TEMPÉRATURE AUX DIFFÉRENTS ÂGES. 8A
elle ne change pas sensiblement jusqu'à la puberté, et elle baisse faiblement ensuite pour s'élever de nouveau à l'âge de la décrépitude. En somme, la température est presque fixe pendant toute la vie. L'auteur, s'appuyant sur ce que la quantité iadie carbonique expiré est beaucoup plus petite chez les meilr lards par rapport au poids du corps, que chez les individus jeunes , pense que l'élévation de température qui reparaît chez les vieillards tient à ce que» chez eux, Yévaparation par la peau diminue.
Température des vieillards. — Bœrensprung, Moleschott et beaucoup d'autres auteurs admettant que la température des vieillards est supérieure à celle des adultes, d'autres avaient admis la proposition inverse. Chacune de ces opinions est appuyée par des considérations physiologiques. Pour les uns , la faible quantité d'acide carbonique exhalée explique le refroidissement ; pour les autres , le peu de vitalité de la peau empêche l'évaporation et le refroidissement au contact de l'aÛTy ce qui explique l'élévation de température.
Toutes ces propositions sont purement spéculatives.
M. Roger a pris la température de sept vieillards bien constitués, dont l'âge variait de 79 à 96 ans. Il a trouvé :
« .... Tempéralnre Températate
lU.pu.lio.». P.l«b..u. ^,,^.^ del-lNHrfi..
Moyenne d3 68 36*,6a 36*,a3
Minima 18 56 36 ,0 35 ,60
Moxima.. ...... . a6 76 37,10 87,0
Lisle \ interne à Bicétre, a conclu avec raison que, chez le vieillard, le pouls n'est pas plus lent, la température n'est pas plus basse que chez l'adulte. Il n'existait pas dans ses observations de différence de o%9 à o'^fS entre la température du
' Cité par Redard, p. 19.
vieillard et celle de radalie, ainsi que certains auteurs Tont avancé.
Pour M. Gharcot^ bien que, chez les vieillards, la fonction respiratoire soit amoindrie, bien que le mouvement nutritif de composition et de décomposition paraisse également diminué, la température n'éprouve, parles progrès de l'âge, aucune modiBcation appréciable : «37%9, Sy'.S, rarement 38* dans le rectum, et tantôt un peu moins, tantôt un peu plus de 1 degré au-dessous de ce chiffre dans l'aisselle ; telle est, d'après les recherches très-nombreuses que j'ai faites à ce sujet, la température normale du vieillard jusqu'aux extrêmes limites de la vie. n M. Gharcot ajoute qu'il ^ présenté aux élèves de sa clinique une vieille femme plus que centenaire, et qui avait habituellement 37%& dans Taisselle et 38** au rectum. Mais c'est là un chiffre exceptionnel. Il ajoute : vEn résumé, la température centrale est la même chez les vieillards que chez l'adulte: j ajouterai qu'elle présente dans les deux cas la même fixité, et qu'elle ne s'émeut d'une manière un peu sensible, mais temporairement, que dans l'état pathologique.»
Nous avons donné en détail ces recherches, qui prouvent une fois de plus , que les inductions a priori ont plus souvent pour effet d'égarer que de guider le médecin. Il a fallu accumuler les preuves pour arriver è cette conclusion, que, sauf au moment de la naissance, la température reste à peu près constante; que, bien que les appareils se modifient et que la création et la déperdition de la chaleur se trouvent soumises a des lois variables, l'équilibre entre les deux se maintient fixe pendant toute la durée de la vie.
b. LXPLIKIICB DU SBXB, DB LA CONSTITUTION, DB LA BAGB.
Toutes ces influences sont si faibles , qu'elles sont contes-
' <iharco(. Leçanê eliniquêê tur lêi maiadieê dès tieiUardM , a* édit., 187A, I». il ôa.
INI^LDENCK DU SEXE, DE L*ALIMENTATrON. 351
tables. Il ne semble pas y avoir de différence notable entre la température de l'homme et celle de la femme, et la vigueur du sujet ne se tra{|uit pas par une élévation sensible de la température.
