‹ De la température du corps humain et de ses variations dans les diverses maladiesChapitre 66 sur 122 · J. 0. REIL · texte numérisé non relu

J. 0. REIL

piralioQ générale. Dans quelques cas des plus fâcheux, il faisait alternativement usage de bains chauds et de bains froids; puis il ordonnait des fomentations sur tout le corps avec du vin ou du rhum, et intérieurement il prescrivait des cordiaux.

J . V. Hahn faisait laver les personnes atteintes de fièvre maligne avec de Teau froide , il employait aussi la glace.

AUion fit couvrir de glace, depuis la tête jusqu'aux pieds, un homme qui avait une éruption pourprée dans une fièvre maligne, et le malade guérit. '

HoUwel dit qu'à Calcutta on baigne les enfants dans l'eau froide, depuis le jour de l'inoculation des pustules varioliques, et cela avec le plus grand succès. Floyer, Schellhammer et WiUis rapportent des faits semblables. R. Halls a vu un cas de typhus guéri par cette méthode. Reil a fait usage du même remède dans un cas de fièvre pourprée épidémique. (VoirCurrie.)

Reil a compris et exprimé en termes nets le desideratum de la médecine de son temps : c( La cause prochaine de la maladie eil cet éUU interne du corps sur kguel les symptâmes d^une maladie se fondent immédiatement. Tant que nous ne pouvons pas répondre d'une manière satisfaisante à cette question, nous n'avons une idée claire ni de la maladie ni de sa cause prochaine. Le problème est uni à celui-ci : Comment les organes agissent-Us dans Vitat de santé? Or, dans l'état actuel de nos connaissances, il ne nous est pas plus possible de résoudre l'un que l'autre. ^

La médecine moderne s'appuie beaucoup sur la physiologie normale et pathologique ; elle est donc entrée dans la voie signalée par Reil. Tout serait pour le mieux , si la diffusion de certaines connaissances techniques, ce qu'on pourrait appeler la démocratisation de la science, n'avait misa même une foule de demi-savants, soustraits à toute discipline scientifique, de déraisonner impunément sur la physiologie médicale.

372 CHAPITRE r. — LA CHALEUR ET LA FIÈVRE.

Cau$e prochaine des maladies, f après Reil. — «L'inspection des cadavres ne noas apprend rien sur la cause prochaine des maladies que nous rapportons à une altération de la force vitale. L'anatomie ne développe que Torganisation et ses diverses affections morbides, elle n'arrive jamais au mélange de la matière. Les irrégularités et les lésions visibles de l'organisation que peut nous offrir l'ouverture d'un cadavre sont ou les causes éloignées de ces maladies « ou leurs effets. Dans l'hydropisie du cerveau, l'eau n* est pas la cause prochaine de la maladie, qu'il faut chercher plutôt dans l'état morbide des vaisseaux exhalants ou absorbants; elle n'en est que Teffetv

L'anatomie pathologique, jointe à la perfection des moyens de diagnostic physique (auscultation, percussion, palpation, appareils d'optique, etc.), a permis de diminuer sans Tanéantir la valeur de cet argument.

HUFELAND.

( Fia du xriu* siècle et oommeocement du xix*. )

(T La fièvre ^ est une réaction. Ses caractères extérieurs sont : i*" l'accélération du pouls; ù*" un changement dans la températui^e du corps, accompagné d'un sentiment de frisson ou de chaleur. Le frisson annonce assez ordinairement l'invasion de la fièvre, mais souvent il gtt plutôt dans la sensation quilne tient â une diminution réelle de température, • . ,etc. yf

Hufeland, cherchant l'essence de la fièvre, l'appelle une irritation spécifique et une réaction de la sensibilité, une force nerveuse propre , dont le siège principal est le centre de la sensibilité animale et gtt dans le nerf intercostal (grand sympathique) qui conduit la sensation à la moelle, d'où frisson et spasme de toute la peau, altération de toutes les sécré-

^ Dé la fièvre, par Hafeland. (Intro^ ou ItUn ntr la pathogéniêi dMtûm à un etmn de pathologie, 1 796, vitale, etc.)

HUFELAND. 273

lions. . . . Hufeland fait souvent dériver la 6èvre des troables gastriques.

On peut voir là en germe le centre gastrique et Tirritation de Broussais. Quant à l'idée de mettre en cause le centre nerveux, elle reparaît, de nos jours, sous la forme du centre régulateur de la chaleur fébrile.

(tLa première impression de la cause morbifique, dit Hufeland, et rirrilation des nerfs dorsaux et cutanés, occasionnent le bâillement, la tension des membres, les tiraillements dans le dos, le frisson , un pouls petit et serré; tous ces symptômes annoncent la présence d'un spasme universel qui affecte surtout les extrémités des vaisseaux. Les effets de ce spasme sont de retenir une grande quantité de calorique, qui, dans l'état de santé, devenait lAre en sortant par la peau avec la matière de la transpiration, et de supprimer Vautres excrétions qui se faisaient par la peau et par les urines, celle surtout du phosphore. En diminuant la capacité des petits vaisseaux , ce même spasme fait refluer le sang en trop grande abondance sur le cœur et sur les gros vaisseaux de l'intérieur; d'où il résulte que ces organes sont irrités plus fortement que dans l'état de santé par ce fluide qui est leur stimulant naturel, et parle calorique surabondant qu'il contient; aussi leur réaction est-elle plus vive, et leurs pulsations plus fortes et plus fréquentes. Plus cette irritation extraordinaire se prolonge, plus la réaction doit augmenter en intensité ; enfin elle parvient à un degré qui la met en état de surmonter la résistance que lui opposait le spasme des petits vaisseaux, et de rétablir ainsi l'équilibre. Le pouls devient plein, la peau se relâche, le calorique est mis en liberté; il se manifeste, en excitant à la surface une chaleur d'autant plus grande, qu'il a été plus complètement retenu et concentré dans l'intérieur ^ 99

* BihèioUtêque gtrmaniqvg de Brewer, vendëmioire, an tiu, L III, p 977 el

iR

27â CHAPITRE 1". — LA CHALEUR ET LA FIÈVRE.

