‹ De la température du corps humain et de ses variations dans les diverses maladiesChapitre 68 sur 122 · H. ROGER · texte numérisé non relu

H. ROGER

M. H. Roger publia dès 1 8/1& des travaux intéressants sur les variations de la chaleur animale dans les maladies, il comprit l'importance de la question, et dès cette époque il affirma

> Édition de 18IT6.

BOUILLAUD. ^ PIORRY. 395

que les variatioiis de la température méritaient de prendre rang parmi les signes les plus précieux de ia séméiologie.

11 a développé depuis ses recherches dans son livre sur les Maladies de renfonce (Paris, 1879). Nous utiliserons plus tard les résultats obten us.

BOl]ILLAUD\

M. Bouillaud introdubit l'usage du thermomètre dans son service de clinique, malheureusement il se borna à établir quelques principes généraux. « Plus de trois cents observations nous ont démontré, dit-il, que rien n'était plus facile que d'apprécier avec le thermomètre les différences de la température animale. L'état fébrile intense fait monter le thermomètre centigrade de 33^ ou 3/i'' à /io^ et même au delà. r>

Dans un autre passage M. Bouillaud s'exprime ainsi à propos de la fièvre typhoïde : « La chaleur a varié de 33-3/i" à Ao-Ai"; ce résultat suffit pour démontrer que les divers degrés de la température morbide peuvent être exactement donnés par le thermomètre, n

PIORRY*.

M. Piorry fit des recherches thermométriques avec ses élèves Testelin, Raynaud et Valette. Il trouva, pour la température de l'aisselle de l'homme sain, que la chaleur varie entre a 8 et 33° R., soit 35 et 4 1° G., et donna, pour les autres régions soumises à l'exploration, des chiffres qui ne sont pas plus exacts. De plus, au lieu de suivre les modifications de la chaleur chez un même malade, M. Piorry a noté une seule fois le résultat de l'exploration. Aussi ne put-il faire qu'un simple exposé des

^ Quitfw médiadê, i, V\ p. «96; *- Traité du diagnoêtk , i8âo, t. III, L III, p. 698. p. 3o etsuiT.

résultats constatés, sans arriver à en déduire aucune conclusion d'ensemble.

BODCHUT.

« La fièvre est une réaction de l'organisme contre certaines impressions morbifiques. C'est un spasme du cœur et des vaisseaux qui imprime à la masse du sang une course plus rapide et produit dans les tissus une décomposition moléculaire générale , d'où résultent une augmentation de la température du corps et des malaises. »

BÉHIER ET HARDY'.

MM. Béhier et Hardy apprécient plus exactement les services rendus par la thermométrie; mais, 'en comparant la réserve de leur opinion avec le rôle qu'ils attribueraient au thermomètre, s'ils faisaient actuellement une nouvelle édition de leur ouvrage, on peut mesurer le chemin accompli en quelques années.

« La chaleur animale, qui, dans l'état de santé, varie de 3o à 3&^ R., peut devenir plus basse ou plus élevée. Les variations morbides de la température sont reconnues par la sensation du malade, par Tapplication de la main du médecin, ou à l'aide du thermomètre. » Après avoir dit que l'on doit se défier des deux premiers modes , ils ajoutent : « Quant au thermomètre comme moyen de mesurer la température animale, il a été rejeté par presque tous les médecins, qui se sont généralement accordés à dire que les variations de la chaleur animale n'étaient souvent pas perçues par cet instrument 11 y

' Trailé élémentaire de ftathologiê mtemf, l. I**, Séméiohgie^ p. 969, Paris, i858.

6AVARRET. 397

a là évidemment exagération : dans quelques affections, il est vrai , la sensation de chaleur ou de froid existe seule , et la température animale reste réellement au même degré, mais ainsi que Tout montré les recherches de MM. Bouillaud, Andral , Gavarret et Roger, dans quelques maladies , le thermomètre, placé sous l'aisselle des malades, met à même de noter d'une manière exacte l'accroissement ou la diminution de la température. Mais il serait certainement utile, dans le cours d'une maladie, de pouvoir apprécier les changements survenus dans la température, comme on apprécie' les battements du pouls è l'aide d'une montre à secondes, et dam un moment oà la médecine tend à devenir, autant que possible, une science exacte, Vappriàotion de la température du corps, par le thermomètre, dément le complément utile £une bonne observation. »

Plus loin, MM. Béhier et Hardy rapportent les observations d'Andral et Gavarret dans le frisson, celtes de Briquet et Chossat dans le choléra (Paris, i85o, p. 980), celles de Roger, etc.

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