide carbonique reste au même degré pendant ce stade. Mais aussi Télévation de la production de chaleur ne fait pas disparaître la cause essentusUe de la fièvre. Une augmentation de la production de la chaleur de qo à a 5 p. o/o, comme dans le stade de chaleur, se rencontre trèssouvent chez les gens en bonne santé. Pour la produire, il suffit d*un repas plus copieux ou d'une très-grande fatigue du corps. Et même en peu de temps, un très-grand effort physique, par exemple l'ascension. d'une montagne, peut porter la production de la chaleur au triple ou au quadruple de l'état normal. Mais cette chaleur en excès n'est pas encore la fièvre.

La fièvre comporte nécessairement et une haute température et l'augmentation de la production de la chaleur. Mais ni l'un ni l'autre de ces phénomènes, ni même tous les deux réunis, ne constituent l'essence de la fièvre.

Si l'on parvient , chez un homme sain , a élever artificiellement la température du corps à Ao degrés, il suffit de le replacer dans son milieu habituel pour voir bientôt la température revenir à l'état normal. Les vaisseaux de la peau se dilatent , la sueur s'écoule , et l'évaporalion fait perdre beaucoup de chaleur, la chaleur qui s'était condensée dans le corps s'en échappe de nouveau. L'homme en santé règle sa perte de chaleur et sa production pour une température d'environ 37 degrés; et, quand cette température a été modifiée violemment, il tend aussi vite que le permettent les conditions physiques , h la recouvrer.

Du reste , lorsqu'un homme en santé , par exemple par un effort corporel prolongé, produit autant ou même plus de chaleur qu'un fiévreux dans le stade de chaleur, il n'élève pourtant jamais la température de son corps jusqu'à la hauteur de colle de la fièvre: sa tepérature s'accroît seulement d'une

,V.)'. CIl.VlMThK II. — LA CH VLKU» M'Y LA FIÈVKK.

IVartioii de deyré. Les voies par lesquelles se perd la chaleur sont, au contraire, d'autant plus ouvertes que la chaleur produite en excès est plus vite éliminée. Le corps est réglé pour une température de 87 degrés, et, malgré l'augmentation de la chaleur produite, il peut très-facilement se maintenir a[)proximalivemenl à cette température.

E( enfin, si Ton élève artificiellement la chaleur du corps chez un homme en santé, et qu'après l'avoir replacé dans son milieu habituel, on fasse, par un exercice musculaire prolongé, tenir sa température à un degré élevé, alors même, eussionsnous en même temps élévation de température et augmentation de la production de la chaleur, ce n'est pas encore la fièvre. Cet homme n'en serait [)as moins réglé pour 87 degrés, et, dans un temps relativement court, malgré la prolongation de la production en excès, il n'en retournerait pas moins à son chiffre de 3 7 degrés.

(ies exemples montrent que l'homme en santé se différencie du fi/'vreux essentielh*ment en ce qu'il règle sa perte et sa production de chaleur pour une température d'environ 87 degrés, qu'il s'y tient autant que le permettent les circonstances physiques, et qu'il y retourne aussitôt que possible. Le fiévreux, au contraire, ne se règle plus pour la température normale de 87 degrés.

On est conduit ainsi à admettre que le féhricitani n'a plus de régulation de chaleur. Il se comporterait donc, en ce qui concerne l'état de sa température, à la façon d'un animal dont le cerveau a été séparé de la moelle épinière. El, parle fait, on a souvent signalé la condition de ces animaux comme étant à proprement |)arler la fièvre. Mais d'abord ce fait que, dans ce cas, un certain accroissement de la perte de chaleur, qui n'aurait pas modifié sensiblement la température d'un fébricitant, peut amener la température à un degré très-inférieur à l'état normal, montre qu'on ne peut pas faire une semblable assimilation.

LA FIÈVKK. 595

Le fébricitant ne se règle donc plus |M>ur 3 7 degrés; et une observation attentive des faits montre que la régulation de la chaleur n'est pas pour cela détruite, mais que, quoique à ua moindre degré , elle persiste cependant suffisamment et de la même façon qu*à l'état de santé. Les fiévreux sont réglés non pas pour la température normale, mais pour un eeriain degré ikvi de température.

