DEU\1ÈME EXPÉRIENCE
Sang arlériel du muscle 9 »3 1 o^ ,00
Sang veineux ( État de repos 8,11 2 ,01
du muscle. ( État de contraction 3 ,3i 3 ,2 1
D'où il suit que la respiration musculaire, à peu près nulle dans la paralysie, faible dans l'état de repos, est exagérée dans l'état de contraction.
Cette ex|)érience montre que des états fonctionnels spéciaux des muscles coïncident avec des états chimiques particuliers du sang; nous allons voir que l'état calorifique du muscle change dans les mêmes circonstances.
Or on sait depuis longtemps que la contraction musculaire produit de la chaleur. Becquerel et Breschet ont constaté, par la méthode thermo-électrique, que le biceps au repos a une température de SG^'jS, que la flexion répétée des bras élève la température de o%5 à i% et que, même au repos, la température d'un muscle est de i°,5 à 2" supérieure à celle du tissu cellulaire sous-jacent. MM. J. Béclard et Cl. Bernard ont fait des expériences qui donnent les mêmes résultats.
En même temps que, par le travail musculaire, le sang devient plus veineux, parce que la combustion est plus complète, ce sang subit une élévation de température.
En i858, M. Cl. Bernard découvre sur un cheval une branche de la veine jugulaire qui reçoit les rameaux des veines faciales et maxillaires, et il constate que, si l'on fait mastiquer lo cheval, le sang coule avec plus de rapidité, devient pins rhaud et plus noir.
PRODUCTION DE LA CHALEUR. — MUSCLES. 3t3
Cette augmentation de température du sang veineui n'est pas due à la veinosité du sang » mais à la combustion musculaire, car, en détruisant le ganglion du sympathique qui se rend au membre supérieur^ et k l'oreille correspondante, la température s'élève dans ce membre et dans l'oreille. Si l'on excite, par le galvanisme, les fibres partant du ganglion, la patte se refroidit de plusieurs degrés. Or il n'y avait pas de contraction musculaire, et cependant le sang des veines musculaires était devenu plus noir. On peut donc avoir dans les veines musculaires un sang très-noir avec élévation ou avec abaissement de température. La chaleur n'est donc pas liée à la coloration du sang, il n'y a que coïncidence entre les deux phénomènes pendant la contraction musculaire.
La respiration musculaire n'est pas la seule manifestation de l'aclivilé nutritive de la fibre musculaire; il s'accomplit en même temps d'autres phénomènes chimiques capables d'engendrer de la chaleur.
La réaction du muscle au repos est alcaline, elle devient acide dans le muscle qui a été soumis à des contractions répétées. Cette acidité est due à la présence de l'acide lactique. En même temps, la créatinine, principe alcalin, diminue au profit de la créatine.
Helmholtz, en opérant sur des animaux à sang froid, a vu que, dans les muscles fatigués, les matières solubles dans l'alcool sont augmentées, tandis que les matières solubles dans l'eau sont diminuées. Matteucci a observé les mêmes modifi cations sur un animal à sang chaud.
Si l'exercice musculaire a une part importante dans la production du calorique, réciproquement l'immobilité entraîne un abaissement de température. En curarisant un chien , c'està-dire on supprimant le jeu des muscles, M. Cl. Bernard a constaté que la température rectale tombait, en une heure,
* Yoy. Teipérience, p. i5&.
à^ 39%9 ^ 3 7"* Leg^Iois avait obtenu des résultats analogues en immobilisant les animaux.
Comme les autres organes musculaires, le cœur produit de la chaleur au moment de sa contraction. L expérience a montré à M. Cl. Bernard ^ que le tissu du cœur, quand it se contracte, est plus chaud que le sang qu'il contient. Les contractions étant incessantes, c'est une source constante de calorique. Mais le cœur échauffe-t-il le sang qu'il contient? Gela est probable, et le sang artériel est à son maximum de température dans le cœur gauche ; toutefois il faudrait faire de nouvelles recherches.
