GAVARRET
Dans un ouvrage où se trouvent résumés tous les travaux de ses prédécesseurs sur la chaleur animale , M. Gavarret a reproduit avec une netteté parfaite l'état de la science sur cette question. Il caractérise ainsi les principales phases du rôle que l'oxygène absorbé joue dans l'économie ^ :
«Aux diverses surfaces respiratoires, poumon, peau, branchies, etc., le sang veineux saturé d'acide carbonique laisse, par un simple jeu de forces physiques, échapper ce gaz, qui est expulsé au dehors. En même temps, sous l'empire de forces physiques et chimiques, une portion déterminée de l'oxygène ambiant pénètre dans le sang , se fixe sur les globules et les
* Gavarret, Dt la chakur produite par lei itret vivante, in- 19. Victor MasaoD. Paria, i855, p. 976.
artérialise. La fonction de ces surfaces est donc réliminaiion de Tacide carbonique, produit impropre à l'entretien de la vie, et l'introduction dans l'économie d'une certaine proportion d'oxygène, agent de toutes les transfonnations que doivent subir les matériaux extraits des aliments ingérés et versés incessanmaent dans le torrent circulatoire par le travail de la digestion.
((Transporté avec les globules dans les capillaires généraux, Toxygène absoibé agit, par des combustions lentes et successives, sur les matières ternaires et quaternaires fournies par le travail digestif, et sur les matières organiques incessamment séparées des tissus de l'économie. De ces réactions, accompagnées, dans certaines circonstances, de véritables dédoublements, résultent la génération, aux dépens de l'albumine, des éléments constitutifs de divers organes, la formation d'une certaine quantité de graisse et la production des substances qui sont les derniers termes de transformation des éléments organiques et organisés de l'économie avant d'être expulsés au dehors. De ces matières éliminées par les divers émonctoires du corps des animaux, lés unes appartiennent encore au monde organique, comme l'acide hydrotique pour la peau, les acides cholique et choléiqile pour le foie, l'urée et les acides urique et hippurique pour les reins; les autres sont complètement minéralisées, ce' sont l'acide carbonique, l'azote et l'eau qui s'échappent par les surfaces respiratoires. Ces produits de la combustion des matériaux du sang sont destinés, les uns à éliminer l'azote, les autres à chasser au dehors le carbone et Thydrogène. »
Toute la théorie de la chaleur animale est donc restée, d'après M. Gavarret, contenue dans les termes de la formule si nette énoncée par Lavoisier dès 1789 :
(cLa machine animale est principalement gouvernée par trois régulateur^ principaux : la respiration, qui consomme de l'hydrogène et du carbone et qui fournit du calorique; la
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ttantpiration , qui augmente ou diminue suivant qu'il est nécessaire d'emporter plus ou moins de calorique; enfin la digesùcn, qqi rend au sang ce qu'il perd par la respiration et la transpiration. »
En 18&Q , MM. Andral et Gavarret ont publie des recherches sur la quantité d'acide carbonique exhalé par le poumon dans l'espèce humaine ^ Cette étude des produits gazeux de l'exhalation pulmonaire était, dans leur pensée, la base physiologique de recherches semblables , qui devaient être poursuivies dans les diverses maladies. Ces auteurs déterminèrent les lois de la variation de la quantité d'acide carbonique exhalé par un individu sain, suivant le sexe, l'âge, la constitution. Malheureusement ils ne firent pas les études comparatives projetées pour les diverses maladies, et l'absence de ce travail reste une lacune que nous aurons souvent à regretter dans la suite de cet ouvrage.
Le traité de M. Gavarret a le grand mérite de dontier l'état de la science sur la chaleur animale en i855. A ce moment s*ouvre une nouvelle période, le thermomètre entre dans la pratique médicale journalière. Il surgit dès lors une foule de problèmes imprévus. Un grand nombre d'entre eux attendent encore leur solution. C'est h exposer l'état actuel de ces diverses questions que sera consacrée la seconde partie de ce livre.
* Atm, de chimie H dêphyê., 3* se- M. Gavarret, Chakur produit» par let rie, t VIU , p. 1 9 9 ; et dans le livre de itrei vivants , p. 3 6 1 .