‹ De la température du corps humain et de ses variations dans les diverses maladiesChapitre 74 sur 122 · TEMPERATURE DE L'HOMME SAIN. OSCILLATIONS DIURNES · texte numérisé non relu

TEMPERATURE DE L'HOMME SAIN. OSCILLATIONS DIURNES

La température de l'homme sain est plus difficile à établir qu'on ne le soupçonnerait d'abord. Les divers observateurs ont pris pour points de leurs recherches, les uns l'aisselle, les autres la bouche, d'autres le rectum. De plus, la température d'un même individu n'est pas la même le matin et le soir. Il est résulté de ces causes diverses des interprétations très-discordantes. Si Bocrhaave est resté bien au-dessous du chiffre vrai en indiquant 33\33 à 34". 44 C. , Prévost et Dumas ont fixé un chiffre trop élevé en adoptant 3 g'' G.

Chossat, un des premiers, a bien nettement établi les oscillations journalières de la température. Dans ses expériences sur l'inanitiation, îtsans qu'aucune modification fût survenue, on voyait la température osciller régulièrement chaque jour, s'abaissant le soir de quelques degrés et remontant le matin à l'état oii elle était la veille, osciller avec une amplitude graduellement croissante. Ce fait est d'autant plus curieux, qu'il n'est que l'exagération d'un phénomène qui passe presque inaperçu à l'état normal. Il prouve évidemment que les combinaisons d'où résulte le dégagement de la chaleur se font sous rinfluence nerveuse. »

Thierfelder avait cherché à déterminer ces oscillations diurnes qu'il résumait dans le tableau suivant :

TABLBAO DBS TBMP^BATUBBS MOYBNlfBS DB L'HOMMB, DE LA F^IMB BT DB L'BÏIFANT ^

MOTIJIiri.

Matin i 7 • 9 heuret. AprèA-midi. Soir.

Nouvean-nés 37',4i 37',8o 37*,6i

Enfants 87,87 88,07 87,19

Ali ItM \ Hommes. ... 87 ,0 87 ,a5 36 ,60

( Femmes.... 87,99 87,55 87,10

Vieillards 87 ,95 87 ,58 87 ,81

Femmes grosses 87 ,69 87 ,76 87 ,18

Billroth ^ a conclu de deux cents observations que la tempe- * rature animale présente un minimum de 37%3 vers le matin entre 8 et 9 heures, et un maximum de 37%9 entre 5 et 6 heures du soir. La différence normale des variations diurnes serait donc de i%6 environ. Weber considère une température de 38^6 comme fébrile. D'autre part, lorsque la température descend un peu au-dessous de 37^9 et y reste environ vingtr-quatre heures, on peut considérer l'individu comme sans fièvre.

D'après Otto Funcke', la température moyenne du corps de Thomme est, à l'état normal, de 87'' à 38'' G. Il ajoute :

«La température moyenne du corps éprouve, sous différenteti influences, des oscillations tant périodiques régulières qu'accidentelles; ces oscillations se meuvent dans un champ très-reatreint à l'état normal , et dans des limites très-étendues dans les cas pathologiques que nous n'avons pas à examiner

«Les notions générales suivantes permettent déjuger de la nature de ces oscillations. Un changement dans la température

* Thierfdder, in Sckmide» Jahrb., Seqoard, Gharoot et Yiiipitn), t. I, t85i,tLXXL 1868. p. 193.

* Analyse dans Arehitei de phytioto- ' Lehrhueh der Phynologiê, 3* M., giê »wn/i «1 padiolùgi^ (Brown- 1870, 5*faseicuie, p. 3o& et soiv.

du corps peut être produit par une double voie , d'abord par raùgmentation ou la diminution de la production de chaleur, ensuite par l'élévation ou Tabaissemetit de la perte de chaleur qui se fait par le dehors. Dès l'instant qu'il y a deux mouvements qui peuvent changer à différents degrés en même temps dans le même sens ou en sens inverse, ou peut dire, d'une façon générale, qu'une élévation de la température du corps peut avoir lieu d'abord par suite de l'élévation de la production de chaleur, ensuite avec une production qui n'a point varié mais par suite d'un amoindrissement de la perte, enfin même avec un abaissement de la production de chaleur à la condition que la perte de chaleur soit inférieure au point où elle fait équilibre à ce minimum de production. Il y a aussi d'innombrables combinaisons qui peuvent amener on abaissement de la température du corps; enfin il est clair que, malgré l'augmentation de la production de chaleur, la tem* pérature du corps peut demeurer sans changement, si la perte s'élève à un degré équivalent, et aussi lorsque la diminution de chaleur est compensée par une perte moindre. Dans un cas donné, il n'est pas toujours facile d'établir l'état rdatif des deux facteurs d'où dépend un changement de température : des sources différentes de la dialeur et de la valeur quantitative , aussi bien que des voies et moyens de régulation de la perte de chaleur. On peut supposer et montrer que la constance approximative avec laquelle la chaleur du corps se maintient résulte de ce que de notables oscillations de la production de chaleur sont compensées approximativement par la régulation de la déperdition de la chaleur, et inversement que les changements primaires initiaux de la perte de chaleur entraînent des changements compensateurs dans la produc^ tion. Tfi