De ce que, chez les fiévreux , il existe aussi une régulation de la perte de chaleur, on conclura qu'ils sont, tout comme les gens en santé, influencés par les sensations subjectives de froid et de chaud , suivant le choix de leur vêtement Lorsqu'il j a une forte soustraction de chaleur, comme, par exemple, dans un bain froid, chez le fiévreux comme chez l'homme sain, le même mécanisme est mis en jeu pour lutter contre l'excès de refroidissement; or les recherches expérimentales exactes, relativement à la perte de chaleur, montrent que cette lutte contre le refroidissement est un peu moins efficace que chez l'homme en santé, parce que la peau et ses vaisseaux se con* tractent avec moins d'énergie.

La régulation de la production de elialeur par la perte de dutleur a lieu aussi bien chez les fiévreux que chez les gens en santé. Lorsque déjà , dans le milieu ordinaire , leur production de chaleur s'élève au-dessus de la normale, on la voit atteindre encore une plus grande intensité par l'action d'un bain froid , ainsi que le démohtrent de nombreuses observations calorimétriques; et la production de l'acide carbonique est élevée dans la même proportion. Dans un bain de ao*à as* G. , par exemple, le fiévreux produit s fois plus de chaleur qu'il n'en produit dans un bain à 3 & ou 35'' G. Il est encore facile d'en tirer cette conclusion , que ses moyens sont un peu plus limités que ceux de l'homme en santé , et qu'il n'est pas en état particulièrement de résister aussi longtemps à un violent refroidissement.

Donc , de même que l'homme en santé déploie tous les moyens

olKi CHAPITRE H. — LA CHALEUR ET LA FIÈVRE.

dont il dispose pour maintenir sa température à 87*" C, de même fait le fiévreux pour maintenir la sienne aux environs de /jo" C. Si Ton clierche, par de violentes soustractions de chaleur, à le refroidir, il résiste au refroidissement par les mêmes moyens que Thomme en santé. A la vérité, quand il y a force majeure, c'est-à-dire sous l'action d'un bain froid d'une durée suffisante, sa température peut être abaissée, comme celle (le l'homme en santé et même avec une moindre difficulté; on peut même la faire descendre au-dessous du chiffre normal; mais, aussitôt que cela est physiquement possible, sa température recommence à monter, et, après un temps relativement court, elle atteint sa hauteur précédente. Nous voyons par là que l'organisme du fiévreux a une tendance prononcée à persister dans sa température propre. Si cette température est brusquement modifiée, le fiévreux y revient aussitôt que les circonstances et ses propres moyens le permettent. Il se maintient dans cette situation à peu près comme l'homme on santé; seulement il est réglé pour une plus haute température.

La différence essentielle entre le fiévreux et l'homme sain consiste donc, non pas dans l'élévation de la température, mais dans ce fait que, chez le fiévreux, la perte comme la production de chaleur sont réglées pour une plus haute température. La réffulatlon de la chaleur disposée pour un degré de temj)érature plus élevé est l'essence mènie de la fièvre.

Comment a Heu ce transport de la régulation de la chaleur à un degré plus élevé? Nous sommes ici complètement dans l'obscurité, et cette obscurité ne se dissipera pas, tant que nous ne saurons rien de plus sur le mécanisme de la régulation de la chaleur chez l'homme sain. Si nous avons quelque raison sérieuse d'accepter l'hypothèse d'un système excito-calorique et d'un système calori-modérateur chez l'homme sain, se lelianl avec les centres nerveux, nous sommes conduits à adniotln» ([uc la fièvre (rouble l'un ou l'autre de ces systèmes

OU tous les deui. Leur fonction n'est pas accrue; les deux systèmes agissent encore de ]a même façon qu'à l'état normal; mais leur fonction est modifiée, en ce sens qu'elle est réglée pour un degré plus élevé de température. Poursuivre plus loin cette bypoth^e en ce moment,. ce serait s'éloigner du terrain solide des faits positifs.

