AMBROISE PARÉ
AMBROISB PARÉ'.
(ivi*riède, i5to-i58&.)
Ambroise Paré montre, par le passage» suivant, que les chirurgiens avaient conservé , à son époque , les traditions grecques et arabes pour l'apaisement de la chaleur fébrile. Dans le chapitre uviii de son XX* livre [Des Jièvres)\ «Le premier ngne des fièvres, dit-il, est la chaleur, t) Plus loin il traite de l'excessive chaleur, en ces termes : tf Ce n'est pas la moindre incommodité des fébricitants que la grande chaleur et ardea de tout le corps; c'est un symptôme qui leur apporte de grandes impatiences. C'est pourquoi il faut donner au malade quelque consolation. Ce qui se fera premièrement, rafraîchissant le plus qu'on pourra l'air de la chambre, changeant le fébricitant de lict en autre, lui donnant è boire frais, mettant sur ses mains et bras des feuilles de vigne rafraîchies en l'eau, luy donnant à tenir dans les mains des boules de marbre et de jaspe, des laictues poumées, des citrons trempés en l'eau, et autres telles choses. On luy mettra sous les reins une peau de marroquin, ou une pièce de camelot, ou de bougran, mettant en son lict des linceux neufs et un peu rudes. Quelques uns trempent des linges en oxycrat, dont on enveloppe les parties honteuses. Le reste gist à donner au malade des juleps et apozèmes...9)
Ce passage est à rapprocher de celui d'Alpinus concernant les pratiques populaires à Venise.
^ Chirurgien de Charles IX et Heu- tome III, p. 1 66; — ch. m, tome III^
ri m, né en i5io, mort en i58i^. p. 80. Seeoode partie du Dtseoun d$B
' OEarres complètes d^Ambroiie JUvrtê, touchant leun iyfnptâmêê. Cha-
Paré, édition de Malgaigne, Paris, J. B. pitre xxtiii : De Vexcêitivê ehaUur,
Baâlière , 1 8& 1 , Dtifièom , ch. xxtiii , tome III , p. a 06.
94 CHAPITRE r. ^ L\ CHALEUR ET LA P1E\RE.
SANCTORILS».
( Fin éa ifi' lâècle, 1&61 >i636. )
Sanclorius (Santctrio) a établi un fait, c'est que i'hooime perd constamment de son poids par la' perspiration insen* sible (sueur, respiration), (lette découverte fut un événement dans rhistoire de la physiologie et de la médecine. Sanctorius a étudié les variations du poids de Thomme dans toutes ses conditions, exercices du corps, genre d'alimentation, sommeil, impressions morales, activité intellectaelie, passions, amour, colère^ etc. Il pesa tout, l'entrée et la sortie, les aliments ingérés et les excrétions. Il fut le premier à concevoir l'avenir de la balance en médecine, il fut le devancier de nos contemporains, qui s'aidèrent de cet instrument dans
' SaDctonus appartient au tempe de venta les laoettes. Ce fut une rérolutloo
la renaîasance, il est cootemporain de acieoti6que que le Bomeot oà les hom-
Galilée, il est ie plus cuneux des phy- ims commenoèreot à attaquer Téiude
sideos italiens ; c^est un mécanicien des sciences naturelles avec des instni-
physiologiste. Son titre de gloire, c*est ments perfectionnés,
qu'il a voulu remplacer la tradition par Sanctorius ( \0ae9 t«r SmrforM*,
l'ejcpfrimentatiim. par Dodart, Acad. des •danoes, lec-
Sandorius e>i nv à Capo d'btria au ture faite en 170s , et pul>liée en 17^5
milieu du xvi* siècle, en i56i. U étu- par Noguei à la suite des aphorismes
dia i Padoue, pratiqua la médedne à commentés de Sancionus) a iaît eon-
Venise, devint professeur à Padoue; naître ses premières recherches sur la
mourut en i636. perspiration en logi, publié sa M«dr-
n publia sous le titre hardi de Medi- cina itatira en 1 61 & (3 1 9 aphorismes).
CTiM gtatica un ouvrage que Boerhaave II fut attaqué par fastrologue Hippoly-
jugeait ainsi : Sulhiê Ubfr m re mêdica tus Obidus de Perrare. Dodart a re-
ad êom perfection^m tcriptuê êni. Il em> commencé les expénenoes de Sanc-
prunta à rinstrumenlation de son temps torius sur lui-même et sur d^autres, i
la balance et Pappiiqua à la pbysiolo- partir de Tannée 1 668 , et les a conti-
gie; il n'eut pas la pensée d en faire an- nuées trente -trois ans. Son mémoire
tant pour le thermomètre. est intitulé Ik mêdicma êtatiea gaUica;
'Il avait inventé un sph>/;mon)ètre il a ajouté des aphorismes à ceux de
pour compter le pouls. C'est re(M>que ou Sanctorius et en a donné le commcn*
tîfllilée trou>a le )>endule, où Ton in* tiire.