La température du corps oscille en haut et en bas dans le cours d'un jour dans d'étroites limites, de façon à donner une moyenne qui, à l'état normal, est très-constante (Lichtenfeb,

Fndilich, Bœrensprung , Jûrgensen ^); elle tombe dans la nuit et y atteint son minimum, elle monte dans le jour et 'y atteint son maximum. La loi générale de cette courbe oscillatoire journalière est la même à Tétat de je&ne qu'après des repas modérés, seulement, dans le je&ne, les valeurs dés ordonnées sont moyennement plus faibles. Chaque repas amène une élévation de température. L'élévation principale tombe au même moment que le dtner du milieu du jour, 'û en résulte une légère augmentation de ce maximum quotidien , tandis que le repas du soir (souper) coïncidant avec le minimum arrête l^èrement rabaissement. Un repas excessif pris au moment du minimum entraîne une élévation de température. Une longue abstinence fait baisser le niveau du maximum diurne. Bœrensprung donne aussi un tableau montrant l'influence des différents moments de la journée sur sa température personnelle (aisselle), de décembre 18/19 ^ ™^^ i85o. Ce tableau mérite d'être conservé à cause de sa valeur historique.

Temp^f»- Nombre Hrarat. Ponli. ton. d*obierr«tioi».

An Ut, avant le café. 5à 7 60 36%68 s

Apràslecal^ 7a 9 57,3 37,18 3

Matinée 9^11 6q,5 37 ,06 6

Idem 11 À 1 60 36,87 1

Avant dîner 1 à a 89,6 36 ,83 &

Après dtner 3 à A 66,5 37 ,i3 5

Idem 6à 6 74,4 37,48 6

Soirée 6à 8 74 87,43 4

Après souper B à 10 67,3 37 ,oa 6

Au travail, avant de

se coucher 10 à 19 6i,3 36,85 3

La nuit, réveillé.. . . is à a 59,6 36,65 5

Idem QÀ 4 44 36 ,3i 1

Canelutions. — La courbe de la température a deux oscilla-

' Bcerensprnng, Areh. f, AnaX, «. — Jûrgensen, Deutehei Areh. f. kl, PhfM. i85i,p. 9, laS; 1869, p. 917. Med.h*ii{, p. 166; b' IV, p. 110.

lions par jour, la plus petite montée a lieu vers 1 1 heures du mâtin, et elle opère sa descente vers 2 heures après midi; le sommet de la plus grande est vers 6 heures du soir, et son minimum est vers li heures du matin. (L'auteur se sert des mots montagne et vallée pour désigner le maximum et le minimum.) La différence entre les niaxima et les minima n'est pas de 1 degré; cette oscillation a lieu quotidiennement pendant toute la durée de la vie. La courbe du pouls est parallèle à celle de la température. La moyenne de température observée par l'auteur sur lui-même est 3 6% 9 7 C.

Mantegazza \ frappé des difficultés et des erreurs qui accompagnent la thermométrie de l'aisselle, de la bouche, du vagin et du rectum, a fait une série d'observations sur la température de l'urine. Il prend la précaution d'opérer rapidement, et de chauffer d'abord son thermomètre jusqu'à 36' C. pour éviter que l'urine ne se refroidisse pendant que son thermomètre monte. Voici le résumé de ses observations :

C'est dans la nuit que l'urine a le minimum de température, elle s'échauffe à partir de 5 heures du matin et atteint un premier maximum entre 10 et 11 heures, retombe lentement et atteint un second maximum vers 5 heures du soir. Ces deux maxima sont à peu près identiques. La plus basse température (36\4) a été observée en février et la plus haute (37%95) en juillet; or la différence de température de l'air entre ces deux dates était de 2 8%5 C.