Hufeland ^ reconnatt, parmi les causes de la fièvre, la présence de matières étrangères et stimulantes, la résorption de matières hétérogènes venant du dehors, telles que les contagions et ie^ miasmes, ou de dedans, telles que le pus'.

'Hufeland, dans sa Tliérapeutique ^^ consacre un chapitre à L'INSTINCT THERAPEUTIQUE DB LA NATURE; uous en extrayous ce qui suit :

i"* Dans la plupart des maladies fébriles, les malades ont une aversion marquée pour les aliments, et un désir non moins vif pour les boissons acidulés, qui sont un des moyens curatifs les plus essentiels dans ces sortes d'affections.

s"" Les personnes atteintes de maladies astbéniques ou dont le principal caractère est une diminution de la force vitale, demandent souvent du vin ou d'autres cordiaux et les reçoivent avec avidité.

3* Dans les affections gastriques, où la bile abonde dans tes premières voies, les malades n'ont de goût que pour les aliments et les boissons acides; ils ont une répugnance extrême pour la nourriture animale.

6* Dans les fièvres intermittentes rebelles, on voit quelquefois les malades avoir la fantaisie de certains aliments particuliers, en manger avec excès et obtenir ainsi leur guérison.

j"* Enfin il ne$t pas rare que des tnaladeê, dans des cas de

Jièwe inflammatoire, fatigués et excédés par la chaleur et le mafique

d^air dans des appartements fermés, s exposent presque nus à tair

* Loc. cit. p. 97g.

* On ne croirait pas, en lisant ce qui précède, que c^est un auteur allemand de Tan 1793 qui a écrit ces lignes.

Traube s'y retrouve avec sa théorie de la rétention de la chaleur, et Ton y voit aosai la fièvre par résorption de naatières putrides (Bilirolh et autres). Il est dif-

ficile de supposer que les savants aoleara de ces théories modernes aient ignoré ces passages de Hufeland , et il est probable qu'ils le citent sinon dans ieara écrits, du moins dans leur enseignement oral.

* Syêtime de médecine pratique, léna et Leipiig, 1800.

HUFELAND. 275

U plu$ froid, âejeUetU dans l'eau ou dans la neige, et se procurent amsi, sans aucun raisonnement, une guérisofi que la science et la raison mal éclairée tâchaient vainement de leur procurer ^

Thérapeutique de Hufeland. — c( Toute méthode curative doit opérer un changement dans les conditions internes ou externes de la vie, savoir : dans l'excitation, dans le mélange ou ia forme de la matière animale, ou dans l'action des stimulants.

fi L'excitation peut pécher de trois manières : i° par excès ou hypersthénie ; a^ par défaut d'énergie ou asthénie; B"" par anomalie ou changement dans la nature de l'action vitale. y>

On voit que, dans les écoles, à cette époque, les idées de Brown étaient dominantes; du moins on tenait le même langage que cet écrivain, car ce serait lui faire trop d'honneur que d'assimiler ses élucubrations à la science d'un Reil et d'un Hufeland.

Guidé par ces idées, Hufeland était, plus qu'un autre médecin, prêt â essayer l'usage de l'eau froide dans le traitement des maladies fébriles, et , en 1 83 1 , il mit au concours l'examen des expériences de Gurrie sur l'action de l'eau dans les maladies fébriles; la deuxième partie du programme renfermait les propositions suivantes : Faire une série d'expériences individuelles, dans le but de modérer la chaleur fébrile par l'usage externe de l'eau , selon la méthode de Gurrie. L'emploi du thermomètre avant et après l'application de l'eau, et l'indication du chiffre des pulsations paraissent devoir être exigés k cet effet. Trois mémoires furent couronnés et imprimés dans le volume supplémentaire du Journal de Hufeland (1899 ) : ceux de Pitschaft, Antoine Frô.lich et Reuss. Ces deux derniers sont importants.

* Il y aarait lieu de développer ce thème si inléresaanl, et trop négli^rc flans les traités moderoes de médecine.

276 CHAPITRE r. — LA CHALEUR ET LA FIÈVRE.

Hufeland ^ dans ia variole, faisait usage des rafraîchissants, comme de Tair frais, des lotions froides, jusqu'à l'éruption. En renouvelant souvent l'air, il en évitait les courants, de même que le passage subit du chaud au froid. Il ne se servait qu'avec de grandes précautions des lotions froides pour les plaies .... L'éruption faite , il avait soin cf entretenir une douce chaleur à la peau, regardant le froid comme très-nuisible à cette époque. ... « J'ai souvent vu , dit Hufeland , tous «les boutons disparaître par un froid considérable, et ne re- « venir que lorsqu'on tenait le malade chaudement. " Il croyait à la répercussion des humeurs \

(xii' siède.)

