‹ De la température du corps humain et de ses variations dans les diverses maladiesChapitre 97 sur 122 · HO · texte numérisé non relu

HO

La même marmotte, deux jours après, à Tétat éveillé et à une température de la chambre de + 1 3",5 , a excrété, en une heure :

CO' ^ 0,5 1 3 grammes.

HO — o^ogH

Quelquefois Texcrétion d*acide carbonique, dans la veille, diffère encore plus de celle du sommeil.

L'auteur a observé un phénomène particulier chez les animaux qui avaient été soumis déjà à Taction des hautes températures dans une étuve : c'est une sorte d'accoutumance qui faisait que, si on les replaçait quelques jours après dans la même atmosphère échauffée, ils présentaient moins de malaise, leurs muscles ne s'engourdissaient pas tant, et leur tem- . pérature ne montait plus si haut que lors de la première expérience. Horwath, ainsi que Rosentbal, se range à ra\îs de Senator contre celui de Liebermeister, et repousse la théorie de l'accroissement de la production de chaleur dans le refroidissement. Examinant ensuite le traitement des fiévreux par le refroidissement, il pense que la meilleure méthode est de les refroidira un faible degré, mais d'une façon continue, à l'aide d'une forte ventilation, ou, si cela ne suffit pas, en les plaçant sur des matelas d'eau , dont on peut faire varier la température.

Quant k l'influence élévatrice de la température qu'exercerait la section de la moelle d'après Naunyn et Quincke, l'auteur, pas plus que Riegel , n'a pu la constater dans ses expériences. Au contraire, la section de la moelle en un point élevé, en raison de la section concomitante des nerfs vasomoteurs, lui a constamment montré une augmentation de la perte de

chaleur, jamais une augmentation de sa production. Si Ton plaçait ces animaux dans Tétuve , on voyait leur température tomber k Sa* C, température du milieu ambiant. A de plus hautes températures, leur chaleur propre montait, mais non pas plus vite que chez les animaux à l'état normal. Quelque temps après l'opération , la production de la chaleur s'accroissait certainement, mais l'auteur voit là un effet de la fièvre traumatique.

Ce sont des arguments puissants à opposer à ia théorie de Liebermeister, Naunyn et Quincke.

L'auteur a fait en octobre 1879 trente expériences sur le refroidissement chez des marmottes et des hérissons endormis, et conclut ainsi :

1** Les animaux hibernants supportent facilement un fort refroidissement de leur corps : en effet leur température propre, abaissée, à plusieurs reprises, jusqu'à 6, 5, A et 3 degrés, et même jusqu'à i%8 C, a pu être ramenée à l'état normal sans l'aide du réchauffement ou de la respiration artificiels ;

9* Les nerfs et les muscles chez des animaux amenés à un pareil refroidissement étaient encore excitables, car leurs muscles se contractaient énergiquement par de faibles courants d'induction, les électrodes étant placées soit directement sur les muscles refroidis, soit sur leurs nerfs;

3** Le cœur des hibernants se contractait encore d'une façon rhythmique alors que la température du sang qui y était contenu n'était que de 4- 4* C. ;

A* Les hibernants refroidis n'ont pas, comme les lapins, le tétanos.

Si l'on rapproche ces expériences de celles que l'auteur a faites en 1871 sur les lapins, on voit que ceux-ci se comportent tout différemment. L'auteur promet de poursuivre ses recherches.

A cdté de ces expériences d'Horwath, qui forcent à réfléchir sur le mode du refroidissement, sur le rôle que celui-ci joue

dans les actes fébriles, nous plaçons également ane analyse des recherches faites sur le refroidissement par suppression des fonctions de la peau. Il semble paradond, tout d'abord, de soutenir que, lorsqu'une des sources de refroidissement, la perspiration cutanée , cesse de s'accomplir, la chaleur diminue; il en est pourtant ainsi, et ce sera un fait dont nous aurons à tenir compte en exposant les diverses théories de la fièvre.

Breschet et Becquerel ^ furent les premiers qui signalèrent l'abaissement de la température chez les animaux recouverts d'un enduit imperméable. Des lapins rasés et recouverts d'une couche de colle de pâte, de suif, etc., perdirent en une heure et une heure et demie , i A ' à 1 8* G. et succombèrent pea après.

Le fait expérimental a été confirmé par Gerlach ^, Valentin ^ Edenhuizen^, Laschkewitsch , etc. Valentin fit remarquer qu'eo même temps qu'ils se refroidissaient, les animaux subissaient un ralentissement très-marqué dans leurs mouvements respiratoires, que les quantités d'oxygène absorbé et d'acide carbonique exhalé diminuaient dans une proportion considérable. Pour lui la mort survient par le fait même du refroidissement subi par l'animal , et il le prouve en empêchant celui-ci de mourir en le plaçant dans une étuve chauffée à SS"" ou 38" C.