Pendant un voyage à Buenos-Ayres, Mantegazza a observé l'influence du climat sur la température de l'urine (3/11 observations faites sur lui-même). En dix-sept jours, il a subi une variation de température atmosphérique de 7%5 à 32%5. La température de l'urine monte avec celle de l'air, mais faiblement. Un rapide changement dans la température atmosphérique peut faire varier celle de l'urine de 3%9 5. Quand le

' Mantegazza, De la température dot sous différents climats. (Presse médicale urines aux différentes heures du jour et Belge, XV, 16, i863.)

SSi

corps est expose quelque temps au soleil, la température de Furine monte de quelques dixièmes de degré jusqu'À i%5 G.

Les boissons alcooliques font monter la température de l'urine.

La sensation de défaillance s'accompagne toujours dune élévation de température de l'urine. L'action musculaire produit le même effet. Il va sans dire que cette température crott dans les états fébriles.

Le docteur Gompton^ admet qu'une température supérieure à 37% Q G. (99'' F.) indique toujours un état fébrile.

Pour Wunderiich^ la température du corps humain, dans ses parties internes ou sur des points de sa surface complète* ment recouverts et protégés, présente, à l'état normal, une moyenne qui varie de 37''à 3 7% 5, suivant l'endroit où a été pratiquée la mensuration. Ainsi, dans le creux de l'aisselle bien fermé, elle est en général de 37"*; dans le rectum et dans le vagin, elle atteint quelques dixièmes en sus.

William Ogle ' a expérimenté sur un homme et une femme bien portants. Il a poursuivi ses observations pendant longtemps. Il plaçait le thermomètre sous la langue. Nous donnons les tableaux d'Ogle en degrés centigrades.

Jnip...

iaOkl.

Mai...

Join...

JnllH.

^■IVBIS

à midi.

ra6i.i/i

à toi.

* Comploo , Tempfraiurê m aeuU ' William Ogle, Dê$ vonolîoM quoiHêmmiË. DaUio ( QumrUrhf Jtmmalf Hâimmti de la tampératun thn rhommê août 1S66, p. 60). fom. (SakU'Gtcrgu H^. Ap., vd. I,

* Wanderficb, De la température p. 991-9^7, 1867, et ScAinûit't/aM.y dame lee maladiee. Tnid. Labadie-La- 1S68, 9* partie, p. 77.)

grave, Savj, 1879, p. 9-1 o5.

Dans l'hiver, pendant la nuit, la température présentait, chez Thoinme, les oscillations suivantes :

De minuit i/q h i heure Së^iôi C.

De 3 €^ 5 heures 36 ,37

De 5 h. i/-i à 6 h. 1/2 36 ,09

De 8 à 9 heures du matin 36 , a

Il résulte de ces observations que c'est de 5 à 6 heures du matin que la température est la plus basse, qu'elle remonte vers 8 heures de quelques dixièmes de degré, et qu'elle continue, à partir de là, jusqu'à 7 heures du soir à monter (3 7"), puis elle redescend : à minuit elle est à peu près à la même hauteur qu'à (j heures du matin, et elle retombe de quelques dixièmes de degré vers le matin.

La plus basse température que l'auteur ait observée sur lui-même a été le matin pendant l'hiver 35",3, et la plus haute, dans un bain turc 3 8,1.

L'auteur ne trouve la raison de ces fluctuations ni dans la température de l'air, ni dans l'alimentation, ni dans le travail; par exemple, la température de la chambre, de 6 à 8 heures du matin, s'abaissant de près de r,Q5, la température du corps s'élève , au contraire , dans le même moment de 2 à 3 dixièmes de degré. La chaleur du corps dépend nécessairement d'opérations chimiques; mais, de même que les plantes, pendant la nuit, sont dans un état d'inaction par suite du défaut de lumière, ainsi peut-être chez l'homme faut-il chercher dans la lumière l'excitation qui est cause que la température s'élève peu à peu dans le jour. Mais l'expérimentation directe ne confirme pas cette hypothèse, car le séjour dans une chambre close et sans lumière n'empêche pas la température du corps de monter de 6 à 8 heures, et, par contre, la température demeurait constamment basse cjuand Tauteur restait au lit immobile et sans manger.

