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ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Diverses lésions ont été rencontrées à l’autopsie de malades morts detétanie, etaucuned’elles ne s’est mon-

Mu +1) trée constante, permettant de grouper l'affection qui nous occupe dans un groupe anatomique bien net.

Imbert-Gourbeyre, à l’autopsie d’un de ses malades, note une injection avec ramollissement superficiel de la face convexe du cerveau, rougeur de la dure-mère au niveau du renflement brachial et à la partie postérieure, rougeur semblable au niveau du renflement lombaire, surtout an niveau de l’émergence des nerfs, rougeur de la queue de cheval, du nerf sciatique et du nerf tibial postérieur. Mais le malade de l’auteur que nous venons de citer a succombé pendant Le cours d’une rougeole; c’est là, sans aucun doute, un élément qui doit faire regarder comme probablement non caractéristiques de la tétanie, les lésions que nous venons de signaler ; il en est de même des 1ésions décrites par MM. Teiïssier et Hermel, lésions du reste fort analogues aux précédentes, el qui se montrèrent chez. un malade qui succomba à la suite d’une brûlure as= sez considérable pour déterminer la mort.

De son côté, Trouscean a observé une hyperémie des méninges, de la partie supérieure de la moelle; M. Bouchut une hyperémie de la pie-mère au niveau du pont de Varole, de la moelle allongée et de la moelle cervicale, et ce dernier auteur n'hésite point à faire des lésions précédentes le substratum anatomique de la tétanie, se fondant sur l’hyperémie de la papille qu'il dit avoir observée pendant la vie et qu'il attribue à une irritation, à une lésion du sympathique cervical. |

Ferrario a, d'autre part, observé l’inflammation des enveloppes et dela moelle ; Kussmaul a vu une myé-

lite, Langhaus récemment a observé de la périartérite ) et la périphlébite au niveau des renflements cervical et lombaire et s'accompagnant d’altérations de la commissure blanche, et des cornes antérieures.

Mais les deux premiers cas sont complexes et n’appartiennent pas à la tétanie ; le troisième cas n'a encore été observé que par l’auteur que nous venons de signaler et les lésions qu’il relate ne peuvent donc encore être regardées comme caractéristiques.

Dusch, Erb, Schultze, ont d'autre part signalé une plaque de sclérose au niveau du renflement cervical, dans le cordon latéral gauche. Mais les auteurs s’accordent à reconnaître que ce n’est point là évidemment le substratum anatomique de la tétanie, et ils c1= tent le cas pour montrer simplement une coïncidence qui, à première vue, pourrait donner le change et faire croire qu on à trouvé la lésion de la tétanie.

ETIOLOGIE

L'âge à une influence bien manifeste sur le déve-, loppement de la tétanie, et c'est surtout de 1 à 3 ans ou de 20 à 25 ans, c’est surtout à ces deux périodes de la vie qu’on la voit se développer ; cependant Gorvisart, dans son relevé, cite des cas dans lesquels la maladie 4 été observée à 36,46, 48, 52 et,60 ans. Mais ces derniers cas forment l'exception, et Le relevé des observations que nous avons fait, y compris notre, malade, âgé de 26 ans, prouve que c'est aux périodes

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de la vie que nous avonk signalées, sus la: maladie! atteint sa plus grande fréquence. fuir si lo

Le sexe masculin à été considéré comme-plus nro-; pre au développement de la maladie, et cette influence a.-été rapportée à ce fait, que les hommes somt peutêtre, de par leur existence, plus exposés à subir l'in fluence des variations atmosphériques, Mais si, d’une. part, les observations de MM. Barthéz et Rilliet prou-: vent que sur 28 enfants soumis aux mêmes influences, : 20 garçons furent atteints, Delpeclr a, ‘dé: son.côté, réuni des observations dans lesquelles la tétanie sé; tail montrée aussi fréquemment sur des hommes que! sur des femmes vivant dans les mêmes conditions: Enfin, on ne peut le nier aujourd'hui, la tétanie .s@; développe fréquemment chez les femmes, témoins les cas de Trousseau, et Fépidémie de Gentilly, en 1876, dont M. Jules Simon a publié la relation.

L’hérédité ne paraît jouer aucun rôle important. Cependant Murdoch a cité-deux sœurs chez lesquelles se développa successivement, la tétanie.

Certaines professions avaient été considérées par le même auteur comme capables d'entraîner plus souvent le âéveloppément de cêtte maladie, de ce seul fait qu’elles exigent uné fatigue plus grande dés membres supérieurs, telles les professions de tailleur, de ‘cor donuier. Si, disent MM. Hardy et Béhier, il nous à até dünné deux fois, chez ün boulanger et un coupeur de gants, de vérifier le fait avancé par M. Murdoch, en revanche, dans nombre de cas, on ne peut invoquer cette influence, témoins les cas de Delpech, ceux dé MM. Bartbez'et Rilliét qui ont trait à des enfants,

= DT “et nous'ajoutons, nous, témoin notre malade qui ne ‘s'était livré à aucun exercice manuel depuis un mois.