Edenhuizen a trouvé que les lapins succombaient même quand leur peau n'était que partiellement recouverte ( t/6' ou i/8*). Le refroidissement subissait dans sa marche une progression proportionnelle k Tétendue de la surface cutanée enduite. • . Mais les phénomènes chaleur, pouls, respiration,

* Breschet et Becquerel, Comptée ^ Vaientiii,iOi4rdLytfrpAyf. JX^là., rwudit dm êiantêt H» VAcûdémiê dm i858, p. Ad3.

«ocficM. (Sëince du 1 8 octobre i8Ai.) * Edenhuixen, in Z§iudir fir rât

* Gerlach , in Mûller's Arckit , 1 85 1 , Mêd, , 1 863 , p. aS. p. h?i.

ne sont pas ëgaiement influences. (Voyez les détails dans le naëmoire d'Ëdenhuizen.)

Laschkewitsch ^ attribue la mort à l'augmentation de la perte de chaleur. Il fait ses expériences sur des animaux dont il enduit la peau de vernis ou de colle. Il rappelle que la mort survient quand un sixième de la peau est vernissé, mais que la cause de la mort nous échappe. Valentin pourtant avait observé que les phénomènes morbides étaient enrayés quand on maintenait Tanimal à une haute température. Laschkewitsch a remarqué que les extrémités vernissées étaient beaucoup plus chaudes que les autres. Sur un lapin, cette différence était de l^5 G. L'animal ayant été placé dans une chambre froide^ le refroidissement porta plus sur la partie vernissée (t* 0.) que sur les parties non vernissées (o%5 C). L'animal mourut au bout de cinq jours, présentant tous les phénomènes morbides qui accompagnent le refroidissement. Les vaisseaux de la partie vernissée étaient très-dilatés et remplis (le sang, les muscles y étaient rouges; pourtant cette partie était très-amaigrie par rapport è la correspondante. On mit dans un appareil calorimétrique un lapin vernissé et un lapin è Tétat normal : le premier perdit i3%5, le deuxième ne perdit dans le même temps que 1 1 degrés de sa chaleur. Le lapin sain fut placé encore le lendemain dans l'appareil et perdit en cinq minutes 3 degrés , tandis que le lapin vernissé perdit dans le même temps 5 degrés. Ensuite Texpérimentateur enveloppa le lapin vernissé d'ouate, et l'animal vécut tant qu'on le laissa ainsi enveloppé.

Laschkewitsch conclut que la mort par suppression artificielle de la perspiration cutanée a pour cause prochaine l'augmentation de la perte de chaleur. Il faut chercher les condi-

' DtM eautêê de rabaiisement de la Anat , PkytioL und wim. Med, , 1 868 ,

teH^érmture par la ««pprMiioii de la p. 6i; ei Schmidt's Jakrbuek, i868,

panpiraùtm eutmaée, par le docteur W. 3* partie, p. 9/1.) I^srhk«'wit«ch k Péterabonrg. ( 4reh,Jur

tions de ce refroidissement dans rhypërëmie de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané, analogue au phénomène qui se produit après la section des nerfs sympathiques , après laquelle on voit la température de la tête et du cou s'élever, tandis que celle du sang s'abaisse.

g. TBMPÉRATORB P08T MORTBM.

La mort supprime les causes connues de la production de la chaleur, laisse subsister le refroidissement par rayonnement, et bientôt l'équilibre s'établit entre le cadavre et la température extérieure. Mais il n'en est pas toujours ainsi : dans quelques maladies la température s'élève au lieu de baisser après la mort. Il faut donc ne pas se contenter de l'observation banale du refroidissement, mais tâcher d'en suivre les lois en tenant compte de la maladie qui a amené la mort.

C'est ce que le docteur Alf. S. Taylor et le docteur Wilks^ ont essayé de faire, et ils ont, dans cent observations, mesuré la température trois et quatre fois sur chaque sujet, après la mort. On a tenu compte du genre de maladie qui avait précédé, de la température du lieu , etc. Le thermomètre a été le plus souvent appliqué sur la peau de l'abdomen , quelquefois dans l'intérieur du corps. Trois heures après la mort, sur soixanteseize cas, la température a été de qS"" G. Dans les autres cas elle a été, au maximum, de 3&°,5 G. et, au minimum, de l5^5G.

Quatre ou six heures après la mort, la température moyenne, dans quarante-neuf observations, a été de â3^3 (maximum 3o degrés, minimum i6%6).

Six ou huit heures après la mort, sur vingt-neuf cas, la température moyenne a été de f)Q%9 (maximum 9 6%6, minimum i5°,5).

^ Docteur Aif. S. Taylor et docteur la mort ( Guy*M Hotp. R«p. , *S' »ér. Wilks, BêfroidiMiêmênt du eorp» aprè» IX, p. 180, i863).

TEMPÉRATURE POST MORTBM. 401

Enfin doaxe heures après la mort, trente -cinq observations ont donné, en moyenne» ai\'j (maximum a 6 degrés, minimum i3%3).

La teni[^érature du milieu a varié pendant le cours de ces observations, de + 3%5 à + a i"* C. Voici quelques-unes des conclusions de ce travail :

Les morts qui ont succombé à une maladie longue et épuisante perdent leur température propre plus lentement que ceux qui ont succombé à une maladie aigué.