L'élévation de la température extérieure contribue à lev r

UD peu ia tempëratare da corps. Ainsi cette ëiëvation , dans un bain turc (à une température de So*" G.)» atteint promptèment 38* G., et» dans un bain chaud, elle est de o%o8 à o%i. Dans Tétë, alors ([ue la température de Tappartement était de plus de 91 "" G., la chaleur du corps était un peu plus élevée que quand la température était au-dessous de ao^'G. En hiver la température de la chambre , le matin , était de i o à 1 1 degrés plus basse qu'en été , et la chaleur moyenne du corps était en hiver de 36%&7, dans Tété de 36%5i G.

^activité corporelle , par exemple la course , élève la cha^ leur du corps de o%37 h o%5.

U résulte des mêmes recherches que la température s'élève après le premier déjeuner et après le repas de midi, et qu'elle tombe après le souper. Mais , en changeant la nature de ses aliments et les intervertissant du matin au soir, l'auteur a vu que le repas du matin était suivi d'un abaissement et celui du soir d'une élévation observée précédemment après le repas du matin. L'abaissement serait expliqué par ce fait que l'auteur prenait du vin è son repas du soir ainsi que le prouveraient les expériences suivantes :

7 ■• «/• •oir.

0 UDUS.

tOOSIM.

it uont.

■mit»

Souper tTec vîn

Souper tTec thé

Souper avec eau

Ainsi, lorsque le soir l'expérimentateur ne buvait que de l'eau, la température tombait lentement jusqu'à minuit; au contraire, le vin amenait une chute rapide dès les deux pre-> mières heures, suivie d'une très-légère élévation; enfin le thé

334 ' GHAPITRB il. — LA GHALEDR ET LA PIEYRE.

semblait retarder la chute de la température. Le thé et le vin sont ainsi en opposition directe dans leur action ^

Jûergensen * a pu continuer ses observations quarante et un jours durant sur des personnes saines en multipliant ses examens toutes les heures et quelquefois toutes les cinq minutes. Le thermomètre était appliqué dans Tanus.

Bien que les oscillations varient un peu , il y a un^ singulière constance pour la moyenne de vingt-quatre heures. Le minimum du jour moyen a été 3 7% a 7 G., et le maximum SS"",! & G. chez la même personne ; dans le premier cas, c'était après un bain froid prolongé; dans le second, après un copieux repas précédé d'un long jeûne.

La moyenne des jours où le sujet en expérience mangeait (ordinairement et gardait le lit, était de 37%87 G.

Les courbes montrent la différence du jour et de la nuit : la température de jour dure plus longtemps que celle de nuit, Tune ayant 166 et Tautre seulement t aa unités de temps de 5 minutes. Le minimum de la température de jour a été 1 53, et le maximum de celle de nuit 1 3 3 unités de temps.

La moyenne de la température de nuit était de 37%6 G. avec des oscillations de i/a degré ; celle de la température du jour de 38*" G., avec des différences de o%i G.

La température du jour commence de 7 à 9 heures du matin et finit entre 8 et 1 0 heures du soir. Le minimum de la température de nuit est de 37'',& G. et tombe entre & et 7 heures du matin; le maximum de la température du jour est aussi bien de 1 è 3 heures de Taprès-midi que de 7 à 9 heures du soir, il va de 38%a jusqu'à 38%& G.

Zimmerman ^ s'est placé au point de vue de la physique

> CeUe analyse est extraite de Tar- 1868, 3* partie, p. 9&6). Analyse pir

lide de Geissler, du Sckmidt'i Jahrb. Geiasler.

* Du Ufpê normal de la têmpératun ' Les catisss de Vtxactrhaiiom H de

ete rhommê iom, par le doctettr Théo- la rémiêtùm quoiidimmêi de la ekahr

dore Jâergensen, à Kiel(i4ivA./. Mm, {Arek.f, KUiuMêL VI,&ei6,p.56i, M9L p. lio, 1868, et SdmMê JoM, 1869).

pure. Etant donne un corps dont les parties sont de plus en plus diaudes à mesure qu'on pénètre dans sa profondeur, et dans lequel il se fait une production constante de chaleur, dire comment se comporte l'élimination de la chaleur. Tel était le problème. Si on laisse de côté les raisonnements purement mathématiques de Tau leur, on extrait difficilement de son travail quelques données pratiques. Pourtant il confirme l'opinion commune, à savoir que la perte de la chaleur est proportionnelle à la production. Le fait que le bain froid donné à 7 heures du soir, au moment où la rémission commence, produit alors son plus grand effet, s'explique en ce que, à ce moment, le courant de chaleur vers la peau est è son maximum d'intensité, tandis que la production centrale commence à baisser. L'ondulation saillante de la chaleur est aplanie par Teau froide, et, comme l'intérieur du corps ne continue plus à envoyer autant de chaleur, la montagne se change en une vallée, et ainsi l'effet produit est plus grand qu'è tout autre moment du jour. (D'après l'analyse de Geissler, dans le Sehmi^ù Jahrb, , 1870.)

