‹ De la température du corps humain et de ses variations dans les diverses maladiesChapitre 34 sur 122 · VAN HELMONT · texte numérisé non relu

VAN HELMONT

(ifirstède, i577-i64o.)

Van Helmoni [Ortus medictnœ^)^ au chapitre Ca2or^ combat Topinion relative à la chaleur, cause de toute digestion. Il montre que la digestion stomacale se fait par unferment^^ et s'opère mal dans la Gèvre, preuve que la chaleur n'en est pas la cause, car, dans la fièvre, la chaleur est augmentée, et il cite 'Cet aphorisme : corpara impura quo potentius nutri$, eo magie bedis. Il est donc manifeste, dit-il, quil convient de

^ Helmont (Van), seignear de Merode, de ^Royenborcb, d'Oorschot, de Pellines et autres lieux, né à Bruxelles en 1677, mort en 16^0, élève remarqué i Louvain, pour k philosophie; il 8*aperçut bientôt qu'il ne savait rien que la dispute de mots. 11 refuse un riche canonicat,... veut se faire capucin. Lit avec avidité et indépendance tous les Grecs, philosophes et savanb,six cents auteurs grecs, arabes ou modernes. Pieux, mystique, presque illuminé, reçu docteur à Louvain en 1 599. Voyage en Europe, An^eterre, Suisse, Allemagne, Espagne, France, se fixe à Wilvorde près Bruxelles , et fait de la chimie philosophuê per igntm, LahoraUnre$ énormêê dan» son château.

Médecin bienfaisant et grand seigneur. Accable les médecins traditionnalistes de sarcasmes en assez bon latin, fait de sérieuses découvertes en chimie.

On le connaît par Varchée. C'est pour lui la conception de Tunité vivante, anima vitali», Tunité dans Télre, la solidarité du polypier humain , le régulateur central de la vie et de la maladie. C'est toute la doctrine de Técole dite spiritualiste unitaire.

Il publia de nombreux ouvrages sur la littérature, Tbistoire naturelle. Pour le médecin , son principal livre est son Ortui medieinm, %d têt initia phytiem inandita, ProgreauM medieiinœ nonu.

Van Helmont a été très-calomnié par les médecins , naturellement, qui se sont moqués de Tarchée et des ferments.

C'était un original plein de génie, nous aurions tort de le juger en nous plaçant sur le terrain des doctrines médicales actuelles. Ce serait trop fadie et injuste.

C'est le chef des anti-galénistes, des animistes et chimistes. Il vivait à la même époque que Galilée, Sanctorius, Borelli, mais, tandis que les italiens delà fin du XVI* siècle étaient des physiciens, lui, avec les hommes du nord qu'il devança , fut un chimiste.

* Voyei la belle édition : Orltis dieinœ, id e»t initia phyâicw tf progrtuuê medicinœ notms, ete, Edenle auctoris filio Francisco Mercurio Van Helmont, Amsterodami apud Ludovicum Elsevirium on »glii.

^ CaîoreJfiaêMêrnondignitfiidlaM' tum excitative , p. 1 6 1 .

* Nous dirions par la pepidne.

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donner aux fëbricitanis des aliments très*légers et de facile

digestion.

Van Helmonta laisse un petit traité des fièvres, extrait d'un

grand ouvrage qui n'a point éiA édité. U commence par déclarer que les médecins n'ont rien appris sur ce sujet, depuis Tantiquité grecque, qu'ils n'ont fait que tourner dans un cercle et que se copier les uns les autres [alii ad untim omnes cantum eueult (chant du coucou) cecinerunt), et que leur ignorance fait honte. Il croit avoir découvert la vraie essence de la fièvre, en tout cas ses critiques sont vives.

Tous les auteurs, dit-il, définissent la fièvre calorprœter imturam accenêUê primum in corde, dein delatus per iotunt corpus^. Or l'essence de la fièvre , pour eux , n'est pas une chaleur quelconque, mais une chaleur qui prœter naturamfuerit, etgradu suo knerit. Ainsi ils ne conçoivent point de fièvre sans cette chaleur, compagnon nécessaire [cornes). Van Helmont leur oppose la fièvre des camps, qui est sans chaleur accrue du commencement à la fin, et le frisson avec claquement de dents, qui marque le début des fièvres. Et en effet cette objection, que Galien avait déjà réfutée, embarrassait les auteurs, et quelques-uns prétendaient, ainsi que le dit Van Helmont qui les critique, que ce frisson n'était pas un vrai refroidissement, sed mendax aique dohsum sensuum îenocinium, dumque exterius frigent, volunt quod inteme œsluent, crementurque vero calore quamvis aliter »enrtiaU. (C'est pourtant la vérité.) Et ces auteurs ajoutaient que cette chaleur intérieure était bien prouvée par la grande 9oifdes malades, k quoi Van Helmont répond: cette soif est trompeuse {fallax)^ et elle vient non de la chaleur, mais des pertes subies par l'organisme [ab excremenio); d'ailleurs l'eaa froide ne calme pas plus cette soif que les remèdes secs, puis, au milieu de la fièvre, au moment le plus chaud, pourquoi y a-t-il moins de soif qu'au début? Pourquoi dire aussi que cette

* Defêlfribtu, cap. i, p. 739.

116 CHAPITRE r. — LA CHALEUR ET LA FIÈVRE.

fièvre s'allume dans le cœur, n'est-il pas plus vrai de dire qu'il y a une cause morbifique, une nuttière peccante qui eêt Farigine de la fièvre et précède cette chaleur? Donc ceux qui entendent traiter la fièvre par les réfrigérants ne peuvent prétendre qu'ils s'attaquent à la cause, à la source, mais ils ne combattent que la chaleur qui est un effet, un produit secondaire de la matière fébrile. Si c'est la matière morbifique qui brûle, pourquoi le cadavre ne continue-t-il pas à être chaud , et pourquoi toute chaleur s'éteint-elle avec la vie? Ce qui fait que la chaleur lutte contre un agent étranger (une épine), c'est, dit-il, Tarchée, omnis alteratùmU opifex^.

Ainsi la chaleur fébrile cesse quand on enlève l'épine, la matière morbifique, que larchée cherche à expulser. Du reste Hippocrate l'a dit: cahrem et frigus mm esse morbos ut neque harum causas. Galien a écrit de longs et prolixes ouvrages pour obscurcir cette vérité, et tout le monde ne jure que par Galien, mais qu'on guérisse par le tiède, le chaud ou le froid, peu importe, dit Van Helmont, pourvu que la matière morbifique soit éliminée. Il combat Galien, mais se retranche derrière Hippocrate. Il fallait être sinon avec les deux, du moins avec un des deux. Rester seul eût été trop de faiblesse ou trop d'outrecuidance.

Autre argument: «Les écoles ont déserté le terrain de la chaleur essentielle de la fièvre, il ne s'agit plus de son degré, mais de son origine, qui est une pourriture (putredo)^ dès lors on cherche à la guérir, non plus par le froid, mais par des remèdes chauds, par des pulsations et par des spécifiques. Elles assimilent ce phénomène au fumier de cheval qui s'échauffe spontanément par putréfaction. Or ce n'est pas par putréfac*

' Et que diUon diantre «ojoard^hoi? rien ne non» en empécbe, appdont-le

n*admet-on pas un centre nerveux ré- principe vital, âme de SfcaU,qn*imporie7

gulateur de ia chaleur? nommons-le e*est Tidée de Tunité et de Tordre daoa

archëe, avec Paracelae et Van Hermont, Tétre vivant

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