VAN HELMONT
tîon, dit Van Helmont, cela tient à des opérations chimiques Ami le fumier putrijié n'est plue eueceptible. v Sur ce terrain le grand chimiste a facilement raison de ses adversaires médecins; ce qui e$t mort, dit-il, ne s échauffe plus, et la putréf action, c'est la mort. Toutefois le moi fermentation n'est pas prononcé. U n*y a point, dit-il, de putréfaction du sang, et ceux qui saignent font une pétition de principe. Suit une magnifique arguiqentation contre les prétendus signes de l'altération du sang, tirés de Texamen de ia couenne ou de la couleur du sérum ou des globules, on n'a pas fait mieux depuis.
Nos grands hommes contemporains ont trop ignoré ce qu'avaient écrit nos ancêtres. Andral et Gavarret auraient pu copier tout ce passage si instructif, si scientifique. Ainsi, dit Van Helmont, croule cette pratique adorée de nos médecins : ruit totus orio medendi haetenus adoratus a medenlibus, Sed esto quonam signojudicant scholœ sanguinem putridum? Nonne ex colore albiore, mgriofe,fiavo, suhmidi, fuscove? Nonne ex materia viscosa, crassa, aquea, tenui? Et tandem an non ex consistenùa, nonfibrosa, vix eokœrente ? etc. . . Ast declaro, sub pœna convieti mendacii, si quis vdit experiri, quod ducentorum peiulantium rusticorum et sano^ rum cruores unico die examinaverim : erantque multi iUorum aspeelu valde dissimilares, colore, materia et consistentia, quorum phares distillavi, et reperi medendo œque utiles. Soient namque noêirates rusùei, altéra Pentecostes mittere sanguinem, quo largius potitarent. Etenim quanquam plures viderentur putridi, o&t œn/hginosi vel atrabilarii : imprimis tamen rustici unde ejluxerant erant admodum sani. Ergo per causam confirmabant se non obstantibus corruptioniM tnàidis, cruores a balsami natura nequiequam alie^ nos. Quare obrisi tahulam judiciorum ex aspectu emissi cruoris, adeoque confirmavi mecum, a medicis cruorem servari jussum, ut saUem hae ratione, unam visitationem mgrotis adnumerent ^ !
Toute cette critique de la valeur de la saignée est admi-
1 J>9yï6ri6iM,cap. Il, p. 76/1,
ral)lc, nous y retrouvons les arf juments mis en avant dans le cours de ce siècle [)ar les médecins qui l'ont prônée et par ceux qui l'ont détrônée. Van Helmont ne ménage pas l'ironie . r\ quoi juge-l-on (jue l(^ sang est putride? Est-ce à la couleur plus blanche, plus noire, [)lus jaune, j)lus verdàlre, plus rouge, est-C(^ à la consista nc(» visqueuse, épaisse, aqueuse, ténue???
Il ne manque rien à ce tal)leau que complète l'admirable scène comi(|ue des paysans saignés par le seigneur. Tous ces paysans étaient sains, et pourtant leur sang avait telle ou telle aj)parence putride. Van Helmont ne ménage guère d'ailleurs les médecins de son temps; allaient-ils jusqu'à faire conserver le sang de la saignée pour se faire paver une visite de plus? C'est en tout cas une indication que nous devons traiter de calomnieuse pour l'hoimeur de nos pèn\s.
Van Helmont prétend e.\pli(|uer les phénomènes fébriles mécaniquement : Le frisson, dit-il, est l'efl'ortde l'archée pour lutter contre la matière morbilicjue. c'est une constriction des tissus (licite comme exemple la rétraction du scrotum); quant au tremblement musculaire, il le compare au tremblement des ivrognes et à celui des vieillards, c'est un mouvement involontaire. Cbacpie tissu traduit à sa façon cette lutte contre la matière morbifi([ue: la chnieur c'est encore la lutte de l'archée (principe vital) contre la niatière morbilicpie, rarchfe brûle son ennemi et le rcjeUc par les sueurs, aussi les diaphorétiques conviennent-ils parfaitement aux fiévreux. Le vin refusé par Galien aux fébricitants (et que ceux-ci prennent en cachette du médecin( est censé faire l'elfet de l'huile sur le feu, mais c'est une erreur; l'usage du vin entretient les forces et prépare une plus prompte convalescence.
SYLViUS DB LE BOË.