‹ De la température du corps humain et de ses variations dans les diverses maladiesChapitre 88 sur 122 · INFLUENCE DE L^ TEMPÉRATURE EXTÉRIEURE · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE L^ TEMPÉRATURE EXTÉRIEURE

36 degrés et demi, 8a température initiale, qae cinqaantecmq minâtes après sa sortie de l'eau.

3"* Dans trois cas, où la température d'une main avait été abaissée de lo, ii, i3 degrés, pour avoir séjourné dix minutes dans de l'eau à zéro, il a fallu plus d'une heure pour que cette main revint à sa chaleur première , dans une atmosphère de 1 5 à i 6 degrés.

Il est donc bien certain que nos extrémités refroidies ne reprennent leur température qu'au bout d'un temps assez long. Cest le un résultat capital, car il concourt à démontrer un fait sur lequel nous insisterons plus tard , à savoir que le froid fait contracter d'une manière durable les vaisseaux sanguins.

TaoïsiiMB PARTIE. — De Cmfiuence du refroidUsemmt ^une petite partie du carpe eur la température des partiee élotgnéee et eur la température générale. — W. Edwards avait constaté qu'en plongeant une main dans de Teau à zéro , l'autre main perdait jusqu'à G"" G. Il avait cru légitime de conclure que la température générale du corps s'était abaissée.

MM.Brown-Séquard et Tholozan ont vérifié l'exactitude du refroidissement pour la main non immergée , mais ils ont vu , en outre, que la température buccale ne variait pas, que même parfois elle s'élevait un peu. On conçoit, disent-ils, que, par suite de l'excitation si vive des nerfs sensitifs ou centripètes de la main , la moelle épinière réagisse et produise la contraction des vaisseaux des deux mains.

Mais le plus puissant élément d'échauffement ou de refroidissement ne se trouve pas indiqué dans les recherches de MM. Tholozan et Brown-Séquard : cet élément, c'est le mouvement du milieu qui enveloppe notre corps. Nous devons renvoyer, sur ce sujet, aux belles études de William Edwards que nous avons analysées dans la première partie.

M. Jonathan Osborne a essayé de préciser ces influences

diverses, en se plaçant dans les conditions oii se trouve un malade dans une chambre et en déterminant la puissance différente de refroidissement de Teau et de Tair, différence que nous utiliserons plus tard , quand nous étudierons l'action antipyrétique de l'eau froide.

M. Osbome ^ a établi la différence du rejrùidiuemetU dam Pair et dans Teau, à une égale température : dans une chambre à la température de SA" F. (i 3% 9 a G.), le thermomètre tombe de 80° à 90° F. (de 39%9 à a6%7G.) en 96 secondes, et dans Teau à la même température, en 8 secondes. Ainsi Teau à 19% a a G. est 19 fois plus refroidissante que l'air à la même température, fait qui concorde parfaitement avec notre sensation lorsque nous prenons un bain à la température de l'air.

Dans une chambre close à /lo^ F. (&%&& G.), le thermomètre opère son refroidissement en 7& secondes; et dans la même chambre, à la même température, le thermomètre enveloppé d'un linge humide se refroidit en 36 secondes.

Le re/roidisiement dans tair ou Veau en mouvement. — Dans l'eau tranquille à 70"* F. ( 9 t%i G. ) le thermomètre se refroidit en 9/1 secondes; mais, si l'on remue l'eau, il se refroidit en i 5 secondes. L'auteur explique ainsi comment aucun homme ne peut dépasser une certaine limite de temps en nageant, quelque grande que soit sa puissance musculaire, parce que le contact permanent du corps avec des masses d'eau toujours renouvelées le refroidit à tel point, qu'il en résulte une limite à l'action de ses muscles.

Le rapport du refroidissement dans l'eau tranquille au refroidissement dans l'eau mise en mouvement est de loo à 60. A des températures plus basses la différence doit être encore plus grande.

> Jonathan Oflborae, ThefTnomàtn à tud, XXXUI, 66, p. 973, 981, may refrùHiêêemtnt : mentre du rffrmàiMaé- 1862.) {S^Miidfê Jakarh. L GXV. «Mut du cmrpt for Pair. {Dublin Jour- p. 1&6, i863.)