Avec William Edwards, nous entrons dans une nouvelle ère scientifique. Doué d'un esprit observateur, il sut grouper autour de quelques faits bien précisés les matériaux que le xviii* siècle laissait mal coordonnés. Aujourd'hui nous nous servons de ses remarques presque inconsciemment; elles

^ Bemarquêê $ur U petite vérole naturelle et inoculée, telle qu*elle aétécbetrvée à Weimar depuis l'année ijSS , par Guillaiime Hufeland, professeur de médecine à léna. Leipiig, Rtcbter, t XIV, extrait de la Bibliothèque germanique de G. Brewer, Paris, vendémiaire, an tu, 1. 1 , p. 1 .

' Utilité de Veau froide pour le trmtement de$ plates. — Brewer et Delàroche, dans leur Bibliothèque germanique (Paris, an x), rapportent un cas de plaie de Toeil guérie à la suite du traitement par les applications froides (Mfidmann , dans lo Jownal de Loder, t. Il), et ajoutent ce qai suit : «L'application d*eau froide continuée pendant

planeurs beares sar des parties coutuses, eiooriées oo déchirées, est on des meilleurs moyens auxquels on poisse avoir recours pour prévenir, dans ces parties, ia naissanca d*aiie inflamma* tion qui pourrait devenir plus ou moins fâcheuse ; et cependant ce moyen , qui est sous la main de tout le monde, n'est presque jamais employé. Pour en obtenir tout Teffet, il faut, soit par des compresses renouvelées de moment en moment, od de quelque autre manière, faire en sorte que la partie affectée soit constamment exposée à Timprossioa du froid pendant trois ou quatre heures au moins, n

D*ont pas été discutées, et peu d'entre elles ont mérité d'être révisées.

Voici comment W. Edwards apprécie l'influence des divers agents physiques sur la vie ^ :

Influence de Voir eee, de Vair humide et de F eau, à une température élevée, sur la tranepiration. — La transpiration a lieu par évaporation ou par transsudalion. A un degré de chaleur excessif, la transsudation s'accrott tellement, qu'elle couvre toute la surface de la peau , et il n'y a plus d'évaporation , soit dans l'air sec, soit dans l'air humide, et, toutes choses égales d'ailleurs, celui des deux airs qui aura un pouvoir échauffant plus grand déterminera une plus forte transsudation, et c'est ainsi que la vapeur des bains de vapeur, qui a un plus grand pouvoir échauffant que l'air sec, fera suer davantage. Reste l'évaporation pulmonaire, qui doit être nulle dans un air saturé de vapeur et d'une chaleur supérieure à celle du corps. La déperdition est forte surtout dans l'eau chaude. Lemonnier, après un séjour de huit minutes dans un bain d'eau à AS** C, perdit ao onces (6t â grammes), ce qui est au moins le double de ce que Delaroche et Berger ont perdu, à une chaleur semblable, dans un bain de vapeur, et à une température de 90*" G. dans l'air sec.

Influence de Vévapcraùon sur la température du corps exposé à une chaleur excessive. — C'est Francklin qui , après des expériences sur l'évaporation des liquides, jugea que les animaux devaient, par l'évaporation, maintenir leur corps au-dessous de la chaleur excessive de l'air. Fordyce admit cette cause, mais en accepta encore d'autres. Delaroche et Berger ont

' D9 Pû^tumcê dêë agwU phyêifutê inaag., Paris, 181 5. — Différence» de

$ur tavie, Paris, Grodiart, éd. 1896. la cKaUur produitêê par l'àgê, h sext et

Gonsiikei ëgalement : Ui différentes heures de la journée. Gentil, De la chaleur animate. Dis8.

rendu, par leurs expériences, la question très-claire. Ils in~ troduîsirent dans une étuve un vase poreux dit altaraza», avec deux éponges mouillées et une grenouille, La température de l'étuve variait entre 53%5 et 6 i^aS C. Les éponges et le vase avaient été préalablement portés à 38° et 4o°. Au bout d'un quart d'heure, le vase, les deux éponges et l'animal eurent une température presque uniforme ne dépassant pas la température propre aux animaux à sang chaud, et s'y maintinrent pendant deux heures. Le vase et les éponges se refroidirent d'environ i". Au contraire, la température de la grenouille, qui était d'abord de 9i%a5 G., s'éleva k 37°,i8 en quinze minutes et demeura stationnaire, se maintenant, ainsi que l'alcarazas et les éponges, de iS" à ai%5 tm-^deêmmi de la chaleur ambiante.

Donc l'évaporation suffit pour maintenir la température des animaux et des corps bruts au-dessous de la chaleur extérieure de l'air, quand elle est excessive.

Refroidissement y ions différents milieux, à des températures inférieures â celle du corps, — Dans l'air sec, il y a moins de chaleur enlevée au contact, c'est-à-dire que le pouvoir refroidissant de ce milieu est moindre ; mais l'évaporation est plus grande, et il y aura un plus grand refroidissement que dans i'air chargé de vapeur. L'inverse aura lieu , sous les deux rapports, dans la vapeur vésiculaire ainsi que dans l'eau.

