CULLEN
( iviii* siècle, 1719-1 790.)
CuUen admet que la température normale du corps humain est de 98** F. (36%7 G.). Il pense que, dans certaines circonstances, le froid a une puissance sédative, et quelquefois est un stimulant du système sanguin, et un astringent dans d'autres cas.
Le frisson marque le début de la fièvre. On peut d'abord s'apercevoir d'un froid des extrémités \ t( Ce n'est qu'au bout d*un certain temps que le malade éprouve lui-même une sen-
* GuUen , Écoania , profeasenr de twrm on f^ iiMiarMi mtdum, LMidrei,
chimie à Glascow, pais professeur de 1771, etc.
médecioe dans la même anîvenitë , Les indications bibiiographiquea ren-
1761 ; professeur de chimie à Édin- voient à son livre intitulé : Elémtmiê dt
ïmrg en 17Ô6, puis profeaaeur de nMecmê pratifuê. Traduction de Boamatière médicale. quillon, 1787.
On a de lui : Synop$iê no9oU>gûe ma- ' Ut. I : Ikê fihm^ chap. 1 : Dm dicœ m HÊum $tudio9orum , 1 769 ; Lfc- iymifUmtê dm fièwrf, 1 o , p. 7.
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sation de froid , qui commence communément dans le dos, et bientôt se communique à tout le corps ; alors la peau paratt chaude au toucher. » Ainsi GuUen sait que le frisson s*accom* pagne de chaleur.
Il pense qu'il y a deux manières d'utiliser le froid dans les £èvres, savoir : en introduisant des substances froides dans Festomac , ou en les appliquant sur la surface du corps. Les boissons froides peuvent être un tonique utile dans les fièvres. La seconde méthode d'employer le froid comme tonique consiste à l'appliquer à la surface du corps. GuUen admet en général que, quand la faculté de produire de la chaleur est augmentée, comme dans les fièvres, il est nécessaire non-seulement d'éviter tous les moyens capables de la porter à un plus haut degré , mais il convient même d'exposer le corps à une atmosphère d'une température plus froide, ou au moins de le faire plus librement et plus fréquemment que dans l'état de santé. Et il ajoute^: ce Quelques-unes des dernières expériences faites dans la petite vérole et dans les fièvres continues prouvent que la libre admission de l'air froid sur le corps est un puissant moyen de modérer la violence de la réaction. Mais quelle est la manière d'agir ? Dans quelles circonstances de la fièvre convient^il particulièrement? ou quelles sont les limites qu'il exige ? C'est ce que je ne tenterai pas de déterminer, jusqu'à ce qu'une plus longue expérience m'ait mieux instruit, i^
A la vérité , James Gurrie et d'autres médecins de Liverpool avaient déjà fait paraître des mémoires sur l'utilité du froid dans les fièvres, mais GuUen avait le droit de ne point se déclarer encore pour' cette méthode nouvelle. Gependant GuUen sait que les alSusions froides sont quelquefois utUes, et à l'article 909 il s'exprime ainsi ^: (( Non -seulement l'air froid peut
* Ghap. n : D9 la méthode de guérir leê fihree, section première : De la ettre dêeJShrêë cmtmvêe, i, I, p. 196. — * T. I, p. i56.
être appliqué sur la surface du corps comme rafratchissaut, et peut-être comme tonique, mais on peut aussi faire usage de l'eau froide. Les anciens rappliquaient fréquemment avec avantage sur certaines parties comme tonique; mais c*est une découverte des modernes de laver tout le corps avec de Teau froide dans les cas de 6èvres putrides accompagnées de beaucoup de faiblesse. Cette pratique fut tentée, pour la première fois, à Breslau, en Silésie, comme il paraît dans la dissertation qui porte le titre : De Epidemia vema quœ Wratislamam anno 17^7 afflixit, et qui se trouve dans l'appendice joint aux Acta naL curios., vol. X. D'autres auteurs nous apprennent que cette pratique a été adoptée dans quelques contrées voisines. Néanmoins je ne sache pas qu'on en ait jusqu'ici fait l'essai en Ecosse. r>
Le traducteur français de Gullen (1785) ajoute en note quelques renseignements sur le même sujet : ^Galien, dit-il, cite des cas où il pense que Ton doit faire usage du bain froid. Fioyer rapporte que des malades échappés pendant le délire ont été guéris en se jetant dans les mares, ou en restant sur le pavé. Gircelli, dans ses notes sur EtmuUer, recommande d'appliquer sur le creux de l'estomac un drap trempé dans l'eau froide, lorsque le malade se plaint de ressentir des anxiétés vers les p^œcardia. Houllier a introduit cette pratique en France; il conseille de baigner les extrémités dans l'eau froide et le vinaigre. Ce fut Godefroi Haén qui introduisit à Breslau, pendant une épidémie de fièvre putride, la pratique des ablutions froides. Son frère , Haën de Schwedits , a écrit sur l'usage du bain froid. Sthriber, de Pétersbourg, a remarqué aussi que le bain froid était excellent dans les fièvres. li convient particulièrement dans les fièvres lentes , nerveuses et putrides. j> C'est un tableau de la médecine en Europe à la fin du siècle dernier. Bosquillon ne fait donc pas non plus mention des travaux encore récents de J. Currie.
Dans les chapitres concernant certaines maladies en parti-
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ciilier, CuUen parie souvent de rapplication da froid avec éloge , par exemple dans l'article concernant ïinoculaiian de la variole , où il pense qu'il y a un art de modérer l'état inflammatoire de la peau. ^En conséquence, dit-il ^ il y a lieu de croire que les mesures que l'on prend pour modérer ]a fièvre éruptive et l'état inflammatoire de la peau sont un des plus grands avantages que l'on retire de la pratique de l'inoculation . • '. • On a renoncera la saignée et trouvé un moyen plus puissant et plus eOicace dans l'application de l'air froid , et dans l'usage des boissons froides. ... On ne peut, ajoute Gullen, douter que ce remède ne soit sans danger et efficace, d'après la pratique usitée depuis longtemps dans l'Indostan et adoptée récemment dans notre pays. »
CuUen, toutefois, fait quelques réserves quant à l'application de cette méthode au traitement de la variole spontanée, et son traducteur français se montre encore plus réservé sur ce point. Néanmoins CuUen dit formellement ceci^ : «Si, pendant une épidémie de variole, il survient de la fièvre et qu'on ne puisse guère douter que ce ne soit une attaque de variole, il faut, à tous égards, traiter le malade comme s'il avait été inoculé, l'exposer librement à l'air frais, ie purger et lui donner abondamment des acides rafratchissants. »
A l'article concernant la rougeole (n° 65o), CuUen discute l'utUilé du froid ' : ce D'après l'expérience que nous avons depuis peu , sur les avantages de l'air froid dans la fièvre éruptive de la petite vérole, quelques médecins ont pensé que cette pratique pourrait s'appliquer à la rougeole; mais nous n'avons pas encore d'expériences suffisantes, n
Pour la scariatine, CuUen ne parie. pas du tout du froid. Dans la fièvre miliaire il conseille formellement d'exposer le malade à l'air froid comme sans danger et utUe.
La théorie des réfrigérants n'était encore qu'è son aurore.
» T.I,p.385. — » T.I,p.388. — » T.I, p.Ao5.
Le livre de Currie n'ëtait pas connu. ... £1 France, h» grœndt elinicimê ecmmenceni àpeme à parierdeMmporkmtngH en i8yA !