On évalue approximativement le travail du cœur chez l'homme à /i3,8oo kilogrammètres en vingtr-quatre heures; ce travail j d'après la loi de l'équivalent mécanique de la chaleur, donne un nombre de calories égal à ^^^ » io3. On peut dire que le cœur produit , en vingt-quatre heures , à peu près 100 calories ^
Rôle du tysUme nerveux dan$ la production de la chaleurK — Il faut distinguer le système nerveux périphérique et le système nerveux central.
L'activité des organes nerveux périphériques donne un dégagement de chaleur si faible , que , pour le constater, il faut opérer soit sur un animal è sang froid, soit sur un animal à sang chaud refroidi. Helmholtz et Valentin ont expérimenté sur des animaux refroidis par le sonuneil hibernal, des marmottes ou des loirs. Pour refroidir des animaux à sang chaud, on peut ou leur couper la moelle épinière, ou les exposer à l'action d'un milieu réfrigérant , ou immobiliser l'animal pendant un temps prolongé , ou l'enduire d'une couche de vernis imperméable, ou soumettre l'animal è des mouvements de balancement. Si, chez un lapin à qui l'on a coupé la moelle
> P. 193. — * N. Gréhant, Phyn^ médieak, 1869, p. %%^. — * P. i58.
épinière et qui est refroidi, on désarticule la cuisse, si Ton dénude le nerf sciatique en conservant les muscles de la jambe, on constate que le nerf n a pas perdu son excitabilité. Pais, à Taide d'aiguilles thennonSlectriques^on voit que le nerf a , dans toute .son étendue, la même température. Mais, si l'on eoLcite la région du nerf qui correspond à une des soudures, la température s'élève.
Celte production de chaleur est bien un phénomène physio* logique et non physique, car cette production de chaleur va en diminuant à mesure que l'animal se rapproche de la mort. (Scbiff.)
L'activité nerveuse est donc une source de chaleur.
Le système nerveux central fournit des résultats identiques. On peut constater que le sang qui sort des sinus cérébraux par la veine jugulaire interne est plus chaud que le sang qui entre dans le cerveau par l'artère carotide, surtout quand on excite les fonctions du cerveau.
Rdh deê glandei dam la production de la chaleur ^ — Pour les muscles et les nerfs, ainsi que pour les glandes, les manifestations calorifiques les plus intenses correspondent à l'activité fonctionnelle des organes, el celle--ci coïncide elle-même avec l'activité circulatoire. En sorte que ces trois modes : activité circulatoire, activité fonctionnelle, activité chimico-calorifique, sont contemporains et corrélatifs. Mais ces actes n'ont pas pour corollaire obligé, comme pour les muscles, la veinosité du sang. Quand une glande fonctionne, le sang qui en sort est rouge, rutilant. Pour le sang rénal, cette couleur est presque constante , parce que le rein fonctionne d'une manière continue; pour d'autres ^andes, pour la sous-maxillaire, la couleur rouge n'existe que pendant l'activité fonctionnelle. En sorte que le système veineux des muscles qui fonctionnent est
■ Cl. Reniard,p. t66.
noir, d'autant plus noir qu'ils travaillent davantage; dans les glandes il devient d'autant plus rouge.
Pendant que la glande est en activité, la circulation est augmentée, la veine qui émerge de la glande ne laisse plus suinter quelques gouttes de sang comme pendant le repos, elle donne un jet rapide. En même temps, la température s'élève dans le sang qui sort et dans la glande elle-même. En résumé, on rencontre dans les glandes la réunion des trois caractères essentiels qu'avaient manifestés les muscles actifs, savoir : suractivité fonctionnelle, suractivité circulatoire, production de chaleur.