Du refroidissetnent dans l'air calme et dans Voir agité, — Dans l'air calme, à une température inférieure â celle du corps, nous perdons de la chaleur de trois manières différentes : par l'évaporation ; par le contact de l'air ; par le rayonnement. Dans l'air agité, c'est-à-dire renouvelé, il y a beaucoup plus de chaleur enlevée au contact, et dans une proportion qui parait proportionnelle à la vitesse du courant. Nous avons sur ce point une sensation juste. Cela équivaut à

un abaisBement réel de la température. Les indications du thermomètre ne s'accordent pas avec nos sensations. Ainsi on supporte facilement une température de i y'^iyy G. au-dessous de la glace fondante , quand Tair est calme ; il n'en est pas de même si l'air est agité [Voyage au pâle nord, de Parry). Fisher constata que les navigateurs, k une température de /i6''»i 1 G. au-dessous de zéro, par un temps calme, n'étaient pas plus incommodés par le froid que lorsque l'air était à 17% 7 7 au-dessous de zéro, pendant une forte brise. Lèvent produisait une sensation de froid qui équivalait à l'effet d'un refroidissement de l'air de 29'' G.

Du degré de chaleur que V homme et les animaux peuvent eupporter (p. 367). — Boerhaave pensait que l'air servait à rafraîchir les poumons, et que la vie devait s'éteindre, si l'air avait une température supérieure à celle des animaux. En 1 7^8 Fahrenheit et Prévost, à son instigation, entreprirent sur ce sujet des expériences qui furent peu probantes; Adanson et Henry Ellis, en 1768, constatèrent que, dans des climats très-chai|ds (Sénégal, Géorgie), è une température supérieure À celle de l'homme, il y avait peu de malades. D'autre part, du Tillet et Duhamel rapportaient (1760) le fait d'une fille qui était entrée, sans dommage pour sa santé, dans un four à une température (approximative) de 11a'' R. En 1776 des expériences furent entreprises dans ce sens par Fordyce , Banlcs, Blagden et Solander [Philosophical transactions, 1776). Dobson, è Liverpool, dans la même année, et Delaroche et Berger, 1806, répétèrent et complétèrent ces recherches. Voici les résultats obtenus par ces deux derniers auteurs : Dans un air sec 4 -h AS"* G., ils placèrent divers animaux (chat, lapin, pigeon, grenouille), qui ne présentèrent que de l'agitation et de l'anhélation. Ges animaux, sauf la grenouille, périrent dans une étuve à 65"* G. en moins de deux heures. Un jeune homme laissé par Dobson dans une étuve à + 98^8 G.,

pendant peu de temps (vingt minutes), eut seulement une grande accélération du pouls (i64 pulsations). M. Berger supporta , pendant sept minutes , une chaleur de Tair de i09%& G., et Blagden une température de ii5° à tay"* G., pendant huit minutes. Quant à Tair chargé de vapeur d'eau, il ne peut être supporté à de si hautes températures; ainsi M. Delaroche ne put demeurer plus de dix minutes dans un bain de vapeur qui, d'abord à 37%5, s'éleva, en l'espace de huit minutes, à 5i*,â5 G. M. Berger ne put aller au delà de la température du bain de vapeur à 55'' G. Gependant les mêmes observateurs supportèrent assez facilement des températures égales et même supérieures dans l'air sec. Joseph Acerbi déclare avoir vu des Finlandais rester pendant une demi-heure dans un bain de vapeur à 7 o'' ou 75*" G. — Il va sans dire que l'eau chaude n'est pas supportée à ce degré, et qu'il en résulte des brûlures.

Influence d'une chaleur excessive sur la température du corps (p. 375). — Francklin parait être le premier qui ait fait des expériences sur ce sujet. La température de l'air ambiant étant à 37%7 G., il remarqua que sa température propre était à 3 5% 5, c'est-à-dire au-dessous de la normale. Ge résultat n'a qu'une valeur historique. Au contraire, Fordyce et ses collaborateurs ont observé que, dans un air très-chaud, leur température propre pouvait s'élever de a* ou 3** F., soit i%5 G. Delaroche et Berger ont observé sur eux-mêmes une élévation considérable; ainsi Delaroche ayant une température de 36*,5 G., celle-ci augmenta de + 5** G. par un séjour de huit minutes dans une étuve dont l'air était à 80**; Berger eut une élévation de 4", 3 5 G., après seize minutes passées dansl'étuve à 87° G. (thermomètre dans la bouche). Us recommencèrent l'expérience ayant la tête hors de l'étuve, et obtinrent encore une grande élévation (3%i a). . . Les animaux laissés jusqu'à la mort dans de hautes températures, l'air étant sec, avaient

ea une élévation propre de G"" h 7^ G. Il semble que ce soit le maiimam possible pour les tfnimaux à sang chaud.

AppUeatùms pratiqu$B (p. /170). — La faculté de produire de la chaleur est moindre pendant le sommeil, d*où il suit qu*un air humide et froid, ou un air sec et vif, que l'on supporte sans inconvénient pendant la veille, même sans le secours de Teiercice , pourra être plus nuisible pendant le sommeil.

Edwards reconnaît l'utilité de rétablir la faculté d'émettre de la chaleur dans les cas d'algidité (bien qu'il ne connaisse pas le mécanisme de la régulation troublée, ni l'élévation intérieure en raison de l'abaissement extérieur). Il cite l'opinion de Torti sur la nécessité de faire cesser l'algidité trop pro* longée dans les accès de fièvre intermittente, et le bain de vapeur donné par Ghomel dans un cas semblable ^

Les cltmatM. — Les naturels des pays chauds sont d'abord moins sensibles au froid que les personnes du pays , c'est qu'ils éprouvent un accroissement rapide de la faculté de développer de la chaleur, mais cet état diminue et ne dure guère au delà de deux hivers.

D'autre part , les naturels des pays froids , s'ils continuaient à produire la quantité de chaleur appropriée à leur climat quand ils vont habiter les régions équinoxiales, auraient un surcroît de chaleur qui pourrait leur être nuisible.