Tous les phénomènes si variés que comprennent les symptômes complexes de la fièvre, toutes les particularités relatives à l'organisme en état de Bèvre peuvent être déduits sans effort, à ce que pense Liebermeister , de ce changement essentiel qui consiste dans la régulation établie pour une plus haute température. Du moins, cette déduction serait valable pour le symptôme caractéristique de la fièvre, qui est l'élévation de la température, et, par suite, pour les phénomènes variés et incommensurables qui sont la suite directe ou indirecte de l'élévation de la température. Liebermeister ajourne à plus tard les développements relatifs à ces considérations pratiques si importantes, et il se borne è montrer comment les relations de la production et de la perte de chaleur dans les différents stades de la fièvre peuvent être déduites de ce point de vue.

11 considère d*abord, ce qui est le cas le plus simple, le stade où la température reste à peu près sans changement, c'est-^-dire le êtade de chaleur qui, dans les fièvres intermittentes, ne dure que quelques heures, mais qui, dans les autres maladies fébriles comme la fièvre continue ou subcontinue, se prolonge pendant plusieurs jours et même plusieurs semaines. Pendant le stade de chaleur, la température se maintient à peu près à la même hauteur, il y a équilibre entre la production et la perte de chaleur.' Le malade produit autant de chaleur qu'il en émet , et , par là , la somme de chaleur incluse dans le corps reste la même. Le fiévreux se comporte dans ce cas exactement comme un homme à l'état sain. La seule différence qu'il y ait entre eux , c'est que, chez le fiévreux, cet état d'équilibre est réglé pour une

:)98 CHAPlTiU: IL — LA CHALKUR ET LA FIEVr,E.

plus haute température. Donc ie fiévreux règle sa température coninie l'homine sain, seulement pour un degré plus élevé; il défend sa température de peut-élre /jo** C. conlre Télévation ou rabaissement par les mêmes moyens que rhomme sain pour sa température de 3 7* C. Même les petites variations diurn(»s de la temjïérature de Thomme sain s'observent aussi chez le fiévreux.

Le stade de la température décroissante est suivi habituellement de sueurs, cjuand la chute de la tem|>érature a lieu avec queUpie rapidité, et il prend pour cela le nom de stade de .meur, La chute de la température montre que la perte de la chaleur est plus grande que la production. Dans ce stade, la régulation de la température est tombée relativement d'un degré plus élevé i\ un degré inférieur, tandis que la température du corps, obéissant aux lois physiques, ne peut tomber que lentement, et, par conséquent, demeure d'abord plus haute que ne semblerait le comporter la modification instantanée de la régulation. Dès lors le malade se trouve dans la même condition qu'un homme bien ])ortant dont la température a été artificiellement élevée. Aussi les voies de la déperdition s'onvrent-elles chez lui largement : les vaisseaux de la peau se dilatent, la sueur coule, l'évaporation augmente beaucoup la perte de chaleur, et l'on peut l'influencer à volonté en découvrant le corps du malade ou en établissant des courants d'air. Kn réalité, suivant les circonstances, la perte de chaleur peut être amenée à dépasser le chiffre de déperdition normale, et il s'ensuit un abaissement plus ou moins rapide de la température. Sans doute, chez les fiévreux, la régulation de la chaleur ne quitte pas subitement le degré élevé où elle était établie j)Our tomber à un degré inférieur» mais peu à peu et souvent par oscillations, ce qui prolonge la dorée de la transition.

Ainsi l'on voit qu(^ l'on a tort lorsque , et cela arrive souvent dans ce stade, on considère l'apparition de la sueur comme

le phénomène initial, et la chute de la température comme la suite naturelle d'une violente évaporation. L'évaporation ne produit ce résultat que lorsque déjà la régulation de la température est descendue h un degré inférieur. Si , pendant le stade de chaleur, et alors que la régulation se maintient au même niveau, on rend la peau humide par une aspersion d'eau continue, on peut s'assurer qu'on obtient par ce moyen un abaissement de température qui ne le cède guère à celui qui a lieu dans le stade de sueur. Tant que le niveau de la régulation ne change pas, le malade produit d'autant plus de chaleur qu'il lui en est plus enlevé. On reconnaît généralement aujourd'hui, comme un fait d'expérience, qu'il ne sert de rien et qu'il peut même, suivant les cas, être nuisible de provoquer la sueur dans le stade de chaleur, alors que, par le procès morbide légitime, la température doit continuer à monter.