Cette production de chaleur correspond à une combustion, mais différente de celle qui accompagne l'activité musculaire. Le sang veineux rouge de la glande en fonction, quoique plus chaud, est moins briMé, et contient moins d'acide carbonique et plus d'oxygène. Ce n'est plus une combustion, une oxydation, et l'on peut dire que la combustion du sang n'est pas la mesure de la chaleur produite, puisqu'elle ne varie pas toujours dans le même sens. Le problème n'est donc pas aussi simple; il n'y a pas seulement une combustion de carbone et d'hydrogène se faisant dans le sang, mais des réactions chimiques plus complexes s'accomplissant dans la profondeur des tissus, au contact des éléments histologiques, et variables pour chacun d'eux.
Dans le muscle lui-même, tout ne se traduit pas par un gain d'oxygène et une perte de carbone; nous savons que les phénomènes sont beaucoup plus complexes, que la réaction aux liqueurs colorées a changé, que les parties soiubles dans l'eau et l'alcool ont varié.
Sous le rapport de la production de chaleur, nous devons dire que tout fonctionnement organique s'accompagne d'un échaulfement du sang qui traverse l'organe, et que celui-ci passe en plus grande quantité. De sorte que les fonctions des organes créent de la chaleur. Le critérium de la fonction est
laetiviié circulatoire. Chez Tanimal à jeun, le sang que la veine porte ramène de l'intestin est noir, il est rouge chez ranimai qui digère.
Dans la glande sous-maxillaire , M. Gl. Bernard a trouvé les résultats suivants :
OiygAiw p« o/o.
Sang artériel 9,80
Sang veineux de la glande au repos 3,99
Sang veineux de la glande en activité 6,01
En même temps la température augmente, ce que Ton constate dans le sang qui s'écoule et dans l'intimité même de la glande , en enfonçant des aiguilles thermo-électriques.
L'activité de la glande est sous la dépendance de la corde du tympan ; l'excitation de ce nerf, soit directe , soit par des impressions alimentaires, provoque la sécrétion, la dilatation des vaisseaux et la chaleur; l'excitation du grand sympathique a un résultat inverse.
Dans le rein , les phénomènes s'accomplissent dans le même ordre.
CHIElf VIGOUREUX. PRBMliBB EXPisiKNCE.
OzygèM p. o/u.
Sang artériel du rein i7i^â
Sang veineux rutilant pendant le fonctionnement de la glande 16,00
DBUXliMB BXPiaiElICB.
Sang artériel 191A6
Sang veineux rutilant pendant le fonctionnement de la glande 1 7,96
Sang veineux noir pendant que la fonction est supprimée 6,&o
Lie sang des veines rénales, comme celui de toutes les glandes en fonction , devient plus chaud que celui de l'artère de 3 & 3 dixièmes de degré. Il échauffe donc le sang qui Ira-
verse la veine cave inférieure et qui revient des membres abdominaux.
Le sang qui se rend dans la veine porte, apràs avoir baigné les intestins, s'échauffe pendant la digestion, et M. Cl. Bernard a trouvé les nombres suivants, en comparant les températures de Taorte abdominale et de la veine porte :
Aorte. Veio« porto. DiflXranee».
Ao ,3 Ao ,7 +0 ,4
De même pour la rate et le foie. La glande hépatique serait le véritable foyer caloriGque , si Ton devait donner ce nom au centre organique le plus chaud. M. Cl. Bernard a trouvé :
Vcino pocti. TciM Wpoliqoe. DifftNoees.