La température de l'homme et des animaux à sang chaud ne varie^tr^lle pas suivant les saisons ? — Les expériences d'Edwards montrent qu'on a eu tort d'admettre a priori une égalité constante. Chez les oiseaux, la différence est considérable (plus froids en hiver, plus chauds en été), elle est de plusieurs degrés centigrades. Chez l'homme , il y a aussi une dif-

' GHime), NcmwûmjaunuU de nMeeinê , t. X, p. 170.

283 CHAPITRE l". — LA CHALEUR ET LA FIÈVRE.

férence; J. Davy a coostatë que la température était plus élevée de i"" F. chez les habitants de Ttle de Geylan, soit indigènes, soit étrangers.

Lta médication réfrigérante, d'après Edwards. — (tOn sait, dit Edwards, de quelle importance il doit être de modérer Texces de la chaleur. Il est des circonstances où la chaleur s'accroît par un effort salutaire de la nature; alors mime ces effeis sont souvent désordonnés, et Fart doit intervenir pour les modérer, et ce qui vaut mieux, pour les prévenir. Souvent le travail extraordinaire qui augmente la chaleur n'a pas cette heureuse tendance, et la nécessité de la réprimer devient plus manifeste. Le moyen le plus énergique de ceux que fournissent lesagents extérieurs consiste dans l'application de l'eau en masse, à une température convenable, v

Edwards estime que l'emploi n'en saurait être prolongé, mais que, si Ton n'oblient qu'une réduction passagère, ce répit est déjà fort avantageux, «^ et, dit-il, la répétition de ce moyen multiplierait les intervalles. Le froid, s'il est assez vif, tend à amortir l'activité avec laquelle la chaleur se développe, et le froid humide est, de tous les moyens extérieurs de réfrigération, le plus propre à amener ce changement. C'est ce qui sert à expliquer l'avantage qu'on a souvent retiré de l'emploi de l'eau froide, sous les formes variées de bains, de douches ou d'affusions, dans des cas où le développement de la chaleur était extraordinaire. L'humectation légère de diverses parties du corps, quoiqu'on les essuie immédiatement, et quelle que soit la température de l'eau , pourvu que la chaleur n'en soit pas excessive, produit à la surface qui est imbibée une évaporation plus abondante, d'où résulte un rafratchissement salu* taire , que l'on peut prolonger indéfiniment, v

Il faut aussi, d'après Edwards, entretenir dans l'appartement une ventilation convenable, favorable à l'évaporation (air agité).

Parlant de Tévaporation cutanée, Edwards signsde la grande différence qui existe entre l'évaporation et la transsudatian : la première n'excrète que de Teau pure, la transsudation, au contraire, entraine une proportion notable de matière animale. La sueur affaiblit davantage. De même une absorption d'eau équivalente en poids peut réparer, ou à peu près, la perte que détermine la transpiration par évaporation; mais il s'en faut de beaucoup quelle remplace celle qu'occasionne la sueur.

■ De la température des jeunes animaux (p. iSsi). — Edwards

constate l'opinion répandue, que la chaleur des jeunes ani* maux à sang chaud est un peu plus élevée que celle des adultes, et que cela tient è une nutrition plus active. Il réfute cette opinion par des expériences, et montre *que les petits chiens, chats, lapins nouveau-nés, au contact de leur mère, ont une température à peu près égale à la température de celle-ci, mais que, si on les éloigne de leur mère et qu'on les tienne isolés pendant une heure ou deux, leur température baisse considérablement, et s'arrête à un petit nombre de degrés au-dessus de la température ambiante (celle-ci étant entre lo^'et ao""). Edwards s'est assuré que ce n'était pas le défaut de nourriture qui produisait ce résultat. Le refroidissement ne dépend pas non plus de la nature de l'enveloppe cutanée«

Au bout d'un certain nombre de jours les jeunes animaux se refroidissent moins et plus lentement et enfin ils se main-^ tiennent à une température physiologique. Edwards apprécie ainsi ce changement : «Ce changement remarquable qui s'o* père chez les jeunes mammifères, sous le rapport de la température, les fait passer de l'état d'animaux à sang froid à celui d'animaux à sang chaud, n

Edwards reconnaît du reste que cette loi ne s'applique pas h tous ^ et il divise les jeunes mammifères en deux groupes ,

384 CHAPITRE l". — LA CHALEOR ET LA FIÈVRE.

sous le rapport de la chaleur animale, les uns naissant, pour ainsi dire , animaux à sang chaud , les autres animaux à sang froid.

Modifieaiùmê de la chaleur chez Vhomme iepui» sa naUeatue juequ^à l'âge adulte. — Edwards [loc.cîLf. ^ ^ 9 ) i reconnaît que la faculté de produire de la chaleur est à son maximum chez l'enfant nouveau-né et qu'elle s'accroit successivement jusqu'à l'âge adulte. L'enfant nouveau-né a la faculté de conserver une température élevée h peu près constante dans les saisons chaudes. Un enfant né à terme et séparé de sa mère, exposé à une chaleur douce, n'éprouve guère de variation dans sa température. «Il est vrai, dit Edwards, qu'on ne s'aviserait pas de le dépouiller de ses vêtements pour juger de sa faculté de conserver sa chaleur par une longue exposition è l'air, mais j'ai fait voir précédemment que cette épreuve n'est pas nécessaire : les mammifères nouveau-nés qui se refroidissent à l'air, k peu près comme des animaux h sang froid, ont beau être bien recouverts, leur température ne laisse pas de baisser, quoique cet effet ait lieu alors plus lentement. 7>

