J. C. REIL
(iriirâècle, 1759-1813.)
Reil ' s'explique catégoriquement sur le rôle prétendu de la nature et se montre un vrai savant cpiand il dit : « On attribue ordinairement l'origine de la fièvre à une cause irritante, à une matière fébrile subtile, à un effort par lequel la nature cherche à éloigner du corps une matière mofbifique , etc. Ces assertions sont dénuées de fondement et n'expliquent rien. La nature n'agit point d'après un but qu'elle s'est proposé, elle est entraînée par une nécessité aveugle et déterminée par les ingrédients de ses forces physiques. Aussi ne peut-on , au sens propre , lui attribuer un but ; l'observation ne nous montre dans les fièvres qu'un mouvement, une action particulière qui porte le nom d'irritation fébrile, et ses effets manifestés par
1 Fils d^an prédicateur protestant, * La eonnaùsancê et le traitement de$
destioé d*abord à être ministre. Ne â Jthree, par J. Chr. Reîl, professeur â
Rhande ( Frise- OrienUie), en 1769, Halle, 1. 1. Eitndta tirés de la BibUa-
étodia Tanatomie avec MoBckel. Profes- tKèqne gemumipte de Brewer. Paris,
searâHalleen 1788, àBeriinen 1810. anriii. Mort do typhus, à Halle, en 181 3.
268 CHAPITRE r. — LA CHALEUR ET LA FIÈVRE.
la lësioD des fonctions de Téconomie animale. Nous ignorons complètement comment Tirritation fébrile produit ces symptômes et quels sont les changemmtt quelle opère ian$ le mihmge de la matière animaHe • • • » nous ne remarquons que les accidents sensibles, ils deviennent pour nous la base de la science.»
Convaincu que la cause procbaine de la fièvre gtt dans un mélange vicieux de la matière animale dont la nature nous est entièrement inconnue, Reil engage les médecins à se contenter de la simple connaissance historique de ces maladies et à les étudier empiriquement d'après leurs signes, leurs accidents, leurs effets et leurs causes éloignées . . .
Ces sages préceptes n'empêchent point Reil de sacrifier au langage philosophique de son temps en disant qu'il y a trois causes principales ou trois classes d'accidents sensibles qui dépendent : 1* d'une tension trop grande dans le système animal; â*" d'un dérangement dans l'équilibre des forces de tension; 3 ' d'une absence de tension. On reconnaît là le même esprit que dans Brown.
L'irritabilité est aussi invoquée, et Broussais reprendra plus tard cette idée ou plutôt ce mot qui, pour lui, deviendra tout un système.
Reil, synthétisant en un paragraphe ce qui est conunun à toutes les fièvres, s'exprime ainsi : c(Les symptômes fébriles qui semblent appartenir à toutes les espèces de fièvres sont lee changement» de température du carp», le frisson et la chaleur, les variations du pouls, certaines affections nerveuses, la prostration des forces et les changements des urines. Ces symptômes sont les effets constants et immédiats des procédés chimico-animaux déterminés par l'excès d'action dans les organes. V On ne dit pas autre chose aujourd'hui.
Mais ce que Reil dit de la chaleur est tout à fait insuffisant et marque le peu d'autorité dont jouissait le livre de Gurrie ' :
* La comuttêêmiee et le trmtemeiU dee fèvree , L H.