Les saïsons, ow plutôt le froid etles variations de température, semblent avoir une influence prépondérante.C'est surtout pendant l'hiver, pendant les mois de novembre, décembre, janvier, février, mars que la maladie se développe. et si on la voit survenir dans les saisons chaudes, on en retrouve presque toujours la cause dans un refroidissement passager, et elle sur- “vient souvent dans ces cas chez des rhumatisants. Cette influence est bien nette, c’est elle que l’on retrouve citée dans la plupart des vbservations, et c’est à la suite de refroidissements dans le cours de la gros- $esse, ou dans la convalescence des fièvres, surtout de la fièvre typhoïde, dela rougeole, qu’elle s’obsérve le plus fréquemment.

Les cas de tétanie survenue dans le cours, ou plus souvent dans la convalescence de la fièvre typhoïde, sont aujourd’hui nombreux; peut-être faut-il ici rapporter les accidents à l'anémie qui accompagne la convalescence, ou à une adultération de la maladie par un principe infectieux, miasme, microbe, ete. Et ces remarques s'appliquent aussi bien aux tétanies qui surviennent dans la grossesse ou les diarrhées. Dans ces cas, en effet, si l’anémie n’est point capable, par elle-même, de créer de toutes pièces les manifesta tions nerveuses, tout au moins prépare-t-elle l’organisme, les centres nerveux, la moelle à subir un contage qui ne se fut pas produit, ou eût été sans résultat, dans les conditions normales.

L'influence des saisons, les épidémies de maladies

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dans le cours ou à la suite desquelles la tétanie se développe, peuvent peut-être expliquer l'apparition de la tétanie sous forme épidémique; mais ici doivent intervenir de nouveaux éléments, la simulation, le besoin d'imitation si propre aux hystériques, et peutêtre l'influence de la peur, capables, on le sait, de développer dans les salles d'hôpitaux des manifestations hystériques chez plusieurs femmes, lorsqu'une seule d’entre elles prend un accès. |

C’est ainsi, tout au moins, que les idees paraissent s'être passées à Gentilly où quatre cas, isolés d’abord, et développés sous l'influence du rhumatisme (J. Simon), furent accompagnés, en l’espace d’un mois, de vingt-quatre semblables pour lesquels il fut impossible de découvrir toute autre cause que « l’influence de la peur due à des rumeurs populaires et l'imitation » (Jules Simon). Et ce quisemble bien venir à l'appui de cette opinion, c’est « que la fermeture de l’école arrêta net les procrès du mal.»

Signalons en terminant l’influence de la dentition, des vers intestinaux, etc., capables sinon de créer de toutes pièces la maladie, au moins de favoriser sonévolution. | Enfin mentionnons ce fait que notre malade, quoique peintre en bâtiment et ayant déjàeu plusieurs attaques de coliques de plomb, n'avait point travaillé depuis un mois, que par conséquent les accidents, selon toute vraisemblance, ne doivent point être missur de compte de l’intoxication saturnine, pas plusproba+ blement que sur le compte de l’intoxication alcoolique dont il présente du reste des symptômes peu accusés.

1 (SIÈGE, NATURE : oi M

I! est difficile de localiser le siège des phénomènes dans les muscles ; la symétrie exacte, les troubles sensitifs qui se mhifes tent quelquefois forcent, certes à remouter plus haut, du côté des centres nerveux.

Les symptômes fournis par l'exploration électrique, et que nous avons signalés dans notre symptomatologie, prouvent certes que les nerfs sont le siège d'une excitabilité plus grande. Mais encore ici la bilatéralité des phénomènes plaide peu dans ce sens, et nous sommes obligé de reconnaitre que les symplômes ont une origine centrale.

Le défaut de troubles cérébraux montre l’intégrité du cerveau, et c'est dans le centre rachidien fa il faut placer le siège de la maladie.

” Mais s’il nous est relativement facile de reconnaitre ce Siève probable, en revanche la nature du mal nous échappe absolument. Pour MM. Hardy et Béhier il existe « deux espèces de contracture, l’une qui n'est qu une simple perturbation fonctionnelle du système nérveux » produite par l’anémie, ka convalescence, a l’autre qui, tout en restant une névrose, semble très Voisine du rhumatisine ».. |

Cértes il est des cas dans lesquels l’ action du rhumatisme ‘est de toute évidence ; certes 1l est des cas dans lesquels l’anémie peut amener des manifes(ations de tétanie, peut-être, au même titre quelle amène des convulsions éclamptiques chez les sujets

nerveux ou non, et qui ont été soumis à des déperditions brusques et abondantes de sang.

Mais. à côté de ces cas on peut se demander s’il n'en existe pas d’autres dans lesquels l’adultération de l'économie par un principe morbifique (miasme, microbe, pus) soit capable de développer les accidents que nous étudions, au même titre qu'il crée (fièvre typhoïde, rougeole, etc.) les accidents cérébraux ou des néphrites, ou des myocardites, ete. C'est là un point de la question que nous tenions à poser seulement, incapable que nous sommes de le résoudre actuellemen.

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