Edwards a examiné l'état de la température chez l'enfant et chez l'adulte et constaté ce qui suit : « En prenant ainsi (aisselle) la température de vingt adultes , il en est résulté qu'elle a varié entre SS^'S et Sy"" G., dont le terme moyen était 3 6"* 1 9 , ce qui s'accorde avec les meilleures observations. On a négligé d'en faire sur les enfants nouveau-nés. Mon Ami M. Breschet m'en a facilité les moyens. Il a permis qu'on prtt, dans les salles de son hôpital, la température de dix enfants bien portants , âgés de quelques heures à dix jours. Les limites des variations ont été de 3 &* à 35** 5. Le terme moyen de toutes les températures individuelles fut de 3&*75. Leur température est donc inférieure à celle des adultes , rapport prévu par l'analogie et confirmé par l'observation. . . J'ai désiré pouvoir vérifier une autre conclusion tirée de l'analo-

gie ; elle est relative à la température des enfants nés longtemps acani terme : j'examinai un enfant né à sept mois , deux ou trois heures après sa naissance, je le trouvai bien portant, bien emmaillotté et près d'un bon feu. Je pris sa température sous Taîsselle et je la trouvai de Sa'' G. Cette différence de tem* pérature est remarquable et prouve évidemment que l'homme suit, pour la production de chaleur, le rapport de l'âge que nous avons constaté chez les animaux à sang chaud • . . "

Edwards (De l'influence des agents physiques, p. a 87) a consacré un chapitre à Vinfiuence du Jiroid sur la mortalité à différents âges. — Il déduit des précédents chapitres cet axiome que, lorsque ta faculté de développer de la chaleur n'est pas la même, la vitaUté est différente, et il reconnaît la nécessité d'étudier scientifiquement ces rapports de l'homme avec le milieu extérieur où, jusqu'ici, nous n'avons été guidés que par l'instinct ou par ce genre d'observations qui est à la portée de tout le monde : « L'instinct porte les mères à tenir leurs en« fants chaudement. Des philosophes, par des raisonnements plus ou moins spécieux , les ont engagées , à différentes époques et dans divers pays , à s'écarter de ce principe , en leur persuada ni que le froid extérieur fortifierait la constitution des enfants comme il fortifie celle des adultes. »

Edwards commence par montrer que les jeunes mammifères qui naissent les yeux fermés et les oiseaux éclos sans plumes ne peuvent se passer de la chaleur de la mère et du nid, où ils se serrent les uns contre les autres. Exposés à l'air au printemps et en été , ils se refroidiraient presque au niveau de la température ambiante. Dans les conditions de chaleur du nid et de couvage maternel , ils ont une température è peu près aussi élevée que celle des adultes, quoiqu'elle soit presque entièrement artificielle.

Suivent les expériences faites par Edwards sur des chats, des chiens nouveau-nés : il les montre se refroidissant à l'air

jusqu'à 1 3 et 1 /f"* G. , et supportant de basses températures, qui seraient mortelles pour l'adulte, pendant deux ou trois jours ( QO^C), après quoi on peut encore les ranimer. A mesure que le jeune animal s'éloigne du moment de la naissance, il subit moins bien cet abaissement : <c Nous voyons que c'est à mesure que la faculté de développer de la chaleur s'accroit, que la facuhé de supporter l'abaissement de la température du C4>rps diminue, n

La conclusion pratique de ce chapitre est exprimée par Edwards en ces termes : «D'une part, si les plus jeunes animaux souffrent moins d'un même abaissement de température du corps, d'autre part ils se refroidissent plus facilement; aussi dans l'échelle des variations de la température extérieure, les plus jeunes animaux sont plus fréquemment exposés à être refroidis par des degrés qui n'auraient aucune influence nuisible sur les autres. De là une cause de plus grande mortalité; de là également la nécessité de les mettre d'autant plus à l'abri du froid qu'ils sont plus jeunes. 3i

Edwards (De l'influence des agents physiques, p. aAy) a indiqué, sans en déduire les applications thérapeutiques, les effets de rapplication momentanée du froid. — « Quoique les animaux préalablement refroidis aient, dit-il, repris leur température, il ne s'ensuit pas qu'ils aient la même faculté de produire de la chaleur . . . J'ai observé en refroidissant et en réchauffant successivement les mêmes individus, que le temps qu'exige le rétablissement de la température initiale devient plus long par la répétition du refroidissement. Leur faculté de produire de la chaleur a donc diminué . . . Ainsi , lorsqu'on a été exposé à un degré de froid au-dessous de celui qui convient à l'économie, quoique la température du corps ait repris son premier degré après l'application de la chaleur extérieure, il n'en subsiste pas moins, pour un temps, une diminution dans la faculté de produire de la chaleur, et plus on est ex-

posé à l'action répétée de cette cause . pourvu que les intervalles ne soient pas trop longs , plus cet effet augmente. »

Application momentanée de la chaleur. [Loc. cit. p. sSo.) — Après un refroidissement capable de diminuer la production de chaleur, le séjour dans une température élevée favorise le rétablissement de cette faculté; car, en exposant les animaux à de nouveaux refroidissements, leur température baissera d'autant moins vite qu'ils auront été exposés plus longtemps à la chaleur . . . G*est la contre-partie de ce que l'auteur a exposé relativement à l'effet consécutif au refroidissement. Ainsi l'effet de Tapplication de la chaleur ne se borne pas à la sensation qui en résulte. «On voit par là, dit Edwards, que, lorsqu'on est dans le cas d'être exposé souvent à un froid très-vif, on se dispose mieux è le supporter en se procurant, dans les intervalles, une forte chaleur, usage des peuples du Nord justifié par les faits précédents. »