INFLUENCE Dl) VENT. 868

Dans Tatmosphère d'une chambre à 67* F. (i3%9 G.) le thermomètre se refroidit en 1 1 5 secondes ; et il se refroidit en 16 secondes, si Ton fait agir un soufflet. Rapport : 100 à 1 A. — Ainsi s'explique l'action rafraîchissante des Punkah de rinde et de nos éventails.

Alors même que, dans une chambre, toutes les fenêtres et les portes sont closes, il y a des courants d'air rafraîchissants qui peuvent être apprécies au thermomètre. Ainsi un thermomètre suspendu librement dans une chambre close à Go"* F. (i5%6 C.) se refroidit en i3i secondes , tandis que placé dans un cylindre de verre fermé dans cette même chambre, il se refroidît seulement en 167 secondes. Rapport : 83 à 100.

Infuencê du vent, le plus puieeant élément cUmàtérique. — A l'air libre et à une température de 61* F. (i6%i G.), le thermomètre se refroidit en &5 secondes; dans le même air, le thermomètre enfermé dans le cylindre se refroidit en t&g secondes. Rapport : 3 è 1 0 0 ; c'est là une différence dont le thermomètre ordinaire ne donne aucune idée. A Saint-Pétersbourg, les cochers de drowski se tiennent à l'air libre même par les plus grands froids quand l'air est tranquille; mais souffle-t-il du vent, ils doivent, sous peine d'être gelés, se réfugier sous des abris. Des observations semblables sont faites par les voyageurs au pôle nord.

Influence rtfrigérante du courant d'tnr dan» une chambre. — Le thermomètre, dans une chambre è la température de Uk^ F. (6*,y G.), se refroidit en 7s secondes, et, dans la même chambre, par une nuit tranquille, avec une température de 0 1 * F. ( t o%6 G. ) , la fenêtre étant entr'ouverte , le thermomètre placé è un pied de la fenêtre se refroidit en Sa secondes. Pendant une autre nuit, à Si"* F. (io%6 G.) dans la chambre et 65'' F. (7% 3 G.) au dehors, le thermomètre, au voisinage de la fenêtre fermée, se refroidit en 100 secondes, et, quand

la fenêtre fut enti^ouverte et que le vent se fit sentir, le thermomètre se refroidit en 33 secondes. L'influence du courant d*air serait évidemment plus active encore dans une chambre chauffée. On comprend l'influence qu'exercent les courants d'air sur la production de certaines maladies.

fnJUienee rifrigéranle du courant ^air firme par un fiyer (cheminée). — Sur le cAté exposé au feu d'un petit écran, la température était de 1 6®, i G. , et le thermomètre s'y reGroidissait en 1 9 3 secondes. Derrière l'écran, la température était de i3%9 G., il se refroidissait en 79 secondes; dans une chambre & la même température, le thermomètre placé loin du foyer se refroidissait en 100 secondes. Lors donc qu'on se tient assis en face d'un foyer, on a beau chauffer le devant de son corps , on a froid au dos , plus froid même qu'en dehors du courant aspirateur du foyer.

M. Osbome cherche ensuite à déterminer la puissance de refroidissement des climat<i, et il propose, pour déterminer cette influence, un procédé thermométrique fort ingénieux.

Les médecins ont besoin de connaître les propriétés phy* siques des lieux où ils envoient leurs malades. Ils se servent des tables obtenues à l'aide du baromètre, de l'hygromètre, de l'anémomètre, du pluviomètre; il manque nn instrument qui rende les sensations immédiates de chaud et de froid produites par l'air. Notre corps s'adapte à une température extérieure constante , mais la brusquerie des variations Fatteint et le trouble. Il s'agit donc moins de fixer le degré du thermomètre que la soudaineté de son abaissement, qui est aussi celle de notre refroidissement. Par exemple, dans un milien dont la température est au-dessous de s 6^,5 G., nous pouvons éprouver une sensation de fraîcheur; è i3%3 G. nous ne nous trouvons point mal étant bien habillés et dans une chambre bien fermée, mais, dans un courant d'air de même température , nous éprouverons une sensation de froid qui est propor-

Page 1