Transfonnation mécanique de la chaleur ^ — Les sources de
* M. Gavarret, a réBamé , dans mm Mais oeloi qui réalisa la première délivre sur L« pkénomènn phytiqueê de monstralioa de cette transformation de la vie ( Paris, 1 869 , p. 67 à 5a et 353 la chalear en mouvement est Rnmfoid, à 370), rhistorique des travaux publiés en 1798 (Rêckêrche» sur la êourcê de sur la nature et l'équivalent mécanique la chakur engendrée par U JroOemtmt). de la chaleur. Il construisit un appareil dans lequel on
Il dte le 90* aphorisme du second pilon d^ader frottait fortement contre livre du Notum organum de Bacon, des le fond d^un cylindre creux en fer. Enpassages de Descartes, Haygbens, New- traîné par deux chevaux, le cylindre ton, dans lesquels ces génies puissants tournait sur son axe; Tappareil était considèrent la chaleur comme un mou- placé dans une caisse de sapin contenant vement de vibration communiqué aux asses d*eau pour recouvrir le pilon. En corps. Voyei également Locke, Barthei deux heures et demie, la température (Nouveaux éUmentê de la eeience de de Teau passa de i5*â 100*. Il y avait VKcmme, %* éd., Paris, 1806, t I, eu i,soo calories dégagées, p. a6& et «67), Daniel Bemouilli Voyes dans Gavarret les résoltsts ob- ( HfdtodifMmquê) , Lavoisier et La- tenus par H. Davy, L. Foucault, Youqg, place (M^. dé VAcad, dm sdenceê, Arago, Frenel, Ampère « Sadi Gamot, 1 780 • p. 357 )• Séguin.
production de la chaleur animale sont donc extrêmement riches. Noos ne pouvons pas les mesurer absolument» mais les recherches dont nous venons de donner l'analyse suffisent à montrer qu'dles sont variables comme intensité et qu'elles sont capables, sous des influences variées, d'augmenter ou de se modérer. Ces modifications correspondent à d'autres actes physiologiques. La chaleur animale ne se produit pas uniquement pour lutter contre les causes de refroidissement, elle est utilisée dans l'économie, elle est la source vive des forces mises en jeu dans nos actes conscients et inconscients.
La découverte de cette transformation de la chaleur en mouvement est une des conquêtes les plus brillantes de notre temps. Nous la devons h Robert Mayer; chose curieuse, c'est en faisant une saignée qu'il a été conduit k fonder la loi de corrélation des forces. Il observa que le sang veineux des fiévreux, sons les tropiques, est plus rouge que sous les latitudes plus septentrionales. Cest de ce fait qu'Û est parti pour admettre la transformation de la chaleur en mouvement. Après lui, et sans connaître ses travaux. Joule et bientôt Him, Matteucci , Heidenhain , Tyndall , ont établi , avec la plus grande évidence, la théorie dynamique de la chaleur ^
* Les diffërentt mémoires de Robert Mmftr, k partir de 1 86 1 , sur la chaleur, portent mar VÉttuU du nnmdê morga- MfHff H dn mowHmmU» organifuêê, i845; Swr lê§ gffwU edar^ifuei coêmiqua dm ecrpê m mouvement; Sur la éjfMmm^ dk ciel, 18&8. 11 aborda eumile Tétude Dee étto» poihohgi^veê au ptmt de vue dee mouvementé orgamquee , cefle De la fihre. Son mémoire de condasion est Sur réquivalent mécanique de la ckalemr, — Voir ses mémoires réunis en 1867, ^ Meehmuk der Wàrma m gmamm^Êem Sckr^, StuUgard.
Joole, Py. may. S 3« vol. XXUl,
p. Â69, i8Â3. Phd. mag. vol. XXXU, p. 35o.
Hirn. Ses mémoires sont résomés dans Coneéquencee phâœopkiqaee et métaphyeiquee de la thermodynamique, Anor lyee élémentaire de l*univer$, Péris , Gautbier-Villars, 1 868. Voyes BuUetin de la Société ^hietùire naturelle de Colmar, i8&6eli868.
Jules Bédard, in Arch. méd, 1861, p. 9&- 157-957.
Verdet et Berthelot, Leçone de Mme et de phyeique projeeeéee en i86». Hacbetie, i863.