«Comme on le voit, dit Liebermeister, ce nest pas seulement a l'état de santé qu'existe cette merveilleuse disposition qui fait que le corps est réglé pour un degré détermi^ié de température, mais il y a de même, on peut le dire, pour les cas pathologiques , en tant qu'il s'agit d'une rapide élévation et du maintien du corps à un degré quelconque plus élevé, un mécanisme spécial. Au reste il n'est pas nécessaire de dire que , si , sur ce point particulier de nos connaissances générales , nous sommes obligés de supposer un organe central de la régulation de la chaleur, obéissant à la prétendue loi des causes finales, nous ne devons considérer cette manière de voir, supposant une sorte d'archée, que comme une nécessité provisoire. Nous sommes très-éloignés d'adopter une théorie complète de la fièvre empruntée au dogme des causes finales : il nous suiBt d'avoir hasardé un coup d'œil sur le mécanisme particulier de l'organe central de la régulation, et cette vue presque téléologique n'est qu'une nécessité provisoire, elle n'a que l'avantage de ramener n un point de

(iOO CIIAPITKE II. — LA CHALEUR ET LA FIEVRE.

vue; unique les conditions si compliquées et si dilliciles du phénomène; ce point de vue était nécessaire non pas seulement pour rex[)Osition actuelle, mais peut-être encore pour permettre les recherches ultérieures faites dans la même voie.

a [Mais comment se fait-il que souvent la régulation de la chaleur s'étahlisse à un degré d'élévation anomale? En d'autres termes, (pielle est la cause de la fièvre? La réponse à cette demande ne peut être donnée que très-imparfaitement, parce (|ue nous ne savons quelque chose que relativement aux causes éloignées.

r \ous savons (pie toutes ou du moins la plus grande partie des fièvres sont produites i)ar l'introduction dans le sang, ou dans les liquides, de certains matériaux particuliers. Ce sont, soit les [produits d'un procès pathologique local pour les fièvres appeh'es s ynq)tomaliques ou inflammatoires , soit des substances en déconq)osilion introduites du dehors, substances à l'aide desfpiclles Billroth et 0. Weber nous ont montré qu'on pouvait produire artificiellement la fièvre, soit certains poisons chimiques, ou enfin des poisons organiques appelés matières infectieuses, miasmes et contages, qui sont la source des maladies infectieuses.

^ Muis connnent la fièvre en résulte-t-elle? On croit généralement que ces substances sont par elles-mêmes facilement oxydables, ou bien tpi'elles disposent les matériaux du corps à une plus puissante oxydation et qu'ainsi se produirait l'augmentation dans la production de chaleur. Cette explication serait très-satisfaisante, si la fièvre ne consistait que dans une élévation de la production de chaleur. Mais une simple éléva- (ion de la production de chaleur avec la régulation normale n'aurait ucune action réelle sur l'élévation de la température, fiinsi que le montre, par exenq)le, d'une façon évidente, l'accroissemcnt (|ui a lieu par un plus fort exercice musculaire; au contrains on verrait alors la [)erte croître en proportion équivah'nle, r\ \i\ (rnqiéiature ne s'élèverail pas réellement au-

dessus de la normale. Dans la Gèvre, au contraire, la régulation de la cbaleur n'a plus lieu pour le degré normal, mais pour UD degré de température plus élevé ; elle est , du reste , aussi fixe et elle procède de même. Sans doute, ces matériaux py* rogéniques ont aussi une action, ils doivent agir directement ou indirectement sur le centre régulateur de la chaleur et sur le déplacement du niveau de la régulation. Gomment s*exerce cette action , nous ne pouvons actuellement le dire : tout au plus peut- on citer quelques expériences qui indiquent que le degré auquel se fixe la régulation dépend eu partie de la quantité des matériaux disponibles pour l'oxydation. y>