La r^ulation de la chaleur n'est pas un principe nouveau. C'était une question fort débattue déjà au moment où Edwards publiait ses observations sur la chaleur (1818). Il ne faut point tout attribuer aux contemporains. Ce qui est nouveau , c'est la recherche d'un centre régulateur de la chaleur siégeant dans le système nerveux encéphalo-méduUaire. Edwards rend bien compte de l'opinion qui régnait au commencement de ce siècle sur cette question. «Il n'y eut, dit^il [De Vinfiuence des agenU physiques , i8â/i,p. sSA), aucun phénomène de chaleur découvert par l'application du thermomètre qui excitât plus d'étonnement que la constance de la température de l'homme et des animaux supérieurs. L'explication en resta longtemps hypothétique, jusqu'à ce qu'on eût découvert un nouvel ordre de faits. Dès qu'on reconnut dans la formation des vapeurs une cause physique de refroidissement, on se servit de ce principe pour se rendre compte de cette uniformité de la chaleur animale. La transpiration devient plus grande à mesure que la

chaleur de l'air 6*accrott; la formation plus abondante des vapeurs enlève plus de chaleur au corps, et de la eompenfoùon entre cette source de refroidissement et Tëlévation de la chaleur extérieure pouvait résulter l'égalité de la température du corps. . .

«En attribuant à la transpiration le pouvoir de régler la lemfératvTê, on suppose nécessairement que la production ou développement de chaleur reste la même dans les diverses saisons • • • »

Les rapporté de notre température avec cdle du milieu anJnani. Influence des saisons. Idées ^Edwards à cet égard. (Loc. cù, p. s 5 9.) — «Nous distinguerons deux classes d'individus chez l'homme et les animaux à sang chaud : ceux dont la constitution est parfaitement en harmonie avec le climat, et ceux auxquels il ne convient pas. Les premiers subissent des changements en rapport avec la saison, qui leur permettent le libre usage de leurs facultés, et cette jouissance de la vie qui constitue la santé. A mesure que la température s'abaisse, leur source intérieure de chaleur augmente. Elle s'accrott successivement et atteint son maximum en hiver; elle décline ensuite avec l'élévation et la durée de la chaleur extérieure. Voici donc un élément nouveau qui doit entrer dans l'explication de l'égalité de température du corps. Gonsidérons-le à part , comme si cette cause seule suffisait pour produire cet effet. La tetnpérature du corps dépendra de la chaleur produite et de la chaleur communiquée. Leur proportion respective pourra varier sans que la température du corps varie. 11 y aura ainsi rompouafton entre la chaleur qui vient du dehors et celle qui se développe à l'intérieur; l'excès de Tune suppléera au défaut de l'autre. Mais l'économie n'acquiert cette faculté de s'accommoder à la température extérieure qu'avec la marche lente et progressive des saisons : du moins elle ne l'acquiert au plus haut d^ré que par ce moyen.

« Si , en ëtë , il survenait un froid subit aussi vif que celui que nous pouvons supporter en hiver, le corps serait , pour ainsi dire, pris au dépourvu; la faculté de produire de la chaleur étant alors réduite h son moindre degré, celle qui est enlevée ne serait plus suffisamment réparée ... Il est des individus qui ne sont pas appropriés à cette grande étendue de variations dans la température extérieure. Le froid qu'ils peuvent supporter sans inconvénient est beaucoup moiqdre, • parce qu^ils n'ont pas les mêmes ressources pour réparer les pertes de chaleur. Au-dessous de cette limite , le froid produit sur eux un effet inverse de celui que nous avons décrit plus haut : au lieu d'augmenter la production de chaleur, il la diminue. Le type de ces constitutions se trouve chez les jeunes animaux à sang chaud et les manunifères hibernants. Ils en présentent les caractères d'une manière plus marquée; mais les nuances chez les autres individus , soit parmi les autres animaux à sang chaud , soit parmi les hommes , pour être plus Cûbles, n'en sont pas moins de même nature.

«... Il y a une pareille distinction à établir entre les constitutions des hommes qui habitent le même climat : les uns, et c'est le plus grand nombre, éprouvent un effet salutaire de l'abaissement graduel de la température; ils subissent des modifications correspondantes à celles des animaux à sang chaud adultes qui acquièrent successivement la faculté d'affronter les rigueurs de l'hiver, non parce qu'ils s'endurcissent au froid, en raison de leur sensibilité qui s'émousse, mais parce que leur foyer de chaleur devient plus actif.

