‹ De la température du corps humain et de ses variations dans les diverses maladiesChapitre 89 sur 122 · RÉSISTANCE À LA CHALEUR · texte numérisé non relu

RÉSISTANCE À LA CHALEUR

tîonnelle & la conductibilité , laquelle est en raison de Thumidite.

Or le thermomètre ne nous apprend rien sur ces deux états; il nous donne la température du milieu ambiant, mais non son pouvoir réfrigérant ; on ne peut obtenir ce renseîgnoment qu'en portant dans le milieu refroidi et dans le milieu mobile , un thermomètre qui marque le degré le plus élevé de température du même milieu tranquille; si le thermomètre soumis à cette épreuve est artificiellement maintenu toujours au même degré, la rapidité avec laquelle il tombe montre quelle est la quantité du pouvoir réfrigérant, et la somme de toutes les influences de milieu qui soustraient de la chaleur.

L'auteur échauffe son thermomètre à 90'' F. (39%9 G.) et le laisse tomber à 8o* F. (a6%7 C). Il se sert, pour réchauffement, d'eau ou d'une lampe à alcool. 11 préfère le thermomètre à alcool parce qu'il est plus facile k lire.

/. LIMfTBS DB'RisiSTANGI DBS ANIMAUX A LA GHALBDR BT AD PROID.

Les diverses influences que nous venons de passer en revue n'impriment à la température du corps que des modifications passagères et peu importantes. Il n'en est pas de même de la chaleur et du froid excessifs. A quel moment et par quel mécanisme le chaud et le froid frappent-ils les animaux? Ce sont là deux questions qui méritent de nous arrêter. Prises en elles-mêmes, elles nous feront connaître la mort par l'insolation et par le froid. Appliquées à la théorie de la fièvre, elles nous donneront quelques notions sur le mode d'action des températures élevées survenues par le fait même des maladies fébriles.

i* La chaleur excessive peut tuer les animaux et l'homme. Sans remonter aux auteurs anciens, pour qui ce résultat brutal était de notion aussi vulgaire que pour nous, nous cher^ cherons les premières indications sur le mécanisme de la

moK par la chaleur dans les auteurs qui ont tenu à préciser son mode d'action.

Boerhaave avait conclu , d'expériences mal interprétées , que , lorsque Tair ne vient plus rafraîchir le sang dans le poumon, la vie devient impossible. 11 avait vu qu'un chien , un chat et un moineau , placés dansune étuve à 166** F. (75'' C), périssaient, le moineau en sept minutes, et les manunifères en vingt-huit minutes environ. Mais, dès 17&8, John Liningpoblia^des observations faites à Gharlestown , et il montra que l'homme rivait dans cette localité à la température de 3 9* C. à l'ombre, et de 5 1* G. au soleil. Adanson, dans son Foyo^ au Sén^l, raconte que, pendant son séjour sur le Niger, la température de sa chambre montait, dans le jour, k 60* ou 45- R.

En 1806 Delaroche admit que deux caractères distinguent les animaux des autres corps de la nature : i* résister au froid, c'est-è-dire, posséder une température plus élevée que le milieu ambiant ; 3* résister è la chaleur, c'est-à-dire , rester & une température inférieure è celle du milieu ambiant.

Delaroche^ institua plusieurs séries d'expériences dans le but de véri6er le degré de chaleur que peuvent supporter les animaux. Pour cela les animaux furent placés dans une étuve sèche.

PaxMiàu sxFiBiBiGB. {Chëletur tifporîée mm mottrir,)

Un chat, un lapin, un pigeon, un bruant et une grosse grenouille furent introduits dans une étuve dont la température était de 3 & à 3 6 degrés. A 1 heure 1 5 minutes , tous les animaux furent placés dans Tétuve.

* Influwee êur Nommai d$ Vêragératùm de Im Umpénhtn êxtémutB, (Cl. Beriiird, CMmrmiimalê, p. 33&.)