Les gens morts par accident ou k la suite d'une opération subissent souvent une décomposition rapide.

Les cadavres gros conservent leur chaleur plus longtemps que les maigres.

Un temps humide , même en hiver, active plus la décomposition que la chaleur de Tété.

Le refroidissement des cadavres est un phénomène physique qui dépend du rayonnement et de la conductibilité; il est donc sous l'influence directe du milieu. Un noyé se refroidit beaucoup plus vite qu'un cadavre exposé è l'air. Le corps est-il posé sur un support bon conducteur du calorique , nu ou è peine vêtu, ou est-il exposé à un courant d'air, la chambre est-elle grande, alors le refroidissement va infiniment plus vile que s'il se trouve tout k fait vêtu, dans un lit et dans une chambre close. La peau est un bon conducteur du calorique : aussi le simple toucher du cadavre ou une appréciation rapide de la température , ne suflBsent-ils pas pour émettre une opinion fondée , d'autant que l'une des mains de l'observateur peut trouver un endroit du corps chaud et l'autre main le trouver froid. Lorsque la température du mort était tombée k 1 5' C. , et qu'on élevait la température du milieu de i o degrés, on pouvait maintenir le corps longtemps à cette température de 1 5 degrés. Les corps des adultes se refroidissent plus lentement que ceux des enfants et des vieillards (question de masse).

hO^

Les organes interaes conservent leur chaleur beaucoup plus longtemps que la surface du corps. On y a trouve souvent de ai R ^9 degrés « quinze ou vingt heures après la mort, alors que la surface avait pris la température du milieu ambiant D'autres observateurs ont noté des températures intérieures encore plus élevées (87 à Sg'^ti.) avantla putréfaction.

Souvent il y a une élévation de température après la mort, par exemple dans les cas de tétanos. Chez un malade morl (le la maladie de Bright, les auteurs ont trouvé une fois la température plus haute de i%5 quatre heures après, que deux heures après la mort, la température de Tair étant de 17"* C. Ce serait un cas fréquent chez les gens morts de la fièvre jaune (docteur Dowler), et le maximum Irait jusqu'à Âo et même 65 degrés. On a observé le même phénomène chez les cholériques. On n'a point constaté un refroidissement plus rapide chez les gens morts d'hémorragie.

M. Alvarenga' a fait des recherches analogues sur un homme mort d'hémorragie cérébrale. Une heure avant la mort, le thermomètre marquait 36%5; le thermomètre resta appliqué dan> faisselle et fournit les indications suivantes :

HeurM. Temp^mlupe.

8 heures. Mort

9 heures 34 ,6

10 heures 3-j ,9

to b. 1/4 3t ,6

fleara». Tenpértlurp.

1 heures 3o\o

Midi

heure

* Alvarenga, Ptérù de thermoméla-iê clinique générale. Trad. de PapilUtHl. 1871, p. tag.

TEMPÉRATURE POST MOBTEM. 403

La température de la salle était de 1 5 degrés. Il est à remarquer que rabaissement de la température a été d'autant plus rapide que Ton s^est éloigné davantage du moment de la mort. Il semblerait que, dans les instants qui suivent la mort, rabaissement dût être , au contraire , plus rapide , puisque l'écart entre la température du cadavre et celle du milieu ambiant est plus marqué. Puisque cest le phénomène inverse que Ton observe , on peut soupçonner que quelque cause crée encore de la chaleur après la mort. Cette hypothèse se trouve appuyée par ce fait surprenant que souvent, Otto Funke dit même presque constamment, la température s'élève après la mort.

Th. Simon ^ a cherché h démontrer, par plusieurs observations d'élévation soudaine de la température au moment même de la mort, qu'il s'agit non d'une contraction musculaire comme on le pensait d'après quelques cas de réchauffement après la mort des tétaniques, mais d'une paralysie soudaine du système nerveux , laquelle serait la véritable cause de cet accrois* sèment de température. L'auteur cite les maladies suivantes , ou cette élévation au moment de la mort a été observée : delirium trme^. rkumatime aigu, variole conjluenle et hémarra. gique, blessures, etc.

Le docteur Erb^ s'exprime ainsi sur le même sujet, è propos de l'élévation de la température dans l'agonie , chez les gens atteints de maladies du système nerveux :

«Dans la plupart des maladies du centre nerveux, sinon dans toutes, avec ou sans lésion anatomo- pathologique, qu'elles soient ou non accompagnées de convulsions tétaniques , aui approches de la mort, il se produit, en même temps que les fonctions cérébrales manifestent un trouble et une prostration considérables, une élévation de température plus ou

* Th. Simon, de Hamboui^, L'élé- * Docteur W. Erb, à Heidelttei^,

vatkm de la température doM V agonie H in Arck. Jnr kUn. Med., i-s, i865.

aprèê la mort, (Ann. delà CkarUé de Analyse in Schmdt'ê Jakrh., 1866.

Herlin, \ill ,9,1 865. ) t. CXI , p. 9 1 , par Geiasler.

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