Livingstone, dan.H ses Voyages en Afrique, dit avoir observé que, tandis que sa propre température était de 37^77, celle des indigènes était de 36^69. Il est probable que cette différence n implique pas un écart réel entre la température des différentes races, mais qu elle est l'effet d'un défaut d'acclimatement sur lequel nous reviendrons plus loin.
e. inploeucb db l^alimbhtàtion.
D'après Longet^ : «L'ingestion des aliments augmente a la fois l'absorption de l'oxygène et le dégagement de l'acide carbonique; par conséquent, la chaleur animale doit s'accrottre par suite de cette ingestion. "
11 suffit de consulter les tableaux des oscillations diurnes de la températui*e que nous avons donnés plus haut pour être convaincu que cette conception a priori n'est pas exacte. Nous savons que les repas, et en particulier celui du soir, ne sont pas suivis d'une augmentation de la température.
Mais l'abstinence, la diète, l'inanition, ont une influence considérable sur la température. Nous avons vu , dans la première partie, que Ghossat a constaté que, chez les animaux privés d'aliments, la température s'abaisse notablement, et qu'aux approches de la mort elle est quelquefois de 18 à âo degrés au-dessous de la température normale.
Bidder et Schmidt ont trouvé, chez un chat affamé, que la température, dans le premier jour de diète, était tombée d'une certaine quantité, puis qu'elle s'était ensuite maintenue pour tomber rapidement dans le jour qui précéda la mort.
* Loii({el, Trmlédephy9iolQgiê,iA^p, 1109, 1861.
Contrairement à ce qui a été observé sur les animaux, Jûrgensen a trouvera la suite de longues recherches sur l'inanition chez l'homme, que rabaissement de température qui se produit le premier jour, fait place, le second jour, à une élévation de température: il explique ce fait par la consommation des éléments propres du corps (autophagie), qui se fait après l'absorption des provisions alimentaires, et qui produit plus de chaleur.
Sans aller jusqu'à l'inanition , la diète ou une alimentation insuffisante fait baisser le chiffre de la température ^ M. Mar-
. tins ^ a eu l'occasion d'observer, aux environs de Montpellier, deux troupeaux de canards qui vivaient dans des conditions identiques, mais l'un n'avait qu'une nourriture insuffisante, tandis que l'autre recevait journellement des rations abondantes et de bonne qualité. Chez les premiers, la température moyenne était &i%t77, tandis que chez les seconds elle s'é-
^ levait à &i%978. La différence en faveur des canards bien nourris était donc de o%8.
Ainsi, même en négligeant les faits de mort par refroidissement dû à l'inanition, il semble que la nourriture insuffisante abaisse le chiffre de la température animale. La tradition a précédé ici l'expérience, et la diète a toujours été conseillée comme moyen de lutter contre la chaleur fébrile.
* De la nuirivité dêt (hverâ alitMnti, par William S. Savopy. {TheLaneet, itA-t5, avril i863.) Savory donne un tableau de la nature des aliments, du poids du corps, de la composition de Turine... Les rats nourris avec des substances atotées ont une température qui ne tombe pas au-dessous de 37%9« Les résultats généraux sont qu*un animal peut vivre de viande exclusivement, aussi bien que d^aliments mixtes, sans perdre de sa cbaleur, ce qui confirme les idées de Liebig. Les animaux nourris de matières dépourvnee d^aiote mouraient
avec les mêmes symptômes et la même perte de poids que ceux qui étaient soumis â une tbstinenoe oomplèle. Leur température ne tombe pas quand on les maintient dans un air chaud, ils ne meurent donc pas par aonstraction de chaleur, mais parce quHls oonsameot leur propre coq».
* Martins , Mém. mr la température ties oiêêaux palmipêdet du nord de VEurope, p. 16. (Extrait des Mémoùrm de VAcad. dee êcùnceë et lettrée de MontpeUier, tSb6,i. m,)