BÉSISTANGE À.LA CHALEUR. 367

Chat a heures* L'animal, coochë au fond de sa cage, devient

agité; respiration fréquente.

Idem 9^ 95" . . Agitation plus grande, cris plaintifs, yeux vifs

et brillants.

Idem 9^ 35" . . Retiré de l'étuve, rentre bientAt dans son état

naturel.

Lapin .... i^ 5o*. . Respiration s accélérant de plus en plus.

Idem 9^ i5" . . Respiration gênée.

Idem 9^ ^5" . . Retiré de Tétuve, rentre bientôt dans son étal

naturel.

Pigeon. ... 1^65".. Devient haletant, bec entrouvert.

Idem 1^ 55" . • Très-faible. Tremblement général.

Idem .... 9^ 95" . . Cet état diminue peu à peu.

Bruant.. . . i^ 95" . . Agité, haletant. Cet état continue encore et

ranimai n'est remis qu'une heure après la sortie de Tétuve.

Gienonine . i^ 95" . . Respiration d'abord plus fréquente, reprend

ensuite son type normal. A la sortie de i'ëtuve, la température de la grenouille est à 19 degrés. Mise dans l'eau froide, die revient bientôt ii son état naturel. *

DiuxdifB KXptfKiSRCB. (Chakur deventie morielle.)

Les animaux de TexpërieDce précédente sont réunis le lendemain dans la même étuve qui monte cette fois de AS à 5 9 degrés. A U heures 5 minutes les animaux sont introduits dans l*étuve :

Chat 6 heures .

Lapin .... 6 heures .

Bruant.. . . &^ 99" . .

Grenouille. 6 heures.

Mort avec convulsions et troubles respiratoires. Mort avec agitation, puis coma.

Mort avec agitation, tremblements, convulsions.

Mort avec respiration accélérée et agitation. Parfaitement vivante, retirée de l'étuve.

TaoïsiteB BxpiaiBicB. {Rémtanee de$ invertéhréê à la ehakur.)

Deux bnlimes, deux sangsues, deux scarabées nasicomes mâle et femelle], deux larves du même insecte, deux courti-

368 CHAPITRE IL — LA CHALEUR ET LA FltVRK.

lîères, trois punaises des bois, furent introduits dans Tétave, dont la température était de 35 À 87 degrés.

Les buiimes rentrent dans leur coquille , et se détachent des parois de l'étuve; puis remises dans Teau, elles reviennent i leur état normal. Les sangsues se ramassent sur elles-mêmes et restent dans cet état pendant tout leur séjour dans l'étuve. Les scarabées, d'abord très- agités, deviennent « sur la fin de l'eipérience, plus tranquilles.

De ces expériences, Delaroche lire les conclusions suivantes :

Les animaux ont la facilité de résister & la chaleur pendant un certain temps, mais cette résistance n*est pas la même chez tous, ce qui fait qu'ils ne sont pas tous affectés également parla chaleur. Les animaux de petite masse succombent, après un espace de temps assez court, k une chaleur de &5 â 5o degrés. La gravité des sympt6mes est d'autant plus grande et la mort d'autant plus rapide, que la chaleur est plus considérable.

L'organisation de la classe à laquelle ils appartiennent établit des différences entre ces animaux. Les animaux & sang froid et les larves d'insectes supportent plus longtemps la (Valeur que les animaux à sang chaud. (l'est l'inverse pour les insectes & l'état parfait.

Delaroche et Berger entreprirent sur eux-mêmes de nombreuses expériences pour déterminer le degré de température que rhomme peut supporter. De &9 à 58 degrés, fétuve devint insupportable pour Delaroche, qui en fut malade; Berger n'en fut que légèrement fatigué. D'un autre cAté, Berger n'a pu rester que sept minutes dans une température à 87 degrés, tandis que Blagden a supporté pendant onze minutes une température de 83 degrés un tiers. Tous les hommes ne supportent donc pas également la même température.

On sait d'ailleurs que la chaleur peut devenir nuisible, à des degrés moins élevés , quand elle dure longtemps.

Page 1