Tel est le long exposé que donne Liebermeister des conditions^qui peuvent ou qui doivent concourir théoriquement à produire la fièvre. Il appartenait a l'homme qui a tant travaillé cette question de ne pas s'aventurer à fournir une formule. En l'état actuel des choses, nous ne pouvons aller plus loin que lui. Libre à chacun de donner è chaque condition une importance variable suivant ses tendances* personnelles; nous nous contenterons de dire que, si nous pouvons désigner le nombre et la nature des éléments qui paraissent constituer la fièvre, nous ne les connaissons peut-être pas encore tous, et nous n'avons pas encore su réduire ceux que nous connaissons à une unité mesurable ^

* Noiu ne reproduisons pas toutes les ibéories de la fièvre, nous aurions peut-élre dâ réserver une place à celle de Zimmennann , qui a joui longtemps d^uoe grande réputation. (JDs laJOwrt, in fV. Ver, Zeitung, f. Il, 1 1, ta, i6, 18, 30, aa, a5, 97, 36, 3f), 38, 4o, 1859), analyse dans SckmiiWê JahrbHekêTf i86f, t GlX,p. aai.

Zimmennann avait, dès 1 856 , pours(ii\i la démonsLralion de cette proposition : " Il n'y a pas dp fi«?vro cssenliellt*,

et la fièvre résulte toujours de quelque lésion locale.» Il suppose que toute partie lésée par traumatisme, par exemple, s*échauffe, et que de proche en proche, le sang transporte ces parties échauffées dans les veines et ensuite à tout le corps. Si Ton admet que la chaleur fébrile vient des parties enflammées, il faut admeUre aussi que Texcès de dénutrition et de déchet a lieu prédsénient dans ces parties. ( Ain$i Hrmi jfuiifièê Vexpvctswn de fnfer, )

CHAPlTRfc: II. - LA CUALEUn ET LA FIEVRE.

Telles sont les principales théories que les physiologistes et les médecins expérimentateurs ont récemment introduites dans la science. Elles sont toutes exclusives, et la conclusion de Fauteur se trouve en quelque sorte commandée par la direction de ses recherches pei'sonnelles. Placés en présence des malades, les médecins cliniciens se sont tenus en général sur une prudente réserve, et nous n'en trouverions pas un qui ait adopté dans son entier une seule des théories que nous avons analysées. Eclectiques par la nécessité de l'application, ils ont tous cherché à juxlapo.ser les diverses propositions, et à en tirer ce qui était inmiédiatement utilisable au lit du malade, pour le traitement ou pour la connaissance du processus pathologique particulier.

Nous ne ferons pas une longue analyse des divers articles consacrés par eux à Tétudc de la lièvre, les médecins ne pouvaient être et ne furent que des compilateurs.

Nous devons dire d'ailleurs que ce n'est pas un reproche que nous adreSvSons à nos devanciers, nous ne saurions actuellement aller j)lus loin qu'eux, et la pratique n'aurait rien à gagner à ce que les médecins, pris subitement d'enthousiasme pour une de ces théories, acceptassent sans discussion les applications thérapeutiques qui en sont la conséquence logique. Nous sommes trop convaincus que la solution du problème

Le rapporleiir (Samuel, Schmidt's Jahrb.) déclare cette hypothèse contredite par ce fuit hien connu que certaines lésions locales importantes, qui supposent n<kessairement un état anomal (lu sang ^j contenu, ne donnent point lieu à la fièvre. Dans le cours d'une même dyssentcrie, il y aura aujourd'hui une température normale, a un autre moment il y aura lièvre, et pourlant on ne peul pas admellre que le sang ait différé de composiliou hier et aujourd'hui.

Lesfli'reuscurs (ilon cxisl»' encore) de la

fièvre essentielle ne peuvent pas expliquer ces diOerences : cela est cepondaut facile, si Ton se reporte audeg^rë pïm on moins élevé d'intensité da processus inflamaiatoire, constaté par le thermomètre. Alors on voit que la chaleur féhrile ne se forme que dans le foyer inflammatoire, que tous les antres organes et tissus lui servent de milieu physiologique , mais qu'ils ne fournissent aucune contribution positive à Texcédant que nous trouvons alors.

est encore éloignée pour ne pas résister de toute notre puissance à des déductions prématurées.