«D'autres individus parmi les hommes, n'ayant pas les mêmes ressources en* eux-mêmes, sont obligés de recourir k des moyens auxiliaires pour se soustraire à l'influence nuisible de la saison. Il y en a qui se réchauffent difficilement, lors même que le froid est tempéré; ils ont besoin d'élever davantage la chaleur des appartements. Cette classe est plus nombreuse qu'on ne croit; elle ne se borne pas aux personnes frileuses;

390 CHAPITRE r. — LA CHALEUR ET LA FIÈVRE.

car rinfluence nuisible du froid ne se fait pas toujours reconnaître par la sensation pénible à laquelle nous donnons le même nom : celle-ci peut être remplacée par des sensations bien différentes, par divers états de malaise, de douleur, de souffrance et d'incommodité, autres que la sensation particulière que nous éprouvons généralement par un temps froid et qui nous fait distinguer la cause qui la produit. L'absence de .cette sensation spécifique nous fait prendre le change sur la cause, et, faute de la reconnaître, nous manquons le remède. 7> Ce qu'Edwards dit de l'action des saisons sur l'homme est le produit d'une double expérience , celle de l'observation empirique des habitudes de l'homme d'une part, et d'autre part l'expérience des animaux sur lesquels il a observé les effets du changement artificiel de milieu. Par analogie il transporte de ces animaux à l'homme les mêmes raisonnements. Tout ce que l'on écrit aujourd'hui (187 3) sur la relation de la chaleur, sur la compensation, sur les rapports entre la production et la consommation, sur l'action du froid qui augmente la production de chaleur, se trouve exprimé brièvement dans les citations précédentes. On saurait gré sans doute aux auteurs nouveaux de citer les anciens , surtout lorsque ces anciens vivaient seulement quarante ans avant eux.

Influence de la température sur les mouvements respiratoires. Applications à la médecine. — r Lorsqu'un individu éprouve un changement de constitution qui diminue sa production de chaleur ou la consommation d'air, il ne peut subir le degré de froid qui, auparavant, lui aurait été salutaire, sans que le rhythme de ses mouvements respiratoires n'en soit tôt ou tard altéré. De là la nécessité, lorsque ces deux fonctions ont éprouvé cette altération comme dans des cas d'affection organique du cœur et des poumons , de mettre le malade en rapport avec une température plus douce, soit artificiellement, soit en le faisant changer de climat. »

CHOSSAT.

CHOSSAT.

Chossat a étudie les effets de Yinanttiatwn sur la chaleur animâJe ^.

A. Oscillation diurne de la chaleur aninude dans Fétat normal, — «Il existe dans l'ëtat normal une variation régulière fort importante, que j'appellerai V oscillation diurne de la chaleur animale. » (L'auteur a lu sur ce sujet, en 1 83 1 , une note à la Société de physique et d'histoire naturelle de Genève.)

Les observations ont été prises à midi et à minuit, au nombre de 600, dans l'anus de vingt pigeons, et prolongées pendant 116 jours.

«Ainsi, conclut l'auteur, dans l'état normal la chaleur animale éprouve, toutes les vingt-quatre heures, une oscillation régulière, au moyen de laquelle elle s'élève pendant le jour et s'abaisse pendant la nuit. La différence entre ces deux états est en moyenne o%7/i; et cette différence ne se rattache ni à une variation dans la température de l'air ambiant entre le jour et la nuit, ni au refroidissement général de l'atmosphère qui résulte du changement des saisons. »

Les mouvements respiratoires subissent une variation analogue à celle de la chaleur animale, et cette variation se fait simultanément et dans le même sens, puisque la respiration

* GhoMat, Rêcher^êê êxpénmentalét Vmamtialion. Mémoire présenté i TAcadémie des sciences en décembre 1 8 38. (Aateara antérieurs : Redi Flnence, i68â , et GoUart de Marti(jny, in Journal de Magendie , i8a8.)

Béfloitats. — Pour Tinanitiation complète : « Uo animal périt lorsqu'il a perdu eoTiroo o,à de son poids normal.»

Pour ralimentation insuffisante en qnantilé :

«Le corps se détruit d^une quantité de matière animale proportionnée an déOdt de Taliment, fournissant de sa propre substance pour la dépense journalière du corps tout ce que r«liment lui-même ue donne pas. C'est là la loi des régimes.

«Abstraction faite de la graisse, c'est le système musculaire qui supporte la presque totalité de la perte de poids du corps.'»

se ralentit en même temps que la chaleur s'abaisse, et vice

versa.

B. De la chaleur animale pendatU l'inamûation (abstinence complète). — L'abaissement progressif de la chaleur par l'abstinence est positif. A mesure que la vie se prolonge , le refroidissement inanitial diurne tend progressivement à augmenter ^

1* L'oscillation diurne et moyenne de la chaleur animale qui, dans l'état normal de l'alimentation, est o%7&, devient, dans l'inanitiation , 3% a 8.

s® L'oscillation diurne inanitiale est d'autant plus étendue, que l'inanitiation a déjà fait plus de progrès; de telle façon, que l'oscillation de la fin de l'expérience est à peu près double de celle du début.

Du dernier jour de la vie danê tinaniiiatian. — Le refroidissement est de o^'.S par jour assez régulièrement, mais subitement, le dernier jour de la vie, il s'accroit. Le refroidissement du dernier jour, comparé à celui des jours antécédents, a été comme i4",o : o*,3 = /i7,i, c'est-à-dire que, dans le dernier jour de la vie , la chaleur animale , en moyenne , a baissé h 7 fois plus rapidement que dans chacun des jours précédents.

On trouve un refroidissement moyen de o%9& par heure pendant le dernier jour de la vie^

L'abaissement total qui a amené la mort a été, en moyenne, i6%3. La mort arrive généralement et indifféremment entre i8* et 3o', très-rarement au-dessus de 3o*.

^ Voir p. 11 6, où sont citées les expé» reaa dans la prodaction de la chaleur

riences qai transfèrent à la portion dor animale.

sale de la moelle épinière la totalité de ' Voir Mémoire 9ur Và^luenee du tyf-

rinfloence excitatrice que possède le oer- tèmê nenmuc «10* la chahur anim^.

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