John Tyndall, La chaleur ceneidérée
Sans entrer dans des détails qui nous ëcarteraient Irop de notre sujet, rappelons l'expérience fondamentale de Joule. Il s'agissait de déterminer deux termes : mesurer la chaleur produite et le travail dépensé. Voici comment il résolut le problème. Un mécanisme très-simple, mis en mouvement par la chute d'un poids, faisait tourner, à l'intérieur d'une masse d'eau ou de mercure, une petite roue à palettes gênée dans son mouvement par des obstacles fixes. Le frottement du liquide, tant sur lui-même que contre les obstacles fixes et les" palettes mobiles, dégageait une quantité de chaleur qu'il était facile d'évaluer d'après l'élévation de température des diverses pièces de l'appareil. Le travail dépensé pour entretenir le mouvement était donné par la chute du poids moteur, et, en tenant compte des corrections rendues nécessaires par le frottement des parties mobiles de la machine, extérieures à l'appareil calorimétrique, on obtenait immédiatement le rapport du travail mécanique dépensé à la chaleur dégagée. Les expériences sur l'eau ont montré qu'à chaque unité de chaleur dégagée correspondait une dépense de /iq4 unités de travail. Les expériences sur le mercure ont donné le nombre tiùb.
Ce nombre exprime que développer la quantité de chaleur nécessaire pour élever de zéro à i° la température de i kilogramme d'eau, et soulever un poids de liab kilogrammes à t mètre de hauteur, c'est produire deux effets équivalents. Ce nombre doit donc être considéré comme l'équivalent mécanique de la chaleur.
Appliquons cette notion au corps animal, ç^ Lorsqu'un animal est au repos, le travail des forces chimiques, dans la respiration, a pour équivalent la quantité de chaleur que l'animal dégage incessamment pour compenser la perte de chaleur
conww un mode dr mouvement. TTii(\. par Gavarrel, Les phrnom^f phyniqwt
Moi[;no. Paris, Etienne Giraud, 1866. de la vie, \ . Masson, 1869, eiDiclionn.
Omnms ^Théorie dynamique de Uicha- oncyclupédique y arl. Chaleur animale,
Imr, 18GG, Germer-Baillière. l. XV, 187/i.
dae au rayonnement, au contact de Tair et à Tévaporation. Lorsque l'animal est en mouvement, une portion du travail des affinités chimiques a pour équivalent le travail effectué par ce mouvement; le reste seul se convertit en chaleur, et, par conséquent, à une même somme d'actions chimiques produites dans l'intérieur de l'organisme, doit répondre un dégagement de chaleur moindre dans l'état de mouvement que dans Tétat de repos ^. »
Deux séries distinctes d'expériences confirment ces idées. La première est due à M. Him. Cet expérimentateur renferme dans un espace clos un homme qui demeure d'abord au repos pendant un certain temps , et exécute ensuite un travail en élevant sans cesse son corps sur la circonférence d'une roue mobile. On observe dans les deux cas les effets calorifiques et chimiques de la respiration. On mesure h la fois la chaleur dégagée et l'acide carbonique expiré , et on constate que le rapport de la première quantité à la seconde a été moindre dans l'état de mouvement que dans l'état de repos. Ainsi une quantité donnée d'action chimique respiratoire dégage moins de chaleur lorsque le sujet de l'expérience effectue un travail que lorsqu'il reste en repos. La différence est, même pour chaquç individu , à peu près proportionnelle au travail. Mais les conditions des expériences sont trop complexes, les changements matériels qui peuvent survenir dans le corps sont trop difficiles & apprécier pour essayer, comme l'a fait M. Hirn, d'obtenir par cette voie une détermination de l'équivalent mécanique de la chaleur K
H. J. Béclard a envisagé la question d'une autre manière; il a renouvelé par un procédé différent les expériences de Becquerel et Breschet, et de Helmholtz. Il applique simplement, à l'aide d'une bande doublée d'une plaque d'ouate, un bon thermomètre k mercure sur les muscles du bras, et les con-
' Verdet, p. loi. — ' Verdei, Lêfom de dUnûê, i863, p. 109.
ai
tracle successivement sans soulever de poids, puis en soulevant un poids. Voici les conclusions de son travail ' :
i" En se plaçant dans de bonnes conditions d expérience, et en tenant compte des précautions décrites, on peut constater, sur les muscles de l'homme, que la quantité de chaleur développée par la contraction est plus grande quand le muscle exerce une contraction statique, c'est-à-dire non accompagnée de travail mécanique, que lors(|ue cette contraction prodm'l un travail mécanique ulUe.
a° La quantité de chaleur qui disparaît du muscle, quand il [jroduit un travail mécanique extérieur, correspond à l'effet mécanique produit.