Wunderiich ^ fait remarquer avec raison que cette ques« tion : Sur quelle baie repoee ïéUvaùon iliermique anomale? n'est nullement identique avec cette autre : Qudk e$t la cquêm esamtidle de la Jiivre? La fièvre est en eflfet un ensemble de phénomânes généraux dont Télé va tion de la température constitue peut-être Télément le plus important; mais il est impossible de déduire tous les autres phénomènes de celui-ci.

Pour Wunderiich , on ne devrait pas demander quelle est la raison de la modification thermique dans la fièvre, mais bien quelle est la cause ou plutôt quelles sont les causes d'une élévation déterminée de température chez un individu donné et à un moment précis, ou, tout au moins, quelles sont les causes de la modalité thermique dans une forme morbide, dans une espèce et dans un temps déterminés.

L'élévation de la température générale peut résulter d'un défaut d'élimination de la chaleur. Pour Wunderiich , dans le frisson , on peut supposer que , le sang ne se refroidissant plu» dans la peau anémiée, il en résulte en grande partie une augmentation de la chaleur centrale.

Wunderiich ajoute : ^ On peut supposer que , dès qu'il se trouve, dans un point quelconque du cor{)s, un foyer local d'hyperproduetion thermique, le surcroît de la chaleur qui en dérive est communiqué par l'intermédiaire de la circulation au corps tout entier, et que la température locale en est augmentée. Les lieux dans lesquels il peut y avoir une hyperthermogénèse sont les foyers d'inflammation ou d'hypérémie, mais ils sont trop circonscrits par rapport à l'ensemble de Forganisme , et l'on peut tout au plus admettre que le surcroît de production thermique local fait naître une élévation

* Wunderiich , D9 la tempèraturt danê Ut malatliet. TraJ. de Labadic La|];ra\e. Paris, 187s, p. 189.

Irès-inodérée de la température générale, qui, d'ailleurs, à moins qu'il ne survienne de nouveaux troubles, doit être promptemcnt et facilement compensée par les voies norojales trélimination. w

On voit que, dans son ardeur à découvrir les causes de la [)roduction de chaleur, U underlich oublie les expériences de Huntcr et celles de ses contemporains. Il suppose ensuite que celte élévation de la température générale peut dépendre de l'activité des processus thermogènes normaux, mais il fait remarquer que, malgré les recherches quantitatives des produits de décomposition (acide carbonique, urée), nous sommes encore loin des résultats qui autoriseraient a considérer la chaleur fébrile comme la consé([uence d'une suractivité pure des processus chimiques normaux.

Pour Wunderlich , ce sont, au contraire, des processus chimiques plus ou moins étrangers à l'état physiologique qui doivent probablement expliquer l'augment de la chaleur; il lui semble que, parmi ces processus, il faut placer une suractivité de la combustion de l'hydrogène, une décomposition organique rapide (qu'il ne détermine pas), les contractions musculaires (convulsions toniques), enfin les fermentations.

Wunderlich enregistre également l'influence des nerfs vasomoteurs et de l'activité morbide des centres spinaux et conclut ainsi : ^^ Kn réfléchissant à la coopération possible, sinon certaine, de plusieurs causes, on conçoit que, dans deux cas diiïérents ou à deux périodes différentes d'un môme cas, une seule et même élévation de la température morbide puisse avoir une tout autre signification (dans ses origines).»

Ce résumé montre assez combien un auteur soucieux de n'avancer que des faits démontrables, se trouve embarrassé au milieu des matériaux amassés, et quelle peine il éprouve à faire un choix; incertain de ses appréciations, il réunit ceux qui lui semblent plus parfaits, sans réussir à les joindre et à (»n faire un ensemble.

