DÉFINITION, SYNONYMIE
Donner une définition nette, précise, qui soit absolumént complète, de la tétanie, est chose vraiment” difficile ; de toutes les définitions proposées jusqu'à ce jour, aucune ne peut être à l’abri de tout reproche, la” tétanie ne s’appliquant pour les’unes, ni so/? definito;” pour les autres, ui /oli definito. ÿ ;
Ni solt definito, car il est presque impossible de donner une définition qui s'applique à la tétanie seule; ” comment faire en effet pour donrniér) une définition ! taçänt. une barrière bien nette, par exemple, entre leitétanos et la tétanie ou les autres contractures'; ét quand on aurà dit que la tétanie débuté! surtout par lés'extrémités, 6n n'aura certes point dofné uu-cafrac-! tère qui puisse $'appliquer à la tétanie seule, car l'on! sait! que idés contractures symptomatiques peuvent
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-offrir ce caractère; de même, si, l’on dit que la maladie est bilatérale, qu’elle survient sans grands prodromes et avic intégrilé complète de l'intelligence, on n'aura. pas davantage donné une définition qui puisse s’ap-. pliquer à la tétanie seule, puisque le tétanos, le télanos a frigore, peut, lui aussi, entrer dans cette définition.
Ni toti definito, car évidemment, une définition capable d'embrasser toutes les particularités inhérentes à la maladie qui nous occupe deviendrait une description et par cela même ne serait plus une définition.
Force nous est donc, avec une définition aussi succincte que possible, d’embrasser le plus grand nombre des caractères de latétanie, et, pour ce faire, nous acceptons la définition de cette maladie telle qu'elle a été proposée par MM. Hardy et Béhier, et nous dirons :
« La tétanie est spécialement caractérisée par une « contraction musculaire avec ou sans douleur, occu- « pant les extrémités supérieures ou inférieures des «deux côlés à la fois, survenant sans grands pro- « dromes et toujours avec une intégrité complète de « l'intelligence. »
L''affection ainsi caractérisée a reçu des noms divers : elle a été désignée successivement sous le nom de tétanos intermittent (Dance), a été décrite en 1832 sous le nom de nouvelle maladie convulsive (Tonnelé); on l’a désignée encore sous le nom de contracture essentielle (Constant); contracture idiopathique des extrémités (Jules Simon); de tétanie (Corvisart); spasmes musculaires idiopathiques (A. Delpech).
La, désignation de tétanos intermittent proposée par
Dance, si elle a l'immense avantage d'attirer l’attention sur un des caractères cliniques saillants de la maladie, sur le retour des douleurs des contractures sous forme d'accès ; elle a,, par contre, l’inconvénient grave d'assimiler la tétanie au tétanos ; ce rapprochement, la clinique ne le permet que dans une certaine mesure, et mieux ne le permet point. Du reste la désignation ci-dessus à encore le grand désavantage de préjuger de la nature de la maladie, chose que nous ignorons absolument.
Les appellations de contracture des extrémités sont insuffisantes; celles de contracture essentielle, contracture idiopathique des extrémités ont, comme celle de Dance, l’imme nse inconvénient de préjuger, nous le répétons, de la nature du mal, et n’ont d’autre mérite que celui de masquer notre ignorance, en décorant du titre essentielle ou idiopathique une mala= die qui nous est encore dans sa nature, dans ses lé sions, absolument inconnue.
Lorsqu'on a vu tomber pièce à pièce les nombreux matériaux qui, il y a quelques années encore, formaient le vaste édifice des névroses, on doit hésiter, ce nous semble, à ranger dans ce cadre une affection quelconque; et si aujourd’hui il existe encore un certain nombre de maladies qui ne puissent être désignées autrement, il en est certes dans ce nombre, qui un jour devront trouver place ailleurs, lorsque l’anatomie pathologique, la nature des maladies, leurs causes nous seront suffisamment connues.
Aussi dans l'ignorance où nous sommes de ces don- Delcroix. 2
nées touchant le mal qui nous occupe, et pour ne rien | préjuger, nous désignerons cette affection, avec M. le professeur Hardy dans sa clinique, sous le nom de tétanie, terme qui, outre l'avantage dé ne pas fixer de limites trop restreintes à des manifestations sympto— matiques variables, rappelle par lai-même les analogies quelquefois bien frappantes que cette affection peut ofrir avec le tétanos. |