3° La contraction musculaire ne doit pas être envisagée comme on Ta fait jusqu'ici en physiologie. Il n'y a que cette partie de l'action musculaire, non utilisée sous forme de travail mécanique extérieur, (|ui apparaisse sous forme de chaleur; en d'autres t<*rmes, la chaleur musculaire est complémentaire du travail mécanique utile produit par la contraction.
Il" Les produits de la contraction musculaire, c'est-à-dire la chaleur musculaire et le travail mécanique extérieur, sont ensemble les expressions de l'action chimique dont le muscle est le théâtre. •
5 ' Les faits que nous signalons doivent entrer en ligne de compte dans les divers calculs relatifs à la production de la chaleur animale. Le dosage exact des produits défmitifs de la nutrition, c'est-à-dire des produits exhalés (acide carbonique, vapeur d'eau) et sécrétés (urée, acide urique, principes biliaires des excréments, sécrétions cutanées), ne saurait suflBre, tout en tenant compte des chiffres de combustion du carbone et de l'hydrogène, et même en supposant connues les quantités de chaleur développées dans la formation des autres produiL*^,
' J. Réclard, De la rontraction mws- ppi'ature animale. (Archivée de méii. culaire dam tes rapport» avec la tein- i86i, p. 2^-157-257.)
pour établir sur des bases, même approximatives, le calcul relatif aux quantités de chaleur produites en un temps donné, le trarail chimique d'oxydation dont les muscles sont le siège pouvant se traduire par des quantités de chaleur variables suivant le jeu de Tappareil musculaire.
G"" Il serait intéressant de rechercher, non dans un groupe de muscles isolés , mais dans Tensemble général du corps , si , pour les divers modes de progression (marche sur un plan horizontal, marche en montie, marche en deicenU, saut, course) qui doivent exercer sur la température de l'appareil musculaire, pris dans son entier, une influence nécessairement différente, cette influence pourrait être appréciée.
y"" Un grand nombre de phénomènes se rattachent trèsvraisemblablement aux faits signalés dans ce mémoire. Le jriêim de la fièvre, qui n'est qu'une succession de contractions musculaires s'exécutant simultanément dans les muscles antagonistes, et qui embrasse quelquefois le système musculaire tout entier, constitue une des formes les plus curieuses de ce que nous désignons sous le nom de contracùm, musculaire statique. On constate déjà dans le frisson, et surtout après, une élévation de température qui peut être portée très-haut, & 3% à &*" et même à S"* au-dessus de la température normale. Le tremUemmU que détermine le froid est un phénomène du même genre; c'est évidemment un procédé instinctif de l'économie, qui cherche à résister à l'abaissement de la température par la contraction statique des muscles. Tous les efforts violents sont accompagnés d'une élévation de température qui se traduit souvent par une sueur abondante, etc. »
«Les résultats de ces deux séries d'expériences, dit Verdet, sont an nombre des plus précieux dont la physiologie expérimentale se soit enrichie dans ces derniers temps. Il est bien clair, d'ailleurs, qu'ils ne contredisent en aucune façon les données de l'expérience vulgaire surl'échauffement qui accompagne tout exercice corporel. La contraction musculaire aug-
mente incontestablement la chaleur dégagée par Torganisme en un temps donné, mais elle augmente aussi la combustion respiratoire, ainsi que le prouverait, à défaut d'expériences directes, le besoin d'aliments consécutifs à Texercice. Les recherches de MM. Hirn et Béclard font voir simplement que, conformément à la théorie de Mayer, la combustion augmente dans un rapport plus grand que la chaleur produite. »
Disons de suite que, dans le corps humain, les actes mécaniques qui mettent les fluides en mouvement n'absorbent et ne dégagent aucune chaleur réelle. Les résistances, les frottements dégagent, en effet, autant de chaleur qu'en consomme la puissance musculaire par laquelle le mouvement des fluides est entretenu, malgré ces résistances. On voit par là combien était vaine la question de l'influence des frottements du sang dans les vaisseaux sur la chaleur propre des animaux. Il y a de la chaleur déplacée, dépense de chaleur pour la contrac* tîon du cœur, dégagement de chaleur par Tarrét du mouvement circulatoire , mais la quantité totale reste la même.