LA FIÈVRK. 605

M. Jaccoud est plus sévère encore dans son jugement ^ : « Ce qui est certain , ce qui est saisissable par l'observation , c'est que la cause pyrëlogène crée dans l'organisme une modalité anomale de la nutrition (accroissement des oxydations), c'est que ce mode nutritif a pour conséquence une augmentation parallèle de la chaleur, c'est que , sous l'influence de cette chaleur fébrile, l'action du cœur s'exagère; c'est que cette température anomale provoque souvent aussi une convulsion réflexe temporaire , qui constitue l'épisode du frisson et de l'algidité; mais au delà de ces notions certaines, je ne vois que contradictions et hypothèses, et je ne trouve dans toute cette histoire qu'une seule vérité positive, c'est celle qui est exposée dans notre définition même : La fièvre est un accroissement morbide de la combustion et de la température organiques. Ti

M. Hirtz^ fait è ses contemporains une part plus juste, il regrette que Traûbe ne se soit pas borné è tirer des objections dont la théorie de la fièvre est passible cette conclusion, qu'outre l'augmentation de combustion , la fièvre doit encore être cherchée dans cet autre facteur, la diminution de l'émission : il aurait eu raison , pense M. Hirtz , de ses adversaires trop enclins à tout expliquer par l'excès de suroxydation.

L'ancien professeur de Strasbourg admet avec Liebermeister que Tacide carbonique exhalé par un fébricitant est augmenté; avec Sénator, que l'urée éliminée représente des combustions plus actives ; avec Virchow, Cl . Bernard , Tscheschichin , que le système nerveux vasomoteur. et cérébro-spinal règle la répartition du sang.

(tEn résumé, dit-il, il y a dans la fièvre augmentation de la production de la chaleur, mais en même temps diminution de la faculté modératrice qui la dépense proportionnellement.

* Jaccoud, Traité de pathologie in- médêcmê Hde chirurgie pratiquée. (Dilfn}e, Paris, 1870, 1. 1, p. 99. racleiir : Docteur Jaccoud.) Art. Fi^'e,

' Hirti, in Nnuveau àieiionnaire de T. XIV, Pari», 1871, p. 7.^0.

(>()(• CHAPITHK If. — LA CHALKIJR KT LA KIEVUE.

Nous en (loiinorons une iilée eu coniparanl le sang à un poèlc» modérément chauffé, et le corps a la chambre dans laf|uelle il est placé. Tant ({ue la fenêtre reste ouverte, la température ne s'élève pas au delà d'un certain degré; fermez ia fenêtre ou augmentez le combustible, et la chaleur augmentera aussitôt, (i'ettc fonction compensatrice est dans la dépense par les sécrétions cutanée, pulmonaire et urinaire. 5»

Mais pour M. Hirtz : ç^Dans la fièvre, la régulation de la température existe encore, sans quoi la chaleur irait toujours en augmentant par suite de la (combustion , et l'on peut admettre seulement, avec Liebermeister, que, chez un malade qui a la fièvre, la régulation ne commence qu'à deux ou trois degrés au-dessus de la normale.

aA|)rès celte discussion, nous croyons pouvoir formuler la lièvre dans une définition basée sur sa nature : La fièvre est caractérisée par une aufpnentnûon morbide de la chaleur, due à une aujrmentalion de la combustion moléculaire et à une diminution dan* l'émission , et prowqu^e, dans la majorité des cas, par une altération du siinif. Combustion exagérée n'est donc pas synonyme de fièvre; chaleur augmentée ne l'est pas non plus. Ufaut, comme dit Virchow, un(» chaleur pathologiquement augmentée, et, comme dit Van Ilelmont : Calor vtcumque prœtcr naturam auctus sit, non est tamcn ipse febrls. Il faut, pour que cette chaleur soit morbide, qu'elle soit permanente et non due à l'excitation passagère d'une course, d'une émotion, d'une boisson excitante. Nous voici donc, par la voie expérimentale, ramenés à ia définition des premiers pères de la médecine. Nous pouvons encore dire : Les anciens Font trouvé, les modernes l'ont prourt.n

Cette longue enquête sur les causes de la chaleur fébrile montre les elTorts répétés des médecins, leurs succès et leurs défaillances. Nous n'avons cherché à dissimuler ni nos espoirs ni nos doutes.

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