INFLUENCE DE L*AGTIV1TÉ MUSCULAIRE
d, inrLUINCI DB L'iCTIVITi hdsculaub.
II est de notion vulgaire que le repos longtemps prolongé s'accompagne d'un sentiment de refroidissement qui s*accuse surtout aux extrémités. Mais ce refroidissement semble surtout périphérique, et l'activité musculaire qui suffit k rétablir la sensation de cbaleur ne fait pas hausser la température centrale. Davy, Robert Latour, Becquerel, Thierfelder ^ ont constaté que les mouvements du corps font hausser la température des parties extérieures, tandis que la chaleur interne reste sans changement.
M. Roger a fait des recherches confirmatives des précédentes. «Pour juger de Vinjluence de Texercice, dit-il ', nous avons fait courir pendant huit minutes deux garçons , l'un ftgé de treize ans, l'autre de douze : chez l'un la chaleur augmenta par la course d'un demi-degré; chez l'autre elle resta exactement la même. Dans ces expériences, le nombre des respirations et des pulsations avait augmenté dans une proportion beaucoup plus notable; dans la première, les mouvements respiratoires s'étaient accrus de i a et dans la seconde de 6 ; dansia premiàre, le pouls battait 56 fois de plus & la minute, et, dans la seconde, as fois de plus. Remarquons dans la première expérience la coïncidence de l'exaltation des trois fonctions respiratoire, calorifique et circulatoire. »
Ces résultats varient d'ailleurs selon la conformation des individus , et cette dernière influence a été biea mise en lumière par Botldn dans son Cmrs de clinique médieak^ : «Pendant le mouvement musculaire énergique, si la déperdition de la chaleur par les poumons et la peau est insuffisante par suite de quelques particularités de l'organisme, la température
> Thîerfdder, in Sdmide$ Jtàrb. Uê maladim de ffN/Smet. T. I, p. ity. i85i, L LXXI. * Bolkin, Di la fikn. Trwl. frtn-
* H. Roger, AfcA^rvA» eVmqwn ntr çuse, 1871, p. 91.
augmente considérablement. Deux hommes avaient monté en trois minutes à 3o mètres de hauteur; chez l'un la température avait baissé de quelques diadèmes de degré ; chez l'autre elle avait monté de i%5, soit de 3 6% 7 à 3 8% a. Le premier était petit et fluet, le second grand et gras. Le premier, après l'ascension, n'éprouvait pas la moindre gène de la respiration; le second était hors d'haleine. Le corps du premier, par sa petite taille et sa bonne capacité pulmonaire, se trouvait dans des conditions favorables au refroidissement. Le ventre ballonné chez l'autre gênait le diaphragme, et ses mouvements respiratoires étaient précipités et insuffisants. Sans doute cette imperfection de la respiration fut cause que la déperdition de la chaleur ne se fit pas assez rapidement; la chaleur fut retenue dans le corps, d'où augmentation de t%5.»
L'exercice musculaire poussé jusqu'à la fatigue n'a pas non plus une action considérable sur la température. Speck^ a étudié l'influence de la fatigue sur les excrétions (urine), sur la respiration , sur le poids du corps • . • , sur le pouls et la chaleur. En ce qui concerne le pouls et la chaleur, la fatigue fait monter la température, et ce phénomène dure tant que dure la fatigue. Après le repos, la température descend quelquefois jusqu'à la normale, ou se maintient un peu au-dessus. Même avec une fatigue très-grande, accompagnée de sueurs profuses, de battements dans les tempes et d'accélération de la respiration, la température ne s'élève guère de plus de o\5 C. Le pouls reste accéléré au delà de la fatigue. — Une petite fatigue n'élève pas sensiblement la température.
Pendant l'activité musculaire énergique, si les causes d'augmentation de la chaleur sont exagérées, les moyens de déperdition sont également exaltés. Un des plus puissants est l'accélération des mouvements respiratoires.
' Speck, InfiutHcêdê la faHigUÊ wr- d. wiêê. Hàlk,, VI, 9, p. t6i-3sÂ, portUt §ur Porgamimê humam, (Arck. 1869.)