Origine de la chaleur transformée en numcement. — Les expériences de M. Cl. Bernard nous ont fait connaître les actes chi* miqucs qui s'accomplissent dans un muscle pendant son état de repos ; celles de M M. Mayer, Hirn , Béclard , nous ont prouvé que la contraction musculaire transformait de la chaleur en mouvement. Pour accomplir ces mouvements, ou pour produire cette chaleur transformable en mouvement, quels sont les matériaux qu'emploie l'économie? Brûle-tr-elle ses muscles, substance azotée, ou brûle-t-elle les matériaux non azotés fournis par l'alimentation ?
L'opinion des physiologistes a varié sur cette question. Pour Playfair ^ et J. Ranke ^, l'action d'un muscle se he à la destruction de sa substance, dont la plus grande partie est de
^ Playfair, On thê Food ofman mrê- * Ranke, Éiudn jtkjfMi^fiqufi or laiiùntohi9ttêefulWifrk,iS6^. {ef^'Canoi, Leiptig, i865.
nature albaminoîde; par conséquent, la destruction des corps albominoîdes par oxydation est la condition essentielle de l'action mécanique des muscles.
. MM. Fick et Wîslicenus ^ ont cherché à démontrer Topinion inverse , et , pour ruiner la doctrine de leurs adversaires , ils appliquent leur raisonnement à une locomotive, et ils disent : «Cette machine est composée surtout de fer, d*acier, de cuivre, etc., et elle ne contient que fort peu de charbon; par conséquent» son action dépend de la combustion du fer, de Tacier, et non de la combustion du charbon, n
ils ont , de plus , exécuté une expérience des plus curieuses. Voici quel était leur but : accomplir une quantité de travail eitérieur mesurable et transformable en kilogrammètres ; doser la quantité de produit de combustion albuminoîde rendue; estimer la chaleur que représente cette combustion. Si la (juantité de travail produit correspond à une quantité de chaleur supérieure à celle qui répond à la combustion albuminoîde, ce ne sont pas les matières quaternaires qui sont utilisées pour faire ce travail.
Ils ont fait tous deux l'ascension du Faulhorn , ont mesuré Turée rendue, et, la considérant comme l'expression de la combustion des albuminoîdes , ils ont constaté que cette combustion n'aurait pas suffi à représenter la moitié du travail mécanique tàde produit par eux pendant cette ascension , et , en tenant compte de la chaleur non utilisée, ils considèrent que la combustion des albuminoîdes n'a pas produit la dixième partie de la chaleur que les combustions internes ont dû dégager pendant leur ascension ^.
^ Âim. in tàmo99 fMtuTtileê , 1869. recueil (Ann, de» »c, nat.)^ d^un mé-
* Voyelles détails de celte expérience moire critique de ces expériences, par
dans les AmnaUê in êdmcn natunUety M. Parkes : Recherchn êur l'éUmination
1869* p. 956. Traduction du Lonâon^ de Voxotê par Uê rtna et Uê mtntm$
ÉOndmrgk amd DuhUn, Pkiioêophieal pendant Urepoe et ^exercice mutctiUdre,
Magaxim, n* ai a. Son analyse nous entraînerait bien loin
Ce mémoire est suivi , dans le même de notre sujet
Ce n'est donc pas le muscle ni les matériaux azotés qui brûlent, ce sont les substances ternaires qui servent surtout à faire de la chaleur. 11 serait facile de démontrer que les matières azotées peuvent concourir à cette combustion, mais elles n'y prennent évidemment pas la plus grande part.