Billet', élève de l'Ecole de Strasbourg, donne les résultats sniTants:

7 heures du matin, réveil • 36%5

1 1 heures du matin, avant diner 36 ,&

1 1 h. 3/& da matin , après dîner 36 ,6

1 heure de l*aprè8-niidi, .en famant 37

3 heares de raprès-midi, une heure après le cafi$. . . 87 ,6

6 heares de laprès-midi, avant le dtner. 87 ,9

Après avoir fiiiné 37

Au travail, k S heures 36 ,3

3 h. 1/9 du matin 36 ,1

La température a été prise dans l'aisselle.

Pour M. Redard ^, la température axillaire de l'homme

' Billet, nàiê de StraalMmrg, 1869. — > Paul Redard, Éiudm de thm-moméintebu^, 187Â, p. 90.

adulte prise dans la cavité axillaire étant dé 3 7 degrés, la température sera de 37%9 dans la cavité buccale, et de if,h h 37%8 dans le rectum.

SIII.

CONDITIONS QUI FONT VARIER LA TEMPiRATURB DU CORPS HUMAIN. LIMITES DES OSCILLATIONS.

a. mrLusNCB db l*a6b.

Jusqu'à ces dernières années, et malgré les recherches si précises de de Haên, on admettait, sans contrôle suffisant, que la température des enfants est un peu plus haute que celle des adultes, et que celle des vieillards lui est un peu inférieure. Reprise par des observateurs plus rigoureux, la question est sortie de cette formule générale, et il nous faut étudier la température chez le nouveau-né au moment de la naissance, chez Tenfant et le vieillard.

Température du nouveaurni au moment de la naissance. — Liebig^ avait déjà noté, en 18&1, que le nouveau-né a une température très-élevée, au moment de sa naissance. Il donne comme chiffre normal celui de 39"" G.

En i85i, Bœrensprung' étudia la température chez les mammifères (chiens et lapins) pendant la gestation et chez les

^ Lîebîg, Ckimiiê furgauupiê appUqudê à la phytiologie et à la pathologie, Trad. de Gerhirdt, p. 91. Paris, i8âi.

' Bœrenspning, Recherchée eur la température du fœtve et de Vhomme adulte en ëonté et en maladie ( Mûller'e Àrch. 9, ]85i). — Bœrensprang étudie d*abord la tempënitare de Pœuf de ''poule couvé, peudant les premiers dix jours, et arrive au résultat suivant : la

température de Tœuf eouvé et rivant n^est pae eotutatite, et varie dans h même jour et d'un jour à Tantre; b température de ToBuf couvé dépeod de la température du fourneau à ooover; ainsi, la température du fourneau étant de d9%5, la température de Tcenf est de 39*,&; la température du foumean étant de 38*,65, ceDe de Pceaf est de 38',69.

fœtus. Ches les animaux , i] introduisait un thermomètre par une ouverture faite k Tabdomen de la mère. Il pénétrait dans l'utérus et dans le ventre du fœtus lui-même.

Tempiratart. Do Tentre. Da burin. De !*DUras.

Cbei une lapine pleine 39*,07 39%33 39%A3

Gfaex une lapine non pleine 38 ,68 38 ,37 38 ,43

Différences o%39 i%o5 i*,oo

Chez les vieux animaux , non en gestation » Tutérus et la cavité du bassin sont un peu moins chauds que le ventre; chez les animaux en gestation, au contraire, l'utérus est plus chaud que le bassin et celui-ci plus chaud que le ventre. La température du fœtus ne diffère pas de celle de l'utérus; le fœtus ajoute à sa chaleur propre celle qui lui est communiquée par sa mère.

L'enfant dans le ventre de la mire. — La température de la mère avant la délivrance (vagin) est en moyenne de 3o%3/i R. (3 7% 9 9 G.). Inunédiatement après la délivrance le thermomètre enfoncé dans Tutérus donne en moyenne 3o%97 R. (37%83 G.). La température du fœtus, soigneusement enveloppé de linges chauds, est aussitôt après la naissance (rectum) de 3o%33 R. (37''9i G.). La température du fœtus fut ta^uvée, dans quatre cas, égale à celle de la mère, et dans six cas de o%o6 G. plus élevée. Gomme, aussitôt après la naissance, toutes les influences tendent à abaisser la chaleur du nouveau-né, ces derniers six cas prouvent que, contrairement aux suppositions, l'enfant dans le sein de la mère possède une chaleur plus élevée d'environ 0*^,6 que celle de la mère.

Enfants nouveau^nés. — Sur trente -sept enfants nouveaunés on a trouvé la température moyenne de 37%8i. Le bain tiède dans lequel on plaçait les enfants aussitôt après la nais-

sance amenait un refroidissement de 0*^,37 à 1 \6 , en moyenne o%98. Les mesures continuées chez les jeunes enfants nouveau-nés jusqu'au dixième jour après la naissance, habituellement matin et soir, ont montré qu'après le premier bain la température est la plus basse, puis qu'en vingt-quatre ou trente-six heures elle se relève en moyenne à 37%5 C, et qu'elle se maintient presque constamment ensuite à cette température ; vers le sixième ou huitième jour seulement on trouve une légère élévation de 3^'*,^ C. à 38%i3, qui ne persiste pas et dont la cause est inconnue. L'auteur attribue au bain tiède le refroidissement qui suit la naissance. On remarque, dès les premiers temps de la vie , l'oscillation diurne de la température de 37%99 à 37%8o G. du matin au soir.

Dans une thèse publiée en 186 3, Schiffer^ dit avoir trouvé également chez le nouveau-né, avant la section du cordon ombilical , une température rectale supérieure à la température vaginale de la mère. Il en fut ainsi dans seize cas sur vingt-trois, deui fois ce fui l'inverse.

Après la naissance, la température basse descend parfois à 36^76 pour remonter de 1 ou a dixièmes de degré.

Nous pensons qu'il y aurait lieu de refaire ces diverses

observations en tenant compte de la température de la mère

avant, pendant et après l'accouchement. 11 semble, en effet,

que cette température influe sur la circulation du fœtus et pro-

. bablement même sur sa température ^.

^ Schàiïer, Greifswald, i86d. il y a danger de mort pour le ktioB, Eo

^ Winckel (Obê. cliniquêi iur les moyenne, il y a le rapport suivant entre

aecoucJieiitenti , Klin. Beob. etc., p. 189 la température de la mère et la fré-

à a 1 & , 1 869 ) a observé que Télévation quence du poids da fœlas :

de la température du corps de la femme

en mal d'eufant cause Paccélération du

pouls du fœlus, autrement dit que le

fœtus Ini-méme a ta fièvru (7). Si cette

acccléralion du pouls dure longtemps,

Tenpérataiv

Poalt

dttaBèflt.

«InCsBliM.

190 k ihh puitstioiit.

thh à 160

S9* i ho*

TEMPÉRATURE DES NOJ[JVEAU-NÉS. 339

Les recherches de Georges Wurster ^ confirment celles de Bœrensprung et de Schâffer.

L aateur examine la température dans le vagin de la mère et lanus de Tenfant..!! trouve que celle des mères va de 36°^^ à 38 ',9* et que celle des enfants est un peu plus élevée (d'un dixième de degré). L'enfant se refroidit très- vite , de sorte que sa température tombe de 37%&i (chiffre moyen) à 36%35. L'auteur a constaté quelquefois des températures élevées à la fois chez l'enfant et chez la mère (/io%3 chez la mère, /io%35 chez l'enfant) dans des cas pathologiques. Ainsi le fœlus aurait une température un peu plus haute que la mère, d'où la conclusion qu'il ne tient pas cette température de sa mère » mais de lui-même.

Un an après, revenant sur le même sujet, Wurster ajoute à ses recherches l'observation suivante ^ :

Dans une présentation du siège avec travail prolongé, il trouva dans le vagin de la mère 38%9, 39\i, 38%8, et dans l'anus du fœtus 39%&, 39%65, 39%55 G.

Il nous reste à noter les travaux de MM. Andral, Roger et Lépine sur ce même sujet.

M. Andral ^ a recueilli ces observations longtemps avant de les publier. Le tableau suivant porte sur six cas (aisselle) :

o miottlr « nannnce.

t*'ca8.... 38*/! 90 min. après. 37%9 